mercredi 26 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2202011 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | DEVAUX |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 19 janvier 2022, la présidente du tribunal administratif de Versailles a transmis au tribunal la requête présentée par le département de l'Essonne.
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 5 janvier 2022 et 5 avril 2023, le département de l'Essonne, représenté par Me Lazennec, demande au tribunal de ramener à de plus justes proportions le montant des frais et honoraires alloués à M. B par l'ordonnance de taxation n° 2002046-12 du 2 décembre 2021 de la présidente du tribunal administratif de Versailles et de mettre à la charge de M. B la somme de 3.000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le département de l'Essonne soutient que l'ordonnance de la présidente du tribunal administratif de Versailles en date du 2 décembre 2021 a alloué une somme excessive à l'expert, M. B dès lors que certaines diligences expertales étaient inutiles ou injustifiées.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 septembre 2022, M. B conclut au rejet de la requête et la mise à la charge du département de l'Essonne le paiement de la somme de 3.000 euros sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les diligences sont justifiées au regard de la gravité du danger de basculement du mur et de l'étendue de sa mission ;
- il n'existe pas de barème concernant les coûts.
Par un mémoire, enregistré le 11 mars 2022, la présidente du tribunal administratif de Versailles soutient avoir respecté les dispositions du code de justice administrative.
La requête a été communiquée le 31 mars 2022 au ministère de la justice qui n'a pas présenté de mémoire en défense.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- l'ordonnance du 2 décembre 2021, par laquelle la présidente du tribunal administratif de Versailles a taxé les frais de l'expertise réalisée par M. B.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Sueur, greffière d'audience :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de M. Lamy, rapporteur public,
- et les observations de Me Simon pour le département de l'Essonne ainsi que celles de Me Devaux pour M. B.
Considérant ce qui suit :
1. Le département de l'Essonne a saisi le juge des référés du tribunal administratif de Versailles afin que soit désigné, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, un expert chargé de procéder aux constatations utiles portant sur l'état des immeubles susceptibles d'être affectés par son projet de rénovation du mur de soutènement anti-bruit longeant la route départementale 951, sur le territoire de la commune de Champlan (91160). Par une ordonnance du 23 juin 2020, le juge des référés du tribunal administratif de Versailles a désigné en qualité d'expert M. B avec pour mission de " 1°) prendre connaissance du projet de travaux de rénovation du mur de soutènement longeant la RD 951 sur le territoire de la commune de Champlan, de se faire communiquer tous documents et pièces qu'il estimera utiles à l'accomplissement de sa mission et entendre tout sachant ; / 2°) se rendre sur les lieux et visiter chacun des immeubles riverains et terrains qui bordent, voisinent ou jouxtent le projet ; / 3°) constater et décrire l'état de ces immeubles avant le début des travaux en précisant s'ils présentent des désordres inhérents à leur structure, à leur mode de construction ou de fondation, à leur état de vétusté ou résultant de la nature du sous-sol ; / 4°) de déterminer, le cas échéant, les causes et l'étendue des dommages qui seraient susceptibles de survenir aux immeubles pendant le déroulement des travaux ; / 5°) au cas où l'état de ces immeubles nécessiterait des mesures de sauvegarde ou des travaux particuliers de nature à éviter toute aggravation de cet état, d'en indiquer la consistance, le coût et la durée probable de réalisation ; préciser le cas échéant si la réalisation de certaines de ces mesures de sauvegarde ou de certains de ces travaux présente un caractère d'urgence et, dans l'affirmative, dire si une dégradation ou une aggravation de l'état présenté actuellement par un immeuble, ou un élément de ces immeubles est susceptible de créer un danger ; / 6°) en cas de désordres occasionnés par les travaux, fournir tous éléments techniques et de fait de nature à permettre à la juridiction du fond, éventuellement saisie, de se prononcer sur les responsabilités encourues et les préjudices subis ; / 7°) apporter toutes précisions utiles sur les mesures techniques et de sécurité à prendre en compte afin de garantir la sécurité des personnes et des biens pendant le déroulement des travaux ". Par une ordonnance de taxation n°2002046 du 2 décembre 2021, la présidente du tribunal administratif de Versailles a fixé le montant des frais et honoraires de M. B à la somme de 17 057,52 euros T.T.C. qui comprend le montant de 10 000 euros de l'allocation provisionnelle accordée par ordonnance du 12 novembre 2020. Le département de l'Essonne demande la réfaction de cette somme.
Sur le montant des honoraires, frais et débours de la facture du 14 septembre 2021 :
2. Aux termes de l'article R. 621-11 du code de justice administrative: " Les experts et sapiteurs mentionnés à l'article R. 621-2 ont droit à des honoraires, sans préjudice du remboursement des frais et débours./ Chacun d'eux joint au rapport un état de ses vacations, frais et débours./ Dans les honoraires sont comprises toutes sommes allouées pour étude du dossier, frais de mise au net du rapport, dépôt du rapport et, d'une manière générale, tout travail personnellement fourni par l'expert ou le sapiteur et toute démarche faite par lui en vue de l'accomplissement de sa mission. / Le président de la juridiction () fixe () conformément aux dispositions de l'article R. 761-4, les honoraires en tenant compte des difficultés des opérations, de l'importance, de l'utilité et de la nature du travail fourni par l'expert ou le sapiteur et des diligences mises en œuvre pour respecter le délai mentionné à l'article R. 621-2. Il arrête sur justificatifs le montant des frais et débours qui seront remboursés à l'expert. () ". Aux termes de l'article R. 761-5 du même code : " Les parties, () ainsi que, le cas échéant, l'expert, peuvent contester l'ordonnance mentionnée à l'article R. 761-4 devant la juridiction à laquelle appartient l'auteur de l'ordonnance. / () la requête est transmise sans délai par le président de la juridiction à un tribunal administratif conformément à un tableau d'attribution arrêté par le président de la section du contentieux. / () ".
