mardi 30 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2126332 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET MORELLI, MAUREL ET ASSOCIES (SCP) |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 7 décembre 2021, le président du tribunal administratif de Bastia a renvoyé au tribunal administratif de Paris les requêtes enregistrée sous les nos 2101387 et 2101388 de M. A Marquis en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative.
I. Par une requête, enregistrée au tribunal administratif de Paris sous le no 2126337 le 7 décembre 2021, M. A Marquis, représenté par Me Giovannangeli, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet née le 5 octobre 2021 du silence gardé par le garde des sceaux, ministre de la justice, sur sa demande d'attestation de l'existence de sa décision implicite d'acceptation de dispense d'examen professionnel d'huissier de justice intervenue le 9 juillet 2020 ;
2°) d'enjoindre au garde des sceaux, ministre de la justice de délivrer ladite attestation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat, le versement de la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761 du code de justice administrative ainsi qu'aux entiers dépens.
Il soutient que le garde des sceaux, ministre de la justice a commis une erreur de droit en ne répondant pas à sa demande tendant à obtenir une attestation de décision implicite d'acceptation de sa demande de dispense de l'examen professionnel d'huissier, née le 9 juillet 2020 du silence gardé par le garde des sceaux, ministre de la justice alors qu'il y avait le droit aux termes de l'article L. 232-3 du code des relations entre le public et l'administration.
Par un mémoire enregistré au tribunal le 5 mai 2023, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au non-lieu à statuer sur la requête.
Il fait valoir que par lettre du 24 avril 2023, il a attesté à M. Marquis qu'il bénéficiait d'une décision implicite d'acceptation.
Par une ordonnance du 7 juillet 2022 la clôture de l'instruction a été fixée au 15 septembre 2022.
II. Par une requête enregistrée au greffe du tribunal administratif de Paris sous le no 2126332 le 7 décembre 2021, M. A Marquis, représenté par Me Giovannangeli, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet née le 5 octobre 2021 du silence gardé par la chambre nationale des commissaires de justice (CNCJ) sur sa demande d'attestation de l'existence de sa décision implicite d'acceptation de dispense d'examen professionnel d'huissier de justice intervenue le 10 juillet 2021 ;
2°) d'ordonner à la CNCJ de délivrer ladite attestation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de condamner la CNCJ à lui payer la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi qu'aux entiers dépens.
Il soutient que la CNCJ a commis une erreur de droit en ne répondant pas à sa demande tendant à obtenir une attestation de décision implicite d'acceptation de sa demande de dispense de l'examen professionnel d'huissier de justice, née le 10 juillet 2021 du silence gardé par la CNCJ alors qu'il y avait le droit aux termes de l'article L. 232-3 du code des relations entre le public et l'administration.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 juillet 2022 au tribunal administratif de Paris, la CNCJ, représentée par Me Poisson, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- le juge administratif est incompétent pour connaitre du recours contre cette décision, celle-ci n'étant pas un acte administratif ;
- elle n'avait pas à répondre à la demande de M. Marquis qui n'avait pas le droit à un deuxième examen de sa demande de dispense d'examen professionnel ;
- la décision implicite contestée n'existe pas, la règle posée par l'article L. 231-1 du code des relations entre le public et l'administration selon laquelle le silence de l'administration vaut acceptation n'étant pas applicable au silence né à la suite d'une demande effectuée auprès d'un organisme de droit privé.
Par une ordonnance du 7 juillet 2022 la clôture de l'instruction a été fixée au 15 septembre 2022.
Par courrier du 2 mai 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7-3 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible de relever d'office le moyen tiré de l'irrecevabilité de la requête, en application des dispositions de l'article L. 221-4 du code de relations entre le public et l'administration, dès lors que la demande de dispense de l'examen d'huissier de justice présentée par M. Marquis a été définitivement rejetée par le garde des sceaux, ministre de la justice, sous l'empire de la réglementation applicable antérieurement au 1er janvier 2021, date d'entrée en vigueur du décret n° 2020-931 du 29 juillet 2020.
Par un courrier enregistré le 3 mai 2023, M. Marquis a répondu au moyen d'ordre public.
Un mémoire aux fins de désistement, enregistré au tribunal le 15 mai 2023, postérieurement à la clôture d'instruction, n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration,
- la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations,
- l'ordonnance n° 2016-728 du 2 juin 2016,
- le décret n° 75-770 du 14 août 1975,
- le décret n° 2014-1278 du 23 octobre 2014,
- le décret n° 2020-931 du 29 juillet 2020,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Laloye,
- les conclusions de M. Guérin-Lebacq, rapporteur public,
- et les observations de Me Edeline, représentant M. Marquis.
Considérant ce qui suit :
Sur la jonction des requêtes :
1. Les requêtes enregistrées sous les nos 2126337 et 2126332 présentent à juger des questions connexes et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu, par suite, de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions des requêtes :
2. En premier lieu, d'une part, aux termes des dispositions de l'article L. 231-1 du code de justice administrative : " Le silence gardé pendant deux mois par l'administration sur une demande vaut décision d'acceptation. ". D'autre part, aux termes de l'article 1er du décret du 23 octobre 2014 visé ci-dessus : " En application des articles L. 231-5 et L. 231-6 du code des relations entre le public et l'administration, et par exception à l'application du délai de deux mois prévu à l'article L. 231-1 du même code, les délais à l'expiration desquels le silence gardé par l'administration sur les demandes dont la liste figure en annexe du présent décret vaut décision d'acceptation sont mentionnés à la même annexe. ". Et en application de cette annexe, le silence gardé pendant quatre mois sur les demandes de dispense de stage et d'examen d'huissier de justice (ancienne appellation des commissaires de justice) vaut décision implicite d'acceptation.
3. En second lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 231-4 du code des relations entre le public et l'administration : " Par dérogation à l'article L. 231-1, le silence gardé par l'administration pendant deux mois vaut décision de rejet : () 5° Dans les relations entre l'administration et ses agents. ". Et en vertu des dispositions de l'article 100-3 du même code : " Au sens du présent code et sauf disposition contraire de celui-ci, on entend par : 1° Administration : les administrations de l'Etat, les collectivités territoriales, leurs établissements publics administratifs et les organismes et personnes de droit public et de droit privé chargés d'une mission de service public administratif, y compris les organismes de sécurité sociale. ".
4. M. Marquis a déposé sur le portail OPM du ministère de la justice le 12 janvier 2020 une demande, enregistrée sous le portail 83990, tendant à la dispense de l'examen professionnel d'huissier de justice, en application de l'alinéa 9 de l'article 2 du décret n° 75-770 du 14 août 1975 relatif aux conditions d'accès à la profession d'huissier de justice ainsi qu'aux modalités de créations, transferts et suppressions d'office d'huissiers de justice et concernant certains officiers ministériels et auxiliaires de justice, dans sa version alors en vigueur. Par courriel du 28 février 2020, il lui a été demandé de produire des pièces complémentaires. Les 3, 4 et 8 mars 2020, M. Marquis a transmis les pièces sollicitées. Par courrier recommandé du 3 août 2021, réceptionné par le garde des sceaux, ministre de la justice le 5 août suivant, M. Marquis, estimant qu'une décision implicite d'acceptation de sa demande de dispense d'examen professionnel d'huissier de justice était née à l'issue d'un délai de quatre mois, en application de l'article 1er du décret du 23 octobre 2014, citées au point 2 du présent jugement, a sollicité la délivrance d'une attestation de sa demande, en application des dispositions citées au point 3 du présent jugement de l'article L. 231-1 du code des relations entre le public et l'administration, en arguant d'une demande de dispense d'examen professionnel d'huissier de justice, sur le fondement de l'article 2 - 10° du décret précité du 14 août 1975. Par la requête enregistrée sous le n° 2026337, il demande au tribunal d'annuler la décision implicite de rejet, en date du 5 octobre 2021 née du silence gardé pendant 2 mois à la suite de sa demande réceptionnée le 5 août 2021. Par courrier du 24 avril 2023, le garde des sceaux, ministre de la justice a informé M. Marquis que sa demande d'attestation, réceptionnée le 5 août 2021 était tacitement acceptée depuis le 8 juillet 2020. D'autre part, suite à la réforme intervenue par le décret du 29 juillet 2020, transférant, à compter du 1er janvier 2021 à la CNCJ (anciennement chambre nationale des huissiers de justice) la compétence en matière de dispense d'examen professionnel d'huissier de justice, M. Marquis a, par une demande en date du 9 mars 2021, réceptionnée par la CNJC le 10 mars suivant, sollicité de cet organisme de le dispenser de l'examen professionnel d'huissier sur le fondement du 10° de l'article 2 du décret du 14 août 1975. S'estimant bénéficiaire d'une décision implicite d'acceptation, en application du décret du 23 octobre 2014, née le 10 juillet 2021, M. Marquis a sollicité par une demande réceptionnée par la CNJC le 5 août 2021 l'attestation de la décision implicite d'acceptation de la dispense d'examen d'huissier de justice, en application des dispositions précitées de l'article 1er et de l'annexe du décret du 23 octobre 2014 précité, en arguant de son droit à une dispense d'examen professionnel d'huissier, comme dans sa première demande sur le fondement de l'article 2 - 10° du décret du 14 août 1975. Par la requête enregistrée au tribunal sous le n° 2126332, M. Marquis demande au tribunal d'annuler la décision implicite de rejet née le 5 octobre 2021 du silence gardé par la CNJC suite à sa seconde demande du 4 août 2021, en application des dispositions de l'article L. 231-4 du code des relations entre le public et l'administration précité.
