mardi 11 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2113575 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | COFFLARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 25 juin et 9 septembre 2021 et les 28 juin et 22 novembre 2022, Mme J I et M. N I, la société de l'hôtel Don Bosco, Mme F H et M. D A, Mme O M et M. P, représentés par Me Cofflard, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er février 2021 par lequel la maire de Paris a délivré un permis de construire à la direction du logement et de l'habitat de la Ville de Paris pour la réhabilitation lourde en centre mémoriel dédié à l'Espagne Républicaine et Antifasciste d'un ensemble de bâtiments à destination d'artisanat, la modification des façades et la construction d'une extension en R+2 et d'un local poubelle après démolitions partielles sur un terrain situé 33, rue des Vignoles dans le 20ème arrondissement de Paris ;
2°) de mettre à la charge de la Ville de Paris une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté a été signé par une autorité incompétente ;
- il méconnaît les articles L. 122-3 du code de la construction et de l'habitation et L. 425-3 du code de l'urbanisme dès lors que les travaux d'aménagements sur l'établissement recevant du public n'étaient pas connus au moment de la délivrance du permis de construire et que l'arrêté litigieux aurait dû mentionner l'obligation d'obtenir une autorisation complémentaire d'ouverture d'un établissement recevant du public (ERP) ;
- il méconnaît les articles R. 571-27 du code de l'environnement et R. 143-22 du code de la construction et de l'habitation dès lors que le dossier de permis de construire ne comporte pas d'étude d'impact acoustique et que la notice descriptive ne précise pas les matériaux propres à assurer l'insonorisation de l'établissement ;
- il méconnaît l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme dès lors que le projet autorise la création d'une scène accolée à des constructions riveraines souffrant déjà de nuisances sonores en provenance de l'immeuble et qu'aucune prescription n'a été imposée au pétitionnaire pour limiter ces nuisances sonores; que ces dispositions exigeaient la production d'une étude d'impact acoustique ;
- il aggrave la non-conformité de la construction existante avec les dispositions de l'article UG.15.4 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que le projet ne prévoit aucun procédé permettant d'améliorer la performance acoustique du bâtiment ;
- il méconnaît l'article R. 123-19 du code de la construction et de l'habitation et l'article X 2 de l'arrêté du 25 juin 1980 portant approbation des dispositions générales du règlement de sécurité contre les risques d'incendie et de panique dans les établissements recevant du public dès lors qu'il a été déclaré en ERP de 5ème catégorie alors qu'il s'agit d'un ERP de 3ème catégorie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 juillet 2022, la ville de Paris conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens invoqués par les requérants ne sont pas fondés.
Par un mémoire en intervention en demande, enregistré le 15 décembre 2022, M. L C de Soras, représenté par Me Cofflard, demande au tribunal d'admettre son intervention et d'annuler l'arrêté de permis de construire en litige.
Par ordonnance du 16 décembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 6 janvier 2023.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation,
- le code de l'urbanisme,
- l'arrêté du 25 juin 1980 portant approbation des dispositions générales du règlement de sécurité dans les établissements recevant du public modifié,
- le règlement du plan local d'urbanisme de la ville de Paris,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de Mme Alidière, rapporteure publique,
- et les observations de Mme K, représentant la ville de Paris.
Considérant ce qui suit :
1. La direction du logement et de l'habitat de la Ville de Paris a déposé le 12 octobre 2020 une demande de permis de construire pour la réhabilitation lourde en centre mémoriel dédié à l'Espagne Républicaine et Antifasciste d'un ensemble de bâtiments à destination d'artisanat, la modification des façades et la construction d'une extension en R+2 et d'un local poubelle après démolitions partielles sur un terrain situé 33, rue des Vignoles dans le 20ème arrondissement de Paris. Le permis de construire sollicité a été accordé par la maire de Paris le 1er février 2021. Par la présente requête, Mme I et autres demandent l'annulation de cet arrêté.
Sur l'intervention de M. C de Soras :
2. M. C de Soras a intérêt à l'annulation de l'arrêté contesté. Par suite, son intervention est recevable.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, par un arrêté du 4 janvier 2021, régulièrement publié au bulletin municipal officiel de la Ville de Paris du 8 janvier suivant, la maire de Paris a donné délégation à M. G E, chef de la circonscription Centre-Est, couvrant notamment le 20ème arrondissement de Paris, en vue de signer, notamment, les décisions relatives aux permis de construire relevant du champ de compétence territoriale de sa circonscription. Une telle délégation habilite son titulaire à signer les arrêtés accordant un permis de construire, y compris lorsque le permis tient lieu de l'autorisation prévue par l'article L. 111-8 du code de la construction et de l'habitation pour l'exécution des travaux conduisant à la création, l'aménagement ou la modification d'un établissement recevant du public. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 425-3 du code de l'urbanisme dans sa version alors applicable : " Lorsque le projet porte sur un établissement recevant du public, le permis de construire tient lieu de l'autorisation prévue par l'article L. 111-8 du code de la construction et de l'habitation dès lors que la décision a fait l'objet d'un accord de l'autorité administrative compétente qui peut imposer des prescriptions relatives à l'exploitation des bâtiments en application de l'article L. 123-2 du code de la construction et de l'habitation. Le permis de construire mentionne ces prescriptions. Toutefois, lorsque l'aménagement intérieur d'un établissement recevant du public ou d'une partie de celui-ci n'est pas connu lors du dépôt d'une demande de permis de construire, le permis de construire indique qu'une autorisation complémentaire au titre de l'article L. 111-8 du code de la construction et de l'habitation devra être demandée et obtenue en ce qui concerne l'aménagement intérieur du bâtiment ou de la partie de bâtiment concernée avant son ouverture au public. ". Aux termes de l'article R. 431-30 de ce code : " Lorsque les travaux projetés portent sur un établissement recevant du public, la demande est accompagnée des dossiers suivants, fournis en trois exemplaires : a) Un dossier permettant de vérifier la conformité du projet avec les règles d'accessibilité aux personnes handicapées, comprenant les pièces mentionnées aux articles R. 111-19-18 et R. 111-19-19 du code de la construction et de l'habitation ; b) Un dossier permettant de vérifier la conformité du projet avec les règles de sécurité, comprenant les pièces mentionnées à l'article R. 123-22 du même code. ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 111-8 du code de la construction et de l'habitation dans sa version alors applicable : " Les travaux qui conduisent à la création, l'aménagement ou la modification d'un établissement recevant du public ne peuvent être exécutés qu'après autorisation délivrée par l'autorité administrative qui vérifie leur conformité aux règles prévues aux articles L. 111-7, L. 123-1 et L. 123-2. Lorsque ces travaux sont soumis à permis de construire, celui-ci tient lieu de cette autorisation dès lors que sa délivrance a fait l'objet d'un accord de l'autorité administrative compétente mentionnée à l'alinéa précédent. Toutefois, lorsque l'aménagement intérieur d'un établissement recevant du public ou d'une partie de celui-ci n'est pas connu lors du dépôt d'une demande de permis de construire, le permis de construire indique qu'une autorisation complémentaire au titre de l'article L. 111-8 du code de la construction et de l'habitation devra être demandée et obtenue en ce qui concerne l'aménagement intérieur du bâtiment ou de la partie de bâtiment concernée avant son ouverture au public. ".
5. Il résulte de ces dispositions que lorsque l'aménagement intérieur de locaux constitutifs d'un établissement recevant du public, qui nécessite une autorisation spécifique au titre de l'article L. 111-8 du code de la construction et de l'habitation, n'est pas connu lors du dépôt de la demande de permis de construire, l'autorité compétente, dont la décision ne saurait tenir lieu sur ce point de l'autorisation prévue par le code de la construction et de l'habitation, ne peut légalement délivrer le permis sans mentionner expressément l'obligation de demander et d'obtenir une autorisation complémentaire avant l'ouverture au public et ce, alors même que le contenu du dossier de demande de permis de construire témoignerait de la connaissance, par le pétitionnaire, de cette obligation.
6. Il ressort des pièces du dossier que l'aménagement intérieur des locaux de l'établissement recevant du public était connu à la date de la délivrance du permis de construire. En effet, les notices de sécurité et d'accessibilité, jointes à la demande de permis de construire en application des dispositions de l'article R. 431-30 précitées du code de l'urbanisme, comportent une description et des plans détaillés des futurs aménagements. Par ailleurs, le préfet de police, compétent pour délivrer l'autorisation prévue par l'article L. 111-8 du code de la construction et de l'habitation, a donné son accord au projet le 24 novembre 2020 et le permis de construire a été délivré sous réserve du respect des prescriptions émises par cette autorité. Dans ces conditions, le permis de construire, qui tient lieu de l'autorisation prévue par l'article L. 111-8 du code de la construction et de l'habitation, n'avait pas à mentionner l'obligation de demander et d'obtenir une autorisation complémentaire avant l'ouverture au public de l'établissement recevant du public. Par suite, ce moyen doit être écarté.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 431-4 du code de l'urbanisme : " La demande de permis de construire comprend : a) Les informations mentionnées aux articles R. 431-5 à R. 431-12 ; b) Les pièces complémentaires mentionnées aux articles R. 431-13 à R. * 431-33-1 ; c) Les informations prévues aux articles R. 431-34 et R. 431-34-1. Pour l'application des articles R. 423-19 à R. 423-22, le dossier est réputé complet lorsqu'il comprend les informations mentionnées au a et au b ci-dessus. Aucune autre information ou pièce ne peut être exigée par l'autorité compétente. ". En outre, aux termes de l'article R. 431-30 de ce code : " Lorsque les travaux projetés portent sur un établissement recevant du public, la demande est accompagnée des dossiers suivants, fournis en trois exemplaires : a) Un dossier permettant de vérifier la conformité du projet avec les règles d'accessibilité aux personnes handicapées, comprenant les pièces mentionnées aux articles R. 111-19-18 et R. 111-19-19 du code de la construction et de l'habitation ; b) Un dossier permettant de vérifier la conformité du projet avec les règles de sécurité, comprenant les pièces mentionnées à l'article R. 123-22 du même code. " Enfin aux termes de l'article R. 123-22 du code de la construction et de l'habitation alors applicable : " Le dossier permettant de vérifier la conformité d'un établissement recevant le public avec les règles de sécurité, prévu par le b de l'article R. 111-19-17, comprend les pièces suivantes :1° Une notice descriptive précisant les matériaux utilisés tant pour le gros œuvre que pour la décoration et les aménagements intérieurs ;2° Un ou plusieurs plans indiquant les largeurs des passages affectés à la circulation du public, tels que dégagements, escaliers, sorties, la ou les solutions retenues pour l'évacuation de chaque niveau de la construction en tenant compte des différents types et situations de handicap ainsi que les caractéristiques des éventuels espaces d'attente sécurisés ;3° Le cas échéant, le certificat de vérification de la mise en place effective des mesures de protection d'une canalisation de transport prévu au IV de l'article R. 555-31 du code de l'environnement. Ces plans et tracés de même que leur présentation doivent être conformes aux normes en vigueur. Un arrêté du ministre chargé de la sécurité civile précise, en tant que de besoin, le contenu des documents. ".
8. Il résulte des dispositions précitées que l'autorité compétente ne peut exiger d'autres pièces que celles limitativement énumérées par le code de l'urbanisme. Or, aucune disposition du code de l'urbanisme ne prévoit la production de l'étude d'impact acoustique exigée au titre de l'article R. 571-27 du code de l'environnement ni davantage les dispositions du code de la construction et de l'habitation auxquelles l'article R. 431-30 précité du code de l'urbanisme renvoie. Par ailleurs, si les requérants soutiennent que les dispositions de l'article R. 123-22 du code de la construction alors en vigueur désormais codifiées à l'article R. 143-22 de ce code exigent que la notice descriptive précise les matériaux propres à assurer l'insonorisation de l'établissement, ces dispositions se bornent à exiger une notice descriptive précisant les matériaux utilisés tant pour le gros œuvre que pour la décoration et les aménagements intérieurs. Or, la notice de sécurité jointe au dossier de permis de construire comporte ces précisions. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'insuffisance du permis de construire en ce qu'il ne comporte pas d'étude d'impact acoustique ni de notice descriptive précisant les matériaux propres à assurer l'insonorisation de l'établissement doit être écarté comme inopérant.
9. En quatrième lieu, aux termes de l'article UG 15.4 du règlement du plan local d'urbanisme : " Performances acoustiques : L'enveloppe des constructions nouvelles doit garantir, notamment par la densité et la nature des matériaux, ainsi que par les procédés utilisés pour leur mise en œuvre, un niveau d'affaiblissement acoustique compatible avec l'environnement du terrain. Pour atteindre ces performances, l'utilisation de matériaux naturels, renouvelables,recyclables ou biosourcés* doit être privilégiée. Dans la mesure du possible, les constructions nouvelles destinées à l'habitation doivent comporter au moins une façade non exposée au bruit. " En outre, aux termes des dispositions du IV des dispositions générales de ce règlement : " VI - Application du règlement aux constructions existantes 1°- Dispositions générales : Lorsqu'une construction existante n'est pas conforme aux dispositions applicables dans la zone où elle se situe, l'autorisation d'exécuter des travaux ne peut être accordée que pour des travaux qui n'aggravent pas la non-conformité de la construction avec ces
dispositions ou sont sans effet à leur égard. ".
