lundi 12 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2206934 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | PINEAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 23 mars, 24 août et 22 septembre 2022 et le 3 mars 2023, M. C A, représenté par Me Pineau, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 29 septembre 2021 par lequel la maire de Paris a délivré un permis de construire à la société Buttes Chaumont pour la construction d'un ensemble de trois bâtiments sur un niveau de sous-sol à destination de bureaux et d'habitation sur un terrain situé 14, rue Arthur Rozier - 19, rue de Crimée dans le 19ème arrondissement de Paris ainsi que la décision portant rejet implicite de son recours gracieux ;
2°) d'annuler l'arrêté du 1er décembre 2022 par lequel la maire de Paris a délivré un permis de construire modificatif portant sur la modification de l'aspect extérieur, la modification de la végétalisation, la mise à jour du dossier et la modification du tableau des surfaces ;
3°) de rejeter les conclusions reconventionnelles de la société Buttes Chaumont ;
4°) de mettre à la charge de la ville de Paris une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté a été signé par une autorité incompétente :
- il ne précise pas le sens des avis recueillis à l'occasion de l'instruction de la demande en violation de l'article A. 424-2 du code de l'urbanisme ; le permis modificatif est lui-même entaché de cette irrégularité formelle ;
- il méconnaît les articles L. 425-3 du code de l'urbanisme et L. 122-3 du code de la construction et de l'habitation dès lors qu'il ne comporte aucune mention sur l'obligation de solliciter une autorisation complémentaire pour l'aménagement intérieur des établissements recevant du public projetés ;
- il a été pris sur la base d'un dossier de permis de construire insuffisant ; il ne précise pas les destinations et sous-destinations des constructions existantes et projetées au regard des articles R. 151-27 et R. 151-28 du code de l'urbanisme en violation des dispositions des articles R. 431-5 et R. 431-6 du code de l'urbanisme ; le plan de masse est insuffisant au regard de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme dès lors qu'il ne fait pas apparaître les plantations maintenues ou supprimées ; les plans de coupe sont insuffisants au regard de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme dès lors qu'ils ne présentent aucunement le profil du terrain initial du terrain d'assiette ni les cotes de niveau du terrain avant travaux ; les documents graphiques ne permettent pas d'apprécier l'insertion du projet par rapport aux constructions avoisinantes de la rue Rozier ni son impact visuel depuis cette voie en violation de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît l'article UG.2.2.4 du règlement du plan local d'urbanisme de la ville de Paris ;
- il méconnaît l'article UG.6.1 du règlement du plan local d'urbanisme de la ville de Paris ;
- il méconnaît l'article UG.7.1 du règlement du plan local d'urbanisme de la ville de Paris ;
- il méconnaît l'article UG.8.1 du règlement du plan local d'urbanisme de la ville de Paris ;
- il méconnait les articles UG.10.2, UG.10.3 et UG.10.4 du règlement du plan local d'urbanisme de la ville de Paris ;
- il méconnaît l'article UG.11 du règlement du plan local d'urbanisme de la ville de Paris ;
- il méconnaît l'article UG.13.2.2 du règlement du plan local d'urbanisme de la ville de Paris ; le permis de construire modificatif méconnaît également ces dispositions ;
- il méconnaît les articles UG.15.2 et UG.15.3 du règlement du plan local d'urbanisme de la ville de Paris ; le permis modificatif méconnaît également les dispositions de l'article UG.15.2 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- le permis modificatif doit être annulé, par voie de conséquence, de l'annulation du permis de construire initial ;
- la demande de la société pétitionnaire formée sur le fondement de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme n'est pas fondée.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 1er septembre et 19 octobre 2022, les 4 et 18 janvier 2023, la ville de Paris conclut à titre principal au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens invoqués par M. A ne sont pas fondés.
Par des mémoires, enregistrés les 24 juin 2022 et 3 janvier 2023, la société Buttes Chaumont, représentée par Me Baillon, conclut au rejet de la requête, à ce que le requérant soit condamné à lui verser la somme de 500 000 euros sur le fondement de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à sa charge au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le requérant ne justifie pas d'un intérêt à agir ;
- les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés ;
- les conditions de mise en œuvre du recours révèlent une volonté de lui nuire en bloquant le projet et traduisent un comportement abusif à l'origine d'un préjudice financier et d'image qui doit être évalué à 500 000 euros.
Un courrier a été adressé le 9 janvier 2023 aux parties en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, les informant de la période à laquelle il est envisagé d'appeler l'affaire à l'audience et précisant la date à partir de laquelle l'instruction pourra être close dans les conditions prévues par les derniers alinéas des articles R. 613-1 et R. 613-2 du code de justice administrative.
Par ordonnance du 22 mars 2023, la clôture d'instruction a été fixée le même jour.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le règlement du plan local d'urbanisme de la ville de Paris ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Madé,
- les conclusions de Mme Alidière, rapporteure publique,
- et les observations de Me Pernet, représentant M. A, de Mme E représentant la ville de Paris et de Me Morisseau, représentant la société Buttes Chaumont.
Une note en délibéré présentée par la ville de Paris a été enregistrée le 1er juin 2023.