3. L'ordonnance par laquelle le président de la juridiction liquide et taxe les frais et honoraires d'expertise revêt un caractère administratif. Le recours dont elle peut faire l'objet en application des dispositions précitées de l'article R. 761-5 du code de justice administrative est un recours de plein contentieux par lequel le juge détermine les droits à rémunération de l'expert ainsi que les parties devant supporter la charge de cette rémunération.
En ce qui concerne le caractère inutile de certaines diligences expertales :
4. En premier lieu, le département de l'Essonne conteste la rédaction inutile de deux notes aux parties concernant les désordres affectant le mur anti-bruit alors qu'aucun des chefs de la mission impartie ne portait dessus et un déplacement inutile avec deux dates non concordantes. Cependant, il résulte de l'instruction qu'au regard du péril grave et imminent ayant nécessité la prise d'un arrêté de péril par la commune de Champlan le 8 juillet 2020 et au regard des missions détaillées dans l'ordonnance du 23 juin 2020, ces diligences n'étaient pas inutiles.
En ce qui concerne le caractère injustifié de certaines diligences expertales :
5. En second lieu, le département de l'Essonne conteste d'une part, le nombre d'heures d'expertise consacrées à la rédaction du rapport, à la réception et l'analyse des pièces et aux convocations aux accedits, d'autre part, le nombre d'heures de secrétariat consacrées aux notes aux parties et enfin, le montant des frais de photocopie et d'envoi.
S'agissant du montant des heures d'expertise consacrées à la rédaction du rapport :
6. Il résulte de l'instruction que l'expert a facturé neuf heures d'expertise pour la rédaction du rapport alors qu'il avait déjà facturé trois heures de rédaction de la note 1,
deux heures de rédaction de la note 2 et douze heures de rédaction de la note 3. Or, la partie utile du rapport se borne à reprendre des éléments déjà développés dans les notes aux parties et M. B reconnaît lui-même la faible complexité du dossier. Par suite, il y a lieu de retenir une seule heure d'expertise pour la rédaction du rapport.
S'agissant du montant des heures d'expertise consacrées à la réception et l'analyse des pièces :
7. Il résulte de l'instruction que l'expert a facturé dix heures d'expertise consacrées à la réception et l'analyse des pièces. Or, les temps de visite, contrairement à ce que soutient M. B, sont facturés en sus. Par suite, il y a lieu de retenir seulement six heures d'expertise pour ce poste.
S'agissant du montant des heures d'expertise et de secrétariat consacrées aux convocations aux accedits :
8. Il résulte de l'instruction que l'expert a facturé trois heures d'expertise et
six heures de secrétariat consacrées aux convocations aux accedits. Or, à supposer même qu'il y avait 27 parties à convoquer, ce nombre d'heures facturées est excessif. Par suite, il y a lieu de retrancher les trois heures d'expertise.
S'agissant du montant des heures de secrétariat consacrées aux notes aux parties :
9. Il résulte de l'instruction que l'expert a facturé six heures de secrétariat consacrées aux notes aux parties. Or, trois heures d'expertise sont aussi facturées à ce titre. Par suite, il y a lieu de retrancher quatre heures de secrétariat.
S'agissant du montant des frais de photocopie et d'envoi :
Quant aux frais de lettres recommandées avec accusés de réception :
10. Il résulte de l'instruction que les frais de lettres recommandées avec accusés de réception ont été facturés pour un montant de 1755 euros HT. Or, ce montant paraît excessif.
Par suite, il y a lieu de minorer ce montant à 700 euros HT.
Quant aux frais de courriers/courriels :
11. Il résulte de l'instruction que les frais de courriers/courriels ont été facturés pour un montant de 294 euros HT. Or, ce montant paraît excessif. Par suite, il y a lieu de minorer ce montant à 200 euros HT.
Quant aux frais de copies :
12. Il résulte de l'instruction que les frais de copies ont été facturés pour un montant de 1814,40 euros HT. Or, ce montant paraît excessif. Par suite, il y a lieu de minorer ce montant à 780 euros HT.
Sur les frais liés à l'instance :
13. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. B la somme de 3 000 euros demandée par le département de l'Essonne au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par M. B au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens soit mise à la charge du département de l'Essonne qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : Le montant des frais et honoraires de l'expertise confiée à
M. C B taxés et liquidés par l'ordonnance du tribunal administratif de Versailles du 2 décembre 2021 est ramené à la somme de neuf mille soixante-douze euros et vingt cents HT
(9 072,20 euros).
Article 2 : Les conclusions du département de l'Essonne présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Les conclusions de M. B présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié au département de l'Essonne,
à M. C B et au garde des sceaux, ministre de la justice
Copie en sera adressée à la présidente du tribunal administratif de Versailles.
Délibéré après l'audience du 12 avril 2023 à laquelle siégeaient :
- M. Ladreyt, président,
- M. Gandolfi, premier conseiller,
- Mme Abdat, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 26 avril 2023.
Le président-rapporteur,
J.-P. A L'assesseur le plus ancien,
G. Gandolfi La greffière,
L. Sueur
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/5-3
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026