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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2121236

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2121236

vendredi 10 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2121236
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4e Section - 3e Chambre
Avocat requérantFRECHE ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 4 octobre 2021 et 9 mai 2022, la société anonyme (SA) ENGIE, représentée par Me Durand, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 30 avril 2021 par lequel la Ville de Paris a accordé à la société ELOGIE-SIEMP le permis de construire n° PC 075 118 19 V0060 autorisant la restructuration d'un ensemble de bâtiments de bureaux de 3 étages et sous-sol aux 4 et 4 bis rue Coustou, dans le 18ème arrondissement de Paris, ainsi que la décision du 28 juillet 2021, notifiée le 2 août suivant, rejetant le recours gracieux qu'elle a formé contre cet arrêté ;

2°) de mettre à la charge de la Ville de Paris la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le dossier de demande de permis de construire était incomplet, dès lors que la note accompagnant la demande de dérogation aux règles de hauteur ne démontre pas le respect des conditions prévues par l'article L. 152-6 du code de l'urbanisme, en méconnaissance de l'article R. 431-31-2 du même code, que la notice architecturale du projet ne justifie pas des partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, que les documents graphiques produits n'offrent qu'une vue incomplète du projet, et que les tracés des raccordements des bâtiments aux réseaux publics sont absents du plan de masse ;

- la dérogation accordée par l'arrêté du 30 avril 2021 est insuffisamment motivée, en méconnaissance des dispositions de l'article R.* 424-5 du code de l'urbanisme ;

- l'arrêté méconnaît les dispositions de l'article L. 152-6 du code de l'urbanisme ;

- il méconnaît l'article UG.3.1 du règlement du plan local d'urbanisme de la Ville de Paris dès lors que l'accès automobile vers le parking de la rue Planquette ne permet pas le croisement des véhicules ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UG.12.1 du règlement du plan local d'urbanisme de la Ville de Paris et celles de l'article R. 111-25 du code de l'urbanisme dès lors que le projet ne prévoit pas d'espaces de stationnement des véhicules ;

- il méconnaît l'article UG.12.2 du règlement du plan local d'urbanisme de la Ville de Paris en ce que le projet ne prévoit pas d'aires de livraison ;

- il méconnaît l'article UG.12.3 du règlement du plan local d'urbanisme de la Ville de Paris en raison de l'insuffisance de la surface dédiée au stationnement des poussettes et des vélos dans le projet ;

- la Ville de Paris a accordé au pétitionnaire une dérogation aux règles de végétalisation du bâti illégale au regard de l'article L. 152-3 du code de l'urbanisme ;

- le projet méconnaît les dispositions de l'article UG.13.1.2 du règlement du plan local d'urbanisme de la Ville de Paris en matière de végétalisation du bâti.

Par des mémoires en défense enregistrés le 9 mai 2022, le 17 juin 2022, la Ville de Paris conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable, dès lors que la SA ENGIE ne justifie pas d'un intérêt à agir au regard de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme ;

- les moyens tirés de la méconnaissance de l'article R. 111-25 du code de l'urbanisme et des articles L. 152-3 de ce code et UG.13.1.2 du règlement du plan local d'urbanisme de la Ville de Paris sont inopérants ;

- les autres moyens invoqués par la société requérante ne sont pas fondés.

Par des mémoires enregistrés le 15 avril et le 4 juillet 2022, la société ELOGIE-SIEMP, représentée par Me Simon, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la SA ENGIE la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable, dès lors que la SA ENGIE ne justifie pas d'un intérêt à agir au regard de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme ;

- les moyens invoqués par la société requérante ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 27 juin 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 28 juillet 2022.

Par un courrier du 17 janvier 2023, les parties ont été invitées, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, à présenter leurs observations sur la possibilité pour le tribunal de surseoir à statuer jusqu'à la régularisation, dans un délai de deux mois, du vice tiré de ce qu'en méconnaissance de l'article UG.12.3 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris la surface du local réservé au stationnement des vélos et poussettes est inférieure au minimum de 3% de la surface de plancher des locaux.

La Ville de Paris a produit des observations le 20 janvier 2023.

La société ELOGIE-SIEMP a produit des observations le 23 janvier 2023.

La société ENGIE a produit des observations le 23 janvier 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le règlement du plan local d'urbanisme de la ville de Paris ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A,

- les conclusions de Mme de Schotten, rapporteure publique,

- et les observations de Me Marrot substituant Durand, représentant la SA ENGIE, de Me Simon, représentant la société ELOGIE-SIEMP, et de la Ville de Paris.

