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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2116880

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2116880

jeudi 6 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2116880
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4e Section - 3e Chambre
Avocat requérantBOUSQUET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés les 5 août 2021, 25 février, 26 avril 2022, 25 février et 15 mars 2023, M. D B et Mme C F, représentés par Me Davy, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 17 mars 2021 par lequel la maire de Paris a accordé un permis de construire à M. E G pour la surélévation d'un niveau d'une construction existante à R+1 en fond de parcelle après démolition de la toiture (surface de plancher créée : 34,2 m2) et la décision implicite de rejet de leur recours gracieux ;

2°) de rejeter la demande de sursis à statuer formulée par les consorts G ;

3°) de mettre à la charge de la Ville de Paris et de M. G la somme de 6 000 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- leur requête est recevable car elle n'est pas tardive, qu'ils justifient d'un intérêt à agir et ont respecté la notification prévue par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;

- l'arrêté attaqué est entaché de l'incompétence de son signataire ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UG 7.1 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris ;

- le dossier de permis de construire comporte plusieurs incomplétudes qui ont été de nature à fausser l'appréciation de la maire de Paris sur la conformité du projet à la réglementation applicable ; Premièrement, le plan de masse inclus au dossier, qui permet seulement de disposer d'une vue aérienne des constructions, n'est pas coté, induit en erreur sur l'unité foncière servant de terrain d'assiette au projet, ne représente pas la végétation, ne fournit aucune explication sur le périmètre des zones à creuser et leur profondeur et ne permet pas d'apprécier la plantation des arbres prévue ; il méconnaît l'article R. 431-9 et A. 431-9 du code de l'urbanisme et la notice explicative pour les demandes de permis de construire ; Deuxièmement, le plan de coupe inclus au dossier ne représente pas fidèlement le profil du terrain car il ne mentionne pas la profondeur du décaissement rendu nécessaire par le projet ; il ne représente pas non plus fidèlement les dimensions du projet et du terrain d'assiette ; il méconnaît ainsi le b) de l'article R. 431-10 du code de l'environnement ; la notice architecturale est également incomplète car elle ne précise pas le traitement de l'espace libre devant l'habitation, ne fournit aucune explication sur les plantations à créer ou la végétation envisagée, ne représente pas le local poubelle prévu sous l'escalier, ne précise pas le nombre et l'essence des végétaux à planter, contredit le plan de coupe en ce qui concerne les modalités de leur plantation et n'apporte aucune précision quant à l'implantation d'un portail entre l'allée privée et la cours réaménagée ; elle méconnaît ainsi l'article R. 431-8 du de l'urbanisme ; Troisièmement, la notice architecturale ne comprend aucun complément relatif à la situation particulière du projet aux abords d'un monument historique, aux matériaux utilisés et aux modalités d'exécution des travaux, en méconnaissance de l'article R. 431-14 du code de l'urbanisme ; Quatrièmement, le dossier ne comprend aucun descriptif précis des moyens mis en œuvre pour éviter toute atteinte au patrimoine protégé dans le cadre des travaux de démolition ; cinquièmement, le dossier de permis de construire ne comporte pas d'indication concernant la hauteur de la clôture ;

- l'arrêté attaqué méconnaît l'article UG 3 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris ;

- il méconnaît l'article UG 10.3.1 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris ;

- il méconnaît l'article UG 11.1 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris ;

- il méconnaît le 2° de l'article UG 11.4 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris ;

- il méconnaît l'article UG 13.2 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris ;

- il méconnaît l'article UG 15.1 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris ;

- il n'y a pas lieu de donner suite à la demande de sursis à statuer formulée par les consorts G, dès lors que le projet autorisé par l'arrêté attaqué méconnaît, en tout état de cause, l'article 8.1 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris ;

- les articles UG 7.1 et UG 10.3 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris peuvent utilement être invoqués ;

