mercredi 29 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2114775 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | MIROITE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 juillet 2021, M. E A, représenté par Me Miroite, demande au tribunal :
1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler la décision du 15 juin 2021 par lequel le directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration lui a refusé le rétablissement des conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'enjoindre au directeur général de l'OFII de lui octroyer les conditions matérielles d'accueil et de lui verser l'allocation de demandeur d'asile à titre rétroactif à compter du 15 juin 2021, dans un délai de trois jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'OFII le versement à Me Miroite d'une somme de 1 500 euros sur le fondement combiné des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
M. A soutient que :
- la décision attaquée de refus de rétablissement des conditions matérielles d'accueil est entachée d'un vice d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- l'OFII s'est estimé en situation de compétence liée ;
- la décision d'interruption de l'allocation des demandeurs d'asile est entachée d'une erreur de droit et de fait dès lors qu'elle ne respecte aucune des conditions de refus, de retrait ou de suspension prévue au titre du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision de refus de rétablissement des conditions matérielles d'accueil n'a pas été précédée d'un examen de sa vulnérabilité ;
- elle est entachée d'une erreur de droit au regard de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 janvier 2023, le directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du
9 décembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- et les conclusions de Mme Belle, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant afghan né le 29 avril 1990, a, lors de sa première entrée en France, présenté une demande d'asile, enregistrée le 10 septembre 2018, et a bénéficié des conditions matérielles d'accueil à compter du même jour. L'examen de la demande d'asile de M. A relevant de la Belgique, le préfet de police a décidé son transfert aux autorités belges. Ne s'étant pas présenté aux convocations consécutives du préfet de police du 17 décembre 2018 et du 24 décembre 2018, l'intéressé a été déclaré en fuite le 7 janvier 2019. Par une décision du 4 février 2019, notifiée le 21 février 2019, l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a retiré le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Après l'expiration du délai de transfert, M. A a présenté une nouvelle demande d'asile en France qui a été placée en procédure normale le 17 juillet 2020 et a sollicité auprès de l'OFII le rétablissement du bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Après avoir fait l'objet d'un réexamen de vulnérabilité le 8 juin 2021, M. A a fait l'objet d'une décision de rejet du 15 juin 2021, notifiée 21 juin 2021, lui refusant le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. Par la présente requête,
M. A demande l'annulation de cette décision.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Si M. A sollicite, dans le cadre de sa requête, son admission à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle, il ressort des pièces du dossier que son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale a été prononcée par une décision du président du bureau de l'aide juridictionnelle en date du 9 décembre 2021. Dès lors, ses conclusions tendant à ce que le tribunal l'admette à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle sont devenues sans objet et il n'y a, par suite, pas lieu d'y statuer.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
3 En premier lieu, la décision attaquée est signée par Mme D B, directrice territoriale à Paris, qui disposait à cet effet d'une délégation de signature consentie par une décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du
2 octobre 2020. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée ne peut qu'être écarté.
4. En deuxième lieu, la décision attaquée vise les textes dont elle fait application et mentionne les faits qui en constituent le fondement. Elle indique, en particulier, que M. A a accepté les conditions matérielles d'accueil proposées par l'OFII le 9 septembre 2018 et que l'Office a, par la suite, mis totalement fin à ses conditions matérielles d'accueil au motif qu'il n'avait pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile. La décision précise enfin que, compte tenu des faits qui sont reprochés à l'intéressé et après examen de ses besoins et de sa situation personnelle et familiale, il a été décidé de ne pas faire droit à sa demande de rétablissement de ses conditions matérielles d'accueil. Dans ces conditions, la décision attaquée est suffisamment motivée et le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté de même que le moyen tiré du défaut d'examen de sa situation personnelle.
5. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'OFII se serait estimé en situation de compétence liée pour refuser de procéder au rétablissement des conditions matérielles d'accueil.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 551-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile sont proposées à chaque demandeur d'asile par l'Office français de l'immigration et de l'intégration après l'enregistrement de sa demande par l'autorité administrative compétente. () ". Aux termes de l'article L. 551-15 du même code: " Les conditions matérielles d'accueil peuvent être refusées, totalement ou partiellement, au demandeur dans les cas suivants : 1° Il refuse la région d'orientation déterminée en application de l'article L. 551-3 ; 2° Il refuse la proposition d'hébergement qui lui est faite en application de l'article L. 552-8 ; 3° Il présente une demande de réexamen de sa demande d'asile ; 4° Il n'a pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans le délai prévu au 3° de l'article L. 531-27. La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur ". Aux termes, enfin, de l'article L. 551-16 du même code : " Il peut être mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur dans les cas suivants : () 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes () La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Elle est prise après que l'intéressé a été mis en mesure de présenter ses observations écrites selon des modalités définies par décret. / Lorsque la décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil a été prise en application des 1°, 2° ou 3° du présent article et que les raisons ayant conduit à cette décision ont cessé, le demandeur peut solliciter de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. L'office statue sur la demande en prenant notamment en compte la vulnérabilité du demandeur ainsi que, le cas échéant, les raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acception initiale des conditions matérielles d'accueil. ".
7. Si M. A soutient que sa situation ne rentre dans aucune des hypothèses permettant le refus, le retrait ou la suspension de l'allocation des demandeurs d'asile, il ressort des pièces du dossier que le requérant s'est soustrait à ses obligations à l'égard des autorités chargées de l'asile. L'OFII pouvait donc, pour ce motif, mettre fin au bénéfice des conditions matérielles d'accueil, incluant l'allocation des demandeurs d'asile.
8. En cinquième lieu, contrairement à ce que soutient le requérant, il ressort des pièces du dossier que l'OFII a procédé à un nouvel entretien de vulnérabilité, le 8 juin 2021, avant de lui refuser le rétablissement des conditions matérielles d'accueil.
9. En sixième lieu, si M. A soutient qu'il ne bénéficie pas d'un hébergement, que son état de santé est fragile car il est suivi psychologiquement, qu'il souffre de maux de dos récurrents et fait l'objet d'un traitement médicamenteux et produit, à cet effet, une ordonnance médicale en date du 20 janvier 2021 de Médecins du monde prescrivant un antidépresseur et des documents faisant état de rendez-vous médicaux pour les dates du 10 novembre 2020,
15 décembre 2020 et 20 janvier 2021, ces éléments ne permettent pas d'établir une particulière vulnérabilité de sa situation alors qu'il ressort des pièces du dossier, et notamment de la fiche d'évaluation de sa vulnérabilité produite par l'OFII en défense, que l'OFII a procédé à un réexamen de vulnérabilité le 8 juin 2021 à la suite de sa demande de rétablissement des conditions matérielles d'accueil, que M. A a déclaré être hébergé par le 115 " dans un hôtel " et qu'il a également fait l'objet d'un avis MEDZO l'ayant déclaré le 19 octobre 2020 en niveau 0 de vulnérabilité. Enfin, il ressort des pièces du dossier que le requérant s'est vu notifier deux convocations, en date des 17 décembre 2018 et 24 décembre 2018 aux fins de mise en œuvre de son transfert aux autorités belges, responsables de l'examen de sa demande d'asile, qu'il ne s'est pas présenté à ces convocations et qu'il n'a fait état d'aucun motif légitime pour justifier son absence. Il suit de là que l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.
10. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée dans toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. A tendant à son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E A, à Me Miroite et au directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 15 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Vidal, présidente,
Mme Mérino, première conseillère,
M. Baudat, conseiller.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 29 mars 2023.
Le rapporteur,
J-B. C
La présidente,
S. VIDALLa greffière,
S. COULANT
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/1-1
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026