lundi 24 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2128020 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET CAP.INSIGHT AVOCATS ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 décembre 2021, M. B A, représenté par Me Palmieri, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 30 juin 2021 par lequel la maire de Paris a délivré à M. E F un permis de construire n° 075 116 21 V0005 pour la construction d'un bâtiment à R+1 sur un niveau de sous-sol à destination d'habitation (surface de plancher créée : 46 m²), sur un terrain situé 38-38P rue de la Source, dans le 16e arrondissement de Paris, ensemble la décision rejetant son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la ville de Paris une somme de 3 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- voisin immédiat du projet, son intérêt à agir est certain ;
- l'arrêté litigieux a été signé par une autorité incompétente ;
- le dossier de permis de construire est incomplet au regard des dispositions du b) de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme, ainsi que des articles R. 431-8 et R. 431-14 du même code ;
- l'arrêté litigieux méconnaît les dispositions de l'article UG.3.1 du règlement du plan local d'urbanisme, dès lors que la parcelle sur laquelle se situe le projet est enclavée ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UG.7 du règlement du plan local d'urbanisme, dès lors que le projet, comportant des baies constituant l'éclairement de pièces principales, aurait dû être éloigné de 6 mètres de la limite séparative, et dès lors qu'il n'est pas implanté en limite séparative, en méconnaissance des dispositions applicables à la bande E ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UG.13 du règlement du plan local d'urbanisme, dès lors que le projet diminue la surface de pleine terre de l'espace vert protégé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 mars 2022, la ville de Paris conclut à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire, à son rejet au fond.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable, dès lors que le requérant est dépourvu d'intérêt à agir au regard de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme ;
- les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Par un mémoire, enregistré le 21 février 2022, M. F, représenté par Me Perrot, conclut à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire, à son rejet au fond, et à ce que soit mise à la charge du requérant la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable, dès lors que le requérant est dépourvu d'intérêt à agir au regard de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme ;
- les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le règlement du plan local d'urbanisme de la ville de Paris ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les conclusions de Mme Alidière, rapporteure publique,
- et les observations de Me Perrot, représentant M. F.
Considérant ce qui suit :
1. Le 26 janvier 2021, M. E F a déposé une demande de permis de construire pour la construction d'un bâtiment à R+1 sur un niveau de sous-sol à destination d'habitation (surface de plancher créée : 46 m²) sur un terrain situé 38-38P rue de la Source, dans le 16e arrondissement de Paris. Par un arrêté du 30 juin 2021, la maire de Paris a délivré le permis de construire sollicité. En outre, le 18 août 2022, la maire de Paris a délivré à M. F un permis modificatif portant sur la modification d'aspect extérieur, la modification du tableau des surfaces et d'autres modifications du projet. Par la présente requête, M. B A demande au tribunal l'annulation de l'arrêté du 26 janvier 2021, ensemble la décision rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, par un arrêté du 7 mai 2021 publié au bulletin officiel municipal de la ville de Paris du 14 mai suivant, la maire de Paris a donné délégation à M. C, chef de la circonscription ouest au service du permis de construire et du paysage de la rue, à l'effet de signer les arrêtés de permis de construire. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte attaqué doit être écarté comme manquant en fait.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ;/ 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; / c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; : d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement. ". Aux termes de l'article R. 431-14 de ce code : " Lorsque le projet porte sur des travaux nécessaires à la réalisation d'une opération de restauration immobilière au sens de l'article L. 313-4 ou sur un immeuble inscrit au titre des monuments historiques, sur un immeuble situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques, la notice mentionnée à l'article R. 431-8 indique en outre les matériaux utilisés et les modalités d'exécution des travaux. ".
4. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
5. D'une part, il ressort des pièces du dossier que la notice jointe au projet décrit l'état initial de l'espace vert protégé au sein duquel se situe la parcelle concernée par le projet, majoritairement couvert par des espaces verts. Elle précise que le projet prévoit la réalisation d'une cabane et d'une baignade naturelle, et détaille les surfaces et le volume de la construction envisagée, les partis pris architecturaux, à savoir le choix d'une construction légère préfabriquée en bois et acier, ainsi que son implantation vis-à-vis des mitoyennetés. En outre, il ressort des pièces du dossier que le dossier de permis de construire comporte des documents graphiques présentant l'environnement actuel ainsi que des documents d'insertion, un plan cadastral, un plan de masse et des plans de niveaux, ainsi qu'un diagnostic phytosanitaire du terrain concerné.
6. D'autre part, il est constant que le projet sera situé dans les abords d'un monument historique situé 12, avenue des Tilleuls. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que si la construction prendra place dans les abords d'un monument historique, les travaux ne porteront pas sur un bien immeuble inscrit ou classé au titre des monuments historiques et le projet n'entretiendra pas de co-visibilité avec le bien immeuble bénéficiant d'une telle protection, alors, au demeurant, que la notice du projet précise les matériaux de construction utilisés, à savoir le bois et l'acier, et indique que le mode de construction choisi est le bois préfabriqué avec fondations sur pieux. Par suite, l'absence de mention des modalités d'exécution des travaux n'est pas de nature à induire en erreur le service instructeur ou l'architecte des bâtiments de France sur l'impact du projet sur le pavillon protégé.
7. Il résulte de ce qui a été dit aux points 5 et 6 que le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de permis de construire doit être écarté.
