jeudi 27 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2116302 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4e Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | SELARL GMR AVOCATS - GRANGE-MARTIN-RAMDENIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 29 juillet 2021 et 29 août 2022, le syndicat des copropriétaires de la résidence Le Périscope - 83 avenue d'Italie à Paris (75013), représenté par son syndic, le cabinet Loiselet et Daigremont et la SC Davantia, représentés par la SELARL Grange - Martin - Ramdenie, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 16 juin 2021 par laquelle la maire de Paris s'est opposée à leur déclaration préalable ;
2°) d'enjoindre à la maire de Paris de prendre une décision de non-opposition à la déclaration préalable ;
3°) de mettre à la charge de la Ville de Paris une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la requête est recevable ;
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée en fait et en droit ;
- la décision attaquée et sa notification sont irrégulières faute de mention de la transmission du dossier au préfet en application de l'article R. 424-12 du code de l'urbanisme ;
- la décision est entachée d'erreur de droit dès lors qu'aucun plan d'alignement ne grevait la parcelle en cause et qu'alors les travaux ne pouvaient être refusés au motif du non-respect des dispositions de l'article UG. 6.1 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris ;
- la substitution de motifs demandée subsidiairement par la Ville de Paris ne peut être accueillie dès lors que, d'une part, l'administration n'aurait pas pris une décision sur le fond mais sur la forme si elle s'était fondée sur le motif présenté par la Ville de Paris tiré de l'absence de qualité pour déposer la demande préalable et que, d'autre part, la contestation de sa qualité de propriétaire de la parcelle en cause est infondée et, en tout état de cause, en cas de difficulté sérieuse à cet égard le tribunal judiciaire est seul compétent pour se prononcer sur la propriété d'un terrain et il y aurait lieu de lui renvoyer cette question par voie préjudicielle.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 20 juin, 19 septembre, 20 octobre et 16 novembre 2022, la maire de Paris conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable faute pour le syndic Loiselet et Daigremont de justifier de sa qualité pour ester en justice ;
- la société SC Davantia n'a pas intérêt à agir, n'apportant pas la preuve de sa qualité de copropriétaire ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés ;
- à titre subsidiaire, le motif tiré du défaut de qualité du syndicat des copropriétaires de la résidence Le Périscope pour déposer une déclaration préalable devra être substitué à celui tiré de la méconnaissance de l'article UG. 6.1 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris dans l'hypothèse où ce dernier serait jugé illégal ;
- en cas de difficulté sérieuse en ce qui concerne la propriété de la parcelle en cause il y aurait lieu de renvoyer à la juridiction judiciaire une question préjudicielle.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le règlement du plan local d'urbanisme de Paris ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de Mme Baratin, rapporteure publique,
- et les observations de Me Froger, représentant la maire de Paris, et de Me Perriez, représentant les requérants.
Considérant ce qui suit :
1. Le syndicat des copropriétaires de la résidence Le Périscope - 83 avenue d'Italie à Paris et la société SC Davantia ont déposé le 12 février 2021 une déclaration préalable pour le réaménagement des accès à l'immeuble avec agrandissement des espaces verts, la modification d'aspect du parvis d'accès au commerce et la pose de clôtures. Par une décision du 16 juin 2021 la maire de Paris s'est opposée à cette déclaration. Par la présente requête, les requérants demandent l'annulation de cette décision.
Sur les fins de non-recevoir opposées par la Ville de Paris :
2. En premier lieu, il ressort du procès-verbal de l'assemblée générale du 27 juin 2022 que le syndicat des copropriétaires de la résidence Le Périscope a donné mandat au syndic Loiselet et Daigremont pour ester en justice. Par suite, la requête est recevable.
3. En second lieu, la société SC Davantia, dont il ressort des pièces du dossier qu'elle est effectivement propriétaire de parcelles situées sur le terrain d'assiette en cause, soutient sans être contredite que la décision attaquée empêche la réalisation de travaux nécessaires à l'amélioration de l'accueil de ses clients. Par suite, son intérêt à agir est établi.
