LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2204947

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2204947

mercredi 13 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2204947
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3e Section - 2e Chambre
Avocat requérantSIMON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 24 février 2022 et 24 juin 2022, M. B A, représenté par Me Simon, demande au tribunal :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'ordonner au ministre de l'intérieur de produire les éléments sur la base desquels l'arrêté attaqué a été pris, notamment le signalement pour radicalisation islamiste et la délégation de signature prévue à l'article L. 121-1 du code de la sécurité intérieure ;

3°) d'annuler l'arrêté du 30 avril 2021 par lequel le ministre de l'intérieur a prononcé à son encontre une interdiction d'entrée et de séjour du territoire français ;

4°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter du jugement ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à Me Simon au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, en cas de rejet de la demande d'aide juridictionnelle, à lui verser directement au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée est signée par une autorité incompétente, le deuxième alinéa de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration n'étant pas applicable à sa situation ;

- la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait relative à son séjour irrégulier en France entre les mois de juillet 2019 et octobre 2020 et à son départ du territoire à cette dernière date ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 juin 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Le ministre de l'intérieur a produit, le 8 juin 2022, l'original de l'arrêté attaqué, dans les conditions prévues par les dispositions de l'article L. 773-9 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- l'ordonnance n° 2202093/3-1 du juge des référés du tribunal du 28 février 2022 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de ,

- et les conclusions de , rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A est un ressortissant ouzbek, né le 16 août 1984. Il a présenté une demande d'asile en France le 19 juillet 2019, qui a été enregistrée selon la procédure dite " Dublin ". Par un arrêté du 30 avril 2021, le ministre de l'intérieur a ensuite prononcé une interdiction d'entrée et de séjour sur le territoire français à son encontre. Cette mesure a été notifiée à M. A le 24 décembre 2021, à la suite de sa présentation au guichet de la préfecture de police pour obtenir l'enregistrement de sa demande d'asile en procédure dite " normale ". M. A a été placé en rétention administrative à la même date, dans l'attente de l'examen de sa demande, en procédure accélérée, par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, puis par la Cour nationale du droit d'asile saisie le 26 janvier 2022 de la décision de refus de protection de l'Office. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de l'arrêté du 30 avril 2021.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () L'aide juridictionnelle provisoire devient définitive si le contrôle des ressources du demandeur réalisé a posteriori par le bureau d'aide juridictionnelle établit l'insuffisance des ressources ". Aux termes de l'article 51 du décret du 28 décembre 2020 portant application de cette loi : " II. - Sans préjudice de l'application des dispositions relatives à l'admission provisoire, la juridiction avisée du dépôt d'une demande d'aide juridictionnelle sursoit à statuer dans l'attente de la décision relative à cette demande. Il en est de même lorsqu'elle est saisie d'une telle demande, qu'elle transmet sans délai au bureau d'aide juridictionnelle compétent () ". Aux termes de l'article 61 du même décret : " () L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".

3. Si M. A, qui est représenté par un avocat, demande à être admis provisoirement à l'aide juridictionnelle, il n'établit pas avoir déposé une demande d'aide juridictionnelle. Dans ces conditions, sa demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle ne peut qu'être rejetée.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

4. D'une part, aux termes de l'article L. 214-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicable à la date de l'arrêté attaqué : " Tout ressortissant étranger non mentionné à l'article L. 214-1 peut, dès lors qu'il ne réside pas habituellement en France et ne se trouve pas sur le territoire national, faire l'objet d'une interdiction administrative du territoire lorsque sa présence en France constituerait une menace grave pour l'ordre public, la sécurité intérieure ou les relations internationales de la France ". Aux termes de l'article L. 214-3 de ce code, alors applicable : " L'interdiction administrative du territoire fait l'objet d'une décision du ministre de l'intérieur écrite et rendue après une procédure non contradictoire. Elle est motivée, à moins que des considérations relevant de la sûreté de l'Etat ne s'y opposent. Si l'étranger est entré en France alors que la décision d'interdiction administrative du territoire prononcée antérieurement ne lui avait pas déjà été notifiée, il est procédé à cette notification sur le territoire national () ".

5. D'autre part, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. Toutefois, les décisions fondées sur des motifs en lien avec la prévention d'actes de terrorisme sont prises dans des conditions qui préservent l'anonymat de leur signataire. Seule une ampliation de cette décision peut être notifiée à la personne concernée ou communiquée à des tiers, l'original signé, qui seul fait apparaître les nom, prénom et qualité du signataire, étant conservé par l'administration ". En vertu de l'article L. 773-9 du code de justice administrative : " Les exigences de la contradiction mentionnées à l'article L. 5 sont adaptées à celles de la protection de la sécurité des auteurs des décisions mentionnées au second alinéa de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration. Lorsque dans le cadre d'un recours contre l'une de ces décisions, le moyen tiré de la méconnaissance des formalités prescrites par le même article L. 212-1 ou de l'incompétence de l'auteur de l'acte est invoqué par le requérant ou si le juge entend relever d'office ce dernier moyen, l'original de la décision ainsi que la justification de la compétence du signataire sont communiqués par l'administration à la juridiction qui statue sans soumettre les éléments qui lui ont été communiqués au débat contradictoire ni indiquer l'identité du signataire dans sa décision ".

6. En l'espèce, en premier lieu, l'arrêté attaqué ayant été pris pour des motifs liés à la prévention des actes de terrorisme, cette décision est au nombre de celles qui, en application des dispositions précitées, peuvent faire l'objet d'une notification que sous la forme d'une ampliation anonyme. En outre, le ministre de l'intérieur a produit devant le tribunal, dans les conditions prévues par les dispositions précitées de l'article L. 773-9 du code de justice administrative, l'original de l'arrêté attaqué. Celui-ci revêt les mentions requises par le premier alinéa de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration, dont notamment l'identité et la signature de son auteur, lequel disposait d'une délégation régulière, également transmise par le ministre. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté doit être écarté.

7. En deuxième lieu, s'il ressort des pièces du dossier que M. A a présenté une demande d'asile en France le 19 juillet 2019, il ne justifie pas avoir séjourné en France sous couvert d'attestations de demande d'asile régulièrement renouvelées alors que l'administration a de surcroît indiqué qu'il ne s'est pas présenté aux convocations qui lui ont été adressées les 21 septembre 2020 et 18 novembre 2020 dans le cadre de l'examen de sa demande. Dans ces conditions, il n'est pas fondé à soutenir que le ministre a commis une erreur de fait en relevant qu'il a séjourné irrégulièrement en France entre les mois de juillet 2019 et octobre 2020. Par ailleurs, les déclarations du requérant selon lesquelles il n'aurait pas quitté la France au mois d'octobre 2020 ne sont, en tout état de cause, étayées par aucun élément, alors qu'elles sont, au surplus, contredites par les déclarations qu'il a présentées devant la Cour nationale du droit d'asile. Par suite, le ministre n'a pas non plus commis une erreur de fait en considérant, dans l'arrêté attaqué du 30 avril 2021, que le requérant avait quitté le territoire national depuis le mois d'octobre 2020. Les moyens tirés de l'erreur de fait et du défaut d'examen de la situation de l'intéressé que ces erreurs révèleraient doivent, par conséquent, être écartés.

8. En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que, pour prononcer une interdiction administrative du territoire à l'encontre de M. A, le ministre de l'intérieur a retenu, au regard d'une " note blanche " versée au dossier, d'une part, que l'intéressé était en relation, aux mois de janvier et mars 2020, avec un individu, qui était défavorablement connu des services de police et dont le comportement avait été signalé en 2015, pour avoir, avec son frère qui a notamment rejoint la zone irako-syrienne la même année, organisé une prière collective dans le but de " rassembler les gens pour Al Quaïda ". D'autre part, le ministre a relevé que le requérant était également en relation avec un autre individu, ressortissant russe, qui avait fait l'objet d'une perquisition administrative dans le cadre de l'état d'urgence le 20 novembre 2015 en raison de son soutien à l'organisation terroriste Emirat du Caucase et de relations avec des individus liés à la filière jihadiste. En outre, il a été tenu compte du fait que l'intéressé a publié sur son compte facebook, au mois de juin 2020, des publications à caractère pro-jihadiste et qu'il consulte régulièrement de la propagande de cette nature et, en particulier, les contenus relatifs à l'Etat islamique publiés par des islamistes radicaux d'origine Tchétchène. Enfin, le ministre a retenu qu'après avoir quitté la France au mois d'octobre 2020, le requérant avait fait état, à ses proches, de ses velléités de départ pour la Syrie et que, d'après des informations issues de la coopération internationale, il aurait été en contact, au mois d'avril 2021, avec un passeur syrien. Or le requérant se borne à dénier ces différents éléments, qui sont précis et circonstanciés, sans apporter aucun élément probant ou étayé au soutien de ses dénégations, alors au surplus que la Cour nationale du droit d'asile a relevé, dans sa décision du 15 avril 2022, qu'il a fait l'objet de poursuites pénales dans son pays d'origine en raison de ses liens avec des mouvements islamistes radicaux mais que la protection subsidiaire ne peut néanmoins pas lui être accordée compte tenu de la menace grave pour l'ordre public qu'il représente. Dans ces conditions, le ministre de l'intérieur n'a pas commis d'erreur d'appréciation en considérant que la présence en France de M. A constituerait une menace grave pour l'ordre public et la sécurité intérieure, quand bien même son comportement a pu être salué par le passé par des autorités publiques pour avoir porté secours à un voisin lors d'un incendie.

9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la requête doivent être rejetées, sans qu'il soit, en tout état de cause, besoin d'ordonner au ministre de produire les pièces dont la communication est sollicitée par le requérant. Par voie de conséquence, les conclusions présentées au titre des frais d'instance doivent également être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : M. A n'est pas admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 30 juin 2022, à laquelle siégeaient :

, présidente,

, première conseillère,

, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2022.

La rapporteure,

La présidente,

La greffière,

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions