vendredi 30 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2122878 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 4e Chambre |
| Avocat requérant | CHEBEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 27 octobre 2021 et le 6 février 2023, M. A F, représenté par Me Amel Chebel, avocate, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par le ministre de l'intérieur sur sa demande de mutation au titre du mouvement polyvalent pour l'année 2021, les décisions de mutation de MM. A B et E G et de Mme C D et les décisions implicites rejetant les recours administratifs qu'il a formé le 26 août 2021 et le 4 septembre 2021 contre l'ensemble de ces décisions ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient, dans le dernier état de ses écritures, que les décisions attaquées sont entachées :
- d'un vice de procédure du fait de l'irrégularité de l'avis de la commission administrative paritaire ;
- d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors que :
- elles sont fondées sur le critère de l'adéquation entre l'expérience professionnelle et le poste à pourvoir, qui n'est prévu par aucune disposition législative ou réglementaire ni par les lignes directrices de gestion ministérielles du 24 mars 2021, qui prévoient en revanche la possibilité d'avoir recours à un barème de mutation ;
- MM. B et G ont fait l'objet d'une mutation récente et ne sont restés en poste que cinq et trois ans alors qu'il occupe le même poste depuis près de treize ans ; M. B a été affecté au centre de commandement de nuit alors qu'il dispose de quatorze ans d'expérience dans ce domaine et d'une certification professionnelle d'opérateur de centre de commandement, d'assistance et de secours ;
- Mme D a beaucoup moins d'ancienneté que lui, est célibataire et sans enfant alors qu'il est marié et père de famille, elle a une moins bonne notation et totalise beaucoup moins de points au barème de mutation que lui.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 novembre 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les conclusions indemnitaires de la requête sont irrecevables en l'absence de demande préalable ;
- le moyen d'annulation soulevé par M. F n'est pas fondé.
La procédure a été communiquée à MM. B et G et à Mme D qui n'ont pas produit de mémoire en défense.
Par un courrier du 24 mai 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement est susceptible d'être fondé sur le moyen, relevé d'office, tiré de ce que la requête introductive d'instance ne contenant qu'un moyen relatif à la légalité interne de la décision attaquée, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait intervenue à la suite d'une procédure irrégulière, relatif à la légalité externe de la décision attaquée et énoncé dans un mémoire enregistré après l'expiration du délai de recours contentieux, est irrecevable.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 95-654 du 9 mai 1995 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Julinet, premier conseiller ;
- les conclusions de M. Degand, rapporteur public ;
- et les observations de Me Chebel, représentant M. F.
Considérant ce qui suit :
1. M. A F, né le 8 juin 1983, a intégré la police nationale comme élève gardien de la paix le 1er septembre 2002. Il a été titularisé le 1er septembre 2004, affecté au centre d'information et de commandement de la direction territoriale de la sécurité du Val-de-Marne le 19 mai 2008 et promu au grade de brigadier le 1er juillet 2014. Le 5 mai 2021, il a demandé sa mutation dans la circonscription de sécurité publique d'Angers au titre du mouvement polyvalent pour l'année 2021. La décision arrêtant la liste des mutations a été diffusée le 31 juillet 2021. Constatant que son nom n'y figure pas alors que trois autres candidats ont obtenu leur mutation dans cette circonscription de sécurité publique d'Angers, il a formé un recours gracieux le 26 août 2021 et un recours hiérarchique le 4 septembre 2021, transmis par la voie hiérarchique. Par sa requête, il demande au tribunal d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par le ministre de l'intérieur sur sa demande de mutation au titre du mouvement polyvalent pour l'année 2021, les décisions de mutation de MM. A B et E G et de Mme C D et les décisions implicites rejetant ses recours administratifs contre l'ensemble de ces décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la légalité externe :
2. La requête de M. F, enregistrée le 27 octobre 2021, ne comporte que des moyens de légalité interne. Si, dans son mémoire en réplique enregistré le 6 février 2023, il a soulevé un moyen tiré du vice de procédure, ce moyen, relatif à la légalité externe de la décision attaquée et énoncé dans un mémoire enregistré après l'expiration du délai de recours contentieux, est irrecevable.
