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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2124101

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2124101

jeudi 9 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2124101
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1re Section - 2e Chambre
Avocat requérantVERDIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I - Par une requête n° 2124101/1-2, enregistrée le 11 novembre 2021, M. C D, représenté par Me Verdier, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 21 octobre 2021 par laquelle le Centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière (CNG) a refusé son inscription aux épreuves classantes nationales donnant accès au troisième cycle des études médicales de la session 2021/2022 ;

2°) d'enjoindre au CNG de ne pas s'opposer à son inscription aux épreuves classantes nationales 2022/2023 ;

3°) de mettre à la charge du CNG la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que la décision attaquée méconnaît l'article R. 632-2 du code de l'éducation tel que modifié par le décret n° 2021-1156 du 7 septembre 2021.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er février 2023, le CNG, représenté par sa directrice générale par intérim, Mme B A, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

-à titre principal, la requête est irrecevable, dès lors que, d'une part, la lettre attaquée est purement informative et ne fait pas grief et que, d'autre part, elle constitue un refus opposé à une demande purement gracieuse ;

-à titre subsidiaire, aucun moyen de la requête n'est fondé.

II - Par une requête n° 2205011/1-2, enregistrée le 1er mars 2022, M. C D, représenté par Me Verdier, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 14 février 2022 par laquelle le CNG a refusé son inscription aux épreuves classantes nationales donnant accès au troisième cycle des études médicales de la session 2022/2023 ;

2°) d'enjoindre au CNG de ne pas s'opposer à son inscription aux épreuves classantes nationales 2022/2023 ;

3°) de mettre à la charge du CNG la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient qu'en vertu de l'article L. 632-2 du code de l'éducation, il pouvait passer les épreuves classantes sans restriction.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er février 2023, le CNG, représenté par sa directrice générale par intérim, Mme B A, conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun moyen de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

-le code de l'éducation ;

-le décret n° 2021-1156 du 7 septembre 2021 ;

-le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

-le rapport de Mme Dousset,

-et les conclusions de M. Charzat, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. D a validé un deuxième cycle d'enseignement supérieur en médecine générale avec l'obtention du grade de master au sein de l'université de Masaryk en République Tchèque le 9 juin 2021. Il a souhaité s'inscrire aux épreuves classantes nationales donnant accès au troisième cycle des études médicales de la session 2021/2022. Toutefois, par un courrier du 21 octobre 2021 le Centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière (CNG) lui a indiqué que son inscription n'était plus possible. M. D a souhaité s'inscrire à la session 2022/2023 en déposant un dossier sur la plateforme dédiée mais le CNG lui a, de nouveau, indiqué qu'il n'était pas possible de donner suite à sa demande par un courrier du 14 février 2022. M. D demande l'annulation des décisions des 21 octobre 2021 et 14 février 2022.

Sur la jonction :

2. Les requêtes n° 2124101/1-2 et n° 2205011/1-2, présentées pour M. D par Me Verdier, présentent à juger des mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. Aux termes de l'article L. 632-2 du code de l'éducation : " I. - Peuvent accéder au troisième cycle des études de médecine : / 1° Les étudiants ayant validé le deuxième cycle des études de médecine en France ou les étudiants ayant validé une formation médicale de base au sens de l'article 24 de la directive 2005/36/ CE du Parlement européen et du Conseil du 7 septembre 2005 relative à la reconnaissance des qualifications professionnelles dans un Etat membre de l'Union européenne, un Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen, la Confédération suisse ou la Principauté d'Andorre. L'admission est alors subordonnée à l'obtention d'une note minimale à des épreuves nationales permettant d'établir que l'étudiant a acquis les connaissances et compétences suffisantes au regard des exigences de la formation de troisième cycle ; () III. - Un décret en Conseil d'Etat détermine : / 1° Les modalités nationales d'organisation des épreuves de connaissances et de compétences mentionnées au 1° du I ; / 2° Les conditions et modalités d'accès au troisième cycle des études de médecine pour les étudiants et professionnels mentionnés au même I ; ".

