mercredi 2 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2114123 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | HIRIART |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 2 juillet 2021 et 8 avril 2022, M. A B, représenté par Me Hiriart, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 2 juin 2021, par laquelle la ministre des armées a, d'une part, confirmé l'attribution du repère de spécialisation " Officier pompier de l'armée de l'air - 2 600 " et, d'autre part, refusé d'agréer sa demande de démission ;
2°) d'enjoindre à la ministre des armées d'agréer sa demande de démission, dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) d'enjoindre à la ministre des armées, dans l'hypothèse où seule la décision d'attribution du repère de spécialisation " Officier pompier de l'armée de l'air - 2 600 " serait annulée, de lui attribuer, à nouveau, la spécialisation " Officier mécanicien système aéronautique - 2 000 " ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne la demande de démission :
- elle méconnaît les dispositions de l'article 37 du décret n° 2008-943 du 12 septembre 2008 ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne l'attribution du repère de spécialisation :
- la décision attaquée est entachée d'erreur de droit ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 mars 2022, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Il soutient les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la défense,
- le décret n° 2008-943 du 12 septembre 2008,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de M. Guérin-Lebacq, rapporteur public,
- et les observations de Me Hiriart, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, capitaine au sein du corps des officiers mécaniciens de l'air, est affecté au bureau de maîtrise des risques de l'état-major de l'armée de l'air depuis 2017, en qualité de chef de la division " Prévention/Environnement ". Par une décision du 2 décembre 2020 de la ministre des armées, M. B s'est vu attribuer l'indice de spécialisation " Officier pompier de l'armée de l'air - 2600 ", à l'encontre de laquelle l'intéressé a formé un recours préalable devant la commission des recours des militaires le 26 janvier 2021. Parallèlement, M. B a sollicité, le 8 décembre 2020, l'agrément de sa demande de démission à compter du 2 avril 2021. Par décision du 22 mars 2021, la ministre des armées a rejeté cette demande, rejet que M. B a également contesté devant la commission des recours des militaires. A la suite de l'avis rendu par la commission des recours des militaires, la ministre des armées, par une décision du 2 juin 2021, notifiée le 10 juin 2021, a rejeté les deux recours introduits par M. B. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de la décision du 2 juin 2021 par laquelle la ministre des armées a, d'une part, confirmé l'attribution du repère de spécialisation " Officier pompier de l'armée de l'air - 2 600 " et, d'autre part, refusé d'agréer sa demande de démission.
Sur le refus d'agrément de la demande de démission :
2. En premier lieu, d'une part, l'article L. 4139-13 du code de la défense dispose que : " La démission du militaire de carrière (), régulièrement acceptée par l'autorité compétente, entraîne la cessation de l'état militaire. / () Lorsque le militaire a droit à la liquidation de sa pension de retraite dans les conditions fixées au II de l'article L. 24 du code des pensions civiles et militaires de retraite, la démission () est effective à l'issue d'un préavis dont la durée est fixée par décret en Conseil d'Etat. Toutefois, lorsque les circonstances l'exigent, le Gouvernement peut prévoir, par décret, le maintien d'office en position d'activité pour une durée limitée. () ".
3. D'autre part, l'article 37 du décret du 12 septembre 2008 visé ci-dessus énonce que : " () les officiers ne pouvant pas bénéficier d'une pension de retraite dans les conditions fixées par les dispositions du II de l'article L. 24 du code des pensions civiles et militaires de retraite peuvent déposer une demande de démission. Dans ce cas, le ministre de la défense est tenu d'y faire droit dès lors que le nombre total des demandes de démission ne représente pas un nombre au moins égal à 5 %, arrondi à l'unité supérieure, du nombre des nominations effectuées chaque année au premier grade du corps. ".
4. Il résulte de ces dispositions combinées que l'autorité militaire compétente est tenue de faire droit aux demandes de démissions présentées par les officiers de l'air, les officiers mécaniciens de l'air ou les officiers des bases de l'air qui n'ont pas droit à la liquidation de leur pension de retraite dans les conditions fixées au II de l'article L. 24 du code des pensions civiles et militaires de retraite, dès lors que le nombre total de ces demandes ne représente pas un nombre au moins égal à 5 %, arrondi à l'unité supérieure, du nombre des nominations effectuées chaque année au premier grade du corps. Ce n'est qu'au-delà de cette limite annuelle qu'il lui appartient d'apprécier, dans l'intérêt du service, s'il y a lieu d'agréer les demandes de démissions.
5. En l'espèce, il est constant que M. B n'a pas droit à la liquidation de sa pension de retraite dans les conditions fixées au II de l'article L. 24 du code des pensions civiles et militaires de retraite. Il ressort des pièces du dossier, en en particulier d'un document de gestion produit en défense, et non utilement contesté, que 19 personnes ont été recrutées dans le corps des officiers mécaniciens de l'air, au grade de sous-lieutenant, qui correspond au premier grade de ce corps conformément aux dispositions de l'article 2 du décret du 12 septembre 2008 précité alors que selon ce même document 6 demandes de démission ont été présentées au cours de l'année, ce qui représente 31,5% du nombre des nominations dans le premier grade du corps des mécaniciens de l'air au premier grade de ce corps. Si le requérant fait valoir que ce sont 51 personnes qui ont été nommées au premier grade de ce corps et non pas 19 personnes, en tout état de cause, le nombre de demandes de démission serait encore supérieur au seuil requis. Dans ces conditions, dès lors que le nombre de demande de démissions au cours de l'année 2020 excédait le seuil de 5% des nominations au premier grade du corps, la ministre des armées a pu, sans méconnaître les dispositions de l'article 37 du décret du 12 septembre 2008, se fonder sur le seul intérêt du service pour examiner la demande de démission de M. B. Le moyen tiré de l'erreur de droit ne peut, dès lors, qu'être écarté.
