jeudi 29 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2116586 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET GARRIGUES, BEAULAC ASSOCIES (AARPI) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 1er août 2021, Mme C B, représentée par Me Beaulac, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 22 février 2021 par laquelle le premier président de la cour d'appel de Paris et le procureur général de cette cour l'ont placée dans le groupe de fonctions n°2 des secrétaires administratifs pour l'application du régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel en tant qu'elle prend effet à compter du 12 janvier 2021, ensemble la décision du 3 juin 2021 de rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au ministre de la justice de régulariser sa situation et de la classer dans le groupe 2 à compter du 15 juin 2020, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le signataire de la décision du 3 juin 2021 était incompétent ;
- dès lors qu'elle exerçait de manière effective depuis le 16 juin 2020 des fonctions d'encadrant, elle aurait dû être classée dans le groupe 2 à compter du 15 juin 2020.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 octobre 2022, le ministre de la justice conclut au rejet de la requête en soutenant que les moyens invoqués par Mme B ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 10 octobre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au
1er novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 ;
- le code de l'organisation judiciaire ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rebellato, rapporteur,
- et les conclusions de Mme Nikolic, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a rejoint le greffe du tribunal judiciaire de Paris à compter du
1er mars 2020 en qualité de secrétaire administrative par un arrêté du 5 février 2020, suite à sa demande de mutation. Le 18 mai 2020, lui a été notifiée une décision individuelle du groupe de fonction du régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnelle (RIFSEEP) la classant dans le groupe 3. Par un courrier du 5 novembre 2020, elle a demandé la réactualisation de son groupe RIFSEEP avec un effet rétroactif au 15 juin 2020. Par un courriel du 18 décembre 2020, sa demande a été rejetée. Par un courrier du 11 janvier 2021, Mme B a sollicité un nouvel examen de sa situation au motif que la fiche de poste qui lui a été notifiée le 6 mars 2020 était erronée et qu'elle occupait bien la fonction d'adjoint au chef de service à compter du 15 juin 2020. Une décision individuelle de notification de groupe de fonction lui a été notifiée le 25 février 2021 portant classement de l'intéressée au groupe 2 avec un effet au 12 janvier 2021. Mme B a formé un recours gracieux à l'encontre de cette décision en tant qu'elle prenait effet au
12 janvier 2021 et non au 15 juin 2020. Son recours a été rejeté le 3 juin 2021 par le ministre de la justice. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal d'annuler la décision du 22 février 2021 par laquelle les chefs de la cour d'appel de Paris l'ont placée dans le groupe de fonctions n°2 en tant qu'elle prend effet à compter du 12 janvier 2021, ensemble la décision du 3 juin 2021 de rejet de son recours gracieux.
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 312-65 du code de l'organisation judiciaire : " Par délégation du garde des sceaux, ministre de la justice, le premier président de la cour d'appel et le procureur général près cette cour assurent conjointement l'administration des services judiciaires dans le ressort de la cour d'appel.() " Aux termes de l'article R. 312-73 du même code : " Sous réserve des dispositions de l'article D. 312-66, le premier président de la cour d'appel et le procureur général près cette cour peuvent, conjointement, donner délégation de signature, pour les matières relevant des attributions du service administratif régional, au directeur délégué à l'administration régionale judiciaire et, en cas d'absence ou d'empêchement de celui-ci, à ses adjoints ou, à défaut, aux responsables de gestion placés sous son autorité, dans la limite de leurs attributions. "
3. Il ressort des pièces du dossier que, par une décision du 20 avril 2021, M. A, premier président de la cour d'appel de Paris, et Mme D, procureure générale près cette cour ont donné délégation conjointe de leur signature à M. Courtalon, président de chambre à la cour d'appel de Paris, en qualité de directeur délégué à l'administration régionale judiciaire du ressort de cette cour. M. Courtalon a reçu délégation à l'effet de signer notamment les décisions portant sur " la gestion administrative de l'ensemble du personnel ". Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision du 3 juin 2021 doit être écarté comme manquant en fait.
4. En second lieu, aux termes de l'article 1er du décret du 20 mai 2014 portant création d'un régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel dans la fonction publique de l'Etat : " Les fonctionnaires relevant de la loi du 11 janvier 1984 susvisée peuvent bénéficier, d'une part, d'une indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise () ". L'article 2 du même décret dispose que : " Le montant de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise est fixé selon le niveau de responsabilité et d'expertise requis dans l'exercice des fonctions. / Les fonctions occupées par les fonctionnaires d'un même corps ou statut d'emploi sont réparties au sein de différents groupes au regard des critères professionnels suivants : / 1° Fonctions d'encadrement, de coordination, de pilotage ou de conception ; / 2° Technicité, expertise, expérience ou qualification nécessaire à l'exercice des fonctions ; / 3° Sujétions particulières ou degré d'exposition du poste au regard de son environnement professionnel. / Le nombre de groupes de fonctions est fixé pour chaque corps ou statut d'emploi par arrêté du ministre chargé de la fonction publique et du ministre chargé du budget et, le cas échéant, du ministre intéressé. () " Par une circulaire du 14 novembre 2017 JUST1732535C, la garde des sceaux, ministre de la justice a précisé les modalités de mise en œuvre du RIFSEEP.
5. Il ressort des pièces du dossier que Mme B exerce les fonctions d'adjointe au chef de service du secrétariat de la présidence du tribunal judiciaire de Paris. Si elle soutient qu'elle assumait des fonctions d'encadrement dès le 16 juin 2020, il n'est pas sérieusement contesté qu'elle n'a exercé ces fonctions que temporairement, en l'absence de la cheffe de service. En outre, il est constant que sa fiche de poste ne mentionnait aucune fonction d'encadrement. A cet égard, si la requérante soutient qu'il s'agit d'une erreur, elle ne l'établit pas. Par ailleurs si la cheffe de service de Mme B lui a notifié une nouvelle fiche de poste mentionnant des fonctions d'encadrement, cette fiche de poste date du 12 janvier 2021 et n'est pas rétroactive. Dans ces conditions, Mme B n'est pas fondée à soutenir que son classement dans le groupe de fonctions n°2 des secrétaires administratifs aurait dû prendre effet le 15 juin 2020.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de
Mme B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, l'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et au ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 15 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Gros, président,
M. Feghouli, premier conseiller,
M. Rebellato, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 29 juin 2023.
Le rapporteur,
J. REBELLATO
Le président,
L. GROS
La greffière,
S. PORRINAS
La République mande et ordonne au ministre de la justice en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026