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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2122695

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2122695

mardi 30 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2122695
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4e Section - 2e Chambre
Avocat requérantGUERIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 25 octobre 2021 et 25 mars 2022, le syndicat des copropriétaires de la résidence 4, rue de la Pompe et le syndic Artesia Gestion, représentés par Me Guerin, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 25 août 2021 par lequel la maire de Paris ne s'est pas opposée à la déclaration préalable déposée par la société 4P, représentée par M. A B, pour l'aménagement et la végétalisation de la toiture terrasse, l'installation de garde-corps et la création d'un escalier d'accès sur un immeuble situé 4A, rue de la Pompe, dans le 16ème arrondissement de Paris ;

2°) de mettre à la charge de la ville de Paris une somme de 4 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- le dossier de déclaration préalable n'a pas été transmis au contrôle de légalité ;

- l'arrêté attaqué, qui ne vise pas la délégation de signature de son auteur, a été signé par une autorité incompétente ;

- la société pétitionnaire ne justifie pas d'un titre de propriété l'autorisant à engager les travaux projetés, en méconnaissance de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme ; elle ne produit pas l'accord des propriétaires du mur mitoyen pour réaliser les travaux projetés ;

- l'avis de l'architecte des bâtiments de France est irrégulier, dès lors qu'il a été rendu uniquement au titre du site inscrit, et non au titre de la législation concernant les monuments historiques, alors que le projet se situe aux abords de monuments historiques ;

- l'arrêté a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors que l'inspection générale des carrières n'a pas été saisie, en méconnaissance des dispositions de l'article UG.2.1 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- l'arrêté a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors que les consultations préalables n'apparaissent pas suffisantes ; ni le maire d'arrondissement, ni le service départemental d'intervention et de secours, ni le service de la propreté de la ville de Paris n'ont rendu d'avis ;

- la construction était soumise à permis de construire en application de l'article

R. 421-14 et suivants du code de l'urbanisme, et à permis de démolir en application de l'article R. 421-27 du même code ;

- l'arrêté attaqué a été pris sur la base d'un dossier incomplet ; le plan de masse présenté est insuffisant ; les documents présentés au titre du volet paysager sont insuffisants et méconnaissent les dispositions des c) et d) de l'article 431-10 du code de l'urbanisme ; l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions du c) de l'article R. 431-36 du même code, dès lors que la pièce DP5 n'est pas fournie ; il méconnaît les dispositions de l'article R. 431-14 du même code, dès lors que la pièce DP11 n'est pas fournie ; les informations sur les parties à démolir sont insuffisantes ; l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article R. 431-32 du code de l'urbanisme, dès lors que la pièce DP15 n'est pas fournie ; le dossier ne donne pas d'indications sur les teintes, les toitures ou les éléments techniques mis en œuvre ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UG.3.1 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UG.4 du même règlement ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UG.6.1 du même règlement ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UG.7 du même règlement ;

- il méconnaît les dispositions des articles UG.11 du même règlement et R. 111-27 du code de l'urbanisme ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UG.13.1 du même règlement ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UG.15 du même règlement ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article R. 111-26 du code de l'urbanisme.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er avril 2022, la ville de Paris conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable en ce que le syndicat des copropriétaires de la résidence 4, rue de la Pompe et le syndic Artesia Gestion ne justifient pas d'un intérêt leur donnant qualité pour agir ;

- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par des mémoires, enregistrés les 17 février et 28 juin 2022, la société 4P, représentée par Me Salin, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à l'application des dispositions des articles L. 600-5 ou L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et, en tout état de cause, à ce qu'il soit mis à la charge des requérants le versement de la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable en ce que le syndicat des copropriétaires de la résidence 4, rue de la Pompe et le syndic Artesia Gestion ne justifient pas d'un intérêt leur donnant qualité pour agir ;

- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Un courrier a été adressé le 17 février 2022 aux parties en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, les informant de la période à laquelle il est envisagé d'appeler l'affaire à l'audience et précisant la date à partir de laquelle l'instruction pourra être close dans les conditions prévues par les derniers alinéas des articles R. 613-1 et R. 613-2 du code de justice administrative.

Par ordonnance du 18 octobre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au même jour.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que le tribunal est susceptible de surseoir à statuer sur le fondement de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme, en vue d'une régularisation de l'avis du maire d'arrondissement, qui ne s'est pas prononcé sur le projet, de l'avis de l'inspection générale des carrières, qui n'a pas été consultée, et de l'examen du projet au regard des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le règlement du plan local d'urbanisme de la ville de Paris ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Berland,

- les conclusions de Mme Alidière, rapporteure publique,

- et les observations de Me Guerin, représentant le syndicat des copropriétaires de la résidence 4, rue de la Pompe et le syndic Artesia Gestion, et de Me Perrineau, représentant la société 4P.

Une note en délibéré présentée par la société 4P a été enregistrée le 22 mai 2023.

Considérant ce qui suit :

1. Le 28 juin 2021, la société 4P, représentée par M. A B, a déposé une déclaration préalable pour l'aménagement et la végétalisation de la toiture terrasse, l'installation de garde-corps et la création d'un escalier d'accès sur un immeuble situé 4A, rue de la Pompe, dans le 16ème arrondissement de Paris. Par un arrêté du 25 août 2021, la maire de Paris ne s'est pas opposée aux travaux déclarés. Par la présente requête, le syndicat des copropriétaires de la résidence 4, rue de la Pompe et le syndic Artesia Gestion demandent au tribunal d'annuler cet arrêté de non-opposition à déclaration préalable.

Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :

2. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. Le présent article n'est pas applicable aux décisions contestées par le pétitionnaire. ".

