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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2113729

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2113729

vendredi 21 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2113729
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5e Section - 1re Chambre
Avocat requérantD'ANGELA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une demande et un mémoire, enregistrés le 16 janvier 2020 et le 11 juillet 2022, M. C F, représenté par Me d'Angela, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de prendre les mesures qu'implique l'exécution du jugement n° 1815245/5-1 du 6 juin 2019 par lequel le tribunal a annulé l'arrêté du 6 juin 2017 portant nomination dans le grade de brigadier de police en tant qu'il promeut certains gardiens de la paix, dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que l'exécution du jugement du 6 juin 2019 implique que le ministre de l'intérieur statue à nouveau sur sa candidature à l'avancement au grade de brigadier de police au titre de l'année 2017.

Par une ordonnance en date du 22 juin 2021, le vice-président du tribunal a décidé l'ouverture d'une procédure juridictionnelle.

Par un mémoire, enregistré le 6 juillet 2021, le ministre de l'intérieur et des outre-mer a présenté des observations.

Il soutient que, en exécution du jugement du 6 juin 2019, il a rapporté, par trois arrêtés du 23 juin 2021, les dispositions annulées de l'arrêté du 6 juin 2017 portant nomination dans le grade de brigadier de police au titre de l'année 2017.

Par une ordonnance du 11 juillet 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 5 septembre 2022 à 12 heures.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Sueur, greffière d'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution. / Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte ". Il résulte de ces dispositions qu'en l'absence de définition, par le jugement ou l'arrêt dont l'exécution lui est demandée, des mesures qu'implique nécessairement cette décision, il appartient au juge saisi sur le fondement de l'article L. 911-4 du code de justice administrative d'y procéder lui-même en tenant compte des situations de droit et de fait existant à la date de sa décision. Si la décision faisant l'objet de la demande d'exécution prescrit déjà de telles mesures en application de l'article L. 911-1 du même code, il peut, dans l'hypothèse où elles seraient entachées d'une obscurité ou d'une ambigüité, en préciser la portée. Le cas échéant, il lui appartient aussi d'en édicter de nouvelles en se plaçant, de même, à la date de sa décision, sans toutefois pouvoir remettre en cause celles qui ont précédemment été prescrites ni méconnaître l'autorité qui s'attache aux motifs qui sont le soutien nécessaire du dispositif de la décision juridictionnelle dont l'exécution lui est demandée.

2. Par un jugement n° 1815245/5-1 du 6 juin 2019, devenu définitif, le tribunal a annulé l'arrêté du ministre de l'intérieur en date du 6 juin 2017 en tant qu'il promeut M. B, M. D et M. E au grade de brigadier de police. Si l'annulation d'un tableau d'avancement implique, en principe, que l'administration procède au réexamen des candidatures écartées, la seule annulation d'une mesure nominative prononcée sur le fondement d'un tel acte ne suppose pas, contrairement à ce que soutient le requérant, que l'autorité compétente statue à nouveau sur ces candidatures, ni qu'elle adopte aucune autre mesure d'exécution. Dans ces conditions, l'exécution du jugement en cause n'impliquait pas nécessairement pour le ministre de procéder au réexamen de la situation de M. F afin de déterminer si, le cas échéant, il y avait lieu de l'inscrire sur le tableau d'avancement du 30 mai 2017 ou de le faire bénéficier d'un arrêté d'avancement de grade rétroactif afin de régulariser sa situation entre le 1er juillet 2017 et la date d'effet de son arrêté le promouvant brigadier de police au titre de l'année 2018.

3. Il résulte de tout ce qui précède que la demande d'exécution du jugement du 6 juin 2019 présentée par M. F doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La demande de M. F est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C F et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 6 avril 2023 à laquelle siégeaient :

- Mme Riou, présidente,

- Mme Kante, première conseillère,

- M. Coz, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 21 avril 2023.

La présidente-rapporteure,

C. AL'assesseure la plus ancienne,

C. Kante

La greffière,

L. Sueur

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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