En ce qui concerne la requête enregistrée sous le n° 2126337 :
Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :
5. Aux termes de l'article 1er du décret du 14 août 1975 relatif aux conditions d'accès à la profession d'huissier de justice : " Nul ne peut être huissier de justice, s'il ne remplit les conditions suivantes : () 7° Avoir subi l'examen professionnel prévu au chapitre III, sous réserve des dispenses prévues aux articles 2, 3, 4, 5-2 et 5-3. ". Aux termes des dispositions de l'article 2 du décret du 14 août 1975, dans sa version applicable à la date du 10 mars 2020 : " Peuvent être dispensés de l'examen professionnel et de tout ou partie du stage par décision du garde des sceaux, ministre de la justice, prise après avis du bureau de la chambre nationale des huissiers de justice () 9° Les anciens fonctionnaires de la catégorie A ou les personnes assimilées aux fonctionnaires de cette catégorie ayant exercé pendant trois ans au moins des activités juridiques ou fiscales dans une administration d'un service public. ".
6. Si M. Marquis se prévaut dans sa requête d'une décision implicite d'acceptation de sa demande de dispense de l'examen d'huissier de justice, effectuée sur le fondement des dispositions de l'article 2 - 9° du décret du 14 août 1975 cité ci-dessus, il résulte de sa demande d'attestation de dispense que cette demande a été effectuée sur le fondement de l'article 2 - 10° du même décret. En tout état de cause, par courrier du 24 avril 2023, le garde des sceaux, ministre de la justice a délivré à M. Marquis une attestation de dispense d'examen professionnel d'huissier de justice sans préciser le fondement du décret du 14 août 1975 sur lequel cette dispense était accordée. Il en résulte que les conclusions de la requête à fin d'annulation de la décision implicite de rejet de sa demande de dispense sont devenues sans objet ainsi que par voie de conséquence ses conclusions aux fins d'injonction.
Sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à M. Marquis au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
En ce qui concerne la requête enregistrée sous le n° 2126332 :
Sur l'exception d'incompétence soulevée en défense par la CNJC :
8. Aux termes de l'article 1er du décret du 14 août 1975 relatif aux conditions d'accès à la profession d'huissier de justice : " Nul ne peut être huissier de justice, s'il ne remplit les conditions suivantes : () 7° Avoir subi l'examen professionnel prévu au chapitre III, sous réserve des dispenses prévues aux articles 2, 3, 4, 5-2 et 5-3. ". Aux termes de l'article 2 de ce décret : " Peuvent être dispensés de l'examen professionnel et de tout ou partie du stage par décision du garde des sceaux ministre de la justice, prise après avis du bureau de la chambre nationale des huissiers de justice : () 10° Les personnes ayant accompli cinq années au moins d'exercice professionnel dans le service juridique ou fiscal d'une entreprise publique ou privée employant au moins trois juristes () ". Il résulte des dispositions du décret du 29 juillet 2020 relatif aux obligations déclaratives des notaires, des huissiers de justice et des commissaires-priseurs judiciaires et aux décisions de dispenses et d'admission à concourir pour l'accès à ces professions que les décisions de dispense de titre ou de stage pour les commissaires de justice (ex huissiers de justice) ont été confiées entièrement aux instances et organismes de formation professionnels, en l'espèce la chambre nationale des commissaires de justice. L'article 17 de ce décret prévoit que : " Les dispositions du présent décret entrent en vigueur le 1er janvier 2021. Elles s'appliquent aux déclarations déposées à compter de cette date. ". M. Marquis ayant effectué sa seconde demande de dispense sur le fondement de l'article 2 - 10° du décret précité, le 10 mars 2021, la chambre nationale des commissaires de justice était compétente pour statuer sur cette demande.
