lundi 24 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2115416 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C+ |
| Formation | 4e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET CLOIX & MENDES-GIL (SELARL) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 15 juillet 2021 et 31 mars 2023, le syndicat des copropriétaires du 3-5, villa Jean-Baptiste Luquet et M. C D, représentés par Me Destarac, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 janvier 2021 par lequel la maire de Paris a délivré un permis de construire à la société Century 21 Victor Hugo pour la construction d'une maison individuelle de R+2 et sous-sol avec édicule d'accès en toiture terrasse végétalisée, après démolition d'un garage de stationnement à R+0 sur rue (surface de plancher créée : 283,81 m². Hauteur du projet : 11 m. A : 349 m²), sur un terrain situé 7-9, villa Jean-Baptiste Luquet, dans le 15ème arrondissement de Paris, ensemble la décision implicite du 15 mai 2021 portant rejet de leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la ville de Paris une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- M. D disposait d'un mandat verbal exprès confié par le syndicat des copropriétaires à fin d'introduire un recours gracieux contre l'arrêté du 26 janvier 2021 ;
- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;
- il méconnaît l'article R. 431-21 du code de l'urbanisme, dès lors que le projet nécessitait l'obtention d'un permis de démolir ;
- le dossier de permis de construire est incomplet, dès lors qu'il ne précise pas la valeur du terrain sur lequel la construction doit être édifiée, en méconnaissance de l'article R. 431-25-1 du code de l'urbanisme ;
- l'arrêté attaqué méconnaît les articles UG.6.1 et UG.11.4 du règlement du plan local d'urbanisme, dès lors que le projet ne prévoit pas de clôture à l'alignement ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UG.7.1 du règlement du plan local d'urbanisme, dès lors que le projet porte gravement atteinte aux conditions d'éclairement de leur immeuble ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UG.8.1 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UG.11.1.3 du règlement du plan local d'urbanisme, dès lors que la hauteur du soubassement est d'environ 2,70 mètres, et qu'aucune fermeture à l'alignement n'est prévue ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UG.11.1.4 du règlement du plan local d'urbanisme, dès lors que la façade du rez-de-chaussée, qui ne comporte aucune fenêtre, n'est pas la plus ouverte possible ;
- il méconnaît les dispositions du 3° de l'article UG.12.1 du règlement du plan local d'urbanisme, dès lors que la création d'accès à un parc de stationnement est interdite sur la voie Villa Jean-Baptiste Luquet ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UG.3.1 du règlement du plan local d'urbanisme et les dispositions de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme, dès lors que le permis de construire aurait dû être refusé en raison des risques posés par le projet pour la sécurité des usagers de la voie publique ;
- il méconnaît l'article UG.2.1 du règlement du PLU et le paragraphe 6 des dispositions générales du règlement du PPRI relatives à la zone bleue, dès lors que l'unité foncière ne pouvant être considérée comme une dent creuse, la densification de la surface de plancher devait être limitée à 20%.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 janvier 2022, la ville de Paris conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par le syndicat des copropriétaires du 3-5, villa Jean-Baptiste Luquet et M. D ne sont pas fondés.
Par des mémoires, enregistrés les 17 novembre 2021 et 4 avril 2023, la société Century 21 Victor Hugo, représentée par Me Jaafar, conclut au rejet de la requête, et à ce que soit mise à la charge solidaire du syndicat des copropriétaires du 3-5, villa Jean-Baptiste Luquet et de M. D une somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable, car elle est tardive, dès lors que le courrier du 11 mars 2021, qui se limite à demander à la maire de Paris de " reconsidérer l'obtention du permis de construire dans sa forme actuelle " sans demander son annulation ou son retrait, ne constitue pas un recours gracieux et n'a pas interrompu les délais de recours ; les requérants ne justifient pas de leur intérêt à agir ;
- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions de la requête tendant à l'annulation de l'arrêté de permis de construire n° PC 075 115 20 V0011 du 26 janvier 2021, en raison de leur tardiveté, dès lors que M. D a introduit le recours gracieux du 11 mars 2021 en qualité de président du conseil syndical, ne pouvant légalement représenter le syndicat des copropriétaires, et que ce recours gracieux n'a, par suite, pas prorogé le délai de recours contentieux.
Le 9 mars 2023, le syndicat des copropriétaires du 3-5, villa Jean-Baptiste Luquet et M. D ont présenté des observations sur le moyen susceptible d'être relevé d'office.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- la loi modifiée n° 65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis ;
- le décret modifié n° 67-223 du 17 mars 1967 ;
- le règlement du plan local d'urbanisme de la ville de Paris ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de Mme Alidière, rapporteure publique,
- et les observations de Me Barreau, représentant le syndicat des copropriétaires du 3-5, villa Jean-Baptiste Luquet et M. D, et de Me Gautier, représentant la société Century 21 Victor Hugo.
Considérant ce qui suit :
1. Le 6 février 2020, la société Century 21 Victor Hugo a déposé une demande de permis de construire pour la construction d'une maison individuelle de R+2 et sous-sol avec édicule d'accès en toiture terrasse végétalisée, après démolition d'un garage de stationnement à R+0 sur rue (surface de plancher créée : 283,81 m². Hauteur du projet : 11 m. A : 349 m²), sur un terrain situé 7-9, villa Jean-Baptiste Luquet, dans le 15ème arrondissement de Paris. Par un arrêté du 26 janvier 2021, la maire de Paris a délivré le permis de construire sollicité. Par la présente requête, le syndicat des copropriétaires du 3-5, villa Jean-Baptiste Luquet et M. C D demandent au tribunal d'annuler cet arrêté de permis de construire, ensemble la décision implicite du 15 mai 2021 portant rejet de leur recours gracieux.
