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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2117381

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2117381

lundi 5 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2117381
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation5e Section - 1re Chambre
Avocat requérantHAMIDI

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I / Par une requête, enregistrée le 13 août 2021 sous le n° 2117381, Mme B A, représentée par Me Martin Hamidi, demande au tribunal :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler la décision du 4 août 2021 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a implicitement refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;

3°) d'enjoindre à l'OFII de rétablir ses conditions matérielles d'accueil ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'OFII le versement de la somme de 1 500 euros à

Me Martin Hamidi, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que son conseil renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.

Elle soutient que :

- la décision attaquée n'est pas motivée ;

- elle est entachée d'une erreur de droit en l'absence de prise en compte de sa vulnérabilité.

Par un mémoire en intervention, enregistré le 8 septembre 2021, Mme B A, agissant en sa qualité de représentante légale de sa fille mineure, E C, représentée par Me Martin Hamidi, demande au tribunal :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler la décision du 4 août 2021 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a refusé le rétablissement des conditions matérielles d'accueil ;

3°) d'enjoindre à l'OFII de rétablir ses conditions matérielles d'accueil ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'OFII le versement de la somme de 1 500 euros à

Me Martin Hamidi, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que son conseil renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.

Elle soulève les mêmes moyens que dans sa requête présentée en son nom personnel, et soutient en outre que la décision attaquée a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Une mise en demeure a été adressée à l'OFII le 20 juin 2022.

Par courrier du 3 novembre 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible de relever d'office le moyen tiré de l'irrecevabilité des conclusions en annulation dirigées contre la décision implicite de refus d'octroi des conditions matérielles d'accueil, en l'absence de présentation du recours préalable obligatoire prévu par l'article D. 551-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Le 7 novembre 2022, un mémoire a été présenté par Mme A en réponse à ce moyen d'ordre public, qui n'a pas été soumis au contradictoire.

Un mémoire en défense et en réponse au moyen d'ordre public, enregistré le 9 novembre 2022, a été présenté par l'OFII et n'a pas donné lieu à communication.

Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Paris du 18 novembre 2021.

II / Par une requête, enregistrée le 17 septembre 2021 sous le n° 2119712, Mme B A, agissant en sa qualité de représentante légale de sa fille mineure, E C, représentée par Me Martin Hamidi, demande au tribunal :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler la décision du 4 août 2021 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a refusé le rétablissement des conditions matérielles d'accueil ;

3°) d'enjoindre à l'OFII de rétablir ses conditions matérielles d'accueil ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'OFII le versement de la somme de 1 500 euros à

Me Martin Hamidi, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que son conseil renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.

Elle soutient que :

- la décision attaquée n'est pas motivée ;

- elle est entachée d'une erreur de droit en l'absence de prise en compte de sa vulnérabilité.

Une mise en demeure a été adressée à l'OFII le 1er avril 2022.

Par courrier du 3 novembre 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible de relever d'office le moyen tiré de l'irrecevabilité des conclusions en annulation dirigées contre la décision implicite de refus d'octroi des conditions matérielles d'accueil, en l'absence de présentation du recours préalable obligatoire prévu par l'article D. 551-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Le 7 novembre 2022, un mémoire a été présenté par Mme A en réponse à ce moyen d'ordre public, qui n'a pas été soumis au contradictoire.

Un mémoire en défense et en réponse au moyen d'ordre public, enregistré le 9 novembre 2022, a été présenté par l'OFII et n'a pas donné lieu à communication.

Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Paris du 22 novembre 2021.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991,

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme D,

- et les conclusions de M. Schaeffer, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante guinéenne née le 4 septembre 1998, a présenté une demande d'asile le 31 octobre 2019 qui a été enregistrée en procédure normale. Elle a sollicité par un courrier du 25 mai 2021, reçu le 4 juin 2021, le bénéfice des conditions matérielles d'accueil pour elle-même et pour sa fille mineure, E C, née le 12 mars 2019. Par ses requêtes, Mme A, agissant tant en son nom personnel qu'en sa qualité de représentante légale de sa fille mineure, demande au tribunal l'annulation de la décision par laquelle l'OFII a implicitement rejeté sa demande.

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

3. Mme A ayant été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par deux décisions des 18 et 22 novembre 2021, ses conclusions tendant à ce qu'elle soit admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire sont devenues sans objet. Il n'y a dès lors plus lieu d'y statuer.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

4. Aux termes de l'article L. 551-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) : " Les conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile, au sens de la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil, du 26 juin 2013, établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, comprennent les prestations et l'allocation prévues aux chapitres II et III. ". Aux termes de l'article L. 551-15 du même code : " Les conditions matérielles d'accueil peuvent être refusées, totalement ou partiellement, au demandeur dans les cas suivants : / 1° Il refuse la région d'orientation déterminée en application de l'article L. 551-3 ; / 2° Il refuse la proposition d'hébergement qui lui est faite en application de l'article L. 552-8 ; / 3° Il présente une demande de réexamen de sa demande d'asile ; 4° Il n'a pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans le délai prévu au 3° de l'article L. 531-27. La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. ". Aux termes de l'article D. 551-17 du même code : " La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application de l'article L. 551-15 est écrite, motivée et prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Elle prend effet à compter de sa signature. Dans un délai de deux mois à compter de la notification de cette décision, le bénéficiaire peut introduire un recours devant le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, à peine d'irrecevabilité du recours contentieux. La décision comporte la mention des voies et délais dans lesquels ce recours peut être formé (). "

5. La demande de Mme A tend à l'annulation de la décision implicite par laquelle l'OFII a refusé de lui octroyer ainsi qu'à sa fille le bénéfice des conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile. Toutefois, par application des dispositions précitées de l'article D. 551-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il appartenait à Mme A de présenter un recours préalable devant le directeur général de l'office, ce recours préalable restant obligatoire même dans le cas d'une décision implicite, sans toutefois que le délai pour le présenter n'ait commencé à courir. Il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme A ait présenté un tel recours. Par suite, Mme A n'est pas recevable à demander l'annulation de la décision implicite de rejet attaquée. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et sa demande présentée au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de Mme A tendant à son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Les requêtes de Mme A sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et à Me Martin Hamidi.

Délibéré après l'audience du 10 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Riou, présidente,

Mme Lambrecq, première conseillère

Mme Kanté, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2022.

La rapporteure,

C. D

La présidente,

C. RiouLa greffière,

A. Louart

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°s 2117381 - 211971

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