lundi 6 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2112844 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | OHAYON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires en réplique, enregistrés les 15 juin 2021 et 3 octobre et 7 novembre 2022, Mme A B, représentée par Me Ohayon, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 13 avril 2021 par laquelle l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a l'a radiée des cadres pour abandon de poste ;
2°) d'enjoindre à l'AP-HP de procéder à sa réintégration ;
3°) de condamner l'AP-HP à lui verser une somme de 25 000 euros au titre des dommages et intérêts ;
4°) de mettre à la charge de l'AP-HP une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure dès lors que la mise en demeure qui lui a été adressée le 10 mars 2021 est insuffisamment motivée ;
- l'abandon de poste sur laquelle elle est fondée n'est pas caractérisé dès lors qu'elle était dans l'incapacité de travailler pour des raisons médicales.
Par trois mémoires en défense, enregistrés les 14 septembre, 26 octobre et 30 novembre 2022, l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- à titre principal, les conclusions indemnitaires sont irrecevables ;
- les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 1er décembre 2022 la clôture d'instruction a été fixée au 15 décembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n° 88-976 du 13 octobre 1988 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les conclusions de M. Lahary, rapporteur public,
- et les observations de Me Ohayon, représentant Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B exerçait depuis 2003 les fonctions d'adjointe administrative principale, affectée au sein de la gestion des transports sanitaires, service central des ambulances de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). Par un arrêté du 13 avril 2021, intervenu après une première mise en demeure adressée le 10 mars 2021, le directeur général de l'AP-HP l'a radiée des cadres à compter du 12 mars 2021 en raison d'absences injustifiées pour la période allant du 1er au 30 décembre 2020. Par la présente requête, Mme B demande l'annulation de cette décision, ainsi que l'indemnisation des préjudices subis.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Une mesure de radiation des cadres pour abandon de poste ne peut être légalement prononcée que si l'agent concerné a, préalablement à cette décision, été mis en demeure de rejoindre son poste ou de reprendre son service dans un délai approprié qu'il appartient à l'administration de fixer. Une telle mise en demeure doit prendre la forme d'un document écrit, notifié à l'intéressé, l'informant du risque qu'il court d'une radiation des cadres sans procédure disciplinaire préalable. Lorsque l'agent ne s'est pas présenté et n'a fait connaître à l'administration aucune intention avant l'expiration du délai fixé par la mise en demeure, et en l'absence de toute justification d'ordre matériel ou médical, présentée par l'agent, de nature à expliquer le retard qu'il aurait eu à manifester un lien avec le service, cette administration est en droit d'estimer que le lien avec le service a été rompu du fait de l'intéressé.
3. En premier lieu, Mme B soutient que la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure. Elle fait valoir que le courrier du 10 mars 2021, notifié le 11 mars 2021, par lequel elle a été mise en demeure par la direction des ressources humaines de l'AP-HP de reprendre son poste avant le 26 mars 2021, ne mentionne pas qu'en cas de défaut de présentation et sans justification de ce défaut de présentation, elle pourrait être radiée des cadres pour abandon de poste sans procédure disciplinaire préalable. Toutefois, d'une part, il ressort des termes du courrier de mise en demeure du 10 mars 2021 que cette mise en demeure, qui prend la forme d'un document écrit, informe l'intéressée du risque qu'elle court d'une radiation des cadres sans procédure disciplinaire préalable et, d'autre part, que l'arrêté attaqué vise le courrier de mise en demeure mentionné du 10 mars 2021. Dans ces conditions, le moyen ne peut qu'être écarté.
4. En second lieu, Mme B soutient que la décision est illégale dès lors que l'abandon de poste sur lequel elle se fonde n'est pas caractérisé. Elle fait valoir que son défaut de présentation pendant la période allant du 1er au 30 décembre 2020 était justifié par des motifs d'ordre médical et se prévaut, à cette fin, de sa tendinopathie des deux épaules symptomatique à droite, reconnue imputable à son activité professionnelle. Toutefois, si elle établit avoir été placée en congés maladie et en temps partiel thérapeutique entre 2011 et 2018, puis en disponibilité d'office au plus tard jusqu'au 30 novembre 2020, elle n'établit pas que des motifs d'ordre médical justifiaient son absence entre le 1er et le 30 décembre 2020, puis son absence de présentation sur son lieu de travail à compter du mois de janvier 2021 et jusqu'à l'intervention de la décision attaquée. En outre, il ressort des pièces du dossier que le comité médical de l'AP-HP a rendu le 8 juin 2018 un avis négatif sur sa demande de congé maladie de longue durée après consultation d'un médecin-expert rhumatologue. Par ailleurs, il est constant que Mme B n'a répondu ni à la mise en demeure de reprendre ses fonctions qui lui a été régulièrement notifiée par un courrier du 10 mars 2021, ni aux nombreux courriers précédents par lesquels l'administration lui demandait de régulariser sa situation. Dans ces conditions, elle doit être regardée comme ayant, par son défaut de présentation à son poste de travail et son absence de réponse aux courriers et mises en demeure de l'administration, rompu le lien avec le service. Par suite, Mme B n'est pas fondée à soutenir que son abandon de poste entre le 1er et le 30 décembre 2020 n'était pas caractérisé.
Sur les conclusions indemnitaires :
5. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. "
6. Si Mme B soutient que l'AP-HP est responsable de sa situation de précarité et qu'elle doit, à ce titre, lui verser une indemnité de 25 000 euros, elle n'établit pas, préalablement à l'introduction de sa requête indemnitaire ou en cours d'instance, avoir adressé à l'AP-HP une demande tendant à ce que lui soit versée cette somme. Les conclusions indemnitaires de Mme B sont, par suite, irrecevables et doivent être rejetées.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris les conclusions aux fins d'injonction, et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, dont elle est assortie.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris.
Délibéré après l'audience du 23 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Sorin, président,
M. Errera, premier conseiller,
M. Huin-Morales, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 février 2023.
Le rapporteur,
B. C
Le président,
J. SORINLa greffière,
B. CHAHINE
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/2-
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026