mercredi 28 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2125943 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | BOVIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 décembre 2021, la société anonyme Toon Factory, représentée par Me Bovis, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler l'avis des sommes à payer d'un montant de 150 401,25 euros adressé par le centre national du cinéma et de l'image animé (CNC) le 27 août 2021 ;
2°) de la décharger de l'obligation de payer cette somme ;
3°) de mettre à la charge du CNC une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société Toon Factory soutient que :
- la décision attaquée n'est pas motivée ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 février 2023, le CNC conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la société Toon Factory ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du cinéma et de l'image animée ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le règlement général des aides financières du centre national du cinéma et de l'image animée ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Coz,
- les conclusions de M. Thulard, rapporteur public,
- et les observations de Mme A, représentant le CNC.
Considérant ce qui suit :
1. La société Toon Factory a sollicité du CNC une allocation d'investissement pour adapter, sous forme de 52 épisodes brefs, la bande dessinée " Sardine de l'espace ". Elle a obtenu le 17 septembre 2018 une allocation de 980 217 euros puis, le 13 août 2019, une nouvelle allocation d'un montant de 200 535 euros. La société ayant remis les comptes définitifs le 16 février 2021, lesquels faisaient apparaître une part des financements publics supérieure à la limite de 50 % prévue par l'article 311-22 du règlement général des aides financières (RGA), elle a adressé le 29 mars 2021 une demande pour bénéficier de la dérogation prévue par ce l'article 311-23 pour les œuvres difficiles bénéficiant de financements publics jusqu'à hauteur de 80 % de leur budget. Le 9 juin 2021, le CNC a rejeté cette demande et le 26 juillet 2021 il a délivré l'autorisation définitive, diminuant le montant de la première allocation d'investissement de 980 217 à 948 252 euros et supprimant la seconde allocation d'investissement d'un montant de 200 535 euros. Le même document informait la société qu'elle était redevable de la somme de 150 401,25 euros. Le 27 août 2021 le CNC a adressé un " avis des sommes à payer " pour ce montant, suivi d'un rappel le 12 octobre 2021. La société Toon Factory doit être regardée comme demandant au tribunal l'annulation de l'avis du 27 août 2021.
2. En premier lieu, aux termes de l'article 24 du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 : " () Toute créance liquidée faisant l'objet d'une déclaration ou d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation. " En application de ces dispositions, un état exécutoire doit indiquer les bases de la liquidation de la créance pour le recouvrement de laquelle il est émis et les éléments de calcul sur lesquels il se fonde, soit dans le titre lui-même, soit par référence précise à un document joint à l'état exécutoire ou précédemment adressé au débiteur. En l'espèce, le titre exécutoire contesté mentionne la somme due et précise : " Œuvre audiovisuelle (animation) " Sardine de l'espace " : reversement aide automatique à la production (courrier du 26 juillet 2021) ". La requérante ne conteste pas avoir reçu le courrier du 26 juillet 2021, lequel détaille le calcul retenu et rappelle que la diminution du montant de l'allocation d'investissement est à l'origine de la créance du CNC. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 24 du décret n° 2012-1246 doit être écarté.
3. En deuxième lieux aux termes de l'article 311-22 du RGA, dans sa version applicable au litige : " Le montant des aides financières attribuées en application du présent chapitre pour la production et la préparation d'une œuvre audiovisuelle déterminée ne peut être supérieur à 40 % du coût définitif de cette œuvre et, en cas de coproduction internationale, à 40 % de la participation française./ Les aides financières attribuées ne peuvent avoir pour effet de porter l'ensemble des aides publiques à plus de 50 % du coût définitif de l'œuvre considérée et, en cas de coproduction internationale, à plus de 50 % de la participation française. " L'article 311-23 du même texte dispose que " Des dérogations aux seuils de 50 % d'intensité des aides publiques peuvent être accordées par le président du Centre national du cinéma et de l'image animée, dans la limite de 60 % et sur demande motivée de l'entreprise de production, pour les œuvres audiovisuelles " difficiles " ou " à petit budget ". / La limite prévue au premier alinéa est portée à 80 % pour les œuvres difficiles appartenant au genre documentaire de création, admises au bénéfice des aides financières sélectives à la production et à la préparation, dont le budget total est inférieur ou égal à 150 000 € par heure. " L'article 911-56 du même texte dispose que : " Sont considérées comme des œuvres difficiles les œuvres cinématographiques, audiovisuelles ou multimédia faisant l'objet de demandes d'aides entre le 1er octobre 2020 et le 31 décembre 2021 et pour lesquelles il est justifié de difficultés particulières de production ou de commercialisation tenant notamment à leur financement, leur réalisation ou leur diffusion, eu égard aux conditions anormales de marché liées aux conséquences de l'épidémie de covid-19./ Des dérogations aux conditions relatives à l'intensité des aides publiques prévues par le présent règlement peuvent être accordées au titre de ces œuvres par le président du Centre national du cinéma et de l'image animée sur demande motivée de l'entreprise, dans la limite de 80 % des coûts admissibles. "
4. Si la requérante semble soutenir que le dépassement du plafond de 50 % est la conséquence d'une erreur de calcul sur le montant du crédit d'impôt prévu par l'article 220 sexies du code général des impôts, elle n'apporte aucun élément de nature à établir cette erreur et ses conséquences. Par ailleurs, la société Toon Factory, en se contentant de transmettre un courriel adressé par ses soins au CNC au soutien de sa demande de dérogation, lequel mentionne les retards et surcoûts liés à la situation sanitaire, n'établit pas la gravité des difficultés financières rencontrées.
5. Enfin, si la société requérante soutient qu'elle se trouve dans la même situation qu'une autre société qui aurait déposé une demande d'aide entre le 1er octobre 2020 et le 31 décembre 2021, il ne ressort pas des pièces du dossier que le CNC aurait refusé d'examiner sa demande de dérogation alors même que l'article 911-56 du RGA ne prévoit qu'une possibilité de dérogation et non un droit à bénéficier de cette dérogation et que la décision du 26 juillet 2021 valide un taux de financement public de 53,57 %, lequel implique nécessairement que le CNC ait partiellement fait droit à la demande présentée par la société requérante.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la société Toon Factory doit être rejetée, y compris les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Toon Factory est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société anonyme Toon Factory et au centre national du cinéma et de l'image animée.
Délibéré après l'audience du 13 juin 2023 à laquelle siégeaient :
Mme Riou, présidente,
Mme Kanté, première conseillère,
M. Coz, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 juin 2023.
Le rapporteur,
Y. Coz
La présidente,
C. Riou
La greffière,
V. Lagrède
La République mande et ordonne à la ministre de la culture en ce qui la concerne et à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026