- les servitudes non altius tollendi dont se prévaut le pétitionnaire pour la première fois devant le tribunal est, en l'espèce, sans incidence sur l'appréciation du respect des règles de prospect dans la mesure où elles ne comprennent aucune obligation relative aux règles de distance devant séparer les constructions, aucune référence à une cote altimétrique et porte sur un engagement conditionné de la part d'une des parties au contrat de servitude ;

- le dossier de permis de construire est également incomplet, dans la mesure où la servitude dont se prévaut le pétitionnaire a été jointe au dossier de demande de permis de construire ;

- à considérer que le pétitionnaire puisse utilement se prévaloir de la servitude non altius tollendi en cause, le projet autorisé par l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article UG 8.1 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris auquel renvoie l'article UG 7.2 du même texte.

Par des mémoires en défense enregistrés les 2 janvier, 1er avril et 2 mai 2022, et le 6 avril 2023 M. E G, représenté par Me Bousquet, conclut, dans le dernier état de ses écritures :

1°) à titre principal, au rejet de la requête ;

2°) à titre subsidiaire, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, de surseoir à statuer pendant douze mois afin de lui permettre de régulariser avec ses voisins une convention de cour commune ou une convention contractuelle d'implantation, ce qui lui permettra de déposer et d'obtenir un permis de construire modificatif ;

3°) de mettre à la charge des requérants une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que les requérants ne justifient pas de leur intérêt à agir, qu'il convient d'appliquer les articles UG 8 et UG 10.4 et non les articles UG 7.1 et UG 10.3 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris qui sont inopérants et, enfin, qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Par un mémoire en défense enregistré le 2 mai 2022, la Ville de Paris conclut :

1°) à titre principal, au rejet de la requête ;

2°) à titre subsidiaire, à la mise en œuvre des articles L. 600-5 ou L. 600-5-1 du code de l'urbanisme.

Elle soutient que les moyens tirés de l'absence de descriptif des moyens mis en œuvre dans le cadre de la démolition et de la méconnaissance de l'article UG 3 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris sont inopérants, tandis que les autres moyens ne sont pas fondés.

Par un courrier du 16 janvier 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, que le tribunal est susceptible de surseoir à statuer jusqu'à l'expiration d'un délai de quatre mois dans l'attente de la notification de la régularisation du vice entachant la légalité de l'arrêté du 17 mars 2021 tenant à la méconnaissance du 1° de l'article UG 7, du 2° de l'article UG 10.3 et du 2° de l'article UG 11.4 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris. Elles ont également été informées du fait qu'elles doivent, si elles le souhaitent, présenter leurs observations sur cet éventuel sursis à statuer dans un délai de huit jours et que la régularisation envisagée implique l'édiction, par la maire de Paris, d'un arrêté modificatif à l'arrêté attaqué.

M. G y a répondu par un mémoire enregistré le 22 janvier 2023, qui a été communiqué.

M. B et Mme F y ont répondu par un mémoire enregistré le 25 janvier 2023, qui a été communiqué.

Par un courrier du 14 février 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions des articles R. 611-7 du code de justice administrative et R. 600-5 du code de l'urbanisme que le tribunal était susceptible de relever d'office l'irrecevabilité des moyens tirés de la méconnaissance des articles 8.1 et 10.4 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris, soulevés plus de deux mois après la communication du premier mémoire en défense.

M. B et Mme F y ont répondu par un mémoire enregistré le 16 février 2023, qui a été communiqué.

Par une ordonnance du 7 mars 2023, la date à laquelle aucun moyen nouveau ne pourrait être présenté a été fixée au 15 mars 2023.

Par une ordonnance du 7 mars 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 7 avril 2023.

Une note en délibéré présentée pour M. B et Mme F a été enregistré le 16 juin 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de l'environnement ;

- le code du patrimoine ;

- le règlement du plan local d'urbanisme de Paris ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Grandillon, premier conseiller,

- les conclusions de Mme de Schotten, rapporteure publique,

- les observations de Me Davy, avocat des requérants,

- et les observations de Me Bousquet, avocat de M. G.

