vendredi 16 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2123132 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET SCHMITT AVOCATS AARPI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 27 octobre 2021 et le 10 juin 2022, la société civile immobilière (SCI) Picpus, représenté par Me Bachelier, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 mai 2021 par lequel la maire de Paris a retiré le permis de construire tacite accordé le 28 février 2021 et a refusé de lui accorder ce permis de construire ;
2°) d'annuler la décision implicite de rejet née le 1er septembre 2021 du silence conservé par l'administration sur son recours gracieux ;
3°) d'enjoindre à la maire de Paris de lui délivrer un certificat attestant l'obtention du permis de construire tacite ;
4°) de mettre à la charge de la Ville de Paris une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- l'arrêté du 12 mai 2021 a été signé par une autorité incompétente ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration (CRPA) dès lors qu'il n'a pas été précédé d'une procédure contradictoire préalable ;
- il méconnait l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme dès lors que seuls les permis illégaux peuvent être retirés ;
- il est illégal dès lors que les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme sont respectées par le projet litigieux ;
- il est illégal dès lors que les dispositions du 3° de l'article UG 11.1.3 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris sont respectées par le projet litigieux.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 mai 2022, la ville de Paris conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que la requête est irrecevable en raison de sa tardiveté et de l'absence de recours administratif préalable obligatoire devant le préfet de région à l'encontre de l'avis défavorable de l'architecte des bâtiments de France.
Vu :
- les pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le règlement du plan local d'urbanisme de la ville de Paris ;
- le Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur du Marais ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Paret ;
- les conclusions de Mme de Schotten, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Gougibus, représentant la SCI Picpus.
Considérant ce qui suit :
1. La société civile immobilière (SCI) Picpus a déposé, le 30 novembre 2020, une demande de permis de construire pour la surélévation d'une construction existante à R+5 sur un niveau de sous-sol au 2, sentier Briens, 54, boulevard de Picpus et 39 rue Sibuet dans le 12ème arrondissement de Paris. En l'absence de réponse de la maire de Paris, le permis de construire demandé a été accordé implicitement le 28 février 2021. Par un arrêté du 4 mars suivant, la ville de Paris a refusé d'octroyer le permis de construire demandé. Par un arrêté du 12 mai 2021, la maire de Paris a procédé au retrait de l'autorisation implicite du 28 février 2021 et a refusé le permis de construire demandé. La SCI Picpus demande l'annulation de cette dernière décision.
Sur les fins de non-recevoir :
2. D'une part, il ne ressort pas des pièces du dossier que la SCI Picpus ait eu connaissance dès le 4 mars 2021, ainsi que l'affirme sans l'établir la maire de Paris en défense, de l'arrêté du même jour refusant la demande de permis de construire déposée par la SCI Picpus le 30 novembre 2020. En effet, la maire de Paris ne produit pas l'avis de réception postal mentionnant la date de notification de la lettre recommandée par laquelle cet arrêté aurait été notifié à la société pétitionnaire. Il suit de là que la décision du 12 mai 2021 ne peut être regardée comme une décision confirmative de la décision du 4 mars 2021, faute pour son auteur de justifier son caractère définitif à la date du 12 mai 2021, et que la requête de la SCI Picpus ne peut être ainsi regardée comme tardive et comme telle irrecevable.
3. D'autre part, quels que soient les moyens sur lesquels son recours est fondé, le pétitionnaire n'est pas recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre la décision de refus de permis de construire portant sur un immeuble situé dans un secteur sauvegardé ou dans le champ de visibilité d'un édifice classé ou inscrit au titre des monuments historiques faisant suite à un avis négatif de l'architecte des Bâtiments de France (ABF) s'il n'a pas, préalablement, saisi le préfet de région, selon la procédure spécifique définie à l'article R. 424-14 du code de l'urbanisme.
4. Il ressort des pièces du dossier que la SCI Picpus n'a pas, préalablement à l'introduction de son recours, saisi le préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, du recours administratif préalable obligatoire prévu par les dispositions de l'article R. 424-14 du code de l'urbanisme. Toutefois, il ressort de la décision attaquée qu'elle procède, outre au refus du permis de construire demandé, au retrait de l'autorisation tacite accordée le 28 février 2021. Il suit de là que la requête de la SCI Picpus, qui n'avait pas à saisir le préfet de la région d'Île-de-France, préfet de Paris d'un recours administratif préalable obligatoire avant l'introduction de son recours contre une décision de retrait d'une décision créatrice de droits, est recevable.
5. Il résulte de ce qui précède que les fins de non-recevoir opposées par la maire de Paris doivent être écartées.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
6. Aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ". Aux termes de l'article L. 211-2 du même code : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits ; () ".
7. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.
8. Il ressort des pièces du dossier que la maire de Paris a informé, par une lettre du 20 avril 2021, la SCI Picpus qu'elle envisageait de procéder au retrait de la décision du 28 février 2021 et l'a invitée à faire valoir ses observations dans un délai de 8 jours à compter de la réception de la lettre. Toutefois, la SCI Picpus soutient sans être contredite n'avoir jamais reçu cette lettre recommandée et la ville, en défense, ne fournit pas la preuve de la réception de ce courrier. L'arrêté attaqué doit donc être regardé comme ayant été pris en méconnaissance des dispositions de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration, lesquelles pose une règle de procédure constituant une garantie pour le titulaire du permis de construire.
9. Il résulte de ce qui précède que la SCI Picpus est fondée à soutenir que l'arrêté du 12 mai 2021 est illégal.
10. Aux termes de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme : " Lorsqu'elle annule pour excès de pouvoir un acte intervenu en matière d'urbanisme ou en ordonne la suspension, la juridiction administrative se prononce sur l'ensemble des moyens de la requête qu'elle estime susceptibles de fonder l'annulation ou la suspension, en l'état du dossier. ". Aucun des autres moyens soulevés par le requérant n'est susceptible, en l'état du dossier, de fonder l'annulation de l'arrêté attaqué.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
11. L'annulation de la décision du 12 mai 2021 entraîne sa disparition de l'ordonnancement juridique. Toutefois, les conclusions de la requête n'étant pas dirigées contre la décision de rejet de la demande de la SCI Picpus du 4 mars 2021, cette dernière décision, alors même qu'il n'est pas justifié de sa notification à la société requérante, doit être regardée comme portant retrait du permis accordé tacitement le 28 février 2021 et demeure dans l'ordonnancement juridique. Il suit de là que le présent jugement n'implique pas qu'il soit enjoint à la maire de Paris de lui faire délivrer un certificat attestant l'obtention du permis de construire tacite à la société requérante.
Sur les frais liés au litige :
12. Il a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la Ville de Paris une somme totale de 1 500 euros à verser à la SCI Picpus en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 12 mai 2021 par lequel la maire de Paris a retiré le permis de construire délivré le 28 février 2021 à la SCI Picpus est annulé.
Article 2 : La ville de Paris versera à la SCI Picpus la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société civile immobilière (SCI) Picpus et à la Ville de Paris.
Délibéré après l'audience du 2 juin 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Simonnot, président,
- M. Grandillon, premier conseiller,
- M. Paret, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 juin 2023.
Le rapporteur,
F. PARET
Le président,
J.-F. SIMONNOTLa greffière,
S. RAHMOUNI
La République mande et ordonne au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
212313
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026