mardi 18 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2125048 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET GUILLON (SELARL) |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête, enregistrée le 24 novembre 2021, M. B A, représenté par Me Guillon, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 4 novembre 2021 par le préfet de police a refusé de lui délivrer un récépissé de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour autorisant sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise, dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Le préfet de police n'a pas produit d'observations en défense.
Par une ordonnance du 14 février 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 14 mars 2022.
II. Par une requête, enregistrée le 2 juin 2022, M. B A, représenté par Me Guillon, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 mai 2022 par lequel le préfet de police de Paris a refusé de lui délivrer un titre de séjour, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de police, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " vie privée et familiale " dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions précitées ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 septembre 2022, le préfet de police, représenté par Me Cano, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 9 septembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 20 septembre 2022.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de M. C.
Une note en délibéré, présentée pour M. A par Me Guillon, a été enregistrée le 4 octobre 2022.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant ivoirien né le 1er janvier 1991, est entré en France en 2015 selon ses déclarations. Il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour, qui lui a été refusée par un arrêté du 13 décembre 2019 lui faisant obligation de quitter le territoire français. Par un jugement du 10 juin 2020, le tribunal administratif de Paris a rejeté le recours contre cette décision et, par une ordonnance du 25 août 2020, le président de la 8ème chambre de la cour administrative d'appel de Paris a rejeté le recours contre ce jugement. M. A, qui n'a pas exécuté la mesure d'éloignement, a sollicité un rendez-vous pour le dépôt d'une nouvelle demande de titre de séjour. Par une ordonnance des référés du 13 octobre 2021, le tribunal administratif de Paris a enjoint au préfet de police de lui délivrer un rendez-vous. Il a donc été convoqué auprès des services de la préfecture de police le 4 novembre 2021 pour y déposer une demande d'admission exceptionnelle au séjour et s'est vu remettre une confirmation de dépôt d'une demande d'admission exceptionnelle au séjour, et non le récépissé prévu à l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par une ordonnance des référés du 21 décembre 2021, le tribunal administratif de Paris a enjoint au préfet de police de délivrer à M. A le récépissé prévu à l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ce que le préfet de police a fait le 1er février 2022. Par un arrêté du 23 mai 2022, le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné. Par deux requêtes, M. A demande au tribunal, d'une part, d'annuler la décision du 4 novembre 2021 par laquelle le préfet de police a refusé de lui délivrer un récépissé de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour et, d'autre part, d'annuler l'arrêté du 23 mai 2022 du préfet de police.
Sur la jonction :
2. Les requêtes n° 2125048 et n° 2212161 sont présentées par le même requérant. Elles ont fait l'objet d'une instruction commune et présentent à juger des questions semblables. Il y a lieu, dès lors, de les joindre pour y statuer par un seul jugement.
Sur le non-lieu à statuer :
3. Il ressort des pièces du dossier que le préfet de police a remis à M. A un récépissé de demande de carte de séjour le 1er février 2022. Dès lors, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête n° 2125048 tendant à l'annulation de la décision du préfet de police du 4 novembre 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ".
5. Il ressort des pièces du dossier que M. A établit, par la production d'un contrat de travail à durée indéterminée du 1er janvier 2017 ayant fait l'objet d'un avenant le 14 février 2018, de l'intégralité des bulletins de paie émis par son employeur depuis le mois de janvier 2017 ainsi que de deux attestations de son employeur comportant la même signature que celle figurant sur l'avenant au contrat de travail mentionné plus haut, de ce que, à la date de la décision attaquée, il travaillait à temps plein comme veilleur-livreur depuis plus de quatre ans, après une première année comme livreur au cours de laquelle il a travaillé à raison de 25 heures par semaine, pour une rémunération mensuelle nette oscillant entre 1 300 et 1 900 euros par mois. Compte tenu de cette circonstance et de l'appréciation positive de son employeur, qui a rempli et signé une demande d'autorisation de travail pour lui le 15 novembre 2018, le préfet de police ne saurait soutenir que l'intéressé ne présente, à l'appui de sa demande de titre de séjour, qu'un document Cerfa de demande d'autorisation de travail. Dans ces conditions, le préfet de police a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions précitées de l'article L. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet de police du 23 mai 2022.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
7. Le présent jugement implique nécessairement, en application des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative et sous réserve de toute modification de fait ou de droit, que le préfet de police délivre au requérant une carte de séjour temporaire dans le cader des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il y a lieu d'enjoindre au préfet de police d'y procéder dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. En revanche, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur la requête n° 2125048.
Article 2 : L'arrêté du préfet de police du 23 mai 2022 est annulé.
Article 3 : Il est enjoint au préfet de police, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, de délivrer à M. A une carte de séjour temporaire dans le cadre des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Article 4 : L'État versera à M. A la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de police.
Délibéré après l'audience du 4 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Bachoffer, président,
Mme Dousset, première conseillère,
M. Khansari, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2022.
Le rapporteur,
A. C
Le président,
B. BACHOFFER
La greffière,
L. REGNIER
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/1-2, 2212161/1-
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026