Considérant ce qui suit :

1. M. E G a, le 23 décembre 2020, déposé une demande de permis de construire concernant un bien situé au 127 rue du Théâtre à Paris (75015). Par un arrêté du 17 mars 2021, la maire de Paris lui a accordé un permis de construire à cette adresse pour la surélévation d'un niveau d'une construction existante à R+1 en fond de parcelle après démolition de la toiture (surface de plancher créée : 34,2 m2). M. B et Mme F ont formé un recours gracieux contre cet arrêté, qui a implicitement été rejeté. Ils demandent l'annulation de cet arrêté et de cette décision implicite de rejet.

Sur la fin de non-recevoir :

2. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. / () ".

3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.

4. Il ressort des pièces du dossier, et plus particulièrement des photographies produites par les requérants, voisins immédiats du projet, que celui-ci comporte de larges baies donnant, notamment, sur leur toit terrasse et générant un vis-à-vis avec leur bien, susceptible d'en affecter les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance. Ainsi, M. B et Mme F justifient d'un intérêt à agir. La fin de non-recevoir tirée du défaut d'intérêt à agir opposée par M. G doit donc être écartée.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne la compétence du signataire de l'arrêté attaqué :

5. Aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire () est : / a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu () ". Aux termes de l'article L. 2511-27 du code général des collectivités territoriales : " Le maire de la commune peut donner sous sa surveillance et sa responsabilité, par arrêté, délégation de signature () aux responsables de services communaux. () ".

6. Par un arrêté du 4 janvier 2021, régulièrement publié au bulletin municipal officiel de la Ville de Paris du 8 janvier suivant, la maire de Paris a donné délégation à M. H A, chef de la circonscription ouest, qui inclut le 15ème arrondissement de Paris, du service du permis de construire, signataire de l'arrêté attaqué du 17 mars 2021, en vue de signer, notamment, les arrêtés concernant les permis de construire. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de cet arrêté manque en fait et doit, dès lors, être écarté.

En ce qui concerne le contenu du dossier de permis de construire :

7. Aux termes de l'article R. 431-4 du code de l'urbanisme : " La demande de permis de construire comprend : / a) Les informations mentionnées aux articles R. 431-5 à R. 431-12 ; / b) Les pièces complémentaires mentionnées aux articles R. 431-13 à R. * 431-33-1 ; / c) Les informations prévues aux articles R. 431-34 et R. 431-34-1. / () / Aucune autre information ou pièce ne peut être exigée par l'autorité compétente ".

8. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

S'agissant de la méconnaissance de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme :

9. Aux termes de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. / () ".

10. Il ressort du plan de masse des constructions projetées qu'il est à l'échelle 1/100ème, coté en longueur et en largeur et qu'il indique l'altimétrie de la cour et des différentes parties de la toiture. En outre, l'unité foncière concernée par les travaux est encadrée en rouge sur ce plan. Par ailleurs, s'il ressort des pièces du dossier, et plus particulièrement de la notice architecturale et des vues d'insertion, que le projet prévoit la création d'une surface dite " Ever Green " sur la moitié gauche de la cour et un espace de pleine terre à planter sur la partie droite, aucune plantation n'est toutefois créée. La circonstance que certains plans représentent un ou plusieurs arbres à titre indicatif est sans incidence sur ce point. Le plan de masse n'avait donc pas à faire apparaître des plantations, dont la création n'était pas prévue. Enfin, si le plan de masse ne fait pas apparaître les travaux extérieurs relatifs à la création de l'espace " Ever Green " et de l'espace en pleine terre, ceux-ci, qui ne nécessitent aucun décaissement contrairement à ce que soutiennent les requérants, apparaissent sur d'autres documents côtés, dont le plan du rez-de-chaussée. En revanche, ni le plan de masse ni aucune autre pièce du dossier ne comprend l'indication de la hauteur du portail. Par suite, et seulement pour ce dernier motif, les requérants sont fondés à soutenir que le dossier de permis de construire est incomplet au regard des prescriptions de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme.