Une note en délibéré présentée par la société Buttes Chaumont a été enregistrée le 6 juin 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Le 29 avril 2021, la société Buttes Chaumont a déposé une demande de permis de construire pour la démolition de l'immeuble existant et la construction d'un ensemble immobilier de trois bâtiments à destination de bureaux et de logements sur un terrain situé 14, rue Arthur Rozier - 19, rue de Crimée dans le 19ème arrondissement de Paris. Le permis de construire sollicité a été délivré le 29 septembre 2021. Le 26 novembre 2021, M. A a formé un recours gracieux contre cet arrêté qui a été implicitement rejeté. Par la présente requête, il demande l'annulation de ces décisions. La maire de Paris a pris un arrêté rectificatif le 15 décembre 2021. Par ailleurs, un permis de construire modificatif portant sur la modification de l'aspect extérieur des constructions, la modification de la végétalisation, la mise à jour du dossier et la modification du tableau des surfaces a été délivré le 1er décembre 2022 par la maire de Paris. M. A conteste également ce dernier arrêté.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. Le présent article n'est pas applicable aux décisions contestées par le pétitionnaire. ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
4. Il ressort des pièces du dossier que M. A, qui est propriétaire d'un appartement situé au 1er étage de l'immeuble situé 33, rue Rozier en face du projet, justifie de sa qualité de voisin immédiat. Il se prévaut de l'importance du projet, d'une perte d'ensoleillement de l'ordre de 14 %, d'un préjudice de vue, d'un préjudice économique et des difficultés de stationnement et de circulation qui seront générées par le projet. Ce faisant, et alors même qu'il ne peut par ailleurs utilement invoquer les nuisances sonores générées par le chantier, il justifie d'un intérêt lui donnant qualité pour agir au sens des dispositions précitées de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme à l'encontre du projet litigieux. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par la société Buttes Chaumont doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les dispositions de l'arrêté du 29 septembre 2021 qui n'ont pas été modifiées par le permis de construire modificatif :
5. En premier lieu, par un arrêté du 21 septembre 2021 publié au bulletin officiel municipal de la Ville de Paris du 28 septembre suivant, la maire de Paris a donné délégation à M. B D, adjoint au chef du service du permis de construire et du paysage de la rue, signataire de l'arrêté en litige, à l'effet de signer les arrêtés de permis de construire. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte attaqué doit être écarté comme manquant en fait.
6. En deuxième lieu, l'insuffisance alléguée des visas de l'arrêté du 29 septembre 2021 délivrant un permis de construire à la société Buttes Chaumont est sans influence sur la légalité de cet arrêté.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 425-3 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet porte sur un établissement recevant du public, le permis de construire tient lieu de l'autorisation prévue par l'article L. 122-3 du code de la construction et de l'habitation dès lors que la décision a fait l'objet d'un accord de l'autorité administrative compétente qui peut imposer des prescriptions relatives à l'exploitation des bâtiments en application de l'article L. 143-2 du code de la construction et de l'habitation. Le permis de construire mentionne ces prescriptions. Toutefois, lorsque l'aménagement intérieur d'un établissement recevant du public ou d'une partie de celui-ci n'est pas connu lors du dépôt d'une demande de permis de construire, le permis de construire indique qu'une autorisation complémentaire au titre de l'article L. 122-3 du code de la construction et de l'habitation devra être demandée et obtenue en ce qui concerne l'aménagement intérieur du bâtiment ou de la partie de bâtiment concernée avant son ouverture au public ". Il résulte de ces dispositions que lorsque l'aménagement intérieur de locaux constitutifs d'un établissement recevant du public, qui nécessite une autorisation spécifique au titre de l'article L. 111-8 du code de la construction et de l'habitation, n'est pas connu lors du dépôt de la demande de permis de construire, l'autorité compétente, dont la décision ne saurait tenir lieu sur ce point de l'autorisation prévue par le code de la construction et de l'habitation, ne peut légalement délivrer le permis sans mentionner expressément l'obligation de demander et d'obtenir une autorisation complémentaire avant l'ouverture au public, et ce alors même que le contenu du dossier de demande de permis de construire témoignerait de la connaissance, par le pétitionnaire, de cette obligation.
8. Il ressort des pièces du dossier que l'aménagement intérieur des bureaux n'était pas connu lors du dépôt de l'autorisation de construire. Or l'arrêté contesté ne mentionne pas l'obligation de demander et d'obtenir une autorisation complémentaire avant l'ouverture des bureaux au public en méconnaissance des dispositions précitées. Toutefois, un arrêté rectificatif a été pris le 15 décembre 2021par la maire de Paris et mentionne désormais cette obligation. Par suite, ce moyen doit être écarté.
9. En quatrième lieu, le requérant soutient que le permis de construire a été délivré sur la base d'un dossier insuffisant.
10. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
11. D'abord, aux termes de l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme : " la demande de permis de construire précise : () e) La destination des constructions, par référence aux différentes destinations et sous-destinations définies aux articles R. 151-27 et R. 151-28 ". Les dispositions des articles R. 123-1 à R. 123-14 du code de l'urbanisme dans leur rédaction en vigueur au 31 décembre 2015 restent applicables aux plans locaux d'urbanisme dont l'élaboration, la révision, la modification ou la mise en compatibilité a été engagée avant le 1er janvier 2016. Toutefois, dans les cas d'une élaboration ou d'une révision prescrite sur le fondement du I de l'article L. 123-13 en vigueur avant le 31 décembre 2015, le conseil communautaire ou le conseil municipal peut décider que sera applicable au document l'ensemble des articles R. 151-1 à R. 151-55 du code de l'urbanisme dans leur rédaction en vigueur à compter du 1er janvier 2016, par une délibération expresse qui intervient au plus tard lorsque le projet est arrêté.