3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, au requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'une autorisation d'urbanisme, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien et au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction. Le syndicat des copropriétaires d'un immeuble situé sur la parcelle jouxtant le terrain d'assiette d'un projet de construction ayant donné lieu à autorisation d'urbanisme, qui fait notamment état, pour justifier de son intérêt à demander l'annulation de cette autorisation, de l'importance du projet, justifie d'un intérêt pour agir.

4. Il ressort des pièces du dossier que le bâtiment situé 4, rue de la Pompe, est mitoyen de la parcelle sur laquelle se situe le bâtiment 4A, rue de la Pompe, objet du projet, ces deux immeubles étant séparés par une cour commune. Le syndicat requérant fait valoir que la création d'une terrasse végétalisée accessible surmontant le bâtiment 4A est de nature à affecter directement les conditions d'occupation des appartements des copropriétaires, en raison des nuisances sonores, de la création de vues directes, et des troubles de jouissance qu'une telle installation est susceptible d'engendrer. La fin de non-recevoir opposée en défense tirée du défaut d'intérêt à agir du syndicat des copropriétaires de la résidence 4, rue de la Pompe doit, dès lors, être écartée.

5. De plus, une demande collective tendant à l'annulation pour excès de pouvoir d'une autorisation d'urbanisme est recevable bien qu'un signataire n'ait pas qualité ou intérêt pour agir, des lors qu'un autre signataire de cette demande a intérêt à l'annulation de la décision attaquée. Dans ces conditions, la fin de non-recevoir tirée de l'absence d'intérêt pour agir du syndic Artesia Gestion ne peut, en tout état de cause, qu'être écartée dès lors que le syndicat des copropriétaires de la résidence 4, rue de la Pompe est recevable à contester l'arrêté de non-opposition à déclaration préalable du 25 août 2021.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la transmission de l'arrêté attaqué au représentant de l'Etat :

6. Les requérants soutiennent que l'arrêté du 25 août 2021 n'a pas été transmis au représentant de l'Etat. Toutefois, le défaut de transmission au représentant de l'Etat de l'arrêté de non-opposition à déclaration préalable est sans incidence sur sa légalité et fait seulement obstacle à ce qu'il devienne exécutoire. Au surplus, la ville de Paris a produit, en cours d'instance, l'accusé de réception fourni par le préfet de Paris, préfet d'Île-de-France, attestant de la réception de ce document le 25 août 2021. Dès lors, le moyen tiré de ce que la décision en litige n'aurait pas été transmise au préfet doit être écarté.

En ce qui concerne l'incompétence de l'auteur de l'acte :

7. Par leur mémoire produit le 25 mars 2022, les requérants ont abandonné le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte.

En ce qui concerne le respect de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme :

8. Aux termes de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme : " Les demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir et les déclarations préalables sont adressées par pli recommandé avec demande d'avis de réception ou déposées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés : / a) Soit par le ou les propriétaires du ou des terrains, leur mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par eux à exécuter les travaux ; / b) Soit, en cas d'indivision, par un ou plusieurs co-indivisaires ou leur mandataire ; / c) Soit par une personne ayant qualité pour bénéficier de l'expropriation pour cause d'utilité publique ". Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 431-5 du même code : " La demande comporte également l'attestation du ou des demandeurs qu'ils remplissent les conditions définies à l'article R. 423-1 pour déposer une demande de permis ".

9. Il résulte de ces dispositions que les déclarations préalables doivent seulement comporter l'attestation du pétitionnaire qu'il remplit les conditions définies à l'article R. 423-1 cité ci-dessus. Les autorisations d'utilisation du sol, qui ont pour seul objet de s'assurer de la conformité des travaux qu'elles autorisent avec la législation et la réglementation d'urbanisme, étant accordées sous réserve du droit des tiers, il n'appartient pas à l'autorité compétente de vérifier, dans le cadre de l'instruction d'une déclaration préalable, la validité de l'attestation établie par le demandeur. Une déclaration préalable concernant un mur séparatif de propriété peut, alors même que les travaux en cause pourraient être contestés par les autres propriétaires devant le juge judiciaire sur le fondement des articles 653 et suivants du code civil, être présentée par un seul co-indivisaire. Ainsi, sous réserve de la fraude, le pétitionnaire qui fournit l'attestation prévue à l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme doit être regardé comme ayant qualité pour présenter sa demande, sans que l'autorité administrative puisse exiger de lui la production d'un document établissant soit qu'il est seul propriétaire du mur mitoyen, soit qu'il a l'accord de l'autre copropriétaire de ce mur. Il résulte de ce qui précède que les tiers ne sauraient utilement invoquer, pour contester une décision accordant une telle autorisation au vu de l'attestation requise, la circonstance que l'administration n'en aurait pas vérifié l'exactitude. Toutefois, lorsque l'autorité saisie d'une déclaration préalable vient à disposer au moment où elle statue, sans avoir à procéder à une mesure d'instruction lui permettant de les recueillir, d'informations de nature à établir son caractère frauduleux ou faisant apparaître, sans que cela puisse donner lieu à une contestation sérieuse, que le pétitionnaire ne dispose, contrairement à ce qu'implique l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme, d'aucun droit à la déposer, il lui revient de s'opposer à cette déclaration préalable pour ce motif.

10. D'une part, le dossier de déclaration préalable comprend le formulaire Cerfa signé par la pétitionnaire et attestant de sa qualité pour demander l'autorisation sollicitée. D'autre part, à supposer que les travaux envisagés portent sur un mur mitoyen, il résulte de ce qui a été dit au point précédent que l'accord préalable des co-indivisaires n'était pas requis. Par suite, et alors qu'aucune fraude n'est établie et qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que les services instructeurs disposaient d'informations de nature à établir que la société 4P ne possédait pas cette qualité, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme doit être écarté.