S'agissant de la méconnaissance de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme :

11. Aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : / () b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; () ".

12. Comme cela a été indiqué au point 10, le projet ne prévoit aucun décaissement dans la cour, mais uniquement la suppression du sol minéral, qui est remplacé pour partie par une surface dite " Ever Green " et pour partie par un espace en pleine terre. La représentation du profil du terrain proposée dans les plans de coupe est donc correcte. Par ailleurs, si les plans de coupe font, de manière erronée, état d'une mesure de prospect identique sur toute la façade du bâtiment, les autres documents de la demande de permis de construire, et plus particulièrement le plan du rez-de-chaussée et le plan de masse, ont permis à l'administration de prendre en compte le fait que la limite séparative n'était pas parallèle à la façade du bâtiment à surélever et donc que la mesure du prospect n'était pas invariable. Le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de permis de construire au regard des prescriptions de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme doit donc être écarté.

S'agissant de la méconnaissance de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme :

13. Aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / () / c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; / d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ".

14. Ainsi que cela a été indiqué aux points 10 et 12 ci-dessus, si le projet prévoit notamment la création d'un espace de pleine de terre à planter dans la cour située devant le bâtiment à surélever, aucune végétation n'est prévue dans le cadre du projet. La notice architecturale n'avait donc pas à faire état des végétaux à planter. Par ailleurs, cette notice indique que les teintes des matériaux seront conformes à l'existant afin de ne pas perturber l'harmonie de l'ensemble de la cour, ce qui inclus nécessairement le portail, dont l'implantation et la largeur apparaissent sur le plan du rez-de-chaussée. Enfin, si le document graphique d'insertion ne représente pas le " local poubelle " situé sous l'escalier, celui-ci figure toutefois dans d'autres pièces du dossier de permis de construire, lesquelles ont permis au service instructeur de le prendre en compte dans le cadre de leur appréciation de la demande du pétitionnaire. Le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de permis de construire au regard des prescriptions de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme doit donc être écarté.

S'agissant de la méconnaissance de l'article R. 431-14 du code de l'urbanisme :

15. Aux termes de l'article R. 431-14 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet porte () sur un immeuble situé () dans les abords des monuments historiques, la notice mentionnée à l'article R. 431-8 indique en outre les matériaux utilisés et les modalités d'exécution des travaux ".

16. La notice architecturale fait état des matériaux de construction utilisés dans le cadre du projet. Si elle ne précise pas, en revanche, les modalités d'exécution des travaux, il ne ressort pas des pièces du dossier que cette omission aurait été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable dès lors que, ainsi que l'a indiqué l'architecte des Bâtiments de France dans son avis du 21 janvier 2021, l'immeuble en cause n'est pas situé dans le champ de visibilité d'un monument historique. Le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de permis de construire au regard des prescriptions de l'article R. 431-14 du code de l'urbanisme doit donc être écarté.

S'agissant de la méconnaissance de l'article R. 431-32 du code de l'urbanisme :

17. Aux termes de l'article R. 431-32 du code de l'urbanisme : " Lorsque l'édification des constructions est subordonnée, pour l'application des dispositions relatives à l'urbanisme, à l'institution sur des terrains voisins d'une servitude dite de cours communes, la demande est accompagnée des contrats ou décisions judiciaires relatifs à l'institution de ces servitudes ".

18. Les requérants soutiennent, sans être contredits, que la convention prévoyant une servitude non altius tollendi dont se prévaut le pétitionnaire devant le tribunal n'a pas été transmise à la Ville de Paris dans le cadre de la demande de permis de construire. Il ne ressort pas non plus des pièces du dossier, notamment du dossier de permis de construire communiqué par la Ville de Paris, que cette pièce aurait été jointe à ce dossier. Une telle omission est de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable. Par suite, les requérants sont fondés à soutenir que, faute d'être accompagné de l'acte notarié relatif à l'institution de cette servitude, le dossier de permis de construire modificatif était incomplet.

