LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2202461

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2202461

vendredi 7 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2202461
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5e Section - 1re Chambre
Avocat requérantPETITGIRARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 2 février 2022 et 24 juin 2022, M. D, représenté par Me Petitgirard, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du directeur de l'établissement public des fonds de prévoyance militaire et de l'aéronautique du 3 décembre 2021 ;

2°) d'enjoindre au directeur de l'établissement public des fonds de prévoyance militaire et de l'aéronautique de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la date de notification du jugement, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'établissement public des fonds de prévoyance militaire et de l'aéronautique la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique.

Il soutient que la décision est entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article D. 4123-6 du code de la défense.

Par des mémoires en défense enregistrés les 23 février 2022 et 28 juin 2022, le directeur de l'établissement public des fonds de prévoyance militaire et de l'aéronautique conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la défense ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Kanté, première conseillère ;

- les conclusions de M. Thulard, rapporteur public ;

- et les observations de M. B représentant l'établissement public des fonds de prévoyance militaire et de l'aéronautique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A C, alors qu'il était caporal-chef au sein de l'armée, a été victime dans ses fonctions de diverses blessures dont une occasionnée par un accident routier survenu en octobre 1993 dans le cadre d'une opération extérieure (OPEX) en Yougoslavie. Il a bénéficié, à ce titre, par décision du 6 septembre 2001, d'une pension d'invalidité d'un taux de 10 % (en raison de son infirmité au genou). Il a été radié des cadres à compter du 18 mars 2003 pour " infirmités imputables " et placé d'office en position de retraite après 15 ans de service. Il s'est vu attribuer, le 23 octobre 2017, une allocation principale gérée par l'établissement public des fonds de prévoyance militaire et de l'aéronautique (EPFP), sur le fondement du 1° de l'article D. 4123-6 du code de la défense pour un montant de 42 730 euros. M. C a formé une demande de reconnaissance d'aggravation de son état de santé, du fait d'une majoration de l'invalidité qu'il présentait au niveau de ses genoux et de l'apparition d'un syndrome de stress post-traumatique. Le 26 juillet 2021, à la suite de l'édition d'une fiche descriptive de ses infirmités, une pension militaire d'invalidité lui était accordée au taux de 40 % dont 10 % non imputable pour l'infirmité d'état de stress post-traumatique et de 20 % pour son genou droit. Le 31 août 2021, M. C a présenté une demande d'allocation auprès du fonds de prévoyance militaire sans en préciser le fondement textuel. L'EPFP, estimant avoir été saisi sur le fondement des dispositions des articles D. 4123-6 et D. 4123-6-1 du code de la défense a, par une décision du 3 décembre 2021 refusé de faire droit à sa demande. M. C demande l'annulation de cette décision.

2. D'une part, aux termes de l'article L. 4123-5 du code de la défense : " Les militaires sont affiliés, pour la couverture de certains risques, à des fonds de prévoyance pouvant être alimentés par des prélèvements sur certaines indemnités et par une contribution de l'Etat couvrant soit le personnel non cotisant, soit les cas de circonstances exceptionnelles. Ces fonds sont conservés, gérés et utilisés exclusivement au profit des ayants droit et de leurs ayants cause. ". Aux termes de l'article R. 3417-3 de ce code, l'Etablissement public national des fonds de prévoyance militaire et de l'aéronautique " a pour mission de : / 1° Verser aux personnels affiliés au fonds de prévoyance militaire ou au fonds de prévoyance aéronautique ou à leurs ayants cause les allocations instituées par voie réglementaire ou des secours ". Aux termes de l'article D. 4123-2 du même code : " Les militaires, à l'exception de ceux qui sont affiliés au fonds de prévoyance de l'aéronautique, sont affiliés au fonds de prévoyance militaire destiné à verser, hors le cas de mobilisation générale ou de participation à des opérations qualifiées d'opérations de guerre par décret en conseil des ministres, des allocations en cas de blessure, d'infirmité ou de décès imputable au service dans le cas où la blessure, l'infirmité ou le décès n'ouvre pas droit aux allocations du fonds de prévoyance de l'aéronautique. () ".