En ce qui concerne la régularité de la procédure :

11. Aux termes de l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente recueille auprès des personnes publiques, services ou commissions intéressés par le projet, les accords, avis ou décisions prévus par les lois ou règlements en vigueur ".

12. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.

S'agissant de la régularité de l'avis de l'architecte des bâtiments de France :

13. Aux termes de l'article R. 425-1 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet est situé dans les abords des monuments historiques, [] la décision prise sur la déclaration préalable tient lieu de l'autorisation prévue à l'article L. 621-32 du code du patrimoine si l'architecte des Bâtiments de France a donné son accord, le cas échéant assorti de prescriptions motivées ". Aux termes de l'article R*425-30 du même code : " Lorsque le projet est situé dans un site inscrit, la demande de permis ou la déclaration préalable tient lieu de la déclaration exigée par l'article L. 341-1 du code de l'environnement. () / La décision prise sur la demande de permis ou sur la déclaration préalable intervient après consultation de l'architecte des Bâtiments de France. " Aux termes de l'article R*423-54 du même code : " Lorsque le projet est situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques, l'autorité compétente recueille l'accord ou, pour les projets mentionnés à l'article L. 632-2-1 du code du patrimoine, l'avis de l'architecte des Bâtiments de France. " Aux termes de l'article L. 621-30 du code du patrimoine, " I. - Les immeubles ou ensembles d'immeubles qui forment avec un monument historique un ensemble cohérent ou qui sont susceptibles de contribuer à sa conservation ou à sa mise en valeur sont protégés au titre des abords (). / II. - La protection au titre des abords s'applique à tout immeuble, bâti ou non bâti, situé dans un périmètre délimité par l'autorité administrative dans les conditions fixées à l'article L. 621-31 (). / En l'absence de périmètre délimité, la protection au titre des abords s'applique à tout immeuble, bâti ou non bâti, visible du monument historique ou visible en même temps que lui et situé à moins de cinq cents mètres de celui-ci (). / Les servitudes d'utilité publique instituées en application de l'article L. 341-1 du code de l'environnement ne sont pas applicables aux immeubles protégés au titre des abords. " Aux termes de l'article L. 621-32 du même code : " Les travaux susceptibles de modifier l'aspect extérieur d'un immeuble, bâti ou non bâti, protégé au titre des abords sont soumis à une autorisation préalable. / L'autorisation peut être refusée ou assortie de prescriptions lorsque les travaux sont susceptibles de porter atteinte à la conservation ou à la mise en valeur d'un monument historique ou des abords. ".

14. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que ne peuvent être délivrés qu'avec l'accord de l'architecte des Bâtiments de France les autorisations d'urbanisme portant sur des immeubles situés, en l'absence de périmètre délimité, à moins de 500 mètres d'un édifice classé ou inscrit au titre des monuments historiques, s'ils sont visibles à l'œil nu de cet édifice ou en même temps que lui depuis un lieu normalement accessible au public, y compris lorsque ce lieu est situé en dehors du périmètre de cinq cents mètres entourant l'édifice en cause. Par ailleurs, c'est à l'architecte des bâtiments de France qu'il appartient d'apprécier, sous le contrôle du juge, si un immeuble implanté à moins de 500 mètres d'un immeuble classé est ou non situé dans le champ de visibilité de ce dernier.

15. Aucun texte ni aucun principe n'impose la motivation de l'avis de l'architecte des bâtiments de France.

16. En l'espèce, il est constant que le projet litigieux se situe à moins de 500 mètres de plusieurs bâtiments faisant l'objet d'une protection au titre des monuments historiques. Les requérants soutiennent, en se fondant sur l'absence de mention de ces bâtiments dans l'avis de l'architecte des bâtiments de France, que ce dernier s'est seulement prononcé sur le site inscrit de la ville de Paris sans prendre en compte les édifices protégés au titre de la législation sur les monuments historiques, alors qu'il lui appartenait pourtant d'apprécier si la construction projetée est située dans le champ de visibilité de ces édifices ou en covisibilité avec ces derniers. Toutefois, il appartient à l'architecte des bâtiments de France d'apprécier si le projet est ou non situé dans leur champ de visibilité et, dans l'affirmative, s'il porte ou non atteinte à la protection des abords de ces édifices. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le service chargé de l'instruction de la déclaration préalable a immédiatement identifié le projet comme se situant dans un périmètre protégé au titre de la législation sur la protection des abords des monuments historiques, et que le pétitionnaire a produit les documents spécifiques requis à ce titre. Dans ces conditions, et alors que les pièces du dossier de demande faisaient clairement apparaître la situation du terrain d'assiette des travaux projetés, l'architecte des bâtiments de France doit être regardé comme s'étant nécessairement prononcé en toute connaissance de cause, quand bien même son avis ne liste pas les immeubles protégés concernés. Le moyen doit donc être écarté.

S'agissant de l'absence de saisine de l'inspection générale des carrières :

17. Aux termes de l'article 1er de l'arrêté inter-préfectoral du 26 janvier 1966 relatif aux zones d'anciennes carrières de Paris et du département de la Seine, et non seulement des dispositions du plan local d'urbanisme de la ville de Paris : " Les demandes de permis de construire concernant l'édification, la surélévation, l'extension ou la modification de bâtiments dans Paris et dans le département de la Seine sont transmises pour examen et avis par la Direction de l'Urbanisme à la Direction générale des Services techniques (Inspection générale des carrières), lorsque le terrain est situé dans une zone d'anciennes carrières, afin que soient précisées les conditions qui seront inscrites dans le permis de construire et auxquelles devra satisfaire le maître de l'œuvre en vue d'assurer la stabilité des constructions projetées ainsi que des cours, jardins, garages, parkings, voies de circulation et tous abords de ces constructions () " Aux termes des dispositions de l'article UG. 2.1 du règlement du plan local d'urbanisme de la ville de Paris : " Dans les zones d'anciennes carrières souterraines, dans les zones comportant des poches de gypse antéludien et dans la Zone de risque de dissolution du gypse antéludien, la réalisation de constructions ou d'installations et la surélévation, l'extension ou la modification de bâtiments existants sont, le cas échéant, subordonnées aux conditions spéciales imposées par l'Inspection générale des carrières en vue d'assurer la stabilité des constructions projetées et de prévenir tout risque d'éboulement ou d'affaissement (la Zone de risque de dissolution du gypse antéludien est délimitée sur le Plan des secteurs de risques figurant dans l'atlas général () ".

