vendredi 9 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2119340 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | CABINET CASSEL (SELAFA) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 13 septembre 2021 et 15 avril 2023, M. U AC représenté par Me Trennec demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté portant tableau d'avancement au grade de brigadier de police au titre de l'année 2021, de la décision portant refus d'inscription au grade de brigadier de police au titre de l'année 2021 et des arrêtés individuels de nomination de M. I T, Mme AA AB, M. W K, M. AI AH, Mme A AJ, Mme Z AE, Mme D E, M. S L, Mme H O, Mme C AM J, M. X G, M. V AG, Mme Q P, M. X M, M. AK Y, M. AL, M. AF, M. F, M. AD N, M. AD R.
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de l'inscrire au tableau d'avancement au grade de brigadier de police au titre de l'année 2021 dans un délai de trois mois à compter de la notification du jugement à intervenir.
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les candidats au tableau d'avancement n'ont pas bénéficié d'un examen particulier de leur demande ;
- M. AK Y, M. AL, M. AF, M. F, M. N et M. R ne remplissent pas les conditions préalables pour être inscrits au tableau d'avancement au grade de brigadier de police au titre de 2021 ;
- le tableau d'avancement, ainsi que le refus de l'inscrire au tableau d'avancement sont entachés d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses mérites par rapport à ceux de ses collègues ;
- les arrêtés individuels de nomination doivent être annulés par voie de conséquence de l'annulation du tableau d'avancement.
Par un mémoire enregistré le 14 novembre 2022, M. W K demande le maintien de son inscription au tableau d'avancement.
Par un mémoire enregistré le 24 novembre 2022, Mme C AM J demande le maintien de son inscription au tableau d'avancement.
Par un mémoire enregistré le 28 novembre 2022 et un mémoire enregistré le 6 février 2023, Mme A AJ, représentée par la SELAFA cabinet Cassel conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de M. AC d'une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. AC ne sont pas fondés.
Par un mémoire enregistré le 29 décembre 2022, M. V AG demande le maintien de son inscription au tableau d'avancement.
Par un mémoire enregistré le 12 janvier 2023, Mme H O demande le maintien de son inscription au tableau d'avancement.
Par un mémoire enregistré le 15 janvier 2023, Mme AA AB demande le maintien de son inscription au tableau d'avancement.
Par un mémoire enregistré le 26 janvier 2023, M. S L demande le maintien de son inscription au tableau d'avancement.
Par un mémoire enregistré le 3 février 2023, M. AI AH demande le maintien de son inscription au tableau d'avancement.
Par un mémoire enregistré le 4 février 2023, M. AD N demande le maintien de son inscription au tableau d'avancement.
Par un mémoire enregistré le 5 février 2023, M. X AF demande le maintien de son inscription au tableau d'avancement.
Par un mémoire enregistré le 5 février 2023, M. AK Y demande le maintien de son inscription au tableau d'avancement.
Par un mémoire enregistré le 8 février 2023, M. Q P demande le maintien de son inscription au tableau d'avancement.
Par un mémoire enregistré le 15 mai 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. AC ne sont pas fondés.