Sur la recevabilité de la requête :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () ". L'existence d'un recours administratif a pour effet d'interrompre ce délai.
3. Aux termes de l'article 15 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis : " Le syndicat a qualité pour agir en justice, tant en demandant qu'en défendant, même contre certains des copropriétaires ; il peut notamment agir, conjointement ou non avec un ou plusieurs de ces derniers, en vue de la sauvegarde des droits afférents à l'immeuble. / Tout copropriétaire peut néanmoins exercer seul les actions concernant la propriété ou la jouissance de son lot, à charge d'en informer le syndic. () ". Aux termes de l'article 18 de la même loi : " I. - Indépendamment des pouvoirs qui lui sont conférés par d'autres dispositions de la présente loi ou par une délibération spéciale de l'assemblée générale, le syndic est chargé, dans les conditions qui seront éventuellement définies par le décret prévu à l'article 47 ci-dessous : / () - de représenter le syndicat dans tous les actes civils et en justice dans les cas mentionnés aux articles 15 et 16 de la présente loi, ainsi que pour la publication de l'état descriptif de division et du règlement de copropriété ou des modifications apportées à ces actes, sans que soit nécessaire l'intervention de chaque copropriétaire à l'acte ou à la réquisition de publication ; () ". Aux termes de l'article 21 de la même loi : " Dans tout syndicat de copropriétaires, un conseil syndical assiste le syndic et contrôle sa gestion. / En outre, il donne son avis au syndic ou à l'assemblée générale sur toutes questions concernant le syndicat, pour lesquelles il est consulté ou dont il se saisit lui-même. () ". Aux termes de l'article 55 du décret modifié n° 67-223 du 17 mars 1967 : " Le syndic ne peut agir en justice au nom du syndicat sans y avoir été autorisé par une décision de l'assemblée générale. () ". Aux termes de l'article 59 du même décret : " () / Les actes de procédure concernant le syndicat des copropriétaires sont régulièrement signifiés, suivant les cas, au syndic ou à la requête de celui-ci. / () ".
4. Il résulte des dispositions précitées que seul le syndic peut représenter le syndicat de copropriétaires pour intenter une action en justice au nom du syndicat, à la condition d'y avoir été autorisé par une décision de l'assemblée générale des copropriétaires, à l'exclusion du conseil syndical de la copropriété qui, au surplus, ne possède pas de personnalité juridique. Il ressort des pièces du dossier que le délai de recours contentieux a commencé à courir le 10 mars 2021, date à laquelle la pétitionnaire justifie de l'affichage du permis de construire sur le terrain d'assiette du projet. Un recours gracieux a été introduit le 11 mars 2021 et reçu le 15 mars 2021 par la ville de Paris. Ce recours était, toutefois, seulement signé par M. C D en tant que président du conseil syndical de la copropriété du 3-5 Villa Jean-Baptiste Luquet, et non en tant que copropriétaire agissant en son nom propre. Si les requérants font valoir que M. D disposait d'un mandat verbal exprès du syndicat des copropriétaires à fin d'introduire ce recours gracieux, ils ne produisent, pour l'établir, qu'une attestation du syndicat des copropriétaires datée du 17 mars 2023. Une telle attestation, produite pour les besoins de la cause, est dépourvue de force probante, alors, au demeurant, qu'aucune autre pièce du dossier n'évoque l'existence d'un tel mandat. De plus, alors que les requérants produisent des courriels datés de mars 2021 échangés entre les seuls membres du conseil syndical, établissant que le principe du recours gracieux avait été validé par le conseil syndical, ils ne produisent aucun échange similaire avec le syndicat des copropriétaires. Il résulte de ce qui précède que le courrier de M. D en tant que président du conseil syndical n'a pu avoir d'effet interruptif du délai de recours contentieux. Par suite, la requête présentée par le syndicat des copropriétaires du 3-5, villa Jean-Baptiste Luquet et M. D en son nom propre, enregistrée le 15 juillet 2021, plus de quatre mois après l'affichage du permis de construire litigieux sur le terrain d'assiette, était tardive.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête présentée par le syndicat des copropriétaires du 3-5, villa Jean-Baptiste Luquet et M. D doit être rejetée.
Sur les frais de justice :
6. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la ville de Paris, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que les requérants demandent au titre des frais qu'ils ont exposés et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge du syndicat des copropriétaires du 3-5, villa Jean-Baptiste Luquet et de M. D la somme globale de 1 500 euros à verser à la société Century 21 Victor Hugo.
D E C I D E :
Article 1er : La requête du syndicat des copropriétaires du 3-5, villa Jean-Baptiste Luquet et de M. D est rejetée.
Article 2 : le syndicat des copropriétaires du 3-5, villa Jean-Baptiste Luquet et M. D verseront la somme globale de 1 500 euros à la société Century 21 Victor Hugo au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié au syndicat des copropriétaires du 3-5, villa Jean-Baptiste Luquet, à M. C D, à la ville de Paris et à la société Century 21 Victor Hugo.
Délibéré après l'audience du 11 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Le Roux, présidente,
Mme Madé, première conseillère,
Mme Berland, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 avril 2023.
La rapporteure,
F. B
La présidente,
M.-O. LE ROUXLa greffière,
I. SZYMANSKI
La République mande et ordonne au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026