Considérant ce qui suit :

1. La société ELOGIE-SIEMP a déposé, le 23 décembre 2019, une demande de permis de construire portant sur la restructuration d'un ensemble de bâtiments de bureaux de trois étages et sous-sol situé aux 4 et 4 bis rue Coustou, dans le 18ème arrondissement de Paris, comprenant un changement de destination en habitation, la création d'une crèche et de locaux d'artisanat, la surélévation d'un ou deux étages sur cour, la création d'un patio, la reconstruction d'une façade en retrait sur cour, le réaménagement des espaces extérieurs et la végétalisation des toitures terrasses. Par un arrêté du 30 avril 2021, la maire de Paris a délivré le permis de construire demandé. La société ENGIE a déposé, le 29 juin 2021, un recours gracieux notifié le 30 juin suivant, rejeté par une décision du 28 juillet 2021, notifiée le 2 août suivant. Par la présente requête, elle demande l'annulation de l'arrêté du 30 avril 2021 ainsi que de la décision rejetant son recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article R.* 424-5 du code de l'urbanisme applicables à la date de la décision attaquée : " () Si la décision comporte rejet de la demande, si elle est assortie de prescriptions ou s'il s'agit d'un sursis à statuer, elle doit être motivée. / Il en est de même lorsqu'une dérogation ou une adaptation mineure est accordée. " Aux termes des dispositions de l'article L. 152-6 du même code alors applicables : " () En tenant compte de la nature du projet et de la zone d'implantation, l'autorité compétente pour délivrer le permis de construire peut, par décision motivée : / 1° Dans le respect d'un objectif de mixité sociale, déroger aux règles relatives au gabarit et à la densité pour autoriser une construction destinée principalement à l'habitation à dépasser la hauteur maximale prévue par le règlement, sans pouvoir dépasser la hauteur de la construction contiguë existante calculée à son faîtage et sous réserve que le projet s'intègre harmonieusement dans le milieu urbain environnant ; () ". Aux termes de l'article L. 151-41 du même code : " Le règlement peut délimiter des terrains sur lesquels sont institués : () 4° Dans les zones urbaines et à urbaniser, des emplacements réservés en vue de la réalisation, dans le respect des objectifs de mixité sociale, de programmes de logements qu'il définit ; () ".

3. D'une part, l'arrêté attaqué vise l'article L. 152-6 du code de l'urbanisme et l'article UG.10 du règlement du plan local d'urbanisme de la ville de Paris auquel il permet de déroger, et précise que le projet autorisé participe aux objectifs de développement de la mixité sociale et qu'il répond, compte tenu de sa nature, aux conditions prévues par ces dispositions. Ainsi, dès lors que la décision attaquée indique, avec suffisamment de précisions, les motifs sur lesquels la maire de Paris s'est fondée pour accorder à la société ELOGIE-SIEMP une dérogation aux règles de l'article UG.10 précité sur le fondement de l'article L. 152-6 du code de l'urbanisme, le moyen tiré de ce que cette dérogation est insuffisamment motivée doit être écarté.

4. D'autre part, la société ENGIE soutient que l'arrêté du 30 avril 2021 méconnaît l'article L. 152-6 du code de l'urbanisme en ce que le projet porté par la société ELOGIE-SIEMP ne respecte pas l'objectif de mixité sociale requis par ces dispositions. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le projet en cause, qui prévoit la construction de soixante-six logements à caractère social, devant permettre à des ménages modestes d'accéder à un logement dans un quartier déficitaire en logements sociaux, remplit l'objectif de mixité sociale prévu aux dispositions précitées, lequel doit être apprécié à l'échelle de la zone d'implantation du projet, sans que la société requérante puisse utilement se prévaloir de ce que le règlement du plan local d'urbanisme n'ait prévu aucun emplacement réservé dans ce secteur au titre de l'article L. 151-41 du code de l'urbanisme. Dans ces conditions, et tandis qu'il ne ressort pas des plans de coupe versés au dossier que le projet dépasse la hauteur de la construction contiguë existante calculée à son faîtage, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article L. 152-6 du code de l'urbanisme ne peut qu'être écarté.

5. En deuxième lieu, la circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

6. Aux termes des dispositions de l'article R.* 431-31-2 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet nécessite une ou plusieurs dérogations au titre () de l'article L. 152-6, la demande de dérogation est jointe à la demande de permis de construire. Elle est accompagnée d'une note précisant la nature de la ou des dérogations demandées et justifiant pour chacune d'entre elles du respect des objectifs et des conditions fixés à ces articles et aux articles R. 152-4 à R. 152-9 pour chacune des dérogations demandées.

