mardi 5 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2206346 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | NUNES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 mars 2022, Mme C A, représentée par Me Nunes, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 mars 2021 par lequel le préfet de police a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un certificat de résidence algérien d'une durée d'un an portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Mme A soutient que :
-l'arrêté n'est pas suffisamment motivé ;
-il est entaché d'un vice de procédure en raison du défaut de saisine de la commission du titre de séjour ;
-le droit d'être entendu a été méconnu ;
-l'arrêté est entaché d'incompétence ;
-il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des 5 et 7 de l'article 6 de l'accord franco-algérien ;
-il méconnaît le 10° de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
-il méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mai 2022, le préfet de police, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
-à titre principal, la requête est irrecevable en raison de sa tardiveté ;
-à titre subsidiaire, aucun moyen de la requête n'est fondé.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 11 juin 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
-l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
-le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
-la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
-le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- et les observations de Me Nunes, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante algérienne née le 5 septembre 1999 à Ain Beida, est entrée en France le 27 juillet 2015. Elle a obtenu un titre de séjour pour raisons de santé à compter du 4 mai 2018. Par un arrêté du 3 mars 2021, le préfet de police a refusé de renouveler ce titre de séjour, a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Mme A demande l'annulation de cet arrêté.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du 3 mars 2021, qui comporte la mention des voies et délais de recours, a été notifié à Mme A le 8 mars 2021. L'intéressée a déposé une demande d'aide juridictionnelle le 23 mars 2021, dans le délai de trente jours qui lui était imparti. Elle a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision en date du 11 juin 2021. En l'absence de certitude quant à la date de notification de cette décision qui a été effectuée par lettre simple comme le prévoit l'article 56 du décret n° 2020-1717, il ne ressort pas des pièces du dossier que la requête enregistrée au greffe du tribunal le 16 mars 2022 serait tardive et la fin de non-recevoir soulevée par le préfet de police doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir d'ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
4. Il ressort des pièces du dossier que Mme A est entrée en France le 27 juillet 2015 alors qu'elle était âgée de quinze ans et qu'elle y réside de manière continue depuis cette date. Par ailleurs, Mme A qui a été titulaire d'un titre de séjour pour raisons de santé valable du 14 mai 2018 au 13 mai 2019 et renouvelé jusqu'au 29 août 2019, souffre de plusieurs pathologies lourdes et notamment de déficience visuelle profonde associée à une hypoacousie et elle est prise en charge en France par une équipe pluridisciplinaire comprenant notamment un ophtalmologiste, un orthoptiste, un oto-rhino-laryngologiste et un psychologue. Reconnue handicapée par la maison départementale des personnes handicapées, Mme A fréquente l'Institut d'éducation sensorielle afin d'acquérir de l'autonomie et pouvoir travailler et a effectué un stage professionnalisant auprès d'un un établissement et service d'accompagnement par le travail (ESAT) afin d'apprendre un métier et acquérir de l'expérience en vue de l'embauche. Les témoignages et certificats produits démontrent qu'elle est engagée dans une véritable démarche d'insertion et d'autonomie malgré son handicap et sa maladie. En outre, il ressort également des pièces du dossier que Mme A réside avec sa mère qui l'accompagne et qui l'aide au quotidien et que cette dernière est titulaire d'un titre de séjour " salarié " valable à compter du 27 juillet 2020 et renouvelé jusqu'au 26 juillet 2022 et travaille à temps complet comme auxiliaire de vie depuis 2019. Enfin, Mme A établit qu'elle entretient des liens étroits avec ses cousines vivant à Paris et qu'elle a un petit ami depuis plusieurs années. Compte tenu de sa durée de présence, de ses attaches en France et du processus d'autonomie et d'intégration dans lequel elle est fortement impliquée, Mme A doit être regardée comme ayant fixé le centre le centre de ses intérêts privés et personnels en France. Par suite, elle est fondée à soutenir que l'arrêté attaqué porte au droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée et méconnaît ainsi les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
5. Il résulte de ce qui précède et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête que l'arrêté du préfet de police du 3 mars 2021 doit être annulé.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
6. Eu égard aux motifs du présent jugement, il y a lieu d'enjoindre au préfet de police de délivrer à Mme A un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la mise à disposition du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
7. Mme A a obtenu l'aide juridictionnelle Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Nunes d'une somme de 1 000 euros, sous réserve que ce dernier renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat,
D E C I D E
Article 1er : L'arrêté du préfet de police du 3 mars 2021 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de police de délivrer à Mme A un titre de séjour dans un délai de deux mois.
Article 3 : L'Etat versera à Me Nunes une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'il renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A, à Me Nunes et au préfet de police.
Délibéré après l'audience du 21 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Bachoffer, président,
Mme Dousset, première conseillère,
M. Seguin, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2022.
La rapporteure,
A. B
Le président,
B.R. BACHOFFER
La greffière,
L. REGNIER
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision./1-2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026