12. Le requérant soutient que le pétitionnaire n'a pas rempli la rubrique cerfa 5.6 portant sur les destinations et sous-destinations des constructions telles que définies depuis le 1er janvier 2016 par les articles R. 151-27 et R. 151-28 du code de l'urbanisme. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le plan local d'urbanisme de la ville de Paris demeure régi par les dispositions de l'article R. 123-9 du code de l'urbanisme dans sa rédaction antérieure au 1er janvier 2016 et que la conformité du projet au plan local d'urbanisme s'apprécie donc au regard des anciennes destinations définies par ces dispositions. Or la pétitionnaire a rempli la rubrique 5.5 du formulaire cerfa portant sur les destinations des constructions lorsque le projet de construction est situé dans une commune couverte par un plan local d'urbanisme appliquant l'article R. 123-9 dans sa rédaction antérieure au 1er janvier 2016. Si elle n'a pas rempli la rubrique 5.6 portant sur les nouvelles destinations définies par les articles R. 151-27 et R. 151-28 du code de l'urbanisme, une telle omission n'a pas été de nature à fausser l'appréciation des services instructeurs sur l'appréciation de la conformité du projet à la réglementation applicable. Par suite, ce moyen doit être écarté.
13. Ensuite, aux termes de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. ".
14. Il ressort des pièces du dossier que le plan de masse du permis de construire initial ne fait pas apparaître les plantations maintenues et supprimées. Toutefois, il ressort des photographies de l'existant et de la notice architecturale, que le terrain à l'état initial comporte seulement une haie. Or il ressort des pièces du dossier de permis de construire que cette haie sera supprimée. Dans ces conditions, alors que l'absence de mention sur le plan de masse des plantations maintenues ou supprimées n'a pas été de nature à fausser l'appréciation des services instructeurs sur l'appréciation de la conformité du projet à la réglementation applicable, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme doit être écarté.
15. En outre, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : () b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; ".
16. Les plans de coupe du permis de construire initial ne font pas apparaître le profil du terrain initial ni les cotes de niveaux du terrain avant travaux. Toutefois, les plans de géomètre joints au dossier mentionnent l'altitude du plateau de nivellement. Par ailleurs, la notice architecturale précise que la parcelle " chevauche cinq plateaux de nivellement différents de 100 à 104 NVP en raison du dénivelé important du quartier ". En outre, le plan de coupe n'a pas à mentionner les cotes des constructions existantes. Dans ces conditions, alors que les pièces du dossier de permis de construire ont permis aux services instructeurs de visualiser l'état initial du terrain et d'apprécier la conformité du projet à la réglementation applicable, notamment à l'article UG. 13 du réglement du plan local d'urbanisme, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme doit être écarté.
17. En cinquième lieu, aux termes de l'article UG.2.2.4 du règlement du plan local d'urbanisme " Conditions particulières relatives à l'habitation et à la création de logements locatifs intermédiaires " : () 2- Les emplacements réservés en vue de la réalisation de logements et de logements locatifs intermédiaires* sont indiqués aux documents graphiques du règlement sous la légende LI suivie de deux nombres fixant les obligations que doit respecter tout projet de construction neuve, de restructuration lourde ou de changement de destination (que l'opération relève du permis de construire ou de la déclaration préalable) réalisé dans l'emprise réservée : Le premier nombre indique, en pourcentage, le ratio minimal de logement que doit comporter la surface de plancher soumise à obligation de programme ; Le second indique, en pourcentage, le ratio minimal de logement intermédiaire que doit comporter la surface de plancher soumise à obligation de programme. Ce ratio peut être réalisé, pour moitié au maximum, en logement locatif social. Ces dispositions ne sont pas applicables aux travaux de construction, de réhabilitation, de restructuration ou d'extension des biens appartenant à l'Etat ou à l'un de ses établissements publics lorsqu'ils demeurent affectés à une mission de service public. La surface de plancher soumise à obligation de programme est la surface de plancher du projet, calculée après exclusion : a. des surfaces situées à rez-de-chaussée dans la bande E* et en sous-sol, b. des surfaces de CINASPIC*. Dans les emplacements réservés imposant 100% de logement, les surfaces indiquées au § b ci-avant incluent uniquement : ' les surfaces des constructions et installations techniques nécessaires au fonctionnement des réseaux et aux services urbains, ' le cas échéant, les surfaces de CINASPIC* programmées par un périmètre de localisation d'équipements grevant le même terrain, ' les surfaces des autres CINASPIC* situées au premier étage et au rez-de-chaussée hors de la bande E*. ".
18. D'une part, il ressort du document graphique du plan local d'urbanisme qu'un emplacement réservé pour la création de logements intermédiaires est prévu sur la parcelle et qu'en conséquence 100 % de la surface de plancher doivent être consacrés à du logement après exclusion notamment des surfaces situées à rez-de-chaussée dans la bande E et 60 % du programme de logements doivent être consacrés à du logement intermédiaire, la moitié pouvant cependant être consacrée à du logement social. En l'espèce, le projet crée une surface de plancher de 4 510 m² dont 3 860 m² de logements et 650 m² de bureaux. La quasi-intégralité de la parcelle étant située dans la bande E, les locaux de bureaux situés en rez-de-chaussée doivent être exclus de la surface de plancher soumise à l'obligation de programme résultant du 2° de l'article UG.2.2.4 du règlement du plan local d'urbanisme. Le requérant soutient que les mezzanines accessibles depuis les bureaux situés au rez-de-chaussée des bâtiments A et B, qui forment un niveau à part entière distinct du rez-de-chaussée, accueilleront des bureaux en violation des dispositions précitées. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le plancher des mezzanines ne couvrent qu'une partie de la superficie des bureaux dont elles font partie et n'ajoutent ainsi pas un étage aux bâtiments A et B. La surface de plancher créée par ces mezzanines doit donc prise en compte au titre de la surface de plancher du rez-de-chaussée et ainsi être exclue de la surface de plancher soumise à obligation de programme en application du 2° de l'article UG.2.2.4 du règlement du plan local d'urbanisme.