7. La société ENGIE soutient que le dossier de demande de permis de construire est incomplet dès lors que la note accompagnant la demande de dérogation aux règles de hauteur ne comporte pas les conditions prévues par l'article L. 152-6 du code de l'urbanisme. Toutefois, il ressort des termes même de cette note que, d'une part, l'objectif de mixité sociale est mentionné et que son respect est justifié par la construction de logements sociaux et d'une crèche. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que la note consacrée à la demande de dérogations au titre de l'article L. 152-6 précité renvoie à d'autres pièces du dossier de demande de permis de construire, telles que le document de notice architecturale PC 04, qui répond aux formalités prévues par l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme, des photographies ou encore les plans de coupe du projet, permettant aux services instructeurs d'apprécier l'intégration harmonieuse du projet dans le milieu urbain environnant. Par suite, la branche du moyen tiré de ce que le dossier de demande de permis de construire est incomplet se fondant sur l'insuffisance de la note accompagnant la demande de dérogation aux règles de hauteur doit être écartée.

8. Aux termes de l'article R.* 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : () 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; / c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; / d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement. "

9. La SA ENGIE soutient que la notice architecturale produite dans le dossier de demande de permis de construire est insuffisante en ce qu'elle ne détaillerait pas les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages. Or, et tandis que la société requérante n'apporte pas d'éléments à l'appui de ce moyen, cette notice architecturale PC 04, qui détaille l'ensemble des déconstructions, des traitements architecturaux et des matériaux utilisés ainsi que l'environnement urbanistique proche de la parcelle, ne peut qu'être regardée comme conforme aux dispositions de l'article R.* 431-8 du code de l'urbanisme.

10. Aux termes de l'article R.* 431-9 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement. () ".

11. Il ressort du plan de masse PC 02 que le projet porté par la société ELOGIE-SIEMP sera raccordé aux réseaux publics de la rue Coustou. Il suit de là que la société ENGIE n'est pas fondée à soutenir que le plan de masse produit par la société ELOGIE-SIEMP est insuffisant au regard des prescriptions de l'article R.* 431-9 du code de l'urbanisme.

12. Aux termes de l'article R.* 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : () c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse. "

13. Il ressort des pièces du dossier que les documents d'insertion graphique et les photographies produites par la société ELOGIE-SIEMP, qui comportent de nombreuses vues du projet et notamment une vue de la façade donnant sur la rue Coustou, permettaient aux services instructeurs d'apprécier l'insertion du projet par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages et de situer le terrain dans son environnement proche, l'appréciation du terrain depuis un paysage lointain n'étant pas nécessaire dès lors que le projet de construction se situe en cœur d'îlot.

14. Aux termes des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme de la Ville de Paris : " VI - Application du règlement aux constructions existantes / 1°- Dispositions générales : / Lorsqu'une construction existante n'est pas conforme aux dispositions applicables dans la zone où elle se situe, l'autorisation d'exécuter des travaux ne peut être accordée que pour des travaux qui n'aggravent pas la non-conformité de la construction avec ces dispositions ou sont sans effet à leur égard. " Aux termes de l'article UG.3.1 du même règlement : " Le permis de construire peut être refusé sur un terrain qui ne serait pas desservi par une voie publique ou privée dans des conditions répondant à l'importance ou à la destination de la construction projetée, et notamment si les caractéristiques de la voie rendent difficiles la circulation ou l'utilisation des engins de lutte contre l'incendie ou l'enlèvement des ordures ménagères. () 2°- accès des véhicules : / Les accès des véhicules doivent être localisés et aménagés en tenant compte des éléments suivants : / () les conditions d'entrée et de sortie des véhicules sur le terrain. () ".

15. Les dispositions précitées de l'article UG 3.1 du règlement du plan local d'urbanisme de la Ville de Paris sont relatives aux conditions de desserte et d'accès des terrains par les voies publiques ou privées et non pas aux conditions d'accès des bâtiments construits en cœur d'îlot. Il suit de là que la société ENGIE ne peut utilement se prévaloir de ce que l'accès au parking situé sur la parcelle n° 160, qui n'est au demeurant pas modifié par le projet porté par la société ELOGIE-SIEMP, n'est pas conforme à l'article UG.3.1 du règlement du plan local d'urbanisme de la Ville de Paris.