18. Les dispositions précitées de l'article 1er de l'arrêté inter-préfectoral du 26 janvier 1966 doivent être regardées comme imposant l'intervention d'un avis de l'inspection générale des carrières en cas d'édification, de surélévation, d'extension ou de modification d'un bâtiment, indépendamment de la nature de l'autorisation d'urbanisme en cause. En l'espèce, le projet prévoit une modification d'un bâtiment situé dans une zone d'anciennes carrières connues délimitée par le PLU de la ville de Paris en remplaçant la toiture zinc existante par une toiture terrasse, par la création d'une nouvelle dalle par-dessus la dalle du plancher haut existant du dernier niveau. Par suite, la consultation de l'inspection générale des carrières était requise. Dès lors, les requérants sont fondés à soutenir que la décision de non-opposition aux travaux déclarés du 25 août 2021 a été prise en méconnaissance de l'obligation de saisine de l'inspection générale des carrières, ce qui a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur la décision de la maire de Paris.

S'agissant de l'avis du maire d'arrondissement :

19. Aux termes de l'article L. 2511-30 du code général des collectivités territoriales : " Le maire d'arrondissement émet un avis sur toute autorisation d'utilisation du sol dans l'arrondissement délivrée par le maire de la commune et au nom de celle-ci en application des dispositions du code de l'urbanisme ainsi que sur toute permission de voirie sur le domaine public dans l'arrondissement délivrée par le maire de la commune en application du présent code. ".

20. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la maire de la ville de Paris ait, conformément aux dispositions précitées de l'article L. 2511-30 du code général des collectivités territoriales, saisi pour avis le maire du 16ème arrondissement. Toutefois, l'ignorance de la nécessité légale de procéder à cette consultation, a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur la décision de la maire de Paris. Par suite, les requérants sont fondés à soutenir que l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de procédure tenant à l'absence de consultation du maire d'arrondissement sur le projet litigieux.

S'agissant des avis des services chargés de la propreté, et de la commission de sécurité de la préfecture de police :

21. Les requérants n'invoquent aucune disposition législative ou réglementaire qui aurait été méconnue et qui aurait rendu nécessaire, en l'espèce, compte tenu de la nature du projet, la consultation des services chargés de la propreté, et de la commission de sécurité de la préfecture de police. Par suite, ils ne sont pas fondés à soutenir que, ces entités n'ayant pas été consultées par la maire de Paris, l'arrêté attaqué serait intervenu au terme d'une procédure irrégulière au regard des dispositions de l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme qui pose un principe général de consultation d'organismes intéressés par un projet.

En ce qui concerne le champ d'application du permis de construire et de démolir :

22. D'une part, aux termes de l'article R. 421-14 du code de l'urbanisme : " Sont soumis à permis de construire les travaux suivants, exécutés sur des constructions existantes, à l'exception des travaux d'entretien ou de réparations ordinaires : / a) Les travaux ayant pour effet la création d'une surface de plancher ou d'une emprise au sol supérieure à vingt mètres carrés ; / b) Dans les zones urbaines d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu, les travaux ayant pour effet la création d'une surface de plancher ou d'une emprise au sol supérieure à quarante mètres carrés ; toutefois, demeurent soumis à permis de construire les travaux ayant pour effet la création de plus de vingt mètres carrés et d'au plus quarante mètres carrés de surface de plancher ou d'emprise au sol, lorsque leur réalisation aurait pour effet de porter la surface ou l'emprise totale de la construction au-delà de l'un des seuils fixés à l'article R. 431-2 ; / c) Les travaux ayant pour effet de modifier les structures porteuses ou la façade du bâtiment, lorsque ces travaux s'accompagnent d'un changement de destination entre les différentes destinations et sous-destinations définies aux articles R. 151-27 et R. 151-28 ; /d) Les travaux nécessaires à la réalisation d'une opération de restauration immobilière au sens de l'article L. 313-4. " Aux termes de l'article R. 421-16 du même code : " Tous les travaux portant sur un immeuble ou une partie d'immeuble inscrit au titre des monuments historiques sont soumis à permis de construire, à l'exception des travaux d'entretien ou de réparations ordinaires et des travaux répondant aux conditions prévues à l'article R. 421-8. ".

23. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet, consistant en la mise en œuvre d'une toiture terrasse, modifierait la surface de plancher de la construction existante, modifierait les structures porteuses ou la façade du bâtiment en s'accompagnant d'un changement de destination, ou consisterait en une opération de restauration immobilière. En outre, le projet ne concerne pas un immeuble inscrit au titre des monuments historiques. Ainsi, les travaux en cause ne relevent pas des articles R. 421-14 ou R. 421-16 précités du code de l'urbanisme.

24. D'autre part, aux termes de l'article R. 421-27 du code de l'urbanisme : " Doivent être précédés d'un permis de démolir les travaux ayant pour objet de démolir ou de rendre inutilisable tout ou partie d'une construction située dans une commune ou une partie de commune où le conseil municipal a décidé d'instituer le permis de démolir. ".

25. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la mise en œuvre d'une toiture terrasse à la place de la toiture zinc existante ait porté atteinte au gros œuvre en impliquant la démolition partielle de la construction existante ou aurait eu pour effet de rendre inutilisable tout ou partie de l'immeuble concerné, alors même que le projet nécessite la dépose de l'ancienne toiture en zinc et la démolition de plusieurs cheminées. Par suite, ces travaux objet de la déclaration préalable ne relevaient pas de l'article R. 421-27 précité du code de l'urbanisme ni du permis de démolir.

26. Il résulte de ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les travaux autorisés entraient dans le champ d'application du permis de construite et de démolir et que la décision de non opposition à déclaration préalable méconnaîtrait le champ d'application de la loi.

En ce qui concerne la complétude du dossier de déclaration préalable :

27. Aux termes de l'article R. 431-36 du code de l'urbanisme : " Le dossier joint à la déclaration comprend : / () b) Un plan de masse coté dans les trois dimensions lorsque le projet a pour effet de créer une construction ou de modifier le volume d'une construction existante ; / c) Une représentation de l'aspect extérieur de la construction faisant apparaître les modifications projetées et si le projet a pour effet de modifier celui-ci ; / () Lorsque la déclaration porte sur un projet de création ou de modification d'une construction et que ce projet est visible depuis l'espace public ou que ce projet est situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques, le dossier comprend également les documents mentionnés aux c et d de l'article R. 431-10. / Aucune autre information ou pièce ne peut être exigée par l'autorité compétente. ". Aux termes de l'article R. 431-10 du même code : " Le projet architectural comprend également : / () c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse. ".

28. La circonstance que le dossier de déclaration préalable ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité l'autorisation qui a été accordée que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

S'agissant du plan de masse :

29. Les requérants soutiennent que le plan de masse est insuffisant, dès lors qu'il ne précise pas les points de vue des clichés DP6, DP7 et DP8. Toutefois, il ressort des pièces du dossier de déclaration préalable, et notamment des plans de masse, plans de coupe, et documents graphiques, qu'elles permettent de déterminer les endroits à partir desquels ces documents photographiques ont été pris. En outre, les requérants ne peuvent utilement soutenir que le plan de masse fourni au dossier est insuffisant, faute de présenter les modalités de raccordement aux réseaux publics ou privés, les plantations, l'emplacement et les caractéristiques de la servitude de passage permettant d'accéder au terrain d'assiette du projet, ainsi que les modalités de raccordement aux réseaux publics et privés.

S'agissant du volet paysager :

30. Il ressort des pièces du dossier que le dossier de déclaration préalable comporte plusieurs documents graphiques et photographiques conformément aux dispositions de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme, notamment les documents DP6, présentant une vue plongeante de l'état actuel et du projet, faisant apparaître les immeubles mitoyens du projet, et le document DP7-DP8, qui est une photographie de l'environnement proche. Si le dossier ne comporte pas de photographie de l'environnement lointain du projet, il ressort des pièces du dossier que la configuration des lieux ne permet aucun angle de vue offrant cette perspective. En tout état de cause, les requérants n'établissent pas que l'autorité compétente n'aurait pas été mise en mesure grâce à l'ensemble des documents figurant au dossier d'apprécier la conformité du projet à la réglementation applicable.

S'agissant du respect du c) de l'article R. 431-36 du code de l'urbanisme :

31. Il ressort des pièces du dossier que le dossier de déclaration préalable comporte un document DP6 faisant apparaître l'état existant et l'état projeté de l'aspect extérieur de l'immeuble concerné par le projet, indiquant ainsi les modifications projetées. En outre, les modifications projetées apparaissent sur les plans de toiture DP4 existant et projeté, ainsi que sur les plans de coupe DP3 existant et projeté. En tout état de cause, les requérants n'établissent pas que l'autorité compétente n'aurait pas été mise en mesure grâce à l'ensemble des documents figurant au dossier d'apprécier la conformité du projet à la réglementation applicable.

S'agissant du respect de l'article R. 431-14 du code de l'urbanisme :

32. Aux termes de l'article R. 431-14 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet porte sur des travaux nécessaires à la réalisation d'une opération de restauration immobilière au sens de l'article L. 313-4 ou sur un immeuble inscrit au titre des monuments historiques, sur un immeuble situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques, la notice mentionnée à l'article R. 431-8 indique en outre les matériaux utilisés et les modalités d'exécution des travaux. ".

33. Il ressort des pièces du dossier que, si la construction prendra place dans les abords d'un monument historique, les travaux ne porteront pas sur un bien immeuble inscrit ou classé au titre des monuments historiques, alors, au demeurant, que la notice du projet précise les matériaux de construction utilisés pour l'ajout d'un garde-corps de métal de coloris noir et style années 20 au-dessus du garde-corps en pierre existant et les finitions gravier de la terrasse. Par suite, l'absence de mention des modalités d'exécution des travaux n'est pas de nature à induire en erreur le service instructeur ou l'architecte des bâtiments de France sur l'impact du projet sur les monuments historiques dans les abords desquels il se situe.

S'agissant des démolitions prévues par le projet :

34. Il résulte de ce qui a été dit aux points 22 à 26 que le projet attaqué n'entre pas dans le champ du permis de démolir. Par suite, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir de l'absence d'autorisation des démolitions pour contester la légalité de l'arrêté litigieux.

S'agissant du respect de l'article R. 431-32 du code de l'urbanisme :

35. Aux termes de l'article R. 431-32 du code de l'urbanisme : " Lorsque l'édification des constructions est subordonnée, pour l'application des dispositions relatives à l'urbanisme, à l'institution sur des terrains voisins d'une servitude dite de cours communes, la demande est accompagnée des contrats ou décisions judiciaires relatifs à l'institution de ces servitudes. ".

36. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la réalisation du projet, qui ne consiste pas en l'édification d'une construction, serait subordonnée à l'institution d'une servitude de cour commune. Par suite, ce moyen est inopérant.

S'agissant des éléments concernant les teintes, les toitures ou les éléments techniques :

37. Si les requérants soutiennent que le dossier de déclaration préalable ne comprendrait pas d'indication sur les teintes, les toitures ou les éléments techniques permettant la bonne intégration de la construction dans son environnement bâti et paysager, ils n'établissent pas que l'autorité compétente n'aurait pas été mise en mesure grâce à l'ensemble des documents figurant au dossier d'apprécier la conformité du projet à la réglementation applicable.

38. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de déclaration préalable doit être écarté dans toutes ses branches.

En ce qui concerne le respect des dispositions du règlement du plan local d'urbanisme :

S'agissant du respect de l'article UG.3 du règlement du plan local d'urbanisme :

39. Aux termes de l'article UG.3.1 " desserte et accès " du règlement du plan local d'urbanisme : " Le permis de construire peut être refusé sur un terrain qui ne serait pas desservi par une voie publique ou privée dans des conditions répondant à l'importance ou à la destination de la construction projetée, et notamment si les caractéristiques de la voie rendent difficiles la circulation ou l'utilisation des engins de lutte contre l'incendie ou l'enlèvement des ordures ménagères. / Il peut également être refusé si les accès présentent un risque pour la sécurité des usagers des voies publiques ou des personnes utilisant ces accès. Cette sécurité doit être appréciée compte tenu, notamment, de la localisation des accès, de leur configuration ainsi que de la nature et de l'intensité du trafic. / () ". En outre, aux termes de l'article R. 441-8-2 du code de l'urbanisme : " Aucune autre information ou pièce ne peut être exigée par l'autorité compétente ".

40. Si les requérants soutiennent, d'une part, que la décision attaquée méconnaîtrait les dispositions précitées en ce qu'elle ne prévoit pas de voie de retournement pour les véhicules de secours et en ce que les travaux qu'elle autorise ont eu pour conséquence une détérioration de la cour de leur propriété, il ressort des pièces du dossier que la décision attaquée ne modifie pas les conditions d'accès et de desserte du terrain d'assiette du projet. En outre, la circonstance que les travaux projetés pourraient entraîner des risques quant à la stabilité de la cour des requérants, relative aux conditions d'exécution de l'arrêté en litige, est par ailleurs sans incidence sur sa légalité. D'autre part, les requérants ne peuvent utilement soutenir que le dossier de déclaration préalable ne permettrait pas de s'assurer que les conditions d'accès et de desserte du terrain d'assiette sont respectées, alors que les pièces pouvant être exigées par l'autorité compétente sont fixées de manière limitative par les dispositions du code de l'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées du plan local d'urbanisme doit être écarté comme inopérant.

S'agissant du respect de l'article UG.4 du règlement du plan local d'urbanisme :

41. Aux termes de l'article UG.4 du règlement du plan local d'urbanisme : " Conditions de desserte des terrains par les réseaux / UG.4.1 - Eau potable : Pour être constructible, un terrain doit être raccordé au réseau de distribution d'eau potable. / UG.4.2 - Energie : / Lorsqu'il existe des périmètres prioritaires de raccordement à des réseaux de distribution de chaleur ou de froid, le raccordement à ces réseaux peut être imposé à tout bâtiment, local ou installation soumis à une autorisation de construire situé à l'intérieur de ces périmètres. / Le recours à la géothermie est autorisé. / UG.4.3 - Assainissement : / 1° Eaux usées : / Toute construction générant des eaux usées domestiques doit être raccordée au réseau d'assainissement de la Ville de Paris par un branchement particulier exécuté conformément aux prescriptions du règlement d'assainissement de Paris. () ".

42. Il ressort des pièces du dossier que le projet litigieux porte sur une construction existante située au milieu d'un tissu urbain fortement urbanisé et desservie par les réseaux d'équipements publics. Le moyen sera écarté.

S'agissant du respect de l'article UG.6.1 du règlement du plan local d'urbanisme :

43. Aux termes des dispositions de l'article UG 6.1 du règlement du plan local d'urbanisme : " Sauf disposition graphique contraire, la partie verticale de la façade de toute construction à édifier en bordure de voie doit être implantée à l'alignement ou à la limite de fait de la voie (). ".

44. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet litigieux comporterait une construction à édifier en bordure de voie. Par suite, ce moyen est inopérant.

S'agissant du respect de l'article UG.7 du règlement du plan local d'urbanisme :

45. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UG 7 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.

S'agissant du respect de l'article UG.11 du règlement du plan local d'urbanisme :

46. Aux termes des dispositions générales de l'article UG.11 " Aspect extérieur des constructions et aménagement de leurs abords, protection des immeubles et éléments de paysage " du règlement du plan local d'urbanisme de Paris : " Les interventions sur les bâtiments existants comme sur les bâtiments à construire, permettant d'exprimer une création architecturale, peuvent être autorisées. / L'autorisation de travaux peut être refusée ou n'être accordée que sous réserve de prescriptions si la construction, l'installation ou l'ouvrage, par sa situation, son volume, son aspect, son rythme ou sa coloration, est de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. () Les matériaux apparents et les dispositifs permettant d'assurer leur végétalisation en façade et en toiture doivent être choisis de telle sorte que leur mise en œuvre permette de leur conserver, de façon permanente, un aspect satisfaisant et respectueux du caractère des lieux. ". Aux termes de l'article UG.11.1.1 " constructions existantes " du même règlement : " 4° - Couverture : A l'occasion de travaux, qu'il s'agisse de toitures constituées de matériaux traditionnels (tuiles, zinc, ardoises) ou plus récents (bacs acier, tôles d'aluminium anodisé ou laqué) ou de terrasses, la suppression, le regroupement et l'intégration des accessoires à caractère technique (caissons de climatisation, extracteurs, édicules ascenseur, garde-corps, antennes) doivent être recherchés de façon à en limiter l'impact visuel. / () Terrasses : la création de terrasses peut être refusée si celle-ci a pour conséquence de conduire à dénaturer l'aspect de la couverture. La réalisation d'édicules d'accès à des toitures-terrasses, permettant la mise en œuvre et l'entretien de leurs plantations, peut être autorisée. ". Aux termes de l'article UG.11.1.3 " constructions nouvelles " du même règlement : " les constructions nouvelles doivent s'intégrer au tissu existant (). ".