19. D'autre part, le permis de construire n'ayant d'autre objet que d'autoriser la construction conforme aux plans et indications fournis par le pétitionnaire, l'autorité compétente n'a à vérifier ni l'exactitude des déclarations du demandeur relatives à la consistance du projet à moins qu'elles ne soient contredites par les autres éléments du dossier joint à la demande tels que limitativement définis par les dispositions des articles R. 431-4 et suivants du code de l'urbanisme, ni l'intention du demandeur de les respecter, sauf en présence d'éléments établissant l'existence d'une fraude à la date à laquelle l'administration se prononce sur la demande d'autorisation.
20. Le requérant soutient qu'aucune pièce du dossier ne permet de s'assurer que des logements intermédiaires et sociaux seront effectivement créés. Toutefois, le tableau de répartition des surfaces précise que 31 % des logements seront affectés au logement intermédiaire et 29 % au logement social. Par ailleurs, l'autorité administrative n'avait pas à vérifier l'exactitude des déclarations de la pétitionnaire relatives à la consistance du projet ni son intention de les respecter.
21. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UG.2.2.4 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.
22. En sixième lieu, aux termes de l'article UG.6.1 du règlement du plan local d'urbanisme : " Sauf disposition graphique contraire, la partie verticale de la façade de toute construction à édifier en bordure de voie doit être implantée à l'alignement ou à la limite de fait de la voie* (Voir dispositions générales applicables au territoire couvert par le PLU, § IV). Toutefois : Lorsque l'environnement ou la sécurité des piétons et des personnes handicapées, ou l'expression d'une recherche architecturale les justifie, des retraits par rapport à l'alignement ou à la limite susvisée peuvent être admis. Dans ce cas, les fondations et sous-sols des constructions ne doivent comporter aucune saillie par rapport au plan vertical de la façade. Une clôture doit être implantée à l'alignement, sauf exceptionnellement si la configuration des lieux en justifie l'absence. Dans ce dernier cas, la limite au sol indiquant la séparation entre le domaine public et le domaine privé doit être matérialisée sans ambiguïté ".
23. D'une part, M. A soutient que l'intégralité des façades des bâtiments A et B n'est pas implantée à l'alignement côté rue de Crimée comme côté rue Rozier. En effet, il ressort des pièces du dossier que des retraits sont opérés au niveau des R+5 des bâtiments A et B côté rue de Crimée ainsi à compter du R+4 puis R+7 sur la façade du bâtiment A donnant sur la rue Arthur Rozier. Toutefois, s'agissant du bâtiment A, ces retraits sont justifiés par la volonté de créer une silhouette résolument sculpturale avec un volume très longiligne et progressivement écrêté au gré des retraits successifs des nus de façade afin d'assurer une meilleure intégration de ce bâtiment dans son environnement en raison notamment de sa hauteur. S'agissant du bâtiment B, le retrait est justifié par la volonté d'assurer une correspondance avec les immeubles voisins. Dans ces conditions, les retraits des façades des bâtiments A et B par rapport à l'alignement doivent être regardés comme justifiés par l'expression d'une recherche architecturale.
24. D'autre part, M. A soutient que le projet porte sur l'aménagement de parvis entre les bâtiments A et B côté rue de Crimée et au Nord du bâtiment A sans prévoir aucune clôture à l'alignement en violation des dispositions de l'article UG.6.1 précitées ni justifier cette absence par la configuration des lieux. Or il ne ressort pas des pièces du dossier que la configuration des lieux justifierait l'absence d'implantation d'une clôture à l'alignement sur les deux parvis alors même qu'en l'espèce, la limite au sol indiquant la séparation entre le domaine public et le domaine privé est matérialisée sans ambiguïté. A cet égard, s'il est soutenu en défense que l'absence de clôture est justifiée par un parti pris architectural, en vue notamment de rompre l'échelle du linéaire construit sur rue et, ainsi, marquer l'accès aux bureaux et aux logements s'agissant du parvis entre les bâtiments A et B, et, s'agissant du parvis au Nord au bâtiment A, afin de mieux qualifier le débouché de l'escalier et de permettre un second accès au bureau du bâtiment A, de tels motifs ne peuvent justifier l'absence de clôture qui peut n'être autorisée qu'à titre exceptionnel en raison de la configuration des lieux.
25. Il résulte de ce qui précède que M. A est fondé à soutenir que le projet méconnaît les dispositions de l'article UG.6.1 du règlement du plan local d'urbanisme en ce qu'il ne prévoit pas de clôture à l'alignement devant les deux parvis situés entre les bâtiments A et B côté rue de Crimée et au Nord du bâtiment A.
26. En septième lieu, aux termes de l'article UG.7.1 du règlement du plan local d'urbanisme : " Les façades ou parties de façades des constructions à édifier à l'intérieur ou à l'extérieur de la bande E* doivent respecter les dispositions qui suivent. 1°- Façade ou partie de façade comportant des baies* constituant l'éclairement premier de pièces principales* : Lorsqu'une façade ou une partie de façade à édifier en vis-à-vis d'une limite séparative comprise ou non dans la bande E* comporte une ou plusieurs baies constituant l'éclairement premier de pièces principales, elle doit respecter, au droit de cette limite, un prospect minimal de 6 mètres (sauf s'il est fait application des dispositions définies à l'article UG.7.2 - Cour commune et servitude contractuelle d'implantation - ou des dispositions énoncées au 2° alinéa de l'article UG.10.2). Toute pièce principale doit être éclairée par au moins une baie comportant une largeur de vue égale à 4 mètres au minimum. Toutefois, lorsque l'expression d'une recherche architecturale le justifie, une largeur inférieure à 4 mètres peut être admise à condition que la profondeur du redent créé n'excède pas la moitié de cette largeur. (Voir figure 4) Toutefois, les changements de destinations de locaux non conformes à ces normes (prospect et largeur de vue) peuvent être admis à condition qu'après travaux, les locaux présentent des conditions d'hygiène, de sécurité et d'éclairement satisfaisantes et, s'ils sont occupés par de l'habitation, répondent aux normes du logement décent. Cette possibilité n'existe que pour les locaux achevés à la date d'entrée en vigueur du présent règlement. 2°- Façade ou partie de façade comportant des baies dont aucune ne constitue l'éclairement premier de pièces principales* : Lorsqu'une façade ou une partie de façade à édifier en vis-à-vis d'une limite séparative comprise ou non dans la bande E* comporte des baies dont aucune ne constitue l'éclairement premier de pièces principales, elle doit respecter, au droit de cette limite, un prospect minimal de 2 mètres (sauf s'il est fait application des dispositions définies à l'article UG.7.2 - Cour commune et servitude contractuelle d'implantation - ou des dispositions énoncées au 2° alinéa de l'article UG.10.2). ".