4. L'article 4 du décret n° 2021-1156 du 7 septembre 2021 relatif à l'accès au troisième cycle des études de médecines qui a modifié la partie réglementaire du code de l'éducation concernant les épreuves classantes précise : " I. - Les dispositions du présent décret sont applicables : / 1° Aux étudiants accédant à la première année du deuxième cycle des études de médecine à compter de la rentrée universitaire 2021, y compris les étudiants qui avaient suivi cette première année sans l'avoir validée au cours d'années universitaires précédentes ; / 2° Aux étudiants ayant validé à partir de l'année 2022-2023 l'avant dernière année d'une formation médicale de base au sens de l'article 24 de la directive n° 2005/36/CE du Parlement européen et du Conseil du 7 septembre 2005 relative à la reconnaissance des qualifications professionnelles dans un Etat membre de l'Union européenne, un Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen, la Confédération suisse ou la Principauté d'Andorre. / II. - Les étudiants qui ne répondent pas aux conditions mentionnées au I du présent article se présentent aux épreuves classantes nationales organisées conformément aux dispositions du code de l'éducation, dans leur rédaction issue du décret n° 2016-1597 du 25 novembre 2016 relatif à l'organisation du troisième cycle des études de médecine et modifiant le code de l'éducation ".

5. Il est constant que M. D, qui a validé le deuxième cycle des études de médecine en République Tchèque le 9 juin 2021, ne s'est pas présenté aux épreuves classantes durant l'année universitaire où il remplissait les conditions prévues par le 1° de l'article R. 632-5 du code de l'éducation pour présenter une première candidature, à savoir les épreuves organisées en juin 2021. M. D soutient que, dès lors qu'il ne rentrait pas dans l'un des deux cas prévus par l'article 4 du décret du 7 septembre 2021, il pouvait passer les épreuves classantes en 2022 sans qu'aucune restriction ne lui soit opposée. Toutefois, le II de cet article 4 précise que, dans l'hypothèse où un candidat ne rentre pas dans les deux cas prévus par le I du même article, il se présente aux épreuves classantes conformément aux dispositions du code dans sa version antérieure à l'entrée en vigueur du décret du 7 septembre 2021. Or, aux termes de l'article R. 632-5 de ce code dans sa version applicable " Les étudiants ne peuvent se présenter que deux fois aux épreuves classantes nationales et effectuer le choix prévu à l'article R. 632-7, sauf empêchement prévu à l'article R. 632-8 : / 1° La première fois durant l'année universitaire au cours de laquelle ils remplissent les conditions prévues à l'article R. 632-1, qui sont appréciées au plus tard à la date de la délibération du jury des épreuves classantes nationales ; () ". Ainsi, en vertu de ces dispositions M. D devait se présenter aux épreuves classantes organisées durant l'année universitaire de l'obtention de son diplôme tchèque, soit durant l'année 2020/2021.

6. En outre, M. D soutient qu'il remplit les conditions prévues par l'article L. 632-2 du code de l'éducation qui ne comporte aucune restriction quant à la date à laquelle un étudiant doit passer les épreuves classantes. Toutefois, alors que l'article L. 632-2 renvoie à un décret en Conseil d'Etat le soin de déterminer ses modalités d'application, le requérant ne peut se prévaloir directement de ses termes.

7. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense, que les conclusions à fin d'annulation de M. D doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.

Sur les frais liés au litige :

8. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

9. Les dispositions précitées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du CNG, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par M. D au titre de frais exposés par lui et non compris dans les dépens.

D E C I D E

Article 1er : Les requêtes de M. D sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C D et au Centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière.

Délibéré après l'audience du 14 février 2023, à laquelle siégeaient :

M. Bachoffer, président,

Mme Dousset, première conseillère,

M. Khansari, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mars 2023.

La rapporteure,

A. DOUSSET

Le président,

B.R. BACHOFFER

La greffière,

L. REGNIER

La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

2/1-2,

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