mercredi 22 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2126832 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | LEFORT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 décembre 2021, M. A B, représenté par Me Lefort, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 28 octobre 2021 par lequel le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
3°) d'enjoindre, à titre principal, au préfet de police de lui délivrer le titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au bénéfice de Me Lefort en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, en cas de rejet de sa demande d'aide juridictionnelle, de lui verser directement ladite somme.
Il soutient que :
- la décision de refus de titre de séjour est entachée d'un vice de procédure en ce qu'il n'est pas établi ni qu'un avis médical a été rendu, ni que celui-ci comportait toutes les mentions prévues par les textes ;
- la régularité de la procédure n'est pas établie dès lors que les informations sur lesquelles s'est fondé le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) n'ont pas été communiquées ;
- l'absence de participation du médecin rapporteur au collège de médecins qui a rendu l'avis la concernant n'est pas établie ;
- l'avis du collège des médecins de l'OFII est irrégulier en ce qu'il n'est pas établi qu'il résulterait d'une délibération collégiale ;
- la décision contestée est entachée d'erreur d'appréciation quant à la possibilité qu'il aurait de bénéficier effectivement de soins appropriés au Mali.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 septembre 2022, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 6 décembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Guiader a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant malien né le 18 juillet 1978, entré en France en mars 2019 selon ses déclarations, a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par arrêté du 28 octobre 2021, le préfet de police a refusé de lui délivrer le titre sollicité. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".
3. M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 6 décembre 2021. Il n'y a pas lieu, par suite, de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, il résulte des dispositions des articles R. 425-11 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qu'il appartient à l'autorité administrative de se prononcer sur la demande de titre de séjour en qualité d'étranger malade au vu de l'avis émis par un collège de médecins nommés par le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII). Préalablement à cet avis, un rapport médical relatif à l'état de santé de l'intéressé et établi par un médecin instructeur doit lui être transmis, ce médecin instructeur ne devant pas siéger au sein du collège de médecins qui rend l'avis transmis au préfet.
5. En l'espèce, il ressort de l'attestation du directeur général de l'OFII, en date du
17 septembre 2021, que le rapport médical a été rédigé le 30 août 2021 et transmis le même jour par un praticien qui ne faisait pas partie du collège ayant émis le 17 septembre 2021 un avis sur la situation du requérant.
6. En outre, il ressort des pièces du dossier que cet avis est signé par les trois médecins composant le collège dont l'identité est précisée et comporte la mention " Après en avoir délibéré, le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) émet l'avis suivant ". Cette mention relative à l'existence d'une délibération collégiale fait foi jusqu'à preuve du contraire. M. B n'apporte aucun élément de nature à établir que l'avis du collège de médecins n'aurait pas été rendu à l'issue d'une délibération réellement collégiale.
7. Ensuite, la circonstance que la décision contestée mentionne le contenu de l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'est pas de nature à établir que le préfet de police se serait considéré en situation de compétence liée par cet avis.
8. Enfin, il ne résulte d'aucun texte ni d'aucun principe que le collège des médecins de l'OFII est tenu de regrouper dans un document l'ensemble des recherches effectuées sur chacun des cas qui lui est soumis pour avis, ni que l'administration soit tenue d'élaborer un tel document en vue de sa communication à l'intéressé ou à la juridiction saisie par l'étranger dont la demande de titre de séjour a été rejetée.
9. Dès lors, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté en toutes ses branches.
10. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. ".
11. Pour refuser de délivrer un titre de séjour à M. B, le préfet de police a estimé, suivant en cela l'avis du collège des médecins de l'OFII, que si l'état de santé du requérant nécessite une prise en charge médicale dont le défaut est susceptible d'entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, l'intéressé peut bénéficier d'un traitement approprié à son état de santé dans son pays d'origine. Pour contester l'appréciation du préfet de police, M. B fait valoir qu'il souffre d'un stress post-traumatique et d'une hépatite virale B, nécessitant un traitement médicamenteux, qu'il fait l'objet d'un suivi en centre hospitalier et que cette prise en charge médicale n'est pas disponible dans son pays d'origine. Toutefois, si M. B produit des certificats médicaux, en date du 12 juin 2020, du 31 mars 2021, du 2 avril 2021, du 26 avril 2021, du 11 mai 2021 et du 29 juin 2021 détaillant sa prise en charge en France et le traitement qu'il suit, ces pièces se bornent à mentionner le risque de rechute en cas de retour dans son pays d'origine et ne sauraient suffire à remettre en cause l'appréciation portée par le préfet de police selon laquelle il pourra bénéficier d'un traitement approprié à son état de santé dans son pays d'origine. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que le préfet de police a fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en refusant de lui délivrer un titre de séjour sur leur fondement.
12. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions de la requête de M. B à fin d'annulation doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions de la requête aux fins d'injonction et de paiement des frais d'instance doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire de M. B.
Article 2 : La requête de M. B est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, Me Lefort et au préfet de police.
Délibéré après l'audience du 8 mars 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Rohmer, président ;
- M. Guiader, premier conseiller,
- Mme Abdat, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 mars 2023.
Le rapporteur,
V. Guiader
Le président
B. ROHMER
La greffière,
S. CAILLIEU-HELAIEM
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/1-3
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026