6. En second lieu, M. B fait valoir qu'il ne pouvait pas lui être opposé l'intérêt du service pour refuser sa démission dès lors que le poste occupé ne nécessitait aucune compétence spécifique en matière militaire, et qu'il a d'ailleurs été précédemment occupé par des personnels civils, qu'il n'a jamais été proposé au tableau d'avancement, et qu'il a abandonné ses fonctions dans l'armée postérieurement à la décision attaquée. Toutefois, alors que les éléments dont se prévaut l'intéressé sont anciens, le ministre des armées produit une note du 30 septembre 2020 faisant état de la création de nombreux postes d'officiers pompiers de l'armée de l'air au sein des états-majors, dans le cadre de l'évolution de la modernisation des capacités opérationnelles de l'armée de l'Air. Il ressort, en outre, des pièces du dossier que la formation dont a bénéficié M. B et son expérience professionnelle sont en adéquation avec les missions du poste qu'il occupe depuis 2017, comme chef de la division prévention et environnement du bureau de maîtrise des risques de l'état-major de l'armée de l'air en charge de l'élaboration de la politique de l'armée de l'air en matière de sécurité nucléaire, de sécurité aérienne, de prévention des risques professionnels et de protection de l'environnement. Il ressort également des pièces du dossier que l'intéressé, nonobstant l'absence de proposition au tableau d'avancement, remplit parfaitement les missions qui lui sont confiées et qu'il a bénéficié comme d'autres militaires d'une réorientation vers la spécialité " officier pompier de l'armée de l'air ", en adéquation avec ses compétences, dans la mesure où les effectifs d'officiers pompiers de l'armée de l'air sont déficitaires au niveau national, avec 61 emplois pourvus sur 70 en 2020. Enfin, la situation d'abandon de poste dans laquelle se trouve le requérant depuis septembre 2021 est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée adoptée au mois de juin précédent. Par ailleurs, le préjudice susceptible de résulter de cette décision, faisant obstacle au souhait de M. B d'une reconversion professionnelle comme pilote de ligne, est également inopérant. Dans ces condition, M. B n'est pas fondé à soutenir que la ministre des armées aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation en refusant son offre de démission, en lui opposant l'intérêt du service. Par suite ce moyen doit être écarté.
Sur l'attribution de la spécialisation " Officier pompier de l'armée de l'air " :
7. Il appartient à l'autorité militaire, comme à toute autorité hiérarchique, d'apprécier l'intérêt du service pour prononcer l'affectation des personnels, notamment les mutations. C'est également l'intérêt du service qui préside à l'attribution de spécialisations permettant d'identifier les qualifications des agents d'un même corps.
8. Ainsi qu'il a été dit au point 6 l'attribution de la spécialisation " Officier pompier de l'armée de l'air " était justifiée par la formation et l'expérience professionnelle de M. B ainsi que par la nécessité de développer les fonctions de pompier de l'armée de l'air au sein des différents services de l'état-major de l'armée de l'air.
9. M. B fait valoir que conformément à une instruction du 18 mars 2013 relative aux changements d'orientation professionnelle du personnel non navigant d'active un changement de spécialisation ou de corps ne pouvait intervenir d'office dans le cadre d'une inaptitude médicale, d'une restructuration ou d'un arrêt de progression ou d'instruction que dans le cas où le militaire n'avait pas formulé de demande de changement de spécialisation ou de corps après y avoir été invité par l'administration ou avoir formulé une demande qui ne correspondait pas aux besoins de l'armée de l'air. Toutefois, à supposer que M. B puisse se prévaloir de cette instruction, celui-ci n'est pas fondé à soutenir que la modification de sa spécialisation ne pouvait intervenir sans invitation préalable à présenter une demande en ce sens, dès lors que le changement de spécialisation litigieux avait seulement pour objet une mise en cohérence avec sa situation professionnelle actuelle et ne revêtait pas le caractère d'une réorientation professionnelle au sens de cette instruction. Dans ces conditions, et alors que contrairement à ce que soutient M. B, il ne s'agissait pas davantage d'une nouvelle spécialisation, les moyens tirés de l'erreur de droit et de l'erreur d'appréciation doivent être écartés.
10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision de la ministre des armées en date du 2 juin 2021 doivent être rejetées ainsi que par voie de conséquence les conclusions à fin d'injonction ainsi que les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2: Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre des armées.
Délibéré après l'audience du 11 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Laloye, président,
Mme Roussier, première conseillère,
M. Théoleyre, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 novembre 2022.
La rapporteure,
S. C
Le président,
P. LaloyeLa greffière,
K. Bak-Piot
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2114123/6-
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026