En ce qui concerne la légalité interne :
3. Aux termes des dispositions de l'article 60 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat, dans sa rédaction alors applicable : " I. - L'autorité compétente procède aux mutations des fonctionnaires en tenant compte des besoins du service. / II. - Dans toute la mesure compatible avec le bon fonctionnement du service et sous réserve des priorités instituées à l'article 62 bis, les affectations prononcées tiennent compte des demandes formulées par les intéressés et de leur situation de famille. Priorité est donnée : / 1° Au fonctionnaire séparé de son conjoint pour des raisons professionnelles ; / () / 3° Au fonctionnaire qui exerce ses fonctions, pendant une durée et selon des modalités fixées par décret en Conseil d'Etat, dans un quartier urbain où se posent des problèmes sociaux et de sécurité particulièrement difficiles ; / () / III. - L'autorité compétente peut définir, dans des conditions prévues par décret en Conseil d'Etat, des durées minimales et maximales d'occupation de certains emplois. / IV. - Les décisions de mutation tiennent compte, dans des conditions prévues par décret en Conseil d'Etat, des lignes directrices de gestion en matière de mobilité prévues à l'article 18 de la présente loi. / Dans le cadre de ces lignes directrices, l'autorité compétente peut, sans renoncer à son pouvoir d'appréciation, définir des critères supplémentaires établis à titre subsidiaire. Elle peut notamment conférer une priorité au fonctionnaire ayant exercé ses fonctions pendant une durée minimale dans un territoire ou dans une zone rencontrant des difficultés particulières de recrutement (). / V. Dans les administrations ou services dont la liste est fixée par décret en Conseil d'Etat, les mutations peuvent être prononcées dans le cadre de tableaux périodiques de mutations. Dans les administrations ou services où sont dressés des tableaux périodiques, l'autorité compétente peut procéder à un classement préalable des demandes de mutation à l'aide d'un barème rendu public. Le recours à un tel barème constitue une mesure préparatoire et ne se substitue pas à l'examen de la situation individuelle des agents. Ce classement est établi dans le respect des priorités définies au II du présent article. ".
4. D'une part, lorsque, dans le cadre d'un mouvement de mutation, un poste a été déclaré vacant, l'administration doit comparer l'ensemble des candidatures dont elle est saisie, au titre des mutations, en fonction, d'une part, de l'intérêt du service, d'autre part, si celle-ci est invoquée, de la situation de famille des intéressés appréciée, pour ce qui concerne les agents qui demandent leur mutation, compte tenu des priorités fixées par les dispositions de l'article 60 de la loi du 11 janvier 1984. Les critères supplémentaires que l'autorité administrative est habilitée à établir à titre subsidiaire, en vue du classement préalable des demandes de mutation, ont pour objet de permettre le départage de demandes ayant obtenu un classement identique par application d'une ou plusieurs priorités de mutation fixées par l'article 60 de la loi du 11 janvier 1984. L'administration doit également tenir compte de l'ancienneté dans le corps, de l'expérience professionnelle et du grade des candidats ainsi que des caractéristiques du poste à pourvoir. Dès lors, et contrairement à ce que soutient M. F, le ministre était fondé à prendre en compte, au titre des besoins du service, l'adéquation entre l'expérience professionnelle des candidats à la mutation et le poste à pourvoir.
5. D'autre part, les dispositions précitées de l'article 60 de la loi du 11 janvier 1984 ne subordonnent la légalité des mutations prononcées lors des mouvements de personnels ni au respect d'un régime de priorité, ni à l'observation d'un barème de mutation, lequel est purement indicatif. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit que le ministre a commise en ne faisant pas prioritairement application du barème prévu par les lignes directrices de gestion ministérielles du 24 mars 2021doit être écarté.
S'agissant de la mutation de MM. B et G :
6. Il ressort des pièces du dossier que MM. B et G ont une ancienneté de service et une ancienneté dans le grade plus importantes et une notation professionnelle équivalente à celles de M. F, qu'ils ont obtenu quatre compétences alors qu'il n'en a obtenu qu'une et qu'ils présentent une expérience plus diversifiée et des compétences spécifiques correspondant à celles attendues dans leur nouvelle affectation, en particulier, pour M. B, affecté dans une brigade de nuit de l'unité de police secours du service de voie publique, des qualifications niveau intermédiaire en secours d'urgence et niveau expert en qualité d'agent de police judiciaire et, pour M. G, affecté à l'unité de police administrative de la sûreté urbaine, une habilitation en qualité d'officier de police judiciaire. Dès lors, en faisant primer leurs candidatures, le ministre de l'intérieur n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation.
S'agissant de la mutation de Mme D :
7. S'il ressort des pièces du dossier que Mme D a une ancienneté de service et une ancienneté dans le grade plus faibles et une notation professionnelle plus basse que M. F, elle a obtenu cinq compétences alors qu'il n'en a obtenu qu'une, présente une expérience plus diversifiée et peut se prévaloir de l'exercice de responsabilités importantes et de compétences spécifiques, notamment en qualité d'officier de police judiciaire, correspondant à celles attendues dans sa nouvelle affectation au groupe d'appui judiciaire de la sûreté départementale. Dès lors, en faisant primer sa candidature, le ministre de l'intérieur n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation.
8. Il résulte de ce qui précède que M. F n'est pas fondé à soutenir que la décision de rejet de sa demande de mutation au titre du mouvement polyvalent pour l'année 2021, les décisions de mutation de MM. A B et E G et de Mme C D et les décisions implicites rejetant les recours administratifs qu'il a formés le 26 août 2021 et le 4 septembre 2021 contre l'ensemble de ces décisions sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête à fin d'annulation doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. F est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A F, à M. A B, à M. E G, à Mme C D et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 16 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Aubert, présidente,
M. Julinet, premier conseiller,
Mme Arnaud, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 juin 2023.
Le rapporteur,
S. JULINET
La présidente,
S. AUBERT
La greffière,
A. LOUART
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026