3. D'autre part, aux termes de l'article D. 4123-6 du code précité : " Lorsque l'infirmité imputable au service entraîne la mise à la retraite ou la réforme définitive du militaire, il est versé à l'intéressé : 1° Une allocation principale dont le montant est fixé comme suit : a) S'il est marié ou partenaire lié par un pacte civil de solidarité ou a des enfants à charge : montant égal à celui prévu à l'article D. 4123-4 pour le conjoint ou le partenaire lié par un pacte civil de solidarité survivant avec un ou plusieurs enfants à charge ; b) Dans les autres cas : montant égal à celui prévu à l'article D. 4123-4 pour le conjoint ou le partenaire lié par un pacte civil de solidarité survivant sans enfant à charge ; c) Pour les taux d'invalidité inférieurs à 40 %, l'allocation principale est calculée proportionnellement au taux d'invalidité. 2° Un complément d'allocation, en cas d'invalidité égale ou supérieure à 40 %, dont le montant est égal, par enfant à charge, à celui fixé au 2° de l'article D. 4123-4. Les allocations visées au 1° sont calculées au taux en vigueur à la date de la mise à la retraite ou à la réforme définitive de l'intéressé. Le complément d'allocation peut être versé sur demande de l'intéressé. Il est calculé aux taux en vigueur à la date où le taux d'invalidité de 40 % est définitivement fixé. Les allocations accordées en cas d'infirmités sont exclusives de toute autre allocation du fonds de prévoyance militaire ". Et aux termes de l'article D. 4123-6-1 : " Après consolidation définitive médicalement attestée, la blessure reçue en opération extérieure, y compris le trouble psychique post-traumatique imputable à cette opération, fait l'objet, si l'affilié n'a pas été mis à la retraite ou réformé définitivement, d'une allocation versée dans les conditions suivantes : () ".

4. Il résulte de ces dispositions qu'une allocation principale est versée à tous les agents pour lesquels un taux d'invalidité a été fixé, quel que soit ce taux, et qu'une allocation complémentaire est versée lorsque le taux d'invalidité est égal ou supérieur à 40 %. Pour le calcul de l'allocation principale, est déterminé un montant calculé en multipliant par deux la solde annuelle correspondant à un indice déterminé en fonction de la situation familiale (suivant que l'intéressé est marié ou non) et suivant le grade (officier ou non). Lorsque le taux d'invalidité est inférieur à 40 %, seule une allocation principale est versée, proportionnellement aux taux d'invalidité en vertu des dispositions de l'alinéa c) du 1° de l'article D. 4123-6 précité. Lorsque le taux d'invalidité est compris entre 40 % et 100 %, l'intéressé bénéficie du montant maximal de l'allocation principale et d'une allocation complémentaire calculée suivant les modalités prévues par le 2°) de l'article.

5. Il résulte de l'instruction, et n'est pas contesté, que M. C souffre d'infirmités imputables au service résultant de blessures reçues en opération extérieure pour lesquelles une pension militaire d'invalidité lui a été concédée le 6 septembre 2001 au taux de 10 % et que ces blessures ont également entraîné sa réforme définitive, le 18 mars 2003, ainsi que le versement d'une allocation du fonds de prévoyance militaire sur le fondement des dispositions du 1° de l'article D. 4123-6 du code de la défense d'un montant de 42 730 euros.

