vendredi 17 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2200349 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 5e Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | KORNMAN |
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Kanté, première conseillère,
- et les conclusions de Mme Lambrecq, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. D C, de nationalité kosovare, né le 5 avril 1994, a présenté une demande d'asile enregistrée le 21 mai 2019. Le 11 octobre 2019, l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA) a rejeté sa demande d'asile. Puis sa demande a été rejetée par la Cour nationale du droit d'asile le 3 septembre 2020. Le 20 mai 2021, M. C a sollicité le réexamen de sa demande d'asile. Par une décision du même jour, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil au motif qu'il sollicitait un réexamen de sa demande d'asile.
Par une décision du 15 juin 2021, l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides a déclaré sa demande de réexamen irrecevable. M. C a formé un recours administratif préalable obligatoire à l'encontre de la décision du 20 mai 2021 lui refusant le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, lequel a été rejeté le 30 juin 2021. M. C demande l'annulation de cette décision du 30 juin 2021.
2. En premier lieu, la décision litigieuse a été signée par M. A B, directeur général de l'OFII, lequel nommé par décret du Président de la République du 13 novembre 2018, régulièrement publié au JORF n° 0263 du 14 novembre 2018, était compétent, eu égard aux dispositions de l'article D. 551-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour signer la décision attaquée.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil peuvent être refusées, totalement ou partiellement, au demandeur dans les cas suivants : () / 3° Il présente une demande de réexamen de sa demande d'asile ; () / La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. ". Aux termes l'article D. 551-17 du même code :
" La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application de l'article
L. 551-15 est écrite, motivée et prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Elle prend effet à compter de sa signature. Dans un délai de deux mois à compter de la notification de cette décision, le bénéficiaire peut introduire un recours devant le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, à peine d'irrecevabilité du recours contentieux.
La décision comporte la mention des voies et délais dans lesquels ce recours peut être formé.
Le directeur général de l'office dispose d'un délai de deux mois pour statuer. A défaut, le recours est réputé rejeté. Toute décision de rejet doit être motivée. ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " L'évaluation de la vulnérabilité vise, en particulier, à identifier les mineurs,
les mineurs non accompagnés, les personnes en situation de handicap, les personnes âgées,
les femmes enceintes, les parents isolés accompagnés d'enfants mineurs, les victimes de la traite des êtres humains, les personnes atteintes de maladies graves, les personnes souffrant de troubles mentaux et les personnes qui ont subi des tortures, des viols ou d'autres formes graves de violence psychologique, physique ou sexuelle, telles que des mutilations sexuelles féminines ".
4. La décision du 30 juin 2021 par laquelle le directeur général de l'OFII a rejeté son recours préalable formé à l'encontre de la décision de refus total du bénéfice des conditions matérielles d'accueil du 20 mai 2021, vise les textes précités dont elle fait application. Elle indique le motif qui la fonde, la demande de réexamen de demande d'asile de M. C, laquelle a été déclarée irrecevable par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides
le 15 juin 2021. Elle comporte ainsi l'énoncé des éléments de droit et de fait qui en constitue le fondement. Dès lors, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté. Et il ne ressort pas des pièces du dossier que le directeur général de l'OFII n'aurait pas procédé à un examen sérieux et complet de sa situation.
5. En troisième lieu, si M. C soutient que la décision attaquée n'a pas tenu compte de sa situation de vulnérabilité, il résulte des termes de la décision attaquée que sa situation personnelle et familiale a été examinée. Et M. C, qui a bénéficié lors de l'enregistrement de sa demande d'asile au guichet unique des demandeurs d'asile, le 21 mai 2019, d'un entretien par agent formé spécifiquement et dans une langue qu'il comprenait, durant lequel sa situation a été évaluée, n'a pas mis en lumière d'éléments particuliers de vulnérabilité. En tout état de cause, M. C a bénéficié d'un nouvel entretien de vulnérabilité le 20 mai 2021 préalablement à la décision attaquée. Et s'il a signalé des problèmes de santé, il n'a jamais retourné le dossier médical qui lui avait été remis et qu'il devait transmettre au médecin de l'OFII et ne se prévaut d'aucune situation particulière de vulnérabilité. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen de vulnérabilité doit être écarté.
6. En quatrième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le directeur général de l'OFII se serait estimé en situation de compétence liée. Par suite, le moyen tiré de ce qu'il aurait entaché sa décision d'erreur de droit doit être écarté.
7. En dernier lieu, M. C soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle. Il n'apporte toutefois aucune précision,
ni aucun élément permettant au tribunal d'apprécier le bien-fondé de son allégation. Par suite, le moyen ne peut qu'être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 30 juin 2021 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par suite, sa requête doit être rejetée en toutes ses conclusions.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D C, au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et à Me Kornman.
Délibéré après l'audience du 2 février 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Riou, président,
Mme Kanté, première conseillère,
M. Coz, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 février 2023.
La rapporteure,
C. KantéLa présidente,
C. Riou
La greffière,
L. Sueur
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026