16. Aux termes de l'article R. 111-25 du code de l'urbanisme : " Le permis ou la décision prise sur la déclaration préalable peut imposer la réalisation d'installations propres à assurer le stationnement hors des voies publiques des véhicules correspondant aux caractéristiques du projet. () " Aux termes des dispositions de l'article UG.12.1 du règlement du plan local d'urbanisme de la Ville de Paris : " 1°- Dispositions générales : La réalisation de places de stationnement doit satisfaire aux conditions énoncées ci-après (§ 1° et 2°) et ne pas être concernée par l'un des motifs d'interdiction prévus au § 3°. Les parcs créés ou réaménagés doivent permettre une évolution satisfaisante des véhicules, répondant aux conditions de sécurité et de confort. Ils doivent respecter les exigences réglementaires, notamment en matière de stationnement des véhicules des personnes à mobilité réduite et d'installations nécessaires aux véhicules électriques ou hybrides rechargeables. () 2°- Normes de stationnement : / a - Bureaux : / La capacité d'un parc de stationnement réalisé dans une construction destinée aux bureaux, places pour deux-roues motorisés comprises, ne doit pas dépasser : / - sur le territoire des 1er au 11e arrondissements, un nombre de places égal au résultat, arrondi au chiffre entier supérieur, de la division de la surface de plancher destinée aux bureaux par la surface de 500 m² ; / - sur le territoire des 12e au 20e arrondissements, un nombre de places égal au résultat, arrondi au chiffre entier supérieur, de la division de la surface de plancher destinée aux bureaux par la surface de 250 m². / Les normes maximales susmentionnées ne s'appliquent pas aux projets conservant les planchers existants. / Les places de stationnement affectées à l'habitation ne peuvent être réaffectées aux bureaux que dans le respect de ces normes. / b - Autres destinations : / Il n'est pas imposé de normes. "

17. D'une part, il résulte de ces dispositions que si l'autorité administrative peut imposer au pétitionnaire de prévoir de réaliser des places de stationnement dans le projet, il ne s'agit que d'une faculté, aucune norme de stationnement n'étant prévue s'agissant des habitations. Par suite, la société ENGIE ne peut utilement soutenir qu'il incombait au pétitionnaire de modifier le parc de stationnement existant. D'autre part, en l'absence de toute modification de ce parc de stationnement, le respect des exigences réglementaires en matière de stationnement des véhicules des personnes à mobilité réduite et d'installations nécessaires aux véhicules électriques ou hybrides rechargeables ne s'imposait pas au pétitionnaire. Il suit de là que le moyen tiré de ce que l'arrêté méconnaît les dispositions de l'article R. 111-25 du code de l'urbanisme et celles de l'article UG.12 du règlement du plan local d'urbanisme de la Ville de Paris doit être écarté.

18. Aux termes des dispositions de l'article UG.12.2 du règlement du plan local d'urbanisme de la Ville de Paris : " Les constructions doivent réserver sur leur terrain des aires de livraison ou des aires de dépose pour autocars conformes aux normes et prescriptions définies ci-après, excepté si les caractéristiques de la voie ne permettent pas de respecter les dispositions de l'article UG.3.1. () Les normes et prescriptions relatives aux aires de livraison et aires de dépose pour autocars ne s'appliquent pas aux surfaces de plancher existantes, y compris celles faisant l'objet d'un changement de destination soumis à permis de construire, à l'exception des projets concernant la création d'entrepôts. () "

19. Il ressort des pièces du dossier que le projet comprendra une aire de livraison implantée à hauteur de l'entrée de la crèche, afin de permettre la réception des différents produits nécessaires au fonctionnement de l'établissement, soit la nourriture, les produits d'entretien et les dispositifs de propreté. Dès lors, la société ENGIE n'est pas fondée à soutenir que le projet méconnaît les dispositions de l'article UG.12.2 du règlement du plan local d'urbanisme de la Ville de Paris.

20. Aux termes des dispositions de l'article UG.12.3 du règlement du plan local d'urbanisme de la Ville de Paris : " Les normes déterminant ci-après la surface des aires de stationnement des vélos et des poussettes ou le nombre d'emplacements s'appliquent à la création de surfaces de plancher de plus de 250 m². / Lorsque les prescriptions ou normes ci-après l'exigent, des locaux fermés ou des aires couvertes doivent être aménagés pour assurer le stationnement des vélos et des poussettes. / Les locaux destinés à cet usage doivent être accessibles facilement. Ils doivent être aménagés préférentiellement de plain-pied. Leur implantation en sous-sol peut être admise à titre exceptionnel, en cas d'impossibilité technique. Dans ce cas, ils doivent être isolés du stationnement des véhicules à moteur et garantir de bonnes conditions de sécurité. / La surface des locaux affectés au stationnement des vélos et des poussettes ne peut, dans le cas où elle est exigible, être inférieure au seuil minimal de 10 m². En outre, dans le cas de fractionnement de la surface réglementaire, les locaux d'une surface inférieure à 8 m² ne sont pas pris en compte dans le calcul de la surface réglementaire résultant de l'application des normes. / Normes : - Habitation : Au minimum 3 % de la surface de plancher des locaux. ".

