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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2118411

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2118411

vendredi 17 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2118411
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation6e Section - 1re Chambre
Avocat requérantHOUSSAIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistré le 31 août 2021, Mme A D, représentée par Me Houssais, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 12 juillet 2021 par laquelle le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et de sports a refusé de réviser son affectation dans l'académie de Nancy-Metz ;

2°) d'enjoindre le ministre chargé de l'éducation nationale de l'affecter dans un établissement d'enseignement du second degré dans les académies de Paris, Créteil ou Versailles dans un délai de dix jours à compter du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.

Elle soutient que :

- la décision attaquée ne comporte pas les mentions des voies et délais de recours ;

- elle ne comporte pas la signature de l'auteur de la décision ;

- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que le ministre, en application de la note de service n° MENH2105340N du 16 avril 2021, aurait dû la maintenir dans son académie d'origine où elle justifiait d'une durée des services d'enseignement en tant qu'agent contractuel supérieure à un an et demi ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle et familiale.

Par un mémoire en défense, enregistrés le 2 août 2022, le Ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme D ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier,

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires,

- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique d'Etat,

- le décret n° 72-581 du 4 juillet 1972 relatif au statut particulier des professeurs certifiés,

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Lautard-Mattioli,

- et les conclusions de Mme Pestka, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A D a été admise au concours du certificat d'aptitude à l'enseignement au professorat de l'enseignement du second degré (CAPES) dans la section " italien " pour la session de l'année 2021. Elle a été informée en juin 2021 de son affectation comme professeur stagiaire dans l'académie de Nancy-Metz à compter de septembre 2021. Par un courrier électronique du 30 juin 2021, elle a demandé au ministre de réviser son affectation. Par une décision du 12 juillet 2021, le ministre a refusé sa demande et confirmé son affectation. Par la présente requête, Mme D demande l'annulation de cette décision. Cette décision n'étant pas prise à la suite d'un recours administratif préalable obligatoire et ayant un caractère purement confirmatif, les conclusions présentées par la requérante doivent être en outre regardées dirigées contre la décision initiale d'affectation.

2. En premier lieu, la décision du 12 juillet 2021 a été prise à la suite d'un recours en révision, qui ne peut être regardé comme un recours administratif préalable obligatoire. Cette décision est purement confirmative de la décision d'affectation dont Mme C a demandé la révision. Par suite, les moyens dirigées contre les vices propres de la décision du 12 juillet 2021 sont inopérants. Par ailleurs, les conclusions de la requérante doivent, pour les mêmes raisons, être regardées comme dirigées contre la décision initiale d'affectation, ensemble la décision rejetant son recours en révision.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 24 du décret du 4 juillet 1972 relatif au statut particulier des professeurs certifiés, dans sa version alors en vigueur : " Les candidats reçus aux concours prévus aux articles 6 et 11 ou ayant bénéficié d'une dispense en application du premier alinéa de l'article 23, et remplissant les conditions de nomination dans le corps, sont nommés fonctionnaires stagiaires et affectés pour la durée du stage dans une académie par le ministre chargé de l'éducation. / Le stage a une durée d'un an () ".

4. D'une part, la requérante se prévaut des dispositions de la note de service n° MENH2105340N du 16 avril 2021, publiée au bulletin officiel de l'Education nationale, de la jeunesse et des sports n° 17 du 19 avril 2021 et soutient que le ministre devait la maintenir dans l'académie de Paris dès lors qu'elle justifie, conformément au point II. 2 de la note, d'une expérience d'enseignement en tant qu'agent contractuel dans cette académie pour une durée supérieure à 10 ans et demi durant les trois dernières années. Toutefois, la note précise que les lauréats souhaitant disposer du bénéfice de ce dispositif doivent réaliser un choix en ce sens dans le système d'information et d'affectation des lauréats avant le 4 juin 2021. Mme C se borne à soutenir, sans l'établir, qu'elle aurait fait des choix dans SIAL avant cette date sans toutefois recevoir d'accusé de réception puis qu'elle aurait contacté le service gestionnaire dans le courant du mois de juin 2021, ce que conteste par ailleurs en défense le ministre. Par suite, même à supposer que la requérante puisse utilement se prévaloir de cette note de service, elle n'est pas fondée à soutenir, en l'absence de choix en ce sens, que le ministre aurait dû lui faire bénéficier du dispositif de maintien dans l'académie. En tout état de cause, le ministre soutient sans être contesté qu'aucun poste n'était vacant dans l'académie de Paris dans la section " italien " pour l'année scolaire 2021-2022 et que ce dispositif, qui n'est prévu par aucun texte législatif et réglementaire, n'a pas pour effet la création d'un emploi ni même une affectation en surnombre.

5. D'autre part, comme il a été dit précédemment, il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme D aurait saisi dans SIAL des choix d'affectation dans les académies de Paris, Créteil ou Versailles ou que les vœux qu'elle aurait formulés n'aurait pas été pris en compte pour des raisons qui ne lui sera pas imputables. En l'absence de vœux, la note de service précitée prévoit que le lauréat doit être regardé comme ayant uniquement formé le vœu d'être affecté dans l'académie d'inscription au concours, en l'espèce Paris. Par suite, et alors qu'aucun poste n'était disponible dans cette académie, le ministre est fondé à soutenir qu'il pouvait affecter la requérante en fonction des seules nécessités de service, en application des dispositions précitées de l'article 24 du décret du 4 juillet 1972. Dès lors que Mme C fait uniquement valoir sa situation familiale, elle n'est pas fondée à soutenir, en l'absence de toute contestation portant sur les nécessités du service, que le ministre aurait commis une erreur de droit ou une erreur manifeste d'appréciation en l'affectant dans l'académie de Nancy-Metz.

6. Il résulte de tout ce qui précède que Mme D n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions par lesqelles le ministre l'a affectée dans l'académie de Nancy-Metz puis a refusé de réviser cette affectation. Par suite, sa requête doit être rejetée en toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D et au ministre de l'Education nationale et de la jeunesse.

Délibéré après l'audience du 3 février 2023, à laquelle siégeaient :

M. Laloye, président,

M. Le Broussois, premier conseiller,

M. Lautard-Mattioli, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 février 2023.

Le rapporteur,

B. Lautard-Mattioli

Le président,

P. LaloyeLe greffier,

A. Lemieux

La République mande et ordonne au ministre de l'Education nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2118411/6-1

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