jeudi 26 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2120592 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | ORHANT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 28 septembre 2021, le
3 novembre 2021 et le 22 novembre 2022, Mme B A, représenté par Me Orhant demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 28 juillet 2021 par laquelle la directrice générale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a mis fin aux conditions matérielles d'accueil dont elle bénéficiait ;
3°) d'enjoindre à l'OFII de lui rétablir les conditions matérielles d'accueil et ce rétroactivement et de lui verser l'allocation de demandeur d'asile, dans un délai de trois jours à compter de la date du jugement à intervenir, sous une astreinte de 50 euros par jour de retard, " même si elle ne devait pas présenter d'attestation de demande d'asile " ;
4°) de mettre à la charge de l'OFII une somme de 1 500 euros, à verser à son conseil, au titre des dispositions combinées des articles L. 761 1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle ou, à défaut d'admission à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à Mme A sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée et révèle un défaut d'examen ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que, en méconnaissance des dispositions de l'article D. 551-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, elle n'a pas pu faire valoir ses observations ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 522-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que l'OFII n'a procédé à aucune évaluation de sa vulnérabilité ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'elle a communiqué l'ensemble des documents demandés ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation des conséquences pour sa situation personnelle.
Par un mémoire enregistré le 20 octobre 2022, l'OFII conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Mme A a été admise à l'aide juridictionnelle totale le 14 décembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du
26 juin 2013,
- la directive n° 2013/33/UE du 26 juin 2013 du Parlement européen et du Conseil,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée et le décret n° 2020-1717 du
28 décembre 2020,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- et les conclusions de Mme Nikolic, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mm A, ressortissante ivoirienne, née le 31 mai 1985 à Abidjan, a présenté une demande d'asile le 18 juin 2021 et a accepté le 21 juin les conditions matérielles d'accueil proposées par l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII). Par courrier du même jour, l'OFII lui a demandé de justifier de cet hébergement stable chez un tiers en Ile-de-France, dans un délai de cinq jours, à défaut de quoi il pourrait être mis fin à ses conditions matérielles d'accueil. Par un courrier du 29 juin 2021, l'OFII a notifié son intention de mettre fin à ses conditions matérielles d'accueil au motif que le contrat de location n'avait pas été fourni et que la déclaration sur l'honneur du demandeur était mal remplie, lui donnant un délai de quinze jours pour faire parvenir ses observations. Par décision du 28 juillet 2021, l'OFII a mis fin au bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par la présente requête, Mme A demande l'annulation de cette décision.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Mme A ayant été admise à l'aide juridictionnelle totale le 14 décembre 2021, il n'y a plus lieu de statuer sur ses conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, la décision en litige vise articles L. 551-16 et R. 551-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle mentionne également que
Mme A n'a pas respecté les obligations auxquelles elle avait consenti en s'abstenant de fournir le contrat de location demandé. Partant, le moyen tiré du défaut de motivation ne peut qu'être écarté.
4. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'OFII n'ait pas examiné de manière particulière la situation de Mme A. Ainsi, le moyen tiré du défaut d'examen doit être écarté.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article D. 551-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application de l'article L. 551-16 est écrite, motivée et prise après que le demandeur a été mis en mesure de présenter à l'Office français de l'immigration et de l'intégration ses observations écrites dans un délai de quinze jours. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Cette décision prend effet à compter de sa signature.
Lorsque la décision est motivée par la circonstance que le demandeur a dissimulé ses ressources financières, a fourni des informations mensongères sur sa situation familiale ou a présenté plusieurs demandes d'asile sous des identités différentes, elle entraîne la restitution des montants indûment versés au titulaire de l'allocation. "
8. Il ressort des pièces du dossier que la notification d'intention de cessation des conditions matérielles d'accueil, en date du 29 juin 2021 a été avisée à Mme A le
2 juillet 2021 et distribué le 21 juillet 2021. En outre, Mme A ne soutient pas qu'elle avait des observations écrites à transmettre à l'OFII qui, si elles l'avaient été, auraient été de nature à faire obstacle à la décision en litige. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions citées au point précédent doit être écarté.
9. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 522-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " A la suite de la présentation d'une demande d'asile, l'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de procéder, dans un délai raisonnable et après un entretien personnel avec le demandeur d'asile, à une évaluation de la vulnérabilité de ce dernier afin de déterminer, le cas échéant, ses besoins particuliers en matière d'accueil. Ces besoins particuliers sont également pris en compte s'ils deviennent manifestes à une étape ultérieure de la procédure d'asile. Dans la mise en œuvre des droits des demandeurs d'asile et pendant toute la période d'instruction de leur demande, il est tenu compte de la situation spécifique des personnes vulnérables. / Lors de l'entretien personnel, le demandeur est informé de sa possibilité de bénéficier de l'examen de santé gratuit prévu à l'article L. 321-3 du code de la sécurité sociale. "
10. Il ressort des pièces du dossier que Mme A a bénéficié d'un entretien de vulnérabilité le 21 juin 2021. Partant, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté comme manquant en fait.
11. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il peut être mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur dans les cas suivants :
() / 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes ; () "
12. Il ressort des pièces du dossier que, suite à une demande d'exemption d'orientation vers une structure d'accueil, l'OFII a invité Mme A à lui transmettre une attestation sur l'honneur de la personne l'hébergeant accompagnée d'une copie de son titre d'identité, une copie de son contrat de location et un justificatif de domicile, demande qui lui a été remise en main propre le 21 juin 2021. Si Mme A a versé au dossier un contrat de location intitulé " conditions générales ", daté du 20 janvier 2011, ce document ne mentionne toutefois ni les noms du bailleur et du locataire, ni l'adresse et le descriptif du logement en cause, ni le montant du loyer. Ce document ne permettant pas à l'OFII d'instruire la demande de Mme A, c'est sans méconnaître les dispositions citées au point précédent qu'il a mis fin à ses conditions matérielles d'accueil.
13. En sixième lieu, Mme A, en se bornant à soutenir que les délais de transmission des documents demandés sont courts, au regard des difficultés rencontrées par les demandeur d'asile, sans fournir le document demandé ni remettre en cause l'évaluation de sa vulnérabilité par ailleurs, ne démontre pas que l'administration aurait commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de sa décision pour sa situation personnelle. Partant, le moyen doit être écarté.
14. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de Mme A doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, l'OFII n'étant pas la partie perdante dans la présente instance.
DECIDE :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire de Mme A.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 12 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Gros, président,
M. Rebellato, premier conseiller,
M. Hélard, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 janvier 2023.
Le rapporteur, Le président,
R. CL. Gros
La greffière,
S. Porrinas
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2120592/5-
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026