jeudi 24 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2117485 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | BEGUIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 16 août 2021 et le 29 septembre 2022, M. E A, représenté par Me Beguin, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 13 janvier 2021 par laquelle la maire de Paris lui a infligé la sanction de l'avertissement, ensemble la décision implicite de rejet résultant du silence gardé par la ville de Paris sur le recours gracieux formé par le Syndicat Unitaires des Personnels des Administrations parisiennes (SUPAP-FSU) ;
2°) de mettre à la charge de la ville de Paris la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;
- il est entaché d'un vice de procédure, dès lors qu'il n'a pas pu préparer sa défense et consulter son dossier en temps utile ;
- il est entaché d'une erreur d'appréciation, dès lors que les faits qui lui sont reprochés ne revêtent pas de caractère fautif.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 mai 2022, la ville de Paris conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 modifiée portant droits et obligations des fonctionnaires,
-la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 modifiée portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, notamment son article 118,
- le décret n° 94-415 du 24 mai 1994 modifié portant dispositions statutaires relatives aux personnels des administrations parisiennes,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de Mme Mauclair, rapporteure publique,
- et les observations de Me Beguin pour M. A.
M. A a présenté une note en délibéré, enregistrée le 14 novembre 2022.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, adjoint technique principal de deuxième classe, spécialité maintenance de la voie publique à la Direction de la voirie et des déplacements de la ville de Paris a fait l'objet d'un avertissement par un arrêté du 13 janvier 2021 de la maire de Paris. Par la présente requête, il demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué est signé par Mme C D, directrice de la Voirie et des Déplacements, à qui la maire de Paris a donné délégation, par un arrêté du 3 juillet 2020, régulièrement publié le même jour au Bulletin Officiel de la Ville de Paris, pour signer " tous les arrêtés, actes, décisions, contrats " dans la limite des attributions de sa direction. La circonstance que l'acte de délégation mentionne que cette signature est également déléguée à d'autres agents, placés sous l'autorité de la directrice, pour prononcer les " décisions prononçant la peine disciplinaire de l'avertissement " à l'encontre des agents de cette direction n'a nullement pour effet de soustraire ces décisions du champ de la délégation conférée à Mme D. Dès lors, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué aurait été signé par une autorité incompétente doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 19 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, alors en vigueur : " () Le fonctionnaire à l'encontre duquel une procédure disciplinaire est engagée a droit à la communication de l'intégralité de son dossier individuel et de tous les documents annexes et à l'assistance de défenseurs de son choix. L'administration doit informer le fonctionnaire de son droit à communication du dossier. Aucune sanction disciplinaire autre que celles classées dans le premier groupe par les dispositions statutaires relatives aux fonctions publiques de l'Etat, territoriale et hospitalière ne peut être prononcée sans consultation préalable d'un organisme siégeant en conseil de discipline dans lequel le personnel est représenté () ".
4. Il est constant que M. A a reçu une première convocation le 19 octobre 2020, à un entretien initialement fixé le 5 novembre 2020 pour des faits susceptibles de faire l'objet d'une sanction disciplinaire, avant d'être informé du report de ce dernier à la date du 8 décembre 2020, par un courriel du 3 novembre 2020. Il ressort également des pièces du dossier, notamment de la convocation du 20 novembre 2020 remise en main propre à M. A le 30 novembre suivant, que le requérant a été informé de ses droits, notamment le droit à communication du dossier, qu'il a effectivement consulté le 7 décembre 2020. Dès lors, le requérant a été mis à même de préparer utilement sa défense. S'il est également constant que le requérant a demandé le report de l'entretien la veille de sa tenue, la ville de Paris n'était pas tenue de faire droit à cette demande, dès lors que le requérant disposait d'un temps suffisant entre la convocation et la tenue de cet entretien et qu'il a pu effectivement consulter son dossier. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des droits de la défense manque en fait et doit être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'alinéa 1er de l'article 28 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983, alors en vigueur : " Tout fonctionnaire, quel que soit son rang dans la hiérarchie, est responsable de l'exécution des tâches qui lui sont confiées. Il doit se conformer aux instructions de son supérieur hiérarchique, sauf dans le cas où l'ordre donné est manifestement illégal et de nature à compromettre gravement un intérêt public () ". Aux termes de l'article 29 de cette même loi : " Toute faute commise par un fonctionnaire dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions l'expose à une sanction disciplinaire () ". Enfin, aux termes de l'article 14 du décret n° 94-415 du 24 mai 1994 portant dispositions statutaires relatives aux personnels des administrations parisiennes : " Pour l'application de l'article 89 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée, les seize premiers alinéas sont rédigés comme suit : " Les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes. / Premier groupe : / l'avertissement ; () ".
6. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
7. Pour infliger la sanction de l'avertissement, la ville de Paris s'est fondée sur la circonstance que le requérant avait refusé le 3 août 2020 d'exécuter une mission d'édification de six murs sur la place de la Bataille de Stalingrad et qu'il avait ainsi manqué à son devoir d'obéissance hiérarchique. Si M. A conteste le caractère fautif des faits qui lui sont reprochés, il ressort toutefois des pièces du dossier, y compris des écritures du requérant, qu'il a expressément refusé de remplir la mission confiée par l'autorité hiérarchique, sans qu'il soit établi qu'il ait justifié ce refus par des raisons de santé ou un matériel inadapté pour la construction des murs. En outre, à supposer même que l'intéressé ne pouvait pas aider à édifier les murs, compte tenu de sa maladie professionnelle qui était connue du service et du poids au cas d'espèce des parpaings qu'il devait manipuler ce jour-là, l'ordre donné ne pouvait être regardé comme manifestement illégal ou de nature à compromettre gravement un intérêt public, dès lors que l'intéressé ne démontre pas que tout port de charge lui était interdit. En effet, si l'avis de la médecine préventive du 16 juillet 2020 mentionne une limitation du port de charges lourdes pendant six mois, il n'interdit pas tout port de telles charges, de sorte que l'état de santé de M. A ne le rendait pas inapte à porter toute charge. Dans ces circonstances, c'est sans erreur d'appréciation que la ville de Paris a pu estimer que les faits présentaient le caractère d'une faute.
8. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions attaquées. Par suite, les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E A et à la ville de Paris.
Délibéré après l'audience du 10 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Fouassier, président,
Mme Belkacem, première conseillère,
Mme Marchand, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 novembre 2022.
La rapporteure,
N. BLe président,
C. FOUASSIER
La greffière,
C. EL HOUSSINE
La République mande et ordonne préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/2-3
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026