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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2119311

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2119311

lundi 23 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2119311
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2e Section - 2e Chambre
Avocat requérantCABINET CALLON AVOCAT & CONSEIL (SELARL)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 septembre 2021, Mme A B, représentée par Me Callon, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 16 juillet 2021 par laquelle l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a rejeté sa demande de réintégration ;

2°) d'enjoindre à l'AP-HP de procéder à sa réintégration à compter du 1er juillet 2021 ;

3°) de mettre à la charge de l'AP-HP une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision attaquée a été signée par une autorité incompétente dès lors qu'il ne ressort pas de la décision que son signataire ait été titulaire d'une délégation de signature ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur de fait dès lors qu'elle avait sollicité par courrier du 13 avril 2018 le renouvellement de sa disponibilité ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que sa réintégration pouvait lui être accordée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 septembre 2022, l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- à titre principal, la requête est irrecevable dès lors que la décision attaquée, de nature purement confirmative, ne faisait pas grief à Mme B ;

- les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Par ordonnance du 20 septembre 2022 la clôture d'instruction a été fixée au 4 octobre 2022.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;

- le décret n° 88-976 du 13 octobre 1988 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Huin-Morales,

- et les conclusions de M. Lahary, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B exerçait les fonctions aide-soignante au sein de l'hôpital Sainte-Périne, établissant relevant de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). Par un arrêté du 1er juillet 2015, le directeur général de l'AP-HP l'a placée à sa demande en position de disponibilité pour une période de trois ans. Par un courrier du 16 juillet 2021, l'AP-HP a refusé de procéder à la réintégration sollicitée par Mme B le 15 juin 2021. Par la présente requête, Mme B demande l'annulation de cette décision.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, Mme B soutient que la décision attaquée est entachée d'incompétence, dès lors que Mme C n'avait pas compétence pour la signer. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté du 13 avril 2021 régulièrement publié, Mme C a reçu, en cas d'empêchement de Mme E, directrice adjointe des ressources humaines, délégation à l'effet de signer les décision relevant des " matières énoncées à l'article 1 paragraphe A et B (à l'exclusion de B30, B38, B39, B40 et B42) " de l'arrêté n°20130318-0006 du 14 novembre 2013 fixant les matières déléguées par le directeur général de l'AP-HP aux directeurs de groupes hospitalo-universitaires et aux directeurs des hôpitaux ne relevant pas d'un groupe hospitalier, au directeur de l'HAD et à certains directeurs de pôles d'intérêt commun, au nombre desquelles figure " les arrêtés de renouvellement de disponibilité et de réintégration (en application des dispositions de l'article 62 de la loi° 86-33) ou le refus de prendre ces décisions. " Il s'ensuit que le moyen tiré de l'incompétence de la décision attaquée doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 5° Opposent une prescription, une forclusion ou une déchéance ; / 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir. " Aux termes de l'article L. 211-5 de ce même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. "

4. La décision attaquée fait état de la circonstance que la requérante a fait l'objet d'une mesure de radiation des cadres par un arrêté du 7 février 2019, après que celle-ci n'avait pas manifesté son souhait de renouveler la disponibilité pour convenances personnelles qui lui avait été accordée, et n'était dès lors plus en mesure de solliciter sa réintégration. Elle met ainsi la requérante en mesure d'en comprendre les motifs et est, par suite et en tout état de cause, suffisamment motivée.

5. En troisième lieu, ainsi qu'il a été dit au point précédent, pour refuser la mesure de réintégration sollicitée, l'AP-HP s'est fondée sur le motif que Mme B n'avait plus la qualité de fonctionnaire lui permettant de solliciter sa réintégration dès lors qu'elle avait été radiée des cadres à compter du 1er juillet 2018 par un arrêté du 7 février 2019, dont la légalité n'est pas contestée par la requérante et au demeurant devenu définitif. Dès lors, à supposer que le courrier du 13 avril 2018 par lequel Mme B avait demandé la prolongation de sa mise en disponibilité ait été reçu par l'AP-HP, cette circonstance demeurerait sans incidence sur la légalité de la décision attaquée.

6. En quatrième lieu, aux termes de l'article 37 du décret du 13 octobre 1988 relatif au régime particulier de certaines positions des fonctionnaires hospitaliers, à l'intégration et à certaines modalités de mise à disposition : " Deux mois au moins avant l'expiration de la période de disponibilité en cours, le fonctionnaire doit solliciter soit le renouvellement de sa disponibilité soit sa réintégration. Faute d'une telle demande, l'intéressé est rayé des cadres, à la date d'expiration de la période de disponibilité. () " Aux termes de l'article 24 de la loi 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " La cessation définitive de fonctions qui entraîne radiation des cadres et perte de la qualité de fonctionnaire résulte : 1° De l'admission à la retraite ; / 2° De la démission régulièrement acceptée ; / 3° Du licenciement ; / 4° De la révocation. / La perte de la nationalité française, la déchéance des droits civiques, l'interdiction par décision de justice d'exercer un emploi public et la non-réintégration à l'issue d'une période de disponibilité produisent les mêmes effets. Toutefois, l'intéressé peut solliciter auprès de l'autorité ayant pouvoir de nomination, qui recueille l'avis de la commission administrative paritaire, sa réintégration à l'issue de la période de privation des droits civiques ou de la période d'interdiction d'exercer un emploi public ou en cas de réintégration dans la nationalité française. "

7. D'une part, il résulte de ce qui a été dit au point 5 que Mme B n'avait plus la qualité de fonctionnaire à la date de la décision attaquée et qu'elle ne pouvait dès lors pas solliciter sa réintégration au titre d'une période de disponibilité en cours. D'autre part, la non-réintégration à l'issue d'une période de disponibilité ne figure pas parmi les cas où l'administration peut être saisie d'une demande de réintégration par un agent dont les fonctions avaient définitivement cessé. Par suite, c'est à bon droit que l'AP-HP a rejeté la demande de réintégration présentée par Mme B.

8. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par l'AP-HP, que la requérante n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 16 juillet 2021. Par suite, la requête de Mme B doit être rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative dont elle est assortie.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris.

Délibéré après l'audience du 9 janvier 2023, à laquelle siégeaient :

M. Sorin, président,

M. Errera, premier conseiller,

M. Huin-Morales, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 janvier 2023.

Le rapporteur,

B. Huin-Morales

Le président,

J. SORINLa greffière,

B. CHAHINE

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

2/2-

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