Sur la légalité externe :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2511-27 du code général des collectivités territoriales : " Le maire de la commune peut donner, sous sa surveillance et sa responsabilité, par arrêté, délégation de signature () aux responsables de services communaux. () ". Par un arrêté du 4 janvier 2021, régulièrement publié au bulletin municipal officiel de la ville de Paris du 8 janvier 2021, la maire de Paris a donné délégation à M. B C, adjoint au chef du service du permis de construire et du paysage de la rue, signataire de l'arrêté attaqué du 16 juin 2021, à l'effet de signer, notamment, les décisions relatives aux permis de construire. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit, dès lors, être écarté.
5. En deuxième lieu, la décision attaquée, qui vise le règlement du plan local d'urbanisme de Paris, mentionne qu'elle fait application de son article UG. 6.1 et précise qu'elle est fondée sur le motif tiré de ce que " la clôture projetée délimitant les travaux d'aménagements extérieurs n'est pas implantée à l'alignement ". Dès lors, elle comporte l'ensemble des considérations de droit et de fait sur lesquelles s'est fondée la maire de Paris. Les circonstances que, d'une part, la version du règlement du plan local d'urbanisme de Paris visée ne soit pas la dernière en vigueur et que, d'autre part, la notion d'alignement ne soit pas définie dans la décision ne sont pas de nature à entacher celle-ci d'une insuffisance de motivation. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait insuffisamment motivée en fait et en droit doit être écarté.
6. En dernier lieu, d'une part, aux termes de l'article R. 424-12 du code de l'urbanisme : " Lorsque la décision est de la compétence du maire ou du président de l'établissement public de coopération intercommunale, celui-ci informe le demandeur de la date à laquelle la décision et le dossier ont été transmis au préfet ou à son délégué dans les conditions définies aux articles L. 2131-1 et L. 2131-2 du code général des collectivités territoriales ". D'autre part, aux termes de l'article L. 424-8 du code de l'urbanisme : " Le permis tacite et la décision de non-opposition à une déclaration préalable sont exécutoires à compter de la date à laquelle ils sont acquis ". Il résulte de ces dispositions qu'une décision de non-opposition à une déclaration préalable est exécutoire dès qu'elle est acquise, sans qu'il y ait lieu de rechercher si elle a été transmise au représentant de l'Etat dans le département ou à son délégué dans l'arrondissement. De même, une décision s'opposant à la déclaration préalable est exécutoire sans qu'il y ait lieu de rechercher si elle a été transmise au représentant de l'Etat dans le département ou à son délégué dans l'arrondissement. Par suite, les requérants ne peuvent utilement faire valoir qu'ils n'auraient pas été informés de la date à laquelle la décision attaquée a été transmise au préfet pour contester la légalité de cette décision.
Sur la question de la propriété du parvis en cause :
7. D'une part, aux termes de l'article UG. 6.1 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris : " Sauf disposition graphique contraire, la partie verticale de la façade de toute construction à édifier en bordure de voie doit être implantée à l'alignement ou à la limite de fait de la voie () Une clôture doit être implantée à l'alignement, sauf exceptionnellement si la configuration des lieux en justifie l'absence. Dans ce dernier cas, la limite au sol indiquant la séparation entre le domaine public et le domaine privé doit être matérialisée sans ambiguïté ". En outre, le VIII du règlement du plan local d'urbanisme de Paris donne pour définition de l'alignement : " L'alignement est la délimitation du domaine public de voirie au droit des terrains riverains ".
8. En l'espèce, par sa décision du 16 juin 2021, la maire de Paris s'oppose aux travaux envisagés au motif que " la clôture projetée délimitant les travaux d'aménagements extérieurs n'est pas implantée à l'alignement ". Si les requérants soutiennent d'abord qu'aucun plan d'alignement n'étant annexé au règlement du plan local d'urbanisme de Paris, ce motif ne pouvait être opposé, il résulte des dispositions précitées que la notion d'alignement au sens des dispositions précitées doit s'entendre comme la limite du domaine public au droit des parcelles privées.