6. Pour refuser de faire droit à la demande d'allocation sollicitée par le requérant le 31 août 2021, laquelle doit être regardée comme une demande d'allocation complémentaire, à la suite de la réévaluation de sa pension d'invalidité militaire au taux de 40 % dont 10 % non imputable pour l'infirmité d'état de stress post-traumatique et de 20 % pour son genou droit, soit à un taux global supérieur à 40 %, l'EPFP a estimé, ainsi qu'il résulte de sa décision et de ses écritures en défense, qu'une allocation devenue définitive ayant déjà été versée à M. C au titre de l'article D. 4123-6 du code de la défense et calculée en tenant compte de son invalidité correspondant à sa situation à la date de sa radiation des cadres, il ne pouvait bénéficier de l'allocation complémentaire prévue par les dispositions de l'article D. 4123-6-1 du même code dès lors qua sa consolidation était intervenue postérieurement à sa radiation des cadres et que les allocations accordées en cas d'infirmité sont exclusives de toute autre allocation du fonds de prévoyance militaire.

7. S'il est constant qu'une allocation d'un montant de 42 730 euros a déjà été versée à M. C sur le fondement de l'article D. 4123-6 du code de la défense, c'est à titre d'allocation principale en vertu du 1° de ces dispositions. Or, il résulte des termes mêmes des dispositions précitées du 2° de l'article D. 4123-6 du code de la défense que le complément d'allocation, qui peut être demandé par le bénéficiaire de cette allocation, est calculé aux taux en vigueur à la date où le taux d'invalidité est définitivement fixé. En l'espèce, il résulte de l'instruction que la réévaluation de la pension d'invalidité de M. C au taux global supérieur à 40 % n'a été définitivement fixée que par une décision du 26 juillet 2021. Dans ces conditions, l'EPFP ne pouvait pas, sans entacher sa décision d'erreur de droit, rejeter la demande de complément d'allocation présentée par M. C le 31 août 2021 au motif qu'une allocation définitive calculée en tenant compte de son invalidité correspondant à sa situation à la date de sa radiation des cadres lui avait déjà été versée. En outre, il ne saurait être opposé au requérant le caractère exclusif des allocations octroyées par l'EPFP, alors que, conformément aux dispositions précitées, l'intéressé doit être regardé comme ayant sollicité un complément d'allocation et non pas une allocation distincte de celle qui lui a été octroyée sur le fondement des dispositions de l'article D. 4123-6 du code de la défense, M. C ne contestant pas, au demeurant, ne pouvoir bénéficier des dispositions de l'article D. 4123-6-1 dès lors qu'il a été mis à la retraite et radié des cadres à compter du 18 mars 2003. Par suite, M. C est fondé à soutenir que l'EPFP a fait une inexacte application des dispositions précitées et à demander, pour ce motif, l'annulation de la décision du 3 décembre 2021 en tant que le directeur de l'EPFP lui a refusé le versement du complément d'allocation du fonds de prévoyance militaire visé par le 2° de l'article D. 4123-6 du code de la défense.

Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :

8. Eu égard aux motifs du présent jugement, il y a lieu d'enjoindre au directeur de l'EPFP de réexaminer la demande d'allocation complémentaire de M. C sur le fondement du 2° des dispositions de l'article D. 4123-6 du code de la défense dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement. Il n'y a pas lieu en revanche d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

9. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'EPFP une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 3 décembre 2021 du directeur de l'établissement public des fonds de prévoyance militaire et de l'aéronautique est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au directeur de l'établissement public des fonds de prévoyance militaire et de l'aéronautique de réexaminer la demande d'allocation complémentaire de M. C sur le fondement du 2° des dispositions de l'article D. 4123-6 du code de la défense dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L'établissement public des fonds de prévoyance militaire et de l'aéronautique versera à M. C une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à l'établissement public des fonds de prévoyance militaire et de l'aéronautique.

Copie en sera adressée au ministre des armées.

Délibéré après l'audience du 22 juin 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Riou, présidente,

Mme Kanté, première conseillère,

M. Coz, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2023.

La rapporteure,

C. KantéLa présidente,

C. Riou

La greffière,

V. Lagrède

La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions