jeudi 15 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2204927 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | COMPOINT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique enregistrés le 28 février 2022 et le
6 septembre 2022, M. C A, représenté par Me Compoint, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 décembre 2021 par lequel le ministre de l'intérieur l'a radié des cadres à compter du 23 novembre 2021 ;
2°) d'enjoindre au ministre de le réintégrer dans les cadres dans un délai d'un mois à compter de la date de notification du présent jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision a été prise par une autorité incompétente ;
- elle méconnaît le principe général des droits de la défense ;
- elle est entachée d'un vice de procédure, tiré de la méconnaissance de son droit à avoir accès à son dossier ;
- elle est entachée d'un vice de procédure, tiré de l'absence de procédure disciplinaire préalable ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, dès lors que ne se trouvant pas en position de cessation définitive de fonctions et n'ayant été pas déchu de ses droits civiques, ni condamné à une interdiction définitive d'exercer un emploi public, l'administration devait engager une procédure disciplinaire à son encontre avant de le radier des cadres ou le reclasser ;
- la décision méconnaît le principe de non-rétroactivité des actes administratifs.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 juillet 2022, le ministre de l'intérieur et des Outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B ;
- les conclusions de Mme Nikolic, rapporteure publique,
- et les observations de Me Boyer, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A, gardien de la paix titulaire depuis le 1er janvier 2015, a été condamné par la cour d'appel de Paris, le 17 novembre 2021, à trois années d'emprisonnement et une interdiction d'exercer les fonctions de policier pendant la même durée. Par un arrêté du
27 décembre 2021, le ministre de l'intérieur l'a radié des cadres à compter du
23 novembre 2021. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cet arrêté.
2. Lorsqu'un agent public a été condamné pénalement à une peine complémentaire d'interdiction d'exercer, à titre définitif ou temporaire, la fonction publique dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de laquelle l'infraction a été commise, il appartient à l'autorité administrative de tirer les conséquences nécessaires de cette condamnation. Cette autorité est tenue de prononcer sa radiation des cadres lorsque l'intéressé ne pourrait être affecté à un nouvel emploi correspondant à son grade, sans méconnaître l'étendue de l'interdiction d'exercice prononcée par le juge pénal.
3. Aux termes de l'article R. 411-2 du code de la sécurité intérieure : " Les fonctionnaires actifs des services de la police nationale sont affectés à des missions ou activités : / 1° De protection des personnes et des biens ; / 2° De prévention de la criminalité et de la délinquance ; / 3° De police administrative ; / 4° De recherche et de constatation des infractions pénales, de recherche et d'arrestation de leurs auteurs ; / 5° De recherche de renseignements ; / 6° De maintien de l'ordre public ; / 7° De coopération internationale ; / 8° D'état-major et de soutien des activités opérationnelles ; / 9° De formation des personnels. / Ces missions ou activités doivent être exécutées dans le respect des principes républicains et du code de déontologie de la police nationale et de la gendarmerie nationale prévu au chapitre IV du titre III du présent livre. " En vertu de l'article 1er du décret du 23 décembre 2004 portant statut particulier du corps d'encadrement et d'application de la police nationale, ce corps est également régi par les dispositions du décret du 9 mai 1995 fixant les dispositions communes applicables aux fonctionnaires actifs des services de la police nationale. En vertu de l'article 2 de ce décret, les gradés et gardiens de la paix participent aux missions qui incombent aux services actifs de police et exercent celles qui leur sont conférées par le code de procédure pénale.
4. Il ressort des pièces du dossier que les actes de faux en écriture publique ou authentique, de transport et détention non autorisé de stupéfiants et de violence commise par une personne dépositaire de l'autorité publique à l'origine de la condamnation pénale assortie de la peine complémentaire mentionnée au point 1 ont été commis par M. A dans l'exercice de ses fonctions au sein de la brigade anti-criminalité du 18ème arrondissement de Paris.
5. Il résulte de ce qui a été dit au point 2 et compte tenu des dispositions statutaires applicables au corps d'encadrement et d'application de la police nationale mentionnées au point 3, que, pour tirer les conséquences qu'emporte la peine complémentaire de trois ans d'interdiction à exercer des fonctions de policier national, le ministre de l'intérieur ne pouvait affecter M. A à aucune des missions ou activités des fonctionnaires actifs des services de la police nationale énumérées à l'article R. 411-2 du code de la sécurité intérieure citées au point 4 ou à celles conférées par le code de procédure pénale ni, par suite, lui confier des fonctions que son grade lui donnait vocation à exercer. En outre, aucune disposition ne permettait de le placer dans une position statutaire régulière pour les besoins de l'exécution de la peine d'interdiction prononcée par le juge pénal. Enfin, le ministre n'était pas tenu d'engager une procédure disciplinaire à son encontre, ni tenu de rechercher un poste non opérationnel compatible avec la peine complémentaire prononcée.
6. Dans ces conditions, le ministre étant tenu de radier M. A des cadres, les autres moyens invoqués par le requérant au soutien de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision en litige doivent être écartés comme inopérants.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, l'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. C A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 1er décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Gros, président,
M. Rebellato, premier conseiller,
M. Hélard, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 décembre 2022.
Le rapporteur,
R. B
Le président,
L. GrosLe greffier,
S. Porrinas
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/5-
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026