Par un mémoire enregistré le 17 mai 2023, Mme Z AE demande le maintien de son inscription au tableau d'avancement.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 95-654 du 9 mai 1995 ;
- le décret n° 2010-888 du 28 juillet 2010 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Kanté, première conseillère,
- et les conclusions de M. Thulard, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. AC, gardien de la paix, titularisé dans ce grade le 1er septembre 2016, demande l'annulation de l'arrêté portant tableau d'avancement au grade de brigadier de police au titre de l'année 2021, de la décision portant refus d'inscription au grade de brigadier de police au titre de l'année 2021 et des arrêtés individuels de nomination de M. I T, Mme AA AB, M. W K, M. AI AH, Mme A AJ, Mme Z AE, Mme D E, M. S L, Mme H O, Mme C J, M. X G, M. V AG, Mme Q P, M. X M, M. AK Y, M. AL, M. AF, M. F, M. N, M. AD R.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le ministre de l'intérieur et des outre-mer n'ait pas procédé à l'examen particulier des candidatures à l'avancement soumises à son appréciation.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article par l'article 12 du décret du 23 décembre 2004 modifié portant statut particulier du corps d'encadrement et d'application de la police nationale aux termes duquel : " Peuvent être inscrits au tableau d'avancement pour l'accès au grade de brigadier de police : 1-1. Les gardiens de la paix qui comptent, au 1er janvier de l'année pour laquelle le tableau d'avancement a été arrêté, quatre ans de services effectifs depuis leur titularisation dans ce grade, et qui, soit ont reçu par arrêté interministériel la qualité d'officier de police judiciaire, soit ont satisfait aux obligations d'un examen professionnel dont le contenu et les modalités sont fixés par arrêté du ministre de l'intérieur et du ministre chargé de la fonction publique ;1-2. Dans la limite du dixième de l'ensemble des promotions de grade de l'année à réaliser au titre du présent article, les gardiens de la paix affectés dans l'un des secteurs ou unités d'encadrement prioritaire, ayant satisfait aux obligations d'un examen professionnel dont le contenu et les modalités sont fixés par arrêté du ministre de l'intérieur et du ministre chargé de la fonction publique, et qui comptent, au 1er janvier de l'année pour laquelle le tableau d'avancement a été arrêté, soit quatre ans au moins de services effectifs depuis leur titularisation dans ce grade dont une année au moins dans un des secteurs ou unités d'encadrement prioritaire, soit six années au moins de services effectifs depuis leur titularisation ; 2. Dans la limite du neuvième de l'ensemble des promotions de grade de l'année à réaliser au titre du présent article, les gardiens de la paix qui, au 1er janvier de l'année pour laquelle le tableau d'avancement a été arrêté, comptent douze ans de services effectifs depuis leur titularisation dans ce grade ; 3. Les gardiens de la paix qui comptent, au 1er janvier de l'année pour laquelle le tableau d'avancement a été arrêté, dix ans au moins de services effectifs depuis leur titularisation dans ce grade, accomplis intégralement dans les secteurs classés difficiles définis par arrêté du ministre de l'intérieur ; 4. Les gardiens de la paix âgés de cinquante-quatre ans et demi au moins au cours de l'année considérée, qui comptent au moins deux ans de services effectifs dans l'échelon terminal de leur grade ".
4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. Y, nommé dans son grade le 1er avril 2000, comptait plus de douze années de services effectifs à la date du 1er janvier 2021, et remplissait ainsi les conditions prévues par les dispositions précitées pour accéder au grade de brigadier de police. Il en va de même de M. AL, entré dans les cadres de la police nationale le 1er février 2001 et titularisé le 1er février 2003, de M. AF entré dans les cadres de la police nationale le 1er octobre 2001 et titularisé le 1er octobre 2003, de M. F entré dans les cadres de la police nationale le 1er octobre 2000 et titularisé le 1er octobre 2002 et de M. N entré dans les cadres de la police nationale le 1er mars 2001 et titularisé le 1er mars 2003. Tous comptaient au 1er janvier de l'année pour laquelle le tableau d'avancement a été arrêté, plus de douze ans de services effectifs depuis leur titularisation dans ce grade. Par ailleurs, M. R, entré dans les cadres de la police nationale le 1er mars 2002 et titularisé le 1er mars 2004, ayant présenté sa candidature à l'avancement au grade de brigadier de police pour 2021, au titre des dispositions de l'article 12-3 du décret précité, affecté depuis le 1er septembre 2007 en secteur difficile, comptait au 1er janvier 2021 plus de dix ans de services effectifs. M. AC n'est ainsi pas fondé à soutenir que ces candidats ne remplissaient pas les conditions pour être inscrits au tableau d'avancement.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 58 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat : " L'avancement de grade a lieu de façon continue d'un grade au grade immédiatement supérieur. Il peut être dérogé à cette règle dans les cas où l'avancement est subordonné à une sélection professionnelle. () Sauf pour les emplois laissés à la décision du Gouvernement, l'avancement de grade a lieu, selon les proportions définies par les statuts particuliers, suivant l'une ou plusieurs des modalités ci-après : 1° Soit au choix, par voie d'inscription à un tableau annuel d'avancement, établi après avis de la commission administrative paritaire, par appréciation de la valeur professionnelle et des acquis de l'expérience professionnelle des agents ,· 2° Soit par voie d'inscription à un tableau annuel d'avancement, établi après avis de la commission administrative paritaire, après une sélection par voie d'examen professionnel. () ". Aux termes de l'article 17 du décret du 9 mai 1995 fixant les dispositions communes applicables aux fonctionnaires actifs des services de la police nationale : " Pour l'établissement du tableau d'avancement de grade qui est soumis à l'avis des commissions administratives paritaires, il est procédé à un examen approfondi de la valeur professionnelle des agents susceptibles d'être promus compte tenu des notes obtenues par les intéressés, des propositions motivées formulées par les chefs de service et de l'appréciation portée sur leur manière de servir. Cette appréciation prend en compte les difficultés des emplois occupés et les responsabilités particulières qui s'y attachent ainsi que, le cas échéant, les actions de formation continue suivies ou dispensées par le fonctionnaire et l'ancienneté. ". Aux termes de l'article 13 du décret du 28 juillet 2010 relatif aux conditions générales de l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires de l'Etat : " Les fonctionnaires sont inscrits au tableau par ordre de mérite. Les candidats dont le mérite est jugé égal sont départagés par l'ancienneté dans le grade. ".
6. En l'espèce, M. AC soutient que des fonctionnaires ayant des notations inférieures aux siennes ou équivalentes avec une ancienneté moindre ont été promus à son détriment.
7. Il est constant que M. AC, titularisé dans le grade de gardien de la paix le 1er septembre 2016, ayant présenté sa candidature à l'avancement au grade de brigadier de police, le 19 janvier 2021 dans la cadre du SUEP (article 12-1 2) a obtenu au titre des années 2018, 2019 et 2020 les notes de 4,4 et 4 et de bonnes appréciations. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'ensemble des candidats dont il conteste la nomination au tableau d'avancement auraient été moins méritants que lui. Ainsi, si parmi les candidats dont M. AC conteste l'inscription au tableau d'avancement, seule Mme AM J était mieux notée que lui sur l'ensemble des années de référence, il ressort des pièces du dossier que Mme AB, Mme AJ et M. L, globalement un peu moins bien notés que M. AC sur l'ensemble de ces années, disposaient cependant de meilleures appréciations que le requérant dont les évaluations sont contrastées ainsi que d'habilitations plus variées. En outre, aucun de ces candidats n'a fait l'objet d'une sanction, à la différence de M. AC qui a fait l'objet d'un blâme en novembre 2020. Par ailleurs, s'agissant de l'ensemble des autres candidats dont la nomination au tableau d'avancement est expressément contestée, M. AC se borne dans ses écritures à les nommer sans développer aucune argumentation à leur égard. Et il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que l'ensemble de ces candidats dont il conteste la nomination auraient obtenu de moins bonnes notations et appréciations que les siennes et auraient été moins méritants que lui. Enfin, l'ancienneté dans le grade n'entrant en ligne de compte qu'à égalité de mérite et les notes chiffrées ne constituant que l'un des éléments d'appréciation de celui-ci, M. AC n'est ainsi pas fondé à soutenir qu'en inscrivant au tableau des agents disposant d'une moindre ancienneté et moins bien notés que lui, le ministre a méconnu les dispositions précitées et entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 30 juillet 2021 portant tableau d'avancement au grade de brigadier de police au titre de l'année 2021 et de la décision refusant d'y inscrire M. AC et des arrêtés individuels de nominations des agents mentionnés au point 1 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Sur les frais liés au litige :
9. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. AC une somme de 3 000 euros au titre des frais exposés par Mme AJ et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. AC est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de Mme AJ présentées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. U AC, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à M. I T, Mme AA AB, M. W K, M. AI AH, Mme A AJ, Mme Z AE, Mme D E, M. S L, Mme H O, Mme C AM J, M. X G, M. V AG, Mme Q P, M. X M, M. AK Y, M. B AL, M. X AF, M. M F, M. AD N et M. AD R.
Délibéré après l'audience du 25 mai 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Riou, présidente,
Mme Kanté, première conseillère,
M. Coz, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 juin 2023.
La rapporteure,
C. KantéLa présidente,
C. Riou
La greffière,
A. Louart
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026