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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2122132

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2122132

mercredi 26 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2122132
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1re Section - 1re Chambre
Avocat requérantTANGALAKIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête initiale et des mémoires complémentaires, enregistrés respectivement le 18 octobre 2021, le 1er novembre 2021 et le 9 décembre 2021, M. F B, représenté par Me Tangalakis, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 19 août 2021 par lequel le préfet de police a rejeté sa demande de regroupement familial, au bénéfice de son épouse ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. B soutient que la décision attaquée :

- est entachée d'incompétence ;

- méconnait les articles L. 434-1 et suivant du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation à ce titre.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 décembre 2021, le préfet de police conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code des relations entre le public et l'administration,

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant guinéen né le 25 mai 1983 à Gaoual, a sollicité le 27 juillet 2020 auprès de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) au titre du regroupement familial de son épouse Mme B, née E le 20 octobre 1990 à Coyah, le bénéfice des dispositions des articles L. 434-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 19 août 2021, le préfet de police a refusé de faire droit à sa demande. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par M. C D, adjoint au chef du 10ème bureau au sein de la direction de la police générale de la préfecture de police, qui disposait, en vertu de l'arrêté du 30 avril 2021 n° 2021-00377, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de Paris du même jour, d'une délégation de signature pour signer notamment les décisions de refus de titre de séjour, d'obligation de quitter le territoire français et de fixation du pays de destination. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte attaqué manque en fait et doit être écarté.

3. En second lieu, aux termes de l'article L. 434-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui en fait la demande est autorisé à être rejoint au titre du regroupement familial s'il remplit les conditions suivantes : 1° Il justifie de ressources stables et suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille ; 2° Il dispose ou disposera à la date d'arrivée de sa famille en France d'un logement considéré comme normal pour une famille comparable vivant dans la même région géographique ; 3° Il se conforme aux principes essentiels qui, conformément aux lois de la République, régissent la vie familiale en France, pays d'accueil. " Aux termes de l'article R. 434-4 du même code : " Pour l'application du 1° de l'article L. 434-7, les ressources du demandeur et de son conjoint qui alimenteront de façon stable le budget de la famille sont appréciées sur une période de douze mois par référence à la moyenne mensuelle du salaire minimum de croissance au cours de cette période. Ces ressources sont considérées comme suffisantes lorsqu'elles atteignent un montant équivalent à : 1° Cette moyenne pour une famille de deux ou trois personnes ; 2° Cette moyenne majorée d'un dixième pour une famille de quatre ou cinq personnes ; 3° Cette moyenne majorée d'un cinquième pour une famille de six personnes ou plus. ". Aux termes de l'article R. 434-5 de ce code : " Pour l'application du 2° de l'article L. 434-7, est considéré comme normal un logement qui : / 1° Présente une superficie habitable totale au moins égale à : / a) en zones A bis et A : 22 m² pour un ménage sans enfant ou deux personnes, augmentée de 10 m² par personne jusqu'à huit personnes et de 5 m² par personne supplémentaire au-delà de huit personnes () / Les zones A bis, A, B1, B2 et C mentionnées au présent article sont celles définies pour l'application de l'article R. 304-1 du code de la construction et de l'habitation. ".

4. Pour rejeter la demande de regroupement familial présentée par M. B au bénéfice de son épouse, le préfet de police s'est fondé sur le fait que la stabilité des ressources de l'intéressé sur la période de référence, du 27 juillet 2019 au 27 juillet 2020, n'était pas établie compte tenu du fait que l'intéressé est inscrit à Pôle emploi depuis le 17 mars 2020 et que ses conditions de logement ne lui permettent pas d'accueillir de tierce personnes. Le requérant fait valoir qu'il dispose de revenus au titre d'une mission professionnelle du 24 octobre au

26 décembre 2021 au sein de la société Adecco en tant qu'agent d'exploitation et produit des bulletins de paies pour les mois de septembre à novembre 2021. Toutefois, ces éléments sont postérieurs à la période de référence. De surcroît, si M. B soutient que sa demande de logement social est toujours en cours, il n'apporte aucun élément au soutien de cette allégation et il ressort au contraire de l'instruction que le préfet de police a vérifié les conditions de logement de l'intéressé dans le cadre d'une enquête qui a permis d'établir que M. B occupe la résidence sociale " Lerichemont " et que les conditions de logement dans cette résidence ne permettent pas l'accueil d'une tierce personne au-delà d'une période de trois mois maximum par an. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de droit et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du préfet de police du 19 août 2021 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. F B et au préfet de police.

Délibéré après l'audience du 29 mars 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Vidal, présidente,

Mme Merino, première conseillère,

M. Baudat, conseiller.

Rendu public par mise à disposition du greffe le 26 avril 2023.

Le rapporteur,

J-B. A

La présidente,

S. VIDALLa greffière,

S. COULANT

La République mande et ordonne au préfet de police de Paris en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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