S'agissant de la méconnaissance de l'article R. 451-4 du code de l'urbanisme :

19. Aux termes de l'article R. 451-4 du code de l'urbanisme : " Lorsque l'immeuble est situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques, le dossier joint à la demande comprend en outre la description des moyens mis en œuvre dans la démolition pour éviter toute atteinte au patrimoine protégé ".

20. Comme cela a été indiqué au point 16, l'architecte des Bâtiments de France a, dans son avis du 21 janvier 2021, indiqué que l'immeuble en cause n'est pas situé dans le champ de visibilité d'un monument historique. L'absence de description des moyens mis en œuvre pour démolir la toiture du bâtiment en cause n'a donc pas été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable. Le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de permis de construire au regard des prescriptions de l'article R. 451-4 du code de l'urbanisme doit donc être écarté.

En ce qui concerne la méconnaissance de l'article UG 3 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris :

21. Aux termes de l'article UG 3 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris : " Pour être constructible, un terrain doit avoir accès à une voie publique ou privée, soit directement, soit par l'intermédiaire d'un passage aménagé sur fonds voisin ".

22. Il ressort des pièces du dossier, et plus particulièrement de l'acte de vente du bien daté du 21 septembre 2020, que le propriétaire du bien faisant l'objet des travaux bénéficie d'une servitude de passage sur la parcelle voisine afin de pouvoir rejoindre la voie publique. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UG 3 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris doit donc, en tout état de cause, être écarté.

En ce qui concerne la méconnaissance des articles UG 7, UG 8, UG 10.3 et UG 10.4 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris :

23. Aux termes de l'article L. 471-1 du code de l'urbanisme : " Lorsqu'en application des dispositions d'urbanisme la délivrance du permis de construire est subordonnée, en ce qui concerne les distances qui doivent séparer les constructions, à la création, sur un terrain voisin, de servitudes de ne pas bâtir ou de ne pas dépasser une certaine hauteur en construisant, ces servitudes, dites "de cours communes", peuvent, à défaut d'accord amiable entre les propriétaires intéressés, être imposées par la voie judiciaire dans des conditions définies par décret. / () ". En vertu du 1° du VI du règlement du plan local d'urbanisme de Paris : " Lorsqu'une construction existante n'est pas conforme aux dispositions applicables dans la zone où elle se situe, l'autorisation d'exécuter des travaux ne peut être accordée que pour des travaux qui n'aggravent pas la non-conformité de la construction avec ces dispositions ou sont sans effet à leur égard ".

24. Aux termes du deuxième alinéa de l'article UG 7 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris : " Les travaux projetés sur une construction existante non conforme aux dispositions du présent article sont soumis aux conditions énoncées au § VI des dispositions générales ci- avant ". Selon le 1° de cet article : " Lorsqu'une façade ou une partie de façade à édifier en vis-à-vis d'une limite séparative comprise ou non dans la bande E* comporte une ou plusieurs baies constituant l'éclairement premier de pièces principales, elle doit respecter, au droit de cette limite, un prospect minimal de 6 mètres (sauf s'il est fait application des dispositions définies à l'article UG.7.2 - Cour commune et servitude contractuelle d'implantation - ou des dispositions énoncées au 2° alinéa de l'article UG.10.2). / () ". En vertu du 2° de cet article : " Les propriétaires de terrains contigus ont la possibilité de ménager entre leurs bâtiments des cours communes. Dans ce cas, aucune des limites d'une cour commune faisant vis-à-vis à une limite séparative ne peut être située à une distance inférieure à 2 mètres de celle-ci. / L'édification des constructions en limite d'une cour commune relève de l'application des dispositions des articles UG.8 et UG.10.4 ci-après (implantation et gabarit-enveloppe des constructions en vis-à-vis sur un même terrain). / La servitude de cour commune est instituée par acte authentique. ".