27. M. A soutient que la façade sud du bâtiment B implantée en vis-à-vis de la limite séparative comporte au niveau R+7 des baies dont certaines constituent l'éclairement premier d'une pièce principale dédiée au séjour d'un appartement et que cette façade est située à 2 mètres de la limite séparative en violation des dispositions de l'article UG.7.1 précitées. Il ressort des pièces du dossier que les deux baies situées côté sud-ouest éclairant un séjour-salle à manger, présentent des dimensions identiques de 2,59 mètres de haut sur 3,19 mètres de large et une surface supérieure à celle des baies situées côté ouest présentant chacune des dimensions de 2,40 mètres de haut sur 2,63 mètres de large. Ainsi, sans qu'il y ait lieu de prendre en compte le linéaire total des baies présentes sur chaque façade, les deux baies situées côté sud-ouest doivent chacune être regardées, alors même qu'elles sont posées sur des châssis fixes, comme constituant l'éclairement premier du séjour-salle à manger. Par suite, M. A est fondé à soutenir que le projet méconnaît les dispositions de l'article UG.7.1 du règlement du plan local d'urbanisme en ce que la façade sud du bâtiment B comporte au niveau R+7 des baies constituant l'éclairement premier d'une pièce principale situées à moins de six mètres de la limite séparative.
28. En huitième lieu, M. A soutient que le projet méconnaît les règles du plan local d'urbanisme relatives au gabarit enveloppe.
29. D'une part, aux termes de l'article UG.10.2.3 du règlement du plan local d'urbanisme : " Dispositions applicables aux terrains situés à l'angle de deux voies et aux terrains traversants : Lorsque, sur une partie de terrain, se superposent deux bandes E dans lesquelles sont définis, conformément aux articles UG.10.2.1, UG.10.2.2 ou UG.10.2.4, des gabarits- enveloppes de hauteurs différentes, le gabarit-enveloppe le plus élevé peut être appliqué sur cette partie de terrain, pour des motifs d'architecture ou d'environnement. ".
30. Il ressort du document graphique du plan local d'urbanisme que le terrain est bordé, côté rue Arthur Rozier, par un filet de couleur vert hachuré et que le gabarit enveloppe se compose donc d'une verticale de hauteur de 10 mètres, et d'un couronnement présentant une oblique de pente de 1/3 limitée par une horizontale située à 2 mètres au-dessus du sommet de la verticale. Toutefois, le terrain d'assiette est, au niveau du bâtiment A, situé à l'angle de la rue de Crimée et de la rue Arthur Rozier et deux bandes E se superposent sur cette partie du terrain dans lesquelles sont définis des gabarits-enveloppes de hauteurs différentes. Le projet applique, en conséquence, le gabarit-enveloppe le plus élevé correspondant à celui déterminé depuis la rue de Crimée en application des dispositions précitées de l'article UG.10.2.3 du règlement du plan local d'urbanisme. D'une part, il ressort des termes de ces dispositions qu'elles ont vocation à s'appliquer lorsque l'un des gabarits-enveloppes est déterminé par un filet de couleur au document graphique, aucune contradiction n'existant sur ce point entre l'article UG.10.2.3 et le document graphique annexé au règlement. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que l'application du gabarit-enveloppe le plus favorable au bâtiment A tend à assurer une continuité urbaine en alignant la hauteur du projet sur celle des constructions voisines, notamment sur celle faisant face à l'angle nord-ouest du bâtiment A, et à prendre en compte la configuration particulière des lieux, la rue Arthur Rozier étant surélevée par rapport à la rue de Crimée qu'elle coupe par un pont. Ainsi, des motifs architecturaux et d'environnement justifiaient que le gabarit-enveloppe de la construction projetée soit déterminé dans la partie de terrain concerné par la superposition des bandes E à partir des règles de gabarit-enveloppe applicables aux façades érigées depuis la rue de Crimée.
31. D'autre part, aux termes de l'article UG.10.3 du règlement du plan local d'urbanisme : " Gabarit-enveloppe à l'intérieur de la bande E* : Les façades ou parties de façade comportant des baies constituant l'éclairement premier de pièces principales en vis-à-vis d'une limite séparative située ou non dans la bande E sont assujetties à un gabarit-enveloppe constitué d'une verticale limitée par l'horizontale du gabarit-enveloppe défini en bordure de voie, élevé à 6 mètres de cette limite. Le point d'attache du gabarit-enveloppe est pris à 6 mètres de la limite séparative, au même niveau que celui du gabarit-enveloppe défini en bordure de voie. ".