47. Aux termes des dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. ".

48. Eu égard à la teneur des dispositions de l'article UG.11 précitées, il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un moyen en ce sens, d'apprécier si l'autorité administrative a pu légalement autoriser la construction projetée, compte tenu de ses caractéristiques et de celles des lieux avoisinants, sans méconnaître les exigences résultant de cet article. Dans l'exercice de ce contrôle, le juge doit tenir compte de l'ensemble des dispositions de cet article et de la marge d'appréciation qu'elles laissent à l'autorité administrative pour accorder ou refuser de délivrer une autorisation d'urbanisme.

49. En premier lieu, les dispositions de l'article UG.11.1 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris ont le même objet que celles de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et posent des exigences qui ne sont pas moindres que celles, également invoquées par les requérants, résultant de l'article R. 111-27. Dès lors, c'est par rapport aux dispositions du règlement du plan local d'urbanisme que doit être appréciée la légalité de la décision attaquée. Il suit de là que les requérants ne peuvent utilement soutenir que le projet méconnaît les dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme.

50. En deuxième lieu, si les requérants font valoir que les insuffisances du volet paysager du dossier de déclaration prélable ont empêché l'administration de contrôler le respect des exigences de l'article UG.11 du règlement du plan local d'urbanisme, il résulte de ce qui a été dit au point 30 que le volet paysager de ce dossier était suffisant.

51. En troisième lieu, le projet ne consistant pas en une construction nouvelle, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir des dispositions de l'article UG.11.1.3 du plan local d'urbanisme de la ville de Paris relatives à l'intégration du projet dans le tissu urbain existant.

52. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que le projet litigieux consiste en la réalisation d'une toiture terrasse végétalisée, remplaçant une toiture zinc existante par création d'une nouvelle dalle par-dessus la dalle de plancher haut existant du dernier niveau. Au niveau du nu intérieur du garde-corps en pierre beige existant, un garde-corps en métal de coloris noir et de style années 20 sera implanté. Cette adjonction ne sera pas visible de la voie publique, le bâtiment se situant en fond de cour, et son impact visuel depuis le sol de la cour sur laquelle est implanté le bâtiment sera limité. En outre, le projet prévoit la suppression de plusieurs souches de cheminées. Par ailleurs, l'environnement proche du projet ne présente pas d'homogénéité particulière, l'immeuble concerné, en parement briques et pierres de taille, étant encadré par des immeubles plus récents, l'immeuble de gauche présentant un toit terrasse. Compte tenu de ces circonstances, la maire de Paris, a pu, sans méconnaître les exigences de l'article UG.11.1 du règlement du plan local d'urbanisme, estimer que le projet pouvait s'insérer dans le cadre constitué par les habitations existantes sans porter atteinte au caractère et à l'intérêt des lieux avoisinants.

53. En cinquième lieu, si les requérants soutiennent que l'absence d'harmonie recherchée contrevient aux dispositions du 4° de l'article UG.11.1.1, les dispositions de cet article n'évoquent pas ce critère.

54. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'autorisation attaquée a été accordée en méconnaissance des dispositions de l'article UG.11 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris.

S'agissant du respect de l'article UG.13.1 du règlement du plan local d'urbanisme :

55. Aux termes du 2° de l'article UG.13.1.1 " caractéristiques des espaces libres et des surfaces végétalisées " du règlement du plan local d'urbanisme : " Surfaces végétalisées du bâti : / Dans le cas de constructions nouvelles ou de surélévations de bâtiments existants et sauf impossibilité liée à la préservation du patrimoine, à l'insertion dans le cadre bâti environnant ou à la sécurité, toute toiture plate (pente inférieure ou égale à 5 %) dégageant une surface supérieure à 100 m² hors installations techniques doit être végétalisée en complémentarité ou superposition d'autres dispositifs économisant l'énergie ou produisant de l'énergie renouvelable susceptibles d'être installés. / L'accessibilité par les habitants des terrasses végétalisées doit être privilégiée. / Les surfaces végétalisées du bâti doivent être aussi peu fragmentées que possible. Le socle de substrat doit être adapté aux plantations choisies afin de permettre leur développement et leur maintien dans la durée et de limiter la gestion et l'entretien, l'utilisation d'eau et d'intrants, et de participer pleinement au rafraîchissement urbain. / Les toitures végétalisées doivent comporter une épaisseur de substrat d'au moins 0,10 mètre, couche drainante non comprise, ou autorisant l'installation d'une agriculture urbaine présentant une capacité de rétention d'eau au moins équivalente. / Pour toute toiture terrasse supérieure à 500 m², le substrat doit permettre de reproduire au mieux les qualités des sols naturels ou permettre l'installation d'une agriculture urbaine en toiture. ".

56. En outre, aux termes de l'article R. 441-8-2 du code de l'urbanisme : " Aucune autre information ou pièce ne peut être exigée par l'autorité compétente ".