25. Aux termes du 2° de l'article UG 10.3.1 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris : " Le gabarit-enveloppe se compose successivement : / a - d'une verticale dont la hauteur : / H est définie par l'expression H = P + 3,00 + D, dans laquelle : / P est le prospect mesuré jusqu'à la limite séparative, / D est la distance, mesurée dans le prolongement du prospect, entre la limite séparative et toute façade comportant une baie d'une construction située sur le fonds voisin (à l'exclusion des jours de souffrance*) ; cette distance D n'est prise en compte qu'à concurrence de 6 mètres. / b - d'une oblique de pente 1/1 élevée au sommet de la verticale et limitée à la hauteur plafond. / Le point d'attache du gabarit-enveloppe est pris au niveau de la surface de nivellement d'îlot en limite séparative, en vis-à-vis de la façade ou partie de façade projetée. / Lorsque la façade ou partie de façade d'une construction projetée n'est pas parallèle à la limite séparative, on peut utiliser une valeur moyenne Pm du prospect mesuré perpendiculairement à la construction, calculée par la moyenne arithmétique du prospect le plus petit et du prospect le plus grand. Cette valeur n'est prise en compte qu'à concurrence

des 4/3 du prospect le plus petit ".

S'agissant du respect des règles de prospect :

26. D'une part, il ressort des pièces du dossier, et plus particulièrement de l'acte authentique du 21 septembre 2020 versé aux débats par le pétitionnaire, que la servitude non altius tollendi grevant le lot A, où se trouve le bâtiment voisin situé en vis-à-vis du bâtiment projeté, interdit au propriétaire de ce lot de surélever le bâti existant. Toutefois, cette servitude revêt un caractère relatif, dès lors qu'elle indique que ce propriétaire retrouve son droit de surélever le bâti d'un étage en cas d'impossibilité technique ou réglementaire de construire un escalier de secours. Cette servitude ne constitue donc pas une servitude dite " de cours communes " au sens de l'article L. 471-1 du code de l'urbanisme. Le pétitionnaire ne peut donc, en l'état du dossier, utilement se prévaloir des dispositions de l'article UG 7.2 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris, qui renvoient à celles de l'article UG 8 du même règlement et fixent les règles de prospect applicables en cas de servitude " de cours communes ".

27. D'autre part, il est constant que bâtiment existant concerné par les travaux se trouve à une distance inférieure à 6 mètres de la limite séparative, contrairement aux dispositions de l'article UG 7 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris précité, tout comme l'étage à construire, qui fait l'objet de l'autorisation de construire attaquée, et qui est donc susceptible d'aggraver la non-conformité de la construction aux règles de prospect. Les requérants sont donc fondés à soutenir que l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article UG 7.1 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris.

S'agissant du respect des règles de gabarit-enveloppe :

28. D'une part, le pétitionnaire ne peut utilement, en l'état du dossier, se prévaloir des dispositions de l'article UG 10.4 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris auquel renvoie le 1° de l'article UG 7.2 en ce qui concerne le respect des règles de gabarit-enveloppe pour les mêmes motifs que ceux indiqués au point 26.

29. D'autre part, la façade n'est pas parallèle à la limite séparative et les pièces du dossier ne permettent pas de déterminer la valeur moyenne Pm du prospect, conformément à la méthode énoncée au point 25 ci-dessus. Les requérants soutiennent que la valeur Pm s'établit à 4,20 mètres, ce que conteste le pétitionnaire, qui indique qu'elle s'établit à 4,93 mètres sans toutefois le démontrer, ni même précisé que cette valeur a bien été calculée conformément à la méthode précitée. Ainsi, il convient donc de retenir une valeur de prospect moyenne Pm de 4,20 et, donc, une valeur H de 7,20 mètres. Le point d'attache du gabarit enveloppe se trouvant au point de nivellement 35 NVP, le bâtiment ne pouvait donc culminer à plus de 42,2 NVP, ce qui est pourtant le cas, comme l'indiquent les requérants. Ces derniers sont donc fondés à soutenir que l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article UG 10.3 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris.

