vendredi 24 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2120721 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | JANURA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 27 septembre 2021 et 8 juillet 2022, M. B A, représenté par Me Janura, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 26 juillet 2021 par laquelle le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports l'a radié de la liste des admissibles et de la liste principale du concours externe de recrutement des professeurs de sport, option conseiller technique sportif natation et rejeté sa demande de réexamen de l'équivalence de son diplôme, ensemble la décision du 31 août 2021 rejetant son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au ministre chargé des sports de le rétablir sur la liste des candidats admis au concours externe de recrutement des professeurs de sport, option conseiller technique sportif natation pour l'année 2021 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions attaquées sont entachées d'incompétence ;
- la décision du 26 juillet 2021 est entachée d'un vice de procédure au regard de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration, le principe du contradictoire n'ayant pas été respecté ;
- la décision prononçant sa radiation est entachée d'erreur de droit et d'erreur d'appréciation au regard du décret n° 85-720 du 10 juillet 1985 subordonnant la candidature au concours à la détention d'une licence STAPS ou de tout diplôme équivalent ou jugés équivalents par une commission ad hoc ;
- elle se réfère à l'arrêté du 5 septembre 1996 fixant la liste des diplômes admis en équivalence à la licence STAPS lequel est entaché d'illégalité en ce qu'il méconnaît l'article 4 du décret du 10 juillet 1985, la législation relative à la validation des acquis ainsi que le principe d'égalité en opérant implicitement mais nécessairement une différence de traitement entre les titulaires du master STAPS selon qu'ils sont titulaires ou pas d'une licence de même spécialité, sans que celle-ci soit objectivement justifiée au regard de l'objet de la réglementation qui l'a instituée.
Par des mémoires en défense enregistrés les 14 juin 2022 et 11 juillet 2022, la ministre des sports et des jeux olympiques et paralympiques conclut au rejet de la requête :
Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 8 juillet 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 22 juillet 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le décret n° 85-720 du 10 juillet 1985 ;
- le décret n° 2005-850 du 27 juillet 2005 ;
- l'arrêté du 5 septembre 1996 fixant la liste des diplômes admis en équivalence à la licence en sciences et techniques des activités physiques et sportives en application du 1° du premier alinéa de l'article 4 du décret n°85-720 du 10 juillet 1985 ;
- l'arrêté du 6 juillet 2017 fixant la liste des compatibilités des mentions du diplôme national de Licence avec les mentions du diplôme national Master ;
- l'arrêté du 3 mars 2021 autorisant au titre de l'année 2021 l'ouverture du concours externe et du concours interne de recrutement de professeurs de sport ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Kanté, première conseillère ;
- les conclusions de Mme Lambrecq, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Janura représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A s'est présenté à la session 2021 du concours externe de recrutement de professeur de sport, option conseiller technique sportif " natation ". A l'issue de ce concours, il a été inscrit sur la liste des candidats admis et a été informé de sa nomination, à compter du 1er septembre 2021, à la délégation régionale académique à la jeunesse, à l'engagement et aux sports des Hauts-de-France en qualité de professeur de sport stagiaire. Par une décision du 26 juillet 2021, le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports l'a radié de la liste des candidats admis au concours au motif que le diplôme qu'il avait produit lors de son inscription ne figurait pas dans la liste des diplômes admis par la réglementation pour être candidat au concours externe de professeur de sport. Le 24 août 2021, M. A a formé un recours gracieux à l'encontre de cette décision qui a été rejeté le 31 août 2021. M. A demande l'annulation de la décision du 26 juillet 2021 et de ce celle du 31 août 2021 rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 4 du décret susvisé du 10 juillet 1985, relatif au statut particulier des professeurs de sport, dans leur version applicable : " Les professeurs de sport sont recrutés par la voie de trois concours distincts : / 1° Le premier est ouvert aux candidats titulaires de la licence en sciences et techniques des activités physiques et sportives ou d'un diplôme admis en équivalence, inscrit sur une liste fixée par arrêté conjoint du ministre de la jeunesse et des sports et du ministre chargé de la fonction publique, ou de titres ou diplômes jugés équivalents par la commission prévue par le décret du 30 août 1994 susvisé () ". Et aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 5 septembre 1996, pris pour l'application de ces dispositions : " La liste des diplômes admis en équivalence à la licence en sciences et techniques des activités physiques et sportives en application du 1° du premier alinéa de l'article 4 du décret du 10 juillet 1985 modifié susvisé est fixée ainsi qu'il suit : / Brevet d'Etat d'éducateur sportif du deuxième degré ; Diplôme de guide de haute montagne. Diplôme d'Etat supérieur de la jeunesse, de l'éducation populaire et du sport spécialité " performance sportive ".