9. La CNJC excipe en défense de l'incompétence de la juridiction administrative pour statuer sur cette demande dès lors que la CNJC est un établissement d'utilité publique, personne morale de droit privé et non une administration au sens des dispositions de l'article 100-3 du code des relations entre le public et l'administration, citées au point 3 du présent jugement. Il résulte toutefois de ces dispositions que doivent être regardées comme des administrations, les personnes de droit public ou de droit privé chargées d'une mission de service public.
10. Aux termes du 2° et du 3° de l'article 16 de l'ordonnance du 2 juin 2016, la CNCJ a pour mission " 2° De donner son avis et de transmettre les informations qu'elle détient, chaque fois qu'elle en est requise par le garde des sceaux, ministre de la justice, sur les questions professionnelles entrant dans ses attributions. ; / 3° D'assurer l'organisation de la formation professionnelle initiale des commissaires de justice en tenant compte de l'ensemble des compétences qui leur sont dévolues en application du I de l'article 1er. ". La CNJC, prévue par l'ordonnance du 2 juin 2016 relative au statut des commissaires de justice, qui sont des officiers publics ministériels, est un établissement d'utilité publique, chargé notamment de représenter la profession auprès du ministère de la justice qui est son ministère de tutelle et assure notamment l'organisation de la formation professionnelle initiale et détermine les modalités d'accomplissement de l'obligation de formation professionnelle continue. Elle est ainsi chargée d'une mission d'intérêt général. De plus, le pouvoir laissé à la chambre nationale de dispenser ou non les candidats de passer l'examen professionnel d'huissier de justice relève de contraintes qu'elle peut imposer dans l'organisation de la profession et doit ainsi être considérée comme exerçant des prérogatives de puissance publique, précédemment exercées par le ministre de la justice. Il résulte de ce qui précède qu'une décision de dispense d'examen professionnel, et par analogie une décision implicite de rejet d'une demande d'attestation de décision implicite d'acceptation de dispense d'examen professionnel accordées par la CNCJ sont bien des actes administratifs dont le contentieux relève de la compétence du tribunal administratif. Il en résulte que l'exception d'incompétence soulevée en défense doit être écartée.
Sur le fond :
Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :
11. Aux termes de l'article 1er du décret du 14 août 1975 relatif aux conditions d'accès à la profession d'huissier de justice : " Nul ne peut être huissier de justice, s'il ne remplit les conditions suivantes : () 7° Avoir subi l'examen professionnel prévu au chapitre III, sous réserve des dispenses prévues aux articles 2, 3, 4, 5-2 et 5-3. ". Aux termes de l'article 2 de ce décret : " Peuvent être dispensés de l'examen professionnel et de tout ou partie du stage par décision du garde des sceaux ministre de la justice, prise après avis du bureau de la chambre nationale des huissiers de justice : () 10° Les personnes ayant accompli cinq années au moins d'exercice professionnel dans le service juridique ou fiscal d'une entreprise publique ou privée employant au moins trois juristes () ".
12. Comme indiqué au point 6 du présent jugement, M. Marquis a obtenu une attestation de dispense d'examen d'huissier de justice du garde des sceaux, ministre de la justice, par courrier du 24 avril 2023. Ses conclusions aux fins d'annulation d'une décision implicite de rejet de sa demande d'attestation de dispense effectuée auprès de la CNJC, nouvellement compétente pour statuer sur les demandes de dispense, et par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction sont donc également devenues sans objet. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de rejeter les conclusions présentées par M. Marquis à l'encontre de la CNJC sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction présentées par M. Marquis dans ses requêtes enregistrées sous les nos 2126332 et 2126337.
Article 2 : L'Etat versera la somme de 1 500 euros à M. Marquis au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A Marquis, au garde des sceaux, ministre de la justice et à la chambre nationale des commissaires de justice.
Délibéré après l'audience du 16 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Laloye, président-rapporteur,
M. Lautard-Mattioli, premier conseiller,
M. Théoleyre, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mai 2023.
Le président-rapporteur,
P. Laloye
L'assesseur le plus ancien,
B. Lautard-Mattioli
La greffière,
K. Bak-Piot
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 2126332 et 2126337/6-
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026