En ce qui concerne la méconnaissance de l'article UG 11 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris :

S'agissant de la méconnaissance de l'article UG 11.1 et du 3° de l'article UG 11.1.1 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris :

30. Aux termes de l'article UG 11.1 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris : " Les interventions sur les bâtiments existants comme sur les bâtiments à construire, permettant d'exprimer une création architecturale, peuvent être autorisées. / L'autorisation de travaux peut être refusée ou n'être accordée que sous réserve de prescriptions si la construction, l'installation ou l'ouvrage, par sa situation, son volume, son aspect, son rythme ou sa coloration, est de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. / () ". En vertu du 3° de l'article UG 1.1.1 : " Les travaux doivent chercher à restituer l'aspect d'origine ou améliorer la volumétrie de la partie supérieure des constructions. L'adjonction de volumes bâtis (lucarnes, prolongements de façades, vérandas) ne peut être autorisée que dans la mesure où ils s'intègrent de façon harmonieuse dans la composition d'ensemble ".

31. Il ressort des pièces du dossier que le projet n'est pas visible de la rue et qu'il s'inscrit, en tout état de cause, dans un environnement architectural disparate. Par ailleurs, la composition architecturale du bâtiment projeté est cohérente, les deux grandes baies vitrées qui prennent placent sur la façade du nouvel étage forment, avec les ouvertures situées aux étages inférieures, un ensemble harmonieux. Enfin, si le maire du 15ème arrondissement a indiqué que le dernier niveau du bâtiment pourrait être retravaillé afin de mieux intégrer la disposition et les dimensions des nouvelles ouvertures, il a toutefois émis un avis favorable au projet. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UG 11.1 et du 3° de l'article UG 11.1.1 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris doit être écarté.

S'agissant de la méconnaissance du 2° de l'article UG 11.4 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris :

32. Aux termes du 2° de l'article UG 11.4 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris : " La conception des clôtures doit prendre en compte la nécessité d'assurer une continuité biologique avec les espaces libres voisins. / () La hauteur des clôtures entre propriétés ne doit pas dépasser 3,20 mètres ".

33. Les requérants ne peuvent utilement soutenir que la conception de clôture projetée ne prendra pas en compte la nécessité d'assurer une continuité biologique avec les espaces libres voisins dès lors qu'il ressort des pièces du dossier que ces espaces libres voisins sont recouverts d'une surface minérale. Ce moyen doit donc être écarté.

En ce qui concerne la méconnaissance des articles UG 13 et 13.2 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris :

34. Aux termes de l'article UG 13 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris : " Afin de préserver le paysage urbain parisien, d'améliorer la qualité de vie des habitants, de sauvegarder et développer le biotope, il convient d'apporter un soin tout particulier au traitement des espaces libres de constructions et aux plantations, ainsi qu'à la végétalisation des toitures, terrasses et murs. / Pour assurer la qualité paysagère et écologique des espaces végétalisés, une attention particulière doit être apportée à leur surface, leur configuration (géométrie, localisation sur le terrain, limitation du fractionnement), le traitement de leur sol, la qualité de la terre, les conditions de développement de leurs plantations et la diversité des strates végétales et des espèces plantées. / () ". En vertu de l'article UG 13.2 du même règlement : " Les nouvelles plantations doivent être réalisées en fonction du caractère et de la

configuration des espaces libres, de leur vocation et des données techniques liées à

l'écologie du milieu ".