3. M. A est titulaire d'un master en sciences et techniques des activités physiques et sportives (STAPS), Entraînement et optimisation de la performance sportive qu'il a obtenu au titre de l'année universitaire 2020/2021. Il fait valoir que le master STAPS qui constitue le diplôme de grade immédiatement supérieur dans la même spécialité que la licence STAPS n'a à figurer, ni dans la liste des diplômes admis en équivalence, ni parmi les diplômes dont il faut solliciter l'équivalence pour concourir au recrutement des professeurs de sport.
4. En l'espèce, il est constant que M. A détient un master STAPS Entraînement et optimisation de la performance sportive, obtenu au titre de l'année universitaire 2020/2021 par validation d'acquis d'expérience, laquelle, eu égard aux dispositions des articles L. 335-5 à L. 335-6 et L. 613-3 à L. 613-4 du code de l'éducation, produit les mêmes effets que les autres modes de contrôle des connaissances et aptitudes qu'elle remplace. Ce master STAPS Entraînement et optimisation de la performance sportive ne peut être obtenu, eu égard à l'arrêté du 6 juillet 2017 fixant la liste des compatibilités des mentions du diplôme national de Licence avec les mentions du diplôme national Master, que par un candidat titulaire d'une licence STAPS ou d'un titre équivalent. M. A doit, en conséquence, être regardé comme justifiant remplir la condition d'être titulaire de la licence STAPS requise pour être candidat au concours de recrutement externe des professeurs de sport. Dans ces conditions, la ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports ne pouvait, sans méconnaître les dispositions précitées, radier M. A de la liste des admissibles et de la liste principale du concours externe de recrutement des professeurs de sport, option conseiller technique sportif natation de la session 2021, au motif que la condition de diplôme n'était pas respectée. Les décisions contestées sont, dès lors, entachées d'erreur de droit.
5. Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens invoqués, M. A est fondé à demander l'annulation de la décision du 26 juillet 2021 par laquelle le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports l'a radié de la liste des admissibles et de la liste principale du concours externe de recrutement des professeurs de sport, option conseiller technique sportif natation et de la décision du 31 août 2021 rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
6. Le présent jugement implique, eu égard à ses motifs, que M. A soit rétabli sur la liste des candidats admis au concours externe de recrutement des professeurs de sport, option conseiller technique sportif natation pour l'année 2021. Il y a lieu d'enjoindre au ministre compétent d'y procéder dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative de mettre à la charge de l'Etat, partie perdante dans la présente instance, le versement à M. A d'une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 26 juillet 2021 du ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports radiant M. A de la liste des admissibles et de la liste principale du concours externe de recrutement des professeurs de sport, option conseiller technique sportif natation, ensemble la décision du 31 août 2021 rejetant son recours gracieux sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au ministre compétent de le rétablir sur la liste des candidats admis au concours externe de recrutement des professeurs de sport, option conseiller technique sportif natation pour l'année 2021 dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. A la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la ministre des sports et des jeux olympiques et paralympiques.
Délibéré après l'audience du 6 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Riou, présidente,
Mme Kanté, première conseillère,
M. Coz, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 mars 2023.
La rapporteure,
C. KantéLa présidente,
C. Riou
La greffière,
V. Lagrède
La République mande et ordonne à la ministre des sports et des jeux olympiques et paralympiques en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026