lundi 12 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2118784 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET CORMIER, BADIN (SELARL) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 septembre 2021, la société B-Led Group demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 13 juillet 2021 par laquelle l'université Paris II Panthéon-Assas a rejeté son offre relative à l'appel d'offres n° 2020-032 ayant pour objet la maintenance du plafond lumineux du hall du centre Assas de l'université Paris II Panthéon-Assas ainsi que son système de pilotage ;
2°) d'ordonner à l'université Paris II Panthéon-Assas de suspendre l'exécution du contrat signé le 26 juillet 2021 avec la société Manganelli Technology ;
3°) d'annuler le contrat signé le 26 juillet 2021.
Elle soutient que :
- l'appréciation faite par l'université Paris II Panthéon-Assas de son offre est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors que ni ses réponses aux questions de l'université, ni les tableaux d'analyses envoyés par le maître d'ouvrage n'ont été pris en compte ;
- sa solution a été soumise à l'attributaire par l'université Paris II Panthéon-Assas, en méconnaissance du principe de l'égalité de traitement des candidats et des règles de la concurrence.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 septembre 2021, l'université Paris II Panthéon-Assas, représentée par Me Badin, conclut :
1°) à titre principal, au rejet de la requête ;
2°) à ce qu'il soit mis à la charge de la société B-Led Group la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable, dès lors que les conclusions de la société B-Led Group à fin d'annulation de la décision de rejet de son offre, et à fin de suspension de l'exécution du contrat, sont irrecevables, et dès lors que la société requérante n'a pas produit le contrat litigieux ;
- elle a correctement apprécié l'offre de la société B-Led Group ;
- elle n'a commis aucun manquement aux règles de la concurrence.
La requête a été communiquée à la société Manganelli Technology qui n'a pas produit d'observations.
Par ordonnance du 16 juin 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 18 juillet 2022.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Berland,
- les conclusions de Mme Alidière, rapporteure publique,
- et les observations de Me Badin, représentant l'université Paris II Panthéon-Assas.
Considérant ce qui suit :
1. Le 18 décembre 2020, l'université Paris II Panthéon-Assas a lancé un appel d'offres ouvert n° 2020-032 concernant la maintenance du plafond lumineux de l'université, ainsi que de son système de pilotage. Par un courrier du 13 juillet 2021, l'université Paris II Panthéon-Assas a informé la société B-Led Group de l'attribution du marché à la société Manganelli Technology. L'offre de la société requérante a été classée en deuxième position. La société B-Led Group a contesté la procédure par la voie d'une requête en référé précontractuel qui a été rejetée par une décision du 16 août 2021 du juge des référés. L'acte d'engagement a été signé le 26 juillet 2021 par l'université Paris II Panthéon-Assas et la société Manganelli Technology. Par la présente requête, la société B-Led Group demande l'annulation de la décision de rejet de son offre, la suspension de l'exécution du marché ainsi que l'annulation du marché.
Sur le cadre juridique du litige :
2. Indépendamment des actions dont disposent les parties à un contrat administratif et des actions ouvertes devant le juge de l'excès de pouvoir contre les clauses réglementaires d'un contrat ou devant le juge du référé contractuel sur le fondement des articles L. 551-13 et suivants du code de justice administrative, tout tiers à un contrat administratif susceptible d'être lésé dans ses intérêts de façon suffisamment directe et certaine par sa passation ou ses clauses est recevable à former devant le juge du contrat un recours de pleine juridiction contestant la validité du contrat ou de certaines de ses clauses non réglementaires qui en sont divisibles. Si le représentant de l'État dans le département et les membres de l'organe délibérant de la collectivité territoriale ou du groupement de collectivités territoriales concerné, compte tenu des intérêts dont ils ont la charge, peuvent invoquer tout moyen à l'appui du recours ainsi défini, les autres tiers ne peuvent invoquer que des vices en rapport direct avec l'intérêt lésé dont ils se prévalent ou ceux d'une gravité telle que le juge devrait les relever d'office. Un concurrent évincé peut ainsi invoquer, outre les vices d'ordre public dont serait entaché le contrat, les manquements aux règles applicables à la passation de ce contrat qui sont en rapport direct avec son éviction.
Sur la fin de non-recevoir opposée par l'université Paris II Panthéon-Assas à l'encontre des conclusions tendant à la suspension de l'exécution du contrat :
3. Saisi par un tiers, dans les conditions définies ci-dessus, de conclusions contestant la validité du contrat ou de certaines de ses clauses, il appartient au juge du contrat, après avoir vérifié que l'auteur du recours autre que le représentant de l'Etat dans le département ou qu'un membre de l'organe délibérant de la collectivité territoriale ou du groupement de collectivités territoriales concerné se prévaut d'un intérêt susceptible d'être lésé de façon suffisamment directe et certaine et que les irrégularités qu'il critique sont de celles qu'il peut utilement invoquer, lorsqu'il constate l'existence de vices entachant la validité du contrat, d'en apprécier l'importance et les conséquences. Ainsi, il lui revient, après avoir pris en considération la nature de ces vices, soit de décider que la poursuite de l'exécution du contrat est possible, soit d'inviter les parties à prendre des mesures de régularisation dans un délai qu'il fixe, sauf à résilier ou résoudre le contrat. En présence d'irrégularités qui ne peuvent être couvertes par une mesure de régularisation et qui ne permettent pas la poursuite de l'exécution du contrat, il lui revient de prononcer, le cas échéant avec un effet différé, après avoir vérifié que sa décision ne portera pas une atteinte excessive à l'intérêt général, soit la résiliation du contrat, soit, si le contrat a un contenu illicite ou s'il se trouve affecté d'un vice de consentement ou de tout autre vice d'une particulière gravité que le juge doit ainsi relever d'office, l'annulation totale ou partielle de celui-ci. Il peut enfin, s'il en est saisi, faire droit, y compris lorsqu'il invite les parties à prendre des mesures de régularisation, à des conclusions tendant à l'indemnisation du préjudice découlant de l'atteinte à des droits lésés.
4. Si le recours de pleine juridiction en contestation de la validité du contrat ou de certaines de ses clauses non règlementaires qui en sont divisibles, exercé par un tiers au contrat, peut éventuellement être assorti d'une demande tendant, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, à la suspension de l'exécution du contrat, il n'appartient pas au juge du contrat de se prononcer sur une telle demande. Par suite, les conclusions de la société B-Led Group tendant à ce que soit suspendue l'exécution du contrat, sont irrecevables. Il y a lieu d'accueillir la fin de non-recevoir opposée par l'université Paris II Panthéon-Assas à ce titre, et de rejeter les conclusions à fin de suspension comme irrecevables.
Sur les conclusions aux fins d'annulation du contrat conclu entre l'université Paris II Panthéon-Assas et la société Manganelli Technology :
5. En premier lieu, la société requérante soutient que l'appréciation portée par l'université Paris II Panthéon-Assas sur son offre est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors que ni ses réponses aux questions posées, ni les tableaux d'analyse fournis par le maître d'ouvrage n'ont été pris en compte dans l'appréciation de son offre. Au soutien de ce moyen, elle verse à l'instance deux documents intitulés " tableau d'analyse université d'Assas intégrant les réponses de B-Led Group " et " tableau d'analyse université d'Assas ". Toutefois, il résulte de l'instruction que ces documents, qui ne sont ni datés, ni signés, et dont les auteurs ne sont pas connus, sont dépourvus de valeur probante. Par suite, la société requérante ne peut pas être regardée comme critiquant utilement les notations et appréciations portées par l'université Paris II Panthéon-Assas sur son offre. Par suite, ce moyen doit être écarté.
6. En second lieu, aux termes de l'article L. 2132-1 du même code : " L'acheteur ne peut communiquer les informations confidentielles dont il a eu connaissance lors de la procédure de passation, telles que celles dont la divulgation violerait le secret des affaires, ou celles dont la communication pourrait nuire à une concurrence loyale entre les opérateurs économiques, telle que la communication en cours de consultation du montant total ou du prix détaillé des offres. () ".
7. La société requérante soutient que le pouvoir adjudicateur a méconnu l'obligation de confidentialité des offres qui lui ont été soumises, ce qui a eu pour effet de conférer un avantage concurrentiel à la société attributaire du marché. Elle fait valoir que par courrier électronique du 7 juillet 2021, l'université Paris II Panthéon-Assas a demandé à la société attributaire si elle pouvait prendre en charge la version VNNOX AD sur le serveur TB6, qui était la solution technique retenue par la société requérante en réponse aux exigences posées par l'article 6.2.1 du règlement de la consultation applicable au marché en litige, concernant la mise en œuvre d'une nouvelle solution pour le système de pilotage du plafond lumineux. La société B-Led Group fait valoir que cette demande est susceptible de l'avoir lésée, en permettant à sa concurrente d'améliorer son offre, dès lors que la solution VNNOX AD était la plus à même de remplir les critères techniques de l'appel d'offres. Toutefois, à supposer que cette communication ait permis à la société Manganelli Technology d'améliorer son offre, il résulte également de l'instruction que le critère relatif à la présentation d'une solution technique pour le pilotage du plafond lumineux était évalué sur un total de 8 points sur 100. Par suite, dès lors que 15,81 points sur 100 séparent, au classement général des offres, la société requérante, classée deuxième, de la société attributaire, le classement des deux candidates n'a pas pu être modifié par cette communication. La méconnaissance du principe de l'égalité de traitement des candidats et de l'article L. 2132-1 du code de la commande publique compte tenu de la divulgation d'informations protégées par le secret des affaires n'a donc pu affecter les chances de la société requérante d'obtenir le marché.
8. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres fins de non-recevoir présentées en défense, que la société B-Led Group n'est pas fondée à contester la validité du contrat passé entre l'université Paris II Panthéon-Assas et la société Manganelli Technology. Ces conclusions doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions à fin d'injonction de la requête.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société
B-Led Group la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par l'université Paris II Panthéon-Assas et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société B-Led Group est rejetée.
Article 2 : La société B-Led Group versera une somme de 1 500 euros à l'université Paris II Panthéon-Assas au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société B-Led Group, à l'université Paris II Panthéon-Assas et à la société Manganelli Technology.
Délibéré après l'audience du 30 mai 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Le Roux, présidente,
Mme Madé, première conseillère,
Mme Berland, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juin 2023.
La rapporteure,
F. BERLAND
La présidente,
M.-O. LE ROUXLa greffière,
I. SZYMANSKI
La République mande et ordonne au préfet de la région Île-de-France, préfet de Paris, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026