8. En troisième lieu, aux termes des dispositions de l'article UG.3.1 du règlement du plan local d'urbanisme, relatives aux conditions de desserte et accès : " Le permis de construire peut être refusé sur un terrain qui ne serait pas desservi par une voie publique ou privée dans des conditions répondant à l'importance ou à la destination de la construction projetée, et notamment si les caractéristiques de la voie rendent difficiles la circulation ou l'utilisation des engins de lutte contre l'incendie ou l'enlèvement des ordures ménagères. () ".
9. Le requérant fait valoir que la parcelle sur laquelle se situe le projet litigieux, cadastrée BR 133, est enclavée en cœur d'îlot et n'est accessible depuis la voie publique que par le passage AK 16, qui est insuffisant ayant une largeur de 90 centimètres. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la desserte permise par le passage AK 16 est suffisante considérant l'importance du projet, qui est un bâtiment d'habitation de première famille individuelle. Ainsi, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UG.3.1 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.
10. En quatrième lieu, aux termes des dispositions de l'article UG.7.1 du règlement du plan local d'urbanisme : " A l'intérieur de la bande E*, les parties de constructions à édifier en bordure de voies doivent en principe être implantées en limite séparative, sauf dispositions contraires indiquées aux documents graphiques du règlement. Toutefois, dans certaines configurations, en particulier lorsqu'une échappée visuelle sur un espace libre le justifie, l'implantation en limite séparative peut ne pas être imposée. / Les façades ou parties de façades des constructions à édifier à l'intérieur ou à l'extérieur de la bande E* doivent respecter les dispositions qui suivent. 1°- Façade ou partie de façade comportant des baies* constituant l'éclairement premier de pièces principales* Lorsqu'une façade ou une partie de façade à édifier en vis-à-vis d'une limite séparative comprise ou non dans la bande E* comporte une ou plusieurs baies constituant l'éclairement premier de pièces principales, elle doit respecter, au droit de cette limite, un prospect minimal de 6 mètres (sauf s'il est fait application des dispositions définies à l'article UG.7.2 - Cour commune et servitude contractuelle d'implantation - ou des dispositions énoncées au2° alinéa de l'article UG.10.2). / () 3° Façade ou partie de façade ne comportant pas de baie constituant une vue : Lorsqu'une façade ou une partie de façade à édifier ne comporte pas de baie constituant une vue, elle peut être implantée en limite séparative. ".
11. D'une part, si le requérant fait valoir que le projet méconnaît les dispositions précitées, dès lors que la façade du projet implantée en limite séparative avec sa parcelle ne respecte pas le prospect minimal de 6 mètres défini par les dispositions citées ci-dessus, il ressort des pièces du dossier que cette façade implantée en limite séparative ne comporte pas de baies. Par suite, ce moyen sera écarté.
12. D'autre part, le requérant fait valoir que la construction projetée est implantée en décrochage de 29 ou de 129 centimètres, selon les points considérés, par rapport à la limite séparative, en méconnaissance des dispositions citées ci-dessus qui imposent une implantation en limite séparative pour les constructions à édifier en bordure de voies. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la construction projetée ne doit pas être édifiée en bordure de voie. Par suite, ce moyen est inopérant.
13. En dernier lieu, aux termes du 1° de l'article UG.13.3 " espace vert protégé " du règlement du plan local d'urbanisme : " La modification de l'état d'un terrain soumis à une prescription d'E.V.P. n'est admise qu'aux conditions suivantes : / 1 - Elle restitue sur le terrain la superficie réglementaire d'E.V.P. indiquée en annexe ; / 2 - Elle ne diminue pas la surface d'E.V.P. en pleine terre ; / 3 - Elle maintient ou améliore l'unité générale de l'E.V.P. ; / 4 - Elle maintient ou améliore la qualité de l'E.V.P. et met en valeur ses plantations, qu'elles soient conservées ou remplacées. Notamment, le réaménagement des surfaces existantes d'E.V.P. sur dalle ne doit pas conduire à diminuer l'épaisseur de terre sur la dalle ; / 5 - Elle maintient l'équilibre écologique et la qualité végétale des parcelles. ".
14. Le requérant fait valoir que l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article UG.13.3, dès lors qu'il réduit la surface en pleine terre de l'espace vert protégé sur lequel se situe le projet. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le projet se situe sur la parcelle BR133, qui compose, avec la parcelle BR134 voisine, un espace de 1 305 m² sur lequel 1 000 m² sont affectés à un unique " espace vert protégé ". Il ressort également des pièces du dossier que sur l'ensemble des parcelles BR133 et BR134, une surface de 1 090 m² était libre de tout bâti, donc en pleine terre, antérieurement à la délivrance du permis de construire litigieux, et que le projet attaqué prévoit une construction ayant une emprise au sol de 90 m². Par suite, la surface de l'espace vert protégé en pleine terre est maintenue à 1 000 m². Par suite, ce moyen doit être écarté.
15. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions en annulation de la requête doivent être rejetées.
Sur les frais de justice :
16. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
17. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la ville de Paris, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. A demande au titre des frais qu'il a exposés et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. A la somme globale de 800 euros à verser à M. F.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : M. A versera à M. F la somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la ville de Paris et à M. E F.
Délibéré après l'audience du 11 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Le Roux, présidente,
Mme Madé, première conseillère,
Mme Berland, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 avril 2023.
La rapporteure,
F. D
La présidente,
M.-O. LE ROUXLa greffière,
I. SZYMANSKI
La République mande et ordonne au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026