vendredi 8 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2118008 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 1re Chambre - R.222-13 |
| Avocat requérant | VI VAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 août 2021, M. B A , représenté par Me Vi Van, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 24 juin 2021 par laquelle la maire de Paris a confirmé son refus implicite de lui accorder le bénéfice d'un contrat en qualité de jeune majeur ;
3°) d'enjoindre à la ville de Paris de lui accorder le bénéfice d'une prise en charge provisoire dans le délai de 24 heures à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande de prise en charge dans un délai de trois jours ;
4°) de mettre à la charge de la ville de Paris la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, à verser à son conseil, sous réserve que celle-ci renonce à percevoir la part contributive de l'Etat, ou au requérant, pour le cas où l'aide juridictionnelle ne lui serait pas accordée.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation et d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions du 6ème alinéa de l'article L. 222-5 du code de l'action sociale et des familles.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 juin 2022, la ville de Paris conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- les moyens tiré du défaut de motivation et du défaut d'examen sont inopérants ;
- le moyen soulevé par M. A et tiré de la méconnaissance manifeste du 6ème alinéa de l'article L. 222-5 du code de l'action sociale et des familles n'est pas fondé.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du
8 décembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991,
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Thulard, premier conseiller, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de conclure dans cette affaire en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D,
- et les observations de M. E pour la ville de Paris.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant malien faisant valoir être né le 31 décembre 2002 à Goundiourou Kayes, est entré en France à la fin de l'année 2018. Il n'a pas été pris en charge par l'aide sociale à l'enfance après avoir été évalué comme majeur. S'il fait valoir avoir contesté devant le juge des enfants cette décision de refus de prise en charge, il n'a pas produit le jugement correspondant. Il a sollicité auprès de la maire de Paris le bénéfice d'un contrat en qualité de jeune majeur par un courrier du 8 février 2021, réceptionné le 12 février suivant. Une décision implicite de rejet de sa demande est née du silence gardé sur elle par la maire de Paris. Le conseil de M. A a alors saisi la maire de Paris d'un recours administratif préalable obligatoire, conformément aux dispositions des articles L. 134-1 et L. 134-2 du code de l'action sociale et des familles, par un courriel du 25 mai 2021. Par une décision expresse du 24 juin 2021 dont l'intéressé demande l'annulation par la présente requête, la maire de Paris a rejeté ce recours et a confirmé son refus de lui octroyer le bénéfice d'un contrat en qualité de jeune majeur.
Sur l'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
2. M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 8 décembre 2021. Il n'y a ainsi plus lieu de statuer sur ses conclusions tendant à son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur l'office du juge :
3. Aux termes de l'article L. 221-1 du code de l'action sociale et des familles : " Le service de l'aide sociale à l'enfance est un service non personnalisé du département chargé des missions suivantes : / 1° Apporter un soutien matériel, éducatif et psychologique tant aux mineurs et à leur famille ou à tout détenteur de l'autorité parentale, confrontés à des difficultés risquant de mettre en danger la santé, la sécurité, la moralité de ces mineurs ou de compromettre gravement leur éducation ou leur développement physique, affectif, intellectuel et social, qu'aux mineurs émancipés et majeurs de moins de vingt et un ans confrontés à des difficultés familiales, sociales et éducatives susceptibles de compromettre gravement leur équilibre () ". Le sixième alinéa de son article L. 222-5 dispose que, sur décision du président du conseil départemental : " Peuvent être également pris en charge à titre temporaire par le service chargé de l'aide sociale à l'enfance les mineurs émancipés et les majeurs âgés de moins de vingt et un ans qui éprouvent des difficultés d'insertion sociale faute de ressources ou d'un soutien familial suffisants. ".
4. Sous réserve de l'hypothèse dans laquelle un accompagnement doit être proposé au jeune pour lui permettre de terminer l'année scolaire ou universitaire engagée, le président du conseil départemental dispose d'un large pouvoir d'appréciation pour accorder ou maintenir la prise en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance d'un jeune majeur de moins de vingt et un ans éprouvant des difficultés d'insertion sociale faute de ressources ou d'un soutien familial suffisants et peut à ce titre, notamment, prendre en considération les perspectives d'insertion qu'ouvre une prise en charge par ce service. Il peut à ce titre, notamment, prendre en considération les perspectives d'insertion qu'ouvre une prise en charge par ce service compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, y compris les doutes sur l'âge réel du demandeur.
5. Eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, il appartient au présent juge non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner la situation de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler, s'il y a lieu, cette décision en accueillant lui-même la demande de l'intéressé s'il apparaît, à la date à laquelle il statue, eu égard à la marge d'appréciation dont dispose le président du conseil départemental dans leur mise en œuvre, qu'un défaut de prise en charge conduirait à une méconnaissance des dispositions du code de l'action sociale et des familles relatives à la protection de l'enfance et en renvoyant l'intéressé devant l'administration afin qu'elle précise les modalités de cette prise en charge sur la base des motifs de son jugement.
Sur les conclusions de la requête :
6. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 5 que M. A ne peut utilement faire valoir à l'appui de ses conclusions à fin d'annulation les moyens tirés du défaut de motivation et du défaut d'examen particulier des décisions ayant rejeté sa demande d'admission au bénéfice de l'aide sociale à l'enfance en qualité de jeune majeur dès lors qu'ils sont relatifs à leurs vices propres.
7. En second lieu, la maire de Paris a motivé notamment son refus de faire bénéficier
M. A d'un contrat en qualité de jeune majeur par les doutes sur son état-civil, ce qu'elle était fondée à faire dès lors que l'absence de certitude sur la date de naissance du demandeur peut retarder sa régularisation administrative, notamment au regard de son droit au séjour, et pourrait même conduire, si ces doutes se confirmaient, à l'exclure du bénéfice des dispositions du 6ème alinéa de l'article L. 222-5 du code de l'action sociale et des familles, lequel est réservé aux personnes de moins de 21 ans. En l'espèce, il est constant que l'intéressé a été évalué comme majeur à la fin de l'année 2018, ce qui a alors justifié qu'il ne soit pas pris en charge par l'aide sociale à l'enfance de Paris. Le requérant n'a pas produit de décisions du juge judiciaire remettant en cause cette appréciation de son état de majorité. Par ailleurs, ses déclarations quant à sa prétendue date de naissance ont beaucoup varié, sans explication probante, dès lors qu'il avait initialement déclaré être né le 1er décembre 2003 et qu'il fait désormais valoir être né le 31 décembre 2002. De plus, M. A, bien que présent en France depuis trois ans et demi, n'a pas fait établir par les autorités diplomatiques et consulaires maliennes de documents d'identité à son nom. Enfin, s'il a produit un acte de naissance malien et un jugement supplétif d'acte de naissance rendu le 19 septembre 2018 par le tribunal civil de Kayes, ces documents ne sont pas suffisamment probants au regard des éléments susmentionnés.
8. En ce qui concerne ses éventuelles difficultés d'insertion sociales, M. A fait lui-même valoir être hébergé par des tiers. Il reconnaît ne pas être démuni de liens familiaux au Mali et ne démontre pas ne pas pouvoir les rejoindre. S'il a incontestablement fourni des efforts importants pour s'insérer dans la société française, notamment au plan scolaire, il a également démontré ce faisant sa capacité à être autonome sur le territoire national et donc, le cas échéant, à pouvoir solliciter le bénéfice des dispositifs de droit commun. Enfin, malgré une mesure d'instruction en ce sens, le requérant n'a fourni aucun élément permettant de démontrer sa particulière vulnérabilité au regard de ses conditions de vie à la date du présent jugement.
9. Dans ces conditions et compte-tenu du large pouvoir d'appréciation conféré par le législateur aux présidents de conseils départementaux et à la maire de Paris dans l'opportunité de conclure ou non des contrats en qualité de jeune majeur, la décision attaquée du 24 juin 2021 n'est pas manifestement illégale au regard des dispositions du 6ème alinéa de l'article L. 222-5 du code de l'action sociale et des familles.
10. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. A doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de M. A tendant à son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la maire de Paris.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2022.
Le magistrat désigné,
V. D
La greffière,
M. CLa République mande et ordonne au préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris, en en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/6-1
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026