mercredi 22 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2201965 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | PERRIMOND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 26 janvier 2022, 9 septembre 2022 et 19 septembre 2022, M. B A, représenté par Me Perrimond, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 novembre 2021 par lequel le préfet de police a rejeté sa demande de regroupement familial au bénéfice de son épouse ;
2°) d'enjoindre au préfet de police d'autoriser le regroupement familial sollicité au bénéfice de son épouse dans un délai de trente jours suivant la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 434-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 avril 2022, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. D a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant marocain né le 15 novembre 1971, titulaire d'une carte de résident, a sollicité, le 7 décembre 2020, l'introduction en France, au titre du regroupement familial, de son épouse, en application des dispositions des articles L. 434-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 23 novembre 2021, le préfet de police a refusé de faire droit à sa demande au motif que la garantie de stabilité de ses revenus n'est pas établie. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par M. F E, chef du 10ème bureau à la direction de la police générale de la préfecture de police, qui disposait d'une délégation de signature à cette fin, consentie par arrêté n° 2020-01102 du 28 décembre 2020 régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de Paris le même jour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte attaqué manque en fait.
3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont le préfet de police a fait application pour rejeter la demande de regroupement familial présentée par M. A ainsi que la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il mentionne également, avec suffisamment de précisions, les circonstances de fait sur lesquelles le préfet s'est fondé pour prendre sa décision. Ainsi, à sa seule lecture, cet arrêté permet à M. A de comprendre les motifs du rejet de sa demande. Par suite, l'arrêté attaqué est suffisamment motivé.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 434-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui en fait la demande est autorisé à être rejoint au titre du regroupement familial s'il remplit les conditions suivantes : 1° Il justifie de ressources stables et suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille ; 2° Il dispose ou disposera à la date d'arrivée de sa famille en France d'un logement considéré comme normal pour une famille comparable vivant dans la même région géographique ; 3° Il se conforme aux principes essentiels qui, conformément aux lois de la République, régissent la vie familiale en France, pays d'accueil. " Aux termes de l'article R. 434-4 de ce code : " Pour l'application du 1° de l'article L. 434-7, les ressources du demandeur et de son conjoint qui alimenteront de façon stable le budget de la famille sont appréciées sur une période de douze mois par référence à la moyenne mensuelle du salaire minimum de croissance au cours de cette période. Ces ressources sont considérées comme suffisantes lorsqu'elles atteignent un montant équivalent à : 1° Cette moyenne pour une famille de deux ou trois personnes ; 2° Cette moyenne majorée d'un dixième pour une famille de quatre ou cinq personnes ; 3° Cette moyenne majorée d'un cinquième pour une famille de six personnes ou plus. ". Selon l'article R. 434-12 de ce code : " Au vu du dossier complet, les services de l'Office français de l'immigration et de l'intégration délivrent sans délai une attestation de dépôt de dossier qui fait courir le délai de six mois dont bénéficie l'autorité administrative pour statuer. ".
5. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que le caractère suffisant du niveau de ressources du demandeur est apprécié sur la période de douze mois précédant le dépôt de la demande de regroupement familial, par référence à la moyenne mensuelle du salaire minimum interprofessionnel de croissance au cours de cette même période, même si, lorsque ce seuil n'est pas atteint au cours de la période considérée, il est toujours possible, pour le préfet, de prendre une décision favorable en tenant compte de l'évolution des ressources du demandeur, y compris après le dépôt de la demande.
6. Il ressort des pièces du dossier que, par un courrier recommandé avec accusé réception du 17 janvier 2020 reçu le 21 janvier 2020 par l'Office français de l'immigration et de l'intégration, M. A a sollicité l'introduction en France, au titre du regroupement familial, de son épouse, Mme C A. Par ailleurs, l'Office français de l'immigration et de l'intégration a sollicité de l'intéressé, le 9 novembre 2020, la production des pièces utiles à l'instruction de sa demande. A la suite de la réception des pièces demandées, l'Office a délivré à M. A, le 9 décembre 2020, une attestation de dépôt de dossier. La demande d'admission au regroupement familial doit donc être regardée comme ayant été présentée à l'administration le 9 décembre 2020 et non le 21 janvier 2020 ainsi que le soutient le requérant. Ainsi, la période de référence pour apprécier la condition de ressources prévue par les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile citées au point 3 s'étend du mois d'octobre 2019 au mois de novembre 2020.
7. Pour rejeter la demande de regroupement familial présentée par M. A au bénéfice de son épouse, le préfet de police s'est fondé sur la circonstance que les ressources du requérant sont instables dès lors qu'il est sans emploi depuis son licenciement en décembre 2019. Il ressort des pièces du dossier que M. A a perçu la somme de 20 602,10 euros entre le 1er janvier 2020 et le 31 décembre 2020 au titre de l'allocation de retour à l'emploi versée par Pôle emploi et qu'il a perçu la somme de 3 035 euros au titre de salaires au cours de la même période. Si l'intéressé a perçu un revenu mensuel supérieur au salaire minimum de croissance mensuel pour l'année 2020, il ne ressort toutefois pas des pièces du dossier que M. A, qui justifie seulement de la réalisation de plusieurs missions d'intérim dans le secteur du BTP au cours de la période de référence, aurait retrouvé un emploi lui garantissant une stabilité de revenus au cours de la même période. Dans ces conditions, en considérant que M. A ne remplissait pas la condition de stabilité de ses ressources pour lui refuser le bénéfice du regroupement familial pour son épouse, le préfet de police n'a pas méconnu les dispositions des articles L. 434-7 et R. 434-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
9. M. A, qui se borne à alléguer que le préfet aurait dû tenir compte des circonstances particulières de sa situation personnelle au regard des dispositions précitées de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales, n'apporte aucune précision sur la nature de ces circonstances. En outre, il ressort des pièces du dossier que le requérant a toujours vécu séparé de son épouse qu'il a épousée en 2009 alors que lui-même réside régulièrement en France depuis 2005 sous couvert d'une carte de résident et qu'il est sans enfant à charge. Par suite, le moyen doit être écarté.
10. En dernier lieu, le requérant ne fait état d'aucun motif particulier de nature à démontrer que le préfet de police aurait, en refusant sa demande de regroupement familial, commis une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle. Le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit donc être écarté.
11. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de police.
Délibéré après l'audience du 8 mars 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Rohmer, président ;
- M. Guiader, premier conseiller,
- Mme Abdat, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 mars 2023.
Le rapporteur,
V. D
Le président
B. ROHMER
La greffière,
S. CAILLIEU-HELAIEM
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/1-3
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026