10. Les requérants soutiennent que le projet litigieux aggrave la non-conformité de la construction existante aux dispositions de l'article UG.15.4 du règlement du plan local d'urbanisme précitées en ce qu'il ne prévoit aucun procédé permettant d'améliorer la performance acoustique du bâtiment. Toutefois, et en tout état de cause, il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet emporterait une aggravation des performances acoustiques existantes. Par suite, ce moyen doit être écarté.
11. En cinquième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".
12. En vertu de ces dispositions, lorsqu'un projet de construction est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique, le permis de construire ne peut être refusé que si l'autorité compétente estime, sous le contrôle du juge, qu'il n'est pas légalement possible, au vu du dossier et de l'instruction de la demande de permis, d'accorder le permis en l'assortissant de prescriptions spéciales qui, sans apporter au projet de modification substantielle nécessitant la présentation d'une nouvelle demande, permettraient d'assurer la conformité de la construction aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect.
13. En l'espèce, les requérants se prévalent essentiellement des nuisances sonores liées à l'exploitation actuelle de l'établissement par la confédération nationale du travail sans établir que l'exploitation future des lieux, tels que modifiés par le projet litigieux, par l'association Les Pas Sages des Vignoles, généreraient des nuisances sonores constitutives d'un risque pour la salubrité publique. A cet égard, quand bien même les plans de niveaux font apparaître une scène, il ressort des prescriptions émises par la délégation permanente de la commission de sécurité de la préfecture de police auxquelles le permis de construire renvoie que tout spectacle est interdit au sein des locaux. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté litigieux est entaché d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
14. En dernier lieu, aux termes de l'article R. 123-19 du code de la construction et de l'habitation alors applicable : " Les établissements sont, en outre, quel que soit leur type, classés en catégories, d'après l'effectif du public et du personnel. L'effectif du public est déterminé, suivant le cas, d'après le nombre de places assises, la surface réservée au public, la déclaration contrôlée du chef de l'établissement ou d'après l'ensemble de ces indications. Les règles de calcul à appliquer sont précisées, suivant la nature de chaque établissement, par le règlement de sécurité. Pour l'application des règles de sécurité, il y a lieu de majorer l'effectif du public de celui du personnel n'occupant pas des locaux indépendants qui posséderaient leurs propres dégagements. Les catégories sont les suivantes : () 3e catégorie : de 301 à 700 personnes ; 4e catégorie : 300 personnes et au-dessous, à l'exception des établissements compris dans la 5e catégorie ; 5e catégorie : établissements faisant l'objet de l'article R. 123-14 dans lesquels l'effectif du public n'atteint pas le chiffre minimum fixé par le règlement de sécurité pour chaque type d'exploitation. ". Aux termes de l'article GN1 de l'arrêté du 25 juin 1980 visé précédemment dans sa version alors applicable : " § 1. Les établissements sont classés en types, selon la nature de leur exploitation : a) Etablissements installés dans un bâtiment : () L Salles d'auditions, de conférences, de réunions, de spectacles ou à usage multiple ; () R Etablissements d'éveil, d'enseignement, de formation, centres de vacances, centres de loisirs sans hébergement ; W Administrations, banques, bureaux ; () Y Musées ; ". Aux termes de l'article L1 alors applicable de cet arrêté : " Etablissements assujettis§ 1. Les dispositions du présent chapitre sont applicables, en fonction de l'effectif reçu, aux locaux désignés ci-après : a) Salle d'audition, salle de conférences, salle de réunions, salle de pari ; b) Salle réservée aux associations, salle de quartier (ou assimilée) ; c) Salle de projection, salle de spectacles (y compris les cirques non forains) ; d) Cabarets ; e) Salle polyvalente à dominante sportive, dont la superficie unitaire est supérieure ou égale à 1 200 m², ou dont la hauteur sous plafond est inférieure à 6,50 m ; f) Autre salle polyvalente non visée au chapitre XII (type X, article X1) ; g) Salles multimédia.§ 2. Sont assujettis les établissements dans lesquels l'effectif total du public admis est supérieur ou égal à l'un des chiffres suivants :a) Etablissements visés aux a, b et g du paragraphe 1 :100 personnes en sous-sol ;200 personnes au total.b) Autres établissements visés aux c, d, e et f du paragraphe 1 :20 personnes en sous-sol : 50 personnes au total. Pour le seuil d'assujettissement, les locaux visés aux a et b du paragraphe 1, qui possèdent des installations de projection non destinées à un spectacle, ne sont pas considérés comme des salles de projection. § 3. Dans les salles de danse comportant des installations de projection ou des aménagements de spectacle, les dispositions du présent chapitre ne sont applicables qu'à ces installations ou aménagements. ". Aux termes de l'article L3 alors applicable de cet arrêté : Calcul de l'effectif L'effectif maximal du public admis est déterminé comme suit : a) Salles visées à l'article L 1 (§ 1, a, b, c) : - nombre de personnes assises sur des sièges ou des places de banc numérotées ; - nombre de personnes assises sur des bancs où les places ne sont pas numérotées, à raison d'une personne par 0,50 ml ; - nombre de personnes assistant à une manifestation sans disposer de sièges ou de bancs, à raison de 3 personnes/m² ; - nombre de personnes stationnant normalement dans les promenoirs et dans les files d'attente, à raison de 5 personnes par mètre linéaire. b) Cabarets : - quatre personnes/3 m² de surface de la salle, déduction faite des estrades des musiciens et des aménagements fixes autres que les tables et les sièges. c) Salles polyvalentes visées à l'article L 1 (§ 1, e, f) : - une personne/m² de surface totale de la salle. d) Salles de réunion sans spectacle : - une personne/m² de la surface totale de la salle. e) Salles multimédia : - selon la déclaration du maître d'ouvrage avec un minimum d'une personne/2 m² de la surface totale de la salle. ".
15. Il ressort des pièces du dossier que les locaux sont destinés à accueillir principalement une activité d'expositions temporaires (type Y) mais également une salle de danse (type R) et des bureaux (type W). Pour déterminer le nombre maximal de personnes, public et personnel, pouvant être accueillies dans les lieux, deux scénarios ont été élaborés dans la notice de sécurité, l'un envisageant l'occupation classique des lieux et, l'autre, l'occupation ponctuelle des lieux lors d'évènements. Les requérants soutiennent que l'effectif maximal de personnes pouvant être accueilli dans les locaux a été sous-estimé. Dans le cadre d'un fonctionnement normal sans évènements ponctuels, l'effectif public et personnel maximum tous types confondus a été évalué à 109 personnes. Or les requérants n'apportent aucun début de démonstration de nature à établir que le pétitionnaire aurait sous-estimé la capacité maximum d'accueil des locaux dans ce type de configuration. En revanche, ils font valoir que la capacité maximum d'accueil a été sous-évaluée en présence d'évènements ponctuels. Ils indiquent ainsi que les salles de type L prévues au rez-de-chaussée, d'une surface de 68,90 et 91,69 mètres carrés soit 160,59 mètres carrés au total, assimilées par le pétitionnaire à des salles polyvalentes au sens du f du 1 de l'article L1 précité, correspondent en réalité soit à des salles d'audition, de conférences, de réunion et de pari, à des salles réservées aux associations ou à des salles de projection au sens des a) b) et c) du 1 de l'article L1 de l'arrêté du 25 juin 1980 et que ces salles pouvant accueillir 3 personnes par mètres carrés en vertu de l'article L3 de cet arrêté, ce sont plus de 300 personnes qui peuvent être accueillies dans les lieux. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'espace mémoriel et la salle de danse, qui offrent plusieurs usages possibles, auraient été qualifiés à tort de salles polyvalentes. Par conséquent, conformément au c) de l'article L. 3 de l'arrêté du 25 juin 1980, précité, le pétitionnaire a légalement pu déterminer l'effectif maximal du public en retenant une personne par m² et fixé à 174 personnes l'effectif total. Si les requérants se prévalent par ailleurs de la méconnaissance des dispositions de l'article X2 de l'arrêté du 25 juin 1980, ces dispositions relatives aux établissements clos et couverts à vocation d'activité physique et sportive, ne sont pas applicables au projet litigieux. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les locaux relèveraient d'un établissement recevant du public de 3ème catégorie au sens de l'article R. 123-19 du code de la construction et de l'habitation précité.
16. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées pour Mme I et autres doivent être rejetées.
Sur les frais de justice :
17. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la ville de Paris, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme réclamée par les requérants au titre des frais qu'ils ont exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'intervention de M. C de Soras est admise.
Article 2 : La requête de Mme I et autres est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme J I et M. N I, à la société de l'hôtel Don Bosco, à Mme F H et M. D A, à Mme O M, à M. P, à M. L C de Soras, à la direction du logement et de l'habitat et à la ville de Paris.
Délibéré après l'audience du 27 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Viard, présidente,
Mme Madé, première conseillère,
Mme Berland, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 avril 2023.
La rapporteure,
C. B
La présidente,
M-P. VIARD La greffière,
I. SZYMANSKI
La République mande et ordonne au préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
2/4-
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026