21. Pour les travaux soumis à une norme chiffrée, le pourcentage déterminant la surface à réserver au stationnement des vélos et des poussettes s'applique à la surface des locaux créés et non à la surface de l'ensemble de la construction. En l'espèce, il ressort du point 5.5 du formulaire Cerfa de demande de permis de construire que les travaux projetés emportent la création d'une surface de plancher de 958 m², tandis que le projet prévoit une surface de 138,63 m² dédiée au stationnement des vélos et poussettes, soit une surface de stationnement des vélos et poussettes, en l'espèce, supérieure à la norme de 3% de la surface créée car s'élevant à 28,74 m². Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UG 12.3 du règlement du plan local d'urbanisme de la Ville de Paris doit être écarté.

22. Il ne ressort pas des termes de l'arrêté attaqué qu'une dérogation aux dispositions de l'article UG.13 du règlement du plan local d'urbanisme relatives à la végétalisation du bâti ait été accordée à la société pétitionnaire, contrairement à ce que la société requérante soutient. Par suite, la société ENGIE ne peut utilement soutenir qu'une telle dérogation a été accordée illégalement.

23. Aux termes des dispositions de l'article UG.13.1.2 du règlement du plan local d'urbanisme de la Ville de Paris : " 2°- Cas d'impossibilité technique de réaliser des surfaces de pleine terre : () B- Les espaces libres doivent comprendre : / * une surface végétalisée Sa au moins égale à 20% de la superficie S, comportant une épaisseur de terre d'au moins 0,80 mètre, couche drainante non comprise, / * une surface végétalisée complémentaire Sb au moins égale à : / - 10% de la superficie S sur les terrains situés dans le Secteur de mise en valeur du végétal*, / - 15% de la superficie S sur les terrains situés dans le Secteur de renforcement du végétal*. / Cette surface végétalisée complémentaire doit être prioritairement aménagée au sol, avec une épaisseur de terre d'au moins 0,80 mètre, couche drainante non comprise. A défaut, elle peut être remplacée par une surface végétalisée pondérée de même valeur minimale. () 3°- Travaux conservant la majeure partie du bâti existant : / Les travaux conservant la majeure partie du bâti existant sur un terrain dont l'occupation n'est pas conforme aux dispositions énoncées au § 1° ou 2° ci-avant sont admis à condition : / - qu'ils ne diminuent pas la Surface végétalisée pondérée totale calculée sur l'ensemble du terrain avant travaux (), / - et que les espaces libres après travaux fassent l'objet d'un traitement de qualité. "

24. Il est constant que le projet porté par la société ELOGIE-SIEMP conserve la majeure partie du bâti existant. Par ailleurs, le terrain avant travaux ne présentait aucune surface végétalisée, comme l'indique la notice paysagère PC 06 versée au dossier. Il suit de là que la société pétitionnaire n'avait pas à respecter les normes du 2° de l'article UG.13.1.2 qui ne s'appliquent pas au projet. A supposer même que la société requérante ait entendu soutenir que le projet méconnaissait les dispositions du 3° de cet article, ce projet, qui crée au demeurant de nombreux espaces verts, ne prévoit pas de diminuer la surface végétalisée inexistante sur l'ensemble du terrain avant travaux, et il n'est pas contesté par la société ENGIE que les espaces libres après travaux feront l'objet d'un traitement de qualité. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UG.13.1.2 du règlement du plan local d'urbanisme de la Ville de Paris ne peut qu'être écarté.

25. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées par la Ville de Paris et la société ELOGIE-SIEMP, que les conclusions à fin d'annulation de la société ENGIE doivent être rejetées.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

26. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la Ville de Paris et de la société ELOGIE-SIEMP, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, la somme que la société requérante demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la société ENGIE le versement de la somme demandée par la société ELOGIE-SIEMP en application de ces dispositions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la société ENGIE est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la société ELOGIE-SIEMP présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SA ENGIE, à la Ville de Paris et à la société ELOGIE-SIEMP.

Délibéré après l'audience du 27 janvier 2023, à laquelle siégeaient :

- M. Simonnot, président,

- M. Grandillon, premier conseiller,

- M. Paret, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 février 2023.

Le président-rapporteur,

J.-F. A

Le premier assesseur,

J. GRANDILLON

La greffière,

S. RAHMOUNI

La République mande et ordonne au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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