32. Ainsi qu'il a été dit au point 27, la façade sud du bâtiment B comporte au niveau R+7 des baies qui constituent l'éclairement premier d'une pièce principale. Cette partie de façade est donc assujettie à un gabarit-enveloppe constitué d'une verticale élevée à six mètres de la limite séparative. Par suite, alors que le niveau R+7 de la façade sud du bâtiment B est érigé à 2 mètres de la limite séparative, M. A est fondé à soutenir que les dispositions de l'article UG.10.3 du règlement du plan local d'urbanisme sont méconnues par le projet.
33. En neuvième lieu, aux termes de l'article UG.11.1 du règlement du plan local d'urbanisme : Les interventions sur les bâtiments existants comme sur les bâtiments à construire, permettant d'exprimer une création architecturale, peuvent être autorisées. L'autorisation de travaux peut être refusée ou n'être accordée que sous réserve de prescriptions si la construction, l'installation ou l'ouvrage, par sa situation, son volume, son aspect, son rythme ou sa coloration, est de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. Notamment, pour éviter de créer ou de laisser à découvert des murs pignons, la hauteur d'une construction projetée en bordure de voie peut être soit réduite, soit augmentée, nonobstant les dispositions de l'article UG.10.2, sans créer de décalage supérieur, en principe, à la hauteur moyenne d'un étage par rapport aux constructions contiguës ". Aux termes de l'article UG.11.1.3 du règlement du plan local d'urbanisme : " Constructions nouvelles : Les constructions nouvelles doivent s'intégrer au tissu existant, en prenant en compte les particularités morphologiques et typologiques des quartiers (rythmes verticaux, largeurs des parcelles en façade sur voies, reliefs) ainsi que celles des façades existantes (rythmes, échelles, ornementations, matériaux, couleurs) et des couvertures (toitures, terrasses, retraits). L'objectif recherché ci-dessus ne doit pas pour autant aboutir à un mimétisme architectural pouvant être qualifié esthétiquement de pastiche. Ainsi l'architecture contemporaine peut prendre place dans l'histoire de l'architecture parisienne. Les bâtiments sur rue se présentent en général sous la forme de différents registres (soubassement, façade, couronnement), qui participent à leur composition architecturale, en particulier en bordure des voies et des espaces publics. Les traitements architecturaux contemporains peuvent ne pas traduire le marquage de ces registres, qui peuvent toutefois être imposés dans certaines configurations 1°- Soubassement : La hauteur et l'aspect du soubassement doivent être traités, sur un ou deux niveaux, en accord avec celui des constructions voisines. La hauteur du rez-de-chaussée en façade sur voie doit être au minimum de 3,20 mètres de hauteur libre sous poutre ou sous linteau ; elle peut être soit réduite soit augmentée pour être en accord avec celle des bâtiments voisins. ".
34. Ces dispositions fixent, de façon développée et nuancée, les règles relatives à l'aspect extérieur des constructions, aux aménagements de leurs abords, à la protection des immeubles et des éléments de paysage, applicables à la zone UG qui comprend l'essentiel du territoire construit de la ville de Paris. Si les dispositions du début du point UG.11.1.3 sur les constructions nouvelles énoncent que ces constructions doivent s'intégrer au tissu urbain existant, en prenant en compte les particularités des quartiers, celles des façades existantes et des couvertures, ces dispositions ne peuvent être isolées des autres dispositions de l'article UG.11, en particulier de celles du point UG.11.1, qui précisent que peuvent être autorisées des constructions nouvelles permettant d'exprimer une création architecturale et qui n'imposent pas que soit refusée une autorisation de nature à porter atteinte au caractère des lieux avoisinants, et celles du même point UG.11.1.3 qui précisent que l'objectif d'intégration dans le tissu urbain existant ne doit pas conduire à un mimétisme architectural ou faire obstacle à des projets d'architecture contemporaine. Dans cet esprit, les dispositions du point UG.11.1.3 permettent expressément de ne pas reprendre, pour des constructions nouvelles contemporaines, les registres des bâtiments sur rue, entendus comme le soubassement, la façade et le couronnement, tels qu'ils sont habituellement observés pour les bâtiments parisiens. De même, les dispositions du paragraphe 4 du point UG.11.1.3 relatives aux matériaux n'interdisent pas l'emploi de matériaux, ou de teintes, différents de la pierre calcaire ou du plâtre, et admet le recours à des matériaux innovants en matière d'aspect des constructions.
35. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit la construction d'un bâtiment A en R+6+attique sur un niveau de sous-sol côté rue Arthur Rozier et en R+7+attique côté rue de Crimée situé à l'angle des deux rues, un bâtiment B rue de Crimée en R+6+attique sur un niveau de sous-sol et un bâtiment C rue Rozier en R+2 sur un niveau de sous-sol. Toutefois, si les bâtiments A et B ont une hauteur élevée, il ressort des pièces du dossier que les immeubles implantés dans le quartier présentent des hauteurs variées et que plusieurs immeubles présentent une hauteur similaire voire même supérieure à celle de l'immeuble projeté. Si le bâtiment situé au 33, rue Rozier présentant une façade sur rue d'un étage sur rez-de-chaussée fait l'objet d'une protection patrimoniale par le plan local d'urbanisme dès lors qu'il s'agit d'un " ensemble représentatif d'un habitat modeste dont la volumétrie et la disposition évoque les ensembles typiques des anciens villages et faubourgs de Paris ", il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet y porterait atteinte alors que le bâtiment C, de hauteur beaucoup plus modeste, sera édifié en face de ce bâtiment et que le bâtiment du 33, rue Rozier est entouré d'immeubles en R+7 et R+5. Dans ces conditions, et malgré les réserves émises par l'architecte des bâtiments de France et le maire d'arrondissement, M. A n'établit pas que le projet porterait atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants.