35. Il ressort des pièces du dossier que si le projet prévoit la création d'un espace en pleine terre sur la terrasse devant le bâtiment, aucune plantation n'y est prévue pour le moment, comme indiqué au point 10 du présent jugement. En outre, aucun texte n'imposait la plantation de végétaux sur cet espace, initialement recouvert de matière minérale. Ce moyen doit donc être écarté.

En ce qui concerne la méconnaissance de l'article UG 15.1 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris :

36. Aux termes de l'article UG 15.1 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris : " () Pour toute construction nouvelle ou restructuration de bâtiments existants, des prescriptions tenant compte des capacités d'absorption et d'évacuation des eaux pluviales peuvent être imposées pour limiter le débit des eaux pluviales rejetées dans le réseau d'assainissement. Les dispositions à prendre doivent tenir compte de la capacité de rétention d'eau du terrain en temps de pluie, des caractéristiques et de l'occupation du sous-sol, des caractéristiques constructives et de la vulnérabilité des bâtiments existants conservés sur le terrain ou contigus au terrain, ainsi que des contraintes particulières d'exploitation du réseau. Dans le cas où les caractéristiques du terrain ne permettent pas d'assurer une rétention naturelle d'eau satisfaisante, doivent être prévus des dispositifs de rétention complémentaires aux possibilités du réseau utilisant des techniques alternatives de maîtrise des eaux pluviales. / Les aménagements et dispositifs favorisant la récupération et la rétention des eaux pluviales, au sol par la pleine terre, hors sol par la végétalisation des toitures, terrasses,

façades ou murs, doivent être privilégiés. () ".

37. Il ressort des pièces du dossier que la direction de la propreté et de l'eau a, le 8 mars 2021, émis un avis favorable au projet en indiquant, notamment, la mise en place d'une surface perméable (10.40m²), et d'un espace pleine terre (21m²), permettant au projet d'assurer un abattement conforme à la règle dérogatoire du pourcentage (abattement minimum de 55% d'une pluie 16mm). Par suite, ce moyen doit être écarté.

Sur l'application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :

38. Aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé. ".

39. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté du 17 mars 2021 attaqué par lequel la maire de Paris a accordé un permis de construire à M. E G pour la surélévation d'un niveau d'une construction existante à R+1 en fond de parcelle après démolition de la toiture est entaché de plusieurs vices tenant à l'incomplétude du dossier de permis de construire du fait de l'indication de la hauteur du portail et de l'absence de production des documents relatifs à l'institution des servitudes nécessaires à la réalisation du projet et à la méconnaissance des articles UG 7.1 et UG 10.3 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris, comme indiqué aux points 10, 18 et 26, 27, 28 et 29 ci-dessus.

40. Ces vices, dont les parties ont été mis à même de discuter du caractère régularisable ou se sont, concernant la méconnaissance de l'article R. 431-32 du code de l'urbanisme, spontanément prononcées sur cette question, sont susceptibles de régularisation. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de surseoir à statuer et d'impartir à M. G et à la Ville de Paris un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement aux fins d'obtenir leur régularisation.

41. Il y a également lieu de surseoir à statuer, dans les mêmes conditions, sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1 : Il est sursis à statuer sur l'ensemble des conclusions de M. B et de Mme F jusqu'à l'expiration d'un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement pour permettre à M. G et à la Ville de Paris de notifier au tribunal un permis de construire de régularisation des vices mentionnés aux points 10, 18, 26, 27, 28 et 29 du jugement.

Article 2 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D B, Mme C F, M. E G et à la Ville de Paris.

Délibéré après l'audience du 16 juin 2023, à laquelle siégeaient :

M. Simonnot, président,

M. Grandillon, premier conseiller,

Mme Berland, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juillet 2023.

Le rapporteur,

J. GRANDILLON

Le président,

J-F. SIMONNOT

La greffière,

S. RAHMOUNI

La République mande et ordonne au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, en ce qui le concerne, et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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