57. Les requérants soutiennent, d'une part, que le projet ne respecte pas l'épaisseur de substrat minimale de 0,10 mètre prescrite par les dispositions ci-dessus. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, et notamment des plans de coupe et de toiture DP4, ainsi que de l'avis favorable rendu par la direction des espaces verts et de l'environnement le 3 août 2021, que la terrasse végétalisée aura un substrat d'une épaisseur de 0,25 mètre. D'autre part, les requérants ne peuvent utilement soutenir que le dossier de déclaration préalable ne permettrait pas de s'assurer que les exigences de l'article UG.13.1 précitées seraient respectées, alors que les pièces pouvant être exigées par l'autorité compétente sont fixées de manière limitative par les dispositions du code de l'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UG.13.1 précitées sera écarté.

S'agissant du respect de l'article UG.15 du règlement du plan local d'urbanisme :

58. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UG.15 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.

En ce qui concerne le respect de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme :

59. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ".

60. En vertu de ces dispositions, lorsqu'un projet de construction est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique, l'autorité administrative ne peut s'opposer à la déclaration préalable que si elle estime, sous le contrôle du juge, qu'il n'est pas légalement possible, au vu du dossier et de l'instruction de la déclaration préalable, de ne pas s'opposer à la déclaration en l'assortissant de prescriptions spéciales qui, sans apporter au projet de modification substantielle nécessitant la présentation d'une nouvelle demande, permettraient d'assurer la conformité de la construction aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect.

61. D'une part, si les requérants soutiennent que la réalisation du projet est de nature à générer un risque pour la salubrité et la sécurité publique, dans la mesure où la création d'une terrasse accessible emporte un risque de chute d'objets ou de personnes, ou de nuisances sonores, l'existence de tels risques n'est pas établie.

62. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que le projet se situe dans une zone d'anciennes carrières. Comme il a été dit au point 18, cet emplacement imposait la consultation de l'inspection générale des carrières en vue de préciser les conditions auxquelles devra satisfaire le maître de l'œuvre en vue d'assurer de la stabilité de la construction projetée et de ses abords. Toutefois, l'inspection générale des carrières n'a pas été consultée. En outre, aucune pièce du dossier ne permet de s'assurer que le projet, qui consiste en la création d'une toiture terrasse par création d'une nouvelle dalle d'une surface d'environ 125 m² par-dessus la dalle du plancher haut existant du dernier niveau, et sa végétalisation semi-intensive sur un substrat d'une épaisseur de 25 cm, n'est pas susceptible d'engendrer des risques pour la stabilité du bâtiment ou de ses abords. Par suite, les requérants sont fondés à soutenir que l'arrêté en litige est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions précitées de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.

En ce qui concerne le respect de l'article R. 111-26 du code de l'urbanisme :

63. Aux termes de l'article R. 111-26 du code de l'urbanisme : " Le permis ou la décision prise sur la déclaration préalable doit respecter les préoccupations d'environnement définies aux articles L. 110-1 et L. 110-2 du code de l'environnement. Le projet peut n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si, par son importance, sa situation ou sa destination, il est de nature à avoir des conséquences dommageables pour l'environnement. Ces prescriptions spéciales tiennent compte, le cas échéant, des mesures mentionnées à l'article R. 181-43 du code de l'environnement. " Aux termes de l'article L. 110-1 du code de l'environnement : " I. - Les espaces, ressources et milieux naturels terrestres et marins, les sons et odeurs qui les caractérisent, les sites, les paysages diurnes et nocturnes, la qualité de l'air, la qualité de l'eau, les êtres vivants et la biodiversité font partie du patrimoine commun de la nation. Ce patrimoine génère des services écosystémiques et des valeurs d'usage. () ".

64. Il résulte de ces dispositions qu'elles ne permettent pas à l'autorité administrative de s'opposer à une déclaration préalable, mais seulement de prendre une décision de non-opposition à déclaration préalable sous réserve du respect de prescriptions spéciales relevant de la police de l'urbanisme, telles que celles relatives à l'implantation ou aux caractéristiques des bâtiments et de leurs abords, si le projet de construction est de nature à avoir des conséquences dommageables pour l'environnement.

65. D'une part, les dispositions de l'article R. 111-26 du code de l'urbanisme ne permettaient pas à la maire de Paris de s'opposer à la déclaration préalable litigieuse. D'autre part, alors que les conséquences dommageables du projet sur l'environnement ne sont pas établies et qu'au contraire, le projet a des effets positifs sur l'environnement en créant une surface de toiture végétalisée, les requérants n'établissent pas que la maire de Paris aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en n'édictant pas de prescriptions sur le fondement de ces dispositions.

Sur l'application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :

66. Aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé. ".

67. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté du 25 août 2021 par lequel la maire de Paris ne s'est pas opposée à la déclaration préalable de travaux n° DP075 116 21 V0399 déposée par la société 4P est entaché de vices tenant à l'absence d'avis du maire d'arrondissement, à l'absence de saisine de l'inspection générale des carrières, ainsi qu'à l'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.

68. Ces vices sont susceptibles de régularisation. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de surseoir à statuer et d'impartir à la société 4P un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement aux fins d'obtenir sa régularisation.

69. Il y a également lieu de surseoir à statuer, dans les mêmes conditions, sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Il est sursis à statuer sur les conclusions en annulation du syndicat des copropriétaires de la résidence 4, rue de la Pompe et sur leurs conclusions présentées au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative jusqu'à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement pour permettre à la société 4P de notifier au tribunal un arrêté de non-opposition de régularisation.

Article 2 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié au syndicat des copropriétaires de la résidence 4, rue de la Pompe, au syndic Artesia Gestion, à la ville de Paris et à la société 4P.

Délibéré après l'audience du 15 mai 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Le Roux, présidente,

Mme Madé, première conseillère,

Mme Berland, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mai 2023.

La rapporteure,

F. BERLAND

La présidente,

M.-O. LE ROUXLa greffière,

I. SZYMANSKI

La République mande et ordonne au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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