36. D'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier que le soubassement des bâtiments A et B, qui remploient des pierres meulières de l'immeuble existant, ne serait pas traité en accord avec les soubassements des constructions voisines qui présentent un caractère hétérogène.
37. Enfin, si M. A soutient que le projet créée un mur pignon de quatre étages par rapport à l'immeuble contigü au bâtiment B sis 17, rue de Crimée en violation des dispositions précitées de l'article UG.11.1 du règlement du plan local d'urbanisme, ces dispositions, qui instaurent une simple faculté de réduire ou d'augmenter la hauteur d'une construction en bordure de voie pour éviter de créer ou de laisser à découvert des murs pignons, n'interdisent pas la création de murs pignons.
38. En dixième lieu, aux termes de l'article UG.15.2 du règlement du plan local d'urbanisme : " Collecte des déchets : Les constructions nouvelles doivent comporter des locaux de stockage des déchets suffisamment grands, dimensionnés de manière à recevoir et permettre de manipuler sans difficulté tous les récipients nécessaires à la collecte sélective des déchets. Les locaux de stockage des déchets doivent être aménagés de préférence à rez-de-chaussée. Dans le cas où ils sont implantés en sous-sol, un dispositif permettant la mise en œuvre de la collecte sélective depuis les parties communes de l'immeuble à rez-de-chaussée doit être prévu. Les dispositions des deux alinéas précédents s'appliquent également en cas de réaménagement de bâtiments existants, sauf si leurs caractéristiques l'interdisent. L'installation de composteurs est recommandée dans les espaces végétalisés ".
39. Il ressort des pièces du dossier qu'un local de stockage des déchets commun aux bureaux et aux logements des bâtiments A et B est prévu au rez-de-chaussée du bâtiment C et permet d'évacuer les déchets de plain-pied sur la rue Crimée. Par suite, et alors que les dispositions de l'article UG.15.2 du règlement du plan local d'urbanisme n'interdisent pas l'utilisation commune d'un local de stockage des déchets par plusieurs bâtiments situés sur un même terrain, le moyen tiré de ce que les bâtiments A et B ne comportent pas de locaux de stockage des déchets doit être écarté.
40. En onzième lieu, aux termes de l'article UG.15.3 du règlement du plan local d'urbanisme : " Constructions nouvelles : Les constructions nouvelles doivent être étudiées en intégrant les effets positifs de la végétalisation du bâti dans la perspective d'un bilan d'émission de CO2 aussi faible que possible en utilisant des matériaux à faible empreinte environnementale, en maîtrisant les consommations énergétiques et en privilégiant l'utilisation d'énergies renouvelables (solaire, géothermique, ou tout dispositif de récupération d'énergie, pompes à chaleur) selon les contraintes liées au site et aux conditions particulières de réalisation du projet. "
41. Il ressort des pièces du dossier, et notamment de l'attestation de prise en compte de la réglementation thermique 2012, que le projet prévoit l'utilisation d'une chaufferie alimentée au bois, qui constitue un dispositif d'énergie renouvelable. Ainsi, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le projet ne prévoit aucune installation de production d'énergie renouvelable en violation des dispositions précitées de l'article UG.15.3 du règlement du plan local d'urbanisme.
En ce qui concerne le permis de construire modificatif :
42. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 6, le moyen tenant à l'insuffisance des visas du permis de construire modificatif doit être écarté.
43. En deuxième lieu, aux termes de l'article UG.13.2.2 du règlement du plan local d'urbanisme : " Modalités de mise en œuvre des plantations : Les nouvelles plantations doivent être réalisées en fonction du caractère et de la configuration des espaces libres, de leur vocation et des données techniques liées à l'écologie du milieu Les arbres à planter doivent respecter les conditions ci-après leur permettant de se développer convenablement : () c - Arbres à petit développement : les sujets, choisis parmi des espèces atteignant une hauteur maximale de 8 mètres à l'âge adulte, sont adaptés à des configurations présentant une superficie de pleine terre de 10 m² répartie régulièrement autour du tronc. Dans le cas de plantations sur dalle, les épaisseurs de terre suivantes sont adaptées : environ 2 mètres pour les arbres à grand développement, environ 1,50 mètre pour les arbres à moyen développement, environ 1 mètre pour les arbres à petit développement, environ 0,50 mètre pour la végétation arbustive et les aires gazonnées, non compris la couche drainante.
44. Le permis de construire modificatif prévoit le remplacement de deux arbres à moyen développement situés sur le parvis entre le bâtiment A et B et à proximité de la limite sud de la parcelle par des arbres à petits développements. Or les dispositions précitées de l'article UG.13.2.2 du règlement du plan local d'urbanisme ne prévoient aucune distance d'implantation à respecter par rapport aux façades des constructions pour les arbres de petit développement. En outre, les dispositions du dernier alinéa de l'article UG.13.2.2 du règlement du plan local d'urbanisme ne sont pas applicables aux deux arbres en litige qui sont implantés en pleine terre.
45. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 39, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UG.15.2 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.
En ce qui concerne les dispositions de l'arrêté du 29 septembre 2021 modifiées par l'arrêté de permis de construire modificatif :
46. Lorsqu'un permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance des permis d'aménager, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'un permis modificatif dès lors que celui-ci assure le respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédé de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. Les irrégularités ainsi régularisées à la suite de la modification de son projet par le pétitionnaire et en l'absence de toute intervention du juge ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre le permis initial.
47. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : () c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; ".
48. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
49. Alors que le dossier de permis de construire initial comportant quatre documents graphiques d'insertion du projet, le dossier de permis de construire modificatif comporte deux documents graphiques supplémentaires. Ces documents, ainsi que les photographies de l'environnement proche et lointain et les plans versés au dossier, ont permis aux services instructeurs d'apprécier l'insertion du projet de construction dans son environnement, notamment au niveau de la rue Arthur Rozier. Par suite, le requérant ne peut utilement soutenir que le permis initial méconnaît les dispositions de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme.
