jeudi 29 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2119844 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | WA NSANGA-ALLEGRET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires enregistrés les 17 septembre 2021,
21 décembre 2021 et 14 décembre 2022, M. A B, représenté par Me Allegret, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite du 18 juillet 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur a confirmé le rejet opposé à sa demande d'avancement au grade d'ingénieur principal SIC à compter du 1er mars 2021 ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de le nommer au grade d'ingénieur principal SIC à compter du 1er mars 2021 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre des frais de justice.
Il soutient que :
- le ministre a entaché sa décision d'une erreur de droit relative au calcul du nombre d'agents pouvant être promus au grade d'ingénieur principal à la suite de l'examen professionnel ;
- il a subi un préjudice financier ainsi qu'un préjudice de carrière à hauteur de 6 074,50 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 novembre 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués à l'appui des conclusions à fin d'annulation ne sont pas fondés et que faute de liaison du contentieux, les conclusions indemnitaires sont irrecevables.
Par une ordonnance du 15 décembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au
2 janvier 2023.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur le moyen, relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité de la requête dès lors qu'elle est dirigée contre un refus d'inscription à un tableau d'avancement qui comporte un nombre maximum d'agents et, par suite, présente un caractère indivisible.
Une réponse au moyen d'ordre public présentée pour M. B a été enregistrée le
15 juin 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n° 2015-576 du 27 mai 2015 ;
- le décret n° 2005-1090 du 1er septembre 2005 relatif à l'avancement de grade dans les corps des administrations de l'Etat ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rebellato, rapporteur,
- et les conclusions de Mme Nikolic, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a intégré le corps des techniciens SIC le 1er novembre 2009 au grade de technicien de classe normale pour ensuite accéder au corps des ingénieurs SIC à compter du 1er mars 2018. Le 10 décembre 2020, il a été admis au 1er rang sur la liste complémentaire d'accès au grade d'ingénieur principal SIC au titre d'un examen professionnel. Il a saisi le
8 mars 2021, le chef du bureau des personnels techniques et spécialisés de la direction des ressources humaines du ministère de l'intérieur afin de solliciter un avancement de grade d'ingénieur principal SIC. Le 12 mars 2021, l'administration a rejeté sa demande au motif que les quotas prévus au titre de l'année 2021 pour l'avancement au grade d'ingénieur principal SIC avaient été atteints. Par un courrier en date du 10 mai 2021, M. B a formé un recours gracieux à l'encontre de cette décision. Le silence gardé par l'administration a fait naître une décision implicite de rejet. Par la présente requête, M. B doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler ces deux décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article 15 du décret du 27 mai 2015 portant statut particulier du corps de ingénieurs des systèmes d'information et de communication : " Peuvent être promus au grade d'ingénieur principal des systèmes d'information et de communication les ingénieurs des systèmes d'information et de communication ayant accompli au moins trois ans de services effectifs dans un corps civil ou un cadre d'emplois de catégorie A ou de même niveau, ayant atteint le 5e échelon de leur grade et ayant satisfait aux obligations de formation prévues au deuxième alinéa de l'article 7. Pour être promus, les candidats doivent être inscrits à un tableau annuel d'avancement, établi après avis de la commission administrative paritaire au vu des résultats d'une sélection organisée par la voie d'un examen professionnel. Les ingénieurs des systèmes d'information et de communication doivent remplir les conditions d'échelon et de durée d'ancienneté ainsi que de services effectifs fixées au premier alinéa au plus tard au 31 décembre de l'année au titre de laquelle le tableau d'avancement est établi. Un arrêté conjoint du ministre de l'intérieur et du ministre chargé de la fonction publique fixe les règles relatives à la nature et à l'organisation générale de l'examen professionnel ainsi qu'à la composition et au fonctionnement du jury. Le ministre de l'intérieur organise l'examen professionnel et désigne le jury. " Aux termes de l'article 16 du même texte : " Peuvent également être promus au grade d'ingénieur principal des systèmes d'information et de communication, au choix, par voie d'inscription à un tableau annuel d'avancement, les ingénieurs des systèmes d'information et de communication qui ont satisfait aux obligations de formation prévues au deuxième alinéa de l'article 7 et qui justifient, au plus tard le 31 décembre de l'année au titre de laquelle le tableau d'avancement est établi, d'au moins sept ans de services effectifs dans un corps civil ou cadre d'emplois de catégorie A ou de même niveau et avoir atteint le 8e échelon du grade d'ingénieur des systèmes d'information et de communication. " Enfin aux termes de l'article 17 : " Le nombre des promotions susceptibles d'être prononcées en application de l'article 16 est d'un sixième au minimum et d'un tiers au maximum du nombre total des promotions prononcées en application des articles 15 et 16. "
3. D'autre part, l'article 1er du décret du 1er septembre 2005 dispose que : " () le nombre maximum des fonctionnaires appartenant à l'un des corps des administrations de l'Etat, (), pouvant être promus à l'un des grades d'avancement de ce corps est déterminé par application d'un taux de promotion à l'effectif des fonctionnaires remplissant les conditions pour cet avancement de grade. Cet effectif s'apprécie au 31 décembre de l'année précédant celle au titre de laquelle sont prononcées les promotions. II.- Le taux de promotion mentionné au I est fixé par un arrêté du ministre intéressé. () " Aux termes de l'article 2 du même texte : " Lorsque le nombre de promotions calculé en application de l'article 1er n'est pas un entier, la décimale est ajoutée au nombre calculé au titre de l'année suivante. () "
4. En outre, l'arrêté du 31 octobre 2018 fixant pour les années 2019, 2020 et 2021, les taux de promotion pour l'avancement de grade des corps des personnels techniques et spécialisés du ministère de l'intérieur, fixe le taux de promotion, à 9% dont les 2/3 par la voie de l'examen professionnel et 1/3 par la voie d'une promotion aux choix.
5. Enfin, le juge administratif, lorsqu'il est saisi de conclusions tendant à l'annulation partielle d'un acte dont les dispositions forment un ensemble indivisible, est tenu de rejeter ces conclusions, quelle que soit, au demeurant, la nature des moyens susceptibles d'être invoqués à l'encontre de la décision attaquée.
6. Il résulte de ce qui précède que le tableau d'avancement litigieux est soumis à une règle limitant le nombre de personnes susceptibles d'y être inscrites. Ainsi ce tableau présente un caractère indivisible. Dès lors, les conclusions en annulation présentées contre la décision refusant d'inscrire le requérant à ce tableau, ne peuvent qu'être rejetées comme irrecevables. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction présentées par M. B doivent également être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
7. L'article R. 421-1 du code de justice administrative prévoit que : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. "
8. D'une part, il ne ressort pas des écritures de M. B que ce dernier aurait présenté des conclusions indemnitaires. En tout état de cause, il ne résulte pas de l'instruction que le requérant aurait présenté au ministre de l'intérieur une réclamation préalable tendant à l'octroi d'une indemnité. Par suite et comme le soutient le ministre de l'intérieur, les conclusions indemnitaires susvisées sont irrecevables et doivent être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
9. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par M. B doivent dès lors être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 15 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Gros, président,
M. Feghouli, premier conseiller,
M. Rebellato, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 29 juin 2023.
Le rapporteur,
J. REBELLATO
Le président,
L. GROS
La greffière,
S. PORRINAS
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision./5-2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026