9. D'autre part, il appartient au juge administratif de se prononcer sur l'existence, l'étendue et les limites du domaine public, sauf à renvoyer à l'autorité judiciaire une question préjudicielle en cas de contestation sur la propriété du bien litigieux dont l'examen soulève une difficulté sérieuse. Le caractère sérieux de la contestation s'apprécie au regard des prétentions contraires des parties et au vu de l'ensemble des pièces du dossier. Le juge doit prendre en compte tant les éléments de fait que les titres privés invoqués par les parties.
10. Pour contester la décision attaquée, les requérants critiquent le motif retenu par la maire de Paris en se prévalant du cadastre et du plan de zonage du règlement du plan local d'urbanisme de Paris, d'une note d'urbanisme de la Ville de Paris du 3 avril 2022, d'un courrier de la Ville de Paris du 7 avril 2021, d'un vœu déposé au conseil d'arrondissement du 13e arrondissement du 1er mars 2021 et de procès-verbaux d'assemblée générale des copropriétaires. Ils font valoir qu'il ressort de l'ensemble de ces documents que le parvis en cause, devant l'immeuble situé au 83 avenue d'Italie dans le 13e arrondissement de Paris, constitue la propriété privée des pétitionnaires de la déclaration préalable en litige et que, dès lors, la clôture projetée est bien placée à l'alignement, et, par suite, conforme aux dispositions précitées. La Ville de Paris se prévaut quant à elle d'un arrêté portant permis de construire daté de 1966 qui prévoit le transfert de propriété de la parcelle en litige, d'un plan de piquetage de 1967, d'un questionnaire de 1970, préparatoire audit transfert de propriété et d'un plan d'alignement de 1974 dont elle affirme qu'il procède au transfert effectif de propriété à son bénéfice. Au regard des différents documents produits par les deux parties, la question de la propriété du parvis en litige doit être regardée comme posant une difficulté sérieuse. L'appréciation du bien-fondé du moyen dépend du point de savoir si le parvis est la propriété de la Ville de Paris ou la propriété privée des pétitionnaires. Il n'appartient qu'à l'autorité judiciaire de trancher cette question.
11. L'article R. 771-2 du code de justice administrative dispose que : " Lorsque la solution d'un litige dépend d'une question soulevant une difficulté sérieuse et relevant de la compétence de la juridiction judiciaire, la juridiction administrative initialement saisie la transmet à la juridiction judiciaire compétente. Elle sursoit à statuer jusqu'à la décision sur la question préjudicielle ".
12. Eu égard au caractère sérieux de la contestation soulevée, il y a lieu pour le tribunal administratif de surseoir à statuer sur la requête du syndicat des copropriétaires de la résidence Le Périscope - 83 avenue d'Italie à Paris et de la société SC Davantia tendant à l'annulation de la décision du 16 juin 2021 de la maire de Paris jusqu'à ce que la juridiction compétente se soit prononcée sur cette question préjudicielle.
D E C I D E :
Article 1er : Il est sursis à statuer sur la requête du syndicat des copropriétaires de la résidence Le Périscope - 83 avenue d'Italie à Paris et la société SC Davantia dirigée contre la décision du 16 juin 2021 de la maire de Paris portant opposition à déclaration préalable jusqu'à ce que le tribunal judiciaire de Paris se soit prononcé sur la question de savoir si le parvis au droit de l'immeuble sis 83 avenue d'Italie dans le 13ème arrondissement de Paris appartient ou non à la Ville de Paris.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié au syndicat des copropriétaires de la résidence Le Périscope - 83 avenue d'Italie a paris (75013), à la société SC Davantia, à la maire de Paris et au Président du tribunal judicaire de Paris.
Délibéré après l'audience du 13 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Viard, présidente,
M. Perrot, conseiller,
M. Palla, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 avril 2023.
Le rapporteur,
F. A
La présidente,
M-P. VIARDLa greffière,
L. THOMAS
La République mande et ordonne au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026