50. En deuxième lieu, ainsi qu'il a été dit au point 44, le permis de construire modificatif a remplacé les deux arbres à moyen développement situés sur le parvis entre le bâtiment A et B et à proximité de la limite sud de la parcelle par des arbres à petits développements. Par suite, et alors qu'ainsi qu'il a été dit au point 41, le permis de construire modificatif respecte les dispositions de l'article UG.13.2.2 du règlement du plan local d'urbanisme, le requérant ne peut utilement invoquer la méconnaissance de ces dispositions à l'encontre du permis de construire initial.
51. En troisième lieu, aux termes de l'article UG.8 du règlement du plan local d'urbanisme : " Implantation des constructions les unes par rapport aux autres sur un même terrain () 1°- Façades comportant des baies constituant l'éclairement premier de pièces principales* : Lorsque des façades ou parties de façade de constructions en vis-à-vis sur un même terrain comportent des baies constituant l'éclairement premier de pièces principales, elles doivent être édifiées de telle manière que la distance de l'une d'elles au point le plus proche de l'autre soit au moins égale à 6 mètres. Toute pièce principale doit être éclairée par au moins une baie comportant une largeur de vue égale à 4 mètres au minimum. Toutefois, lorsque l'expression d'une recherche architecturale le justifie, une largeur inférieure à 4 mètres peut être admise à condition que la profondeur du redent créé n'excède pas la moitié de cette largeur. (Voir figure 4) Toutefois, les changements de destinations de locaux non conformes à ces normes (distance entre façades et largeur de vue) peuvent être admis à condition qu'après travaux, les locaux présentent des conditions d'hygiène, de sécurité et d'éclairement satisfaisantes et, s'ils sont occupés par de l'habitation, répondent aux normes du logement décent. Cette possibilité n'existe que pour les locaux achevés à la date d'entrée en vigueur du présent règlement. 2°- Façades comportant des baies dont aucune ne constitue l'éclairement premier de pièces principales : Lorsque des façades ou parties de façade de constructions en vis-à-vis sur un même terrain comportent des baies dont aucune ne constitue l'éclairement premier de pièces principales, elles doivent être édifiées de telle manière que la distance de l'une d'elles au point le plus proche de l'autre soit au moins égale à 3 mètres. 3°- Façades sans baie constituant une vue : Lorsque des façades ou parties de façades de constructions en vis-à-vis sur un même terrain ne comportent pas de baie constituant une vue, aucune distance minimale n'est requise ; toutefois, dans certaines configurations de constructions présentant des espaces interstitiels réduits, une distance minimum de 3 mètres peut être exigée. ".
52. Il résulte des dispositions précitées, ainsi que de la figure 4 inscrite au règlement du plan local d'urbanisme, que seules les parties de façades comportant des baies doivent, pour leur implantation, respecter les distances ainsi définies, calculées entre la baie et le point le plus proche de la façade en vis-à-vis.
53. Si le requérant soutient qu'il y a lieu de prendre en compte les superficies cumulées des deux baies du séjour-cuisine des appartements R+1 et R+2 du bâtiment C situées de la long de la limite séparative sud en vis-à-vis du bâtiment B, des 3 baies du séjour cuisine des appartements R+1 et R+2 du bâtiment C situées à l'angle de la rue Rozier et du jardin intérieur et des trois baies du séjour cuisine des appartements des R+1 à R+3 du bâtiment A situés à l'angle de la rue Arthur Rozier et du jardin intérieur pour constater la méconnaissance des dispositions de l'article UG.8.1 du règlement du plan local d'urbanisme, ces dispositions impliquent de raisonner baie par baie et non par surface cumulée des baies situées sur une même façade.
54. S'agissant des baies des séjours-cuisines des appartements situés au R+2 et R+3 du bâtiment A situées à l'angle de la rue Rozier et du jardin intérieur, il ressort des pièces du dossier que la baie qui est qualifiée de baie secondaire présente une surface inférieure aux deux autres baies éclairant la pièce. Elle pouvait ainsi être située à 3 mètres de la façade du bâtiment C située en vis-à-vis. Par ailleurs, les deux baies qui constituent l'éclairement premier des séjours-cuisines sont situées à plus de six mètres de la façade du bâtiment C située en vis-à-vis.
55. S'agissant des baies des séjours situés aux niveaux R+2 et R+3 sur la façade ouest du bâtiment B, il ressort des pièces du dossier que l'alcôve initialement prévue a été supprimée par le permis de construire modificatif et que la baie située le long de la limite séparative, qui présente des dimensions inférieures à l'autre baie du séjour, ne constitue pas l'éclairement premier d'une pièce principale. Elle pouvait ainsi être située à 3 mètres de la façade du bâtiment C située en vis-à-vis. Par ailleurs, s'agissant de la baie constituant l'éclairement premier du séjour, il ressort des pièces du dossier qu'elle est située à plus de six mètres de la façade du bâtiment C située en vis-à-vis.
56. S'agissant des baies des séjours cuisines situées aux niveaux R+1 et R+2 du bâtiment C le long de la limite séparative sud, il ressort des pièces du dossier que compte tenu de ses dimensions inférieures à l'autre baie éclairant ces pièces, la baie située le long de cette limite ne constitue pas l'éclairement premier d'une pièce principale. Elle pouvait ainsi être située à 3 mètres de la façade du bâtiment B située en vis-à-vis. Par ailleurs, s'agissant de la baie constituant l'éclairement premier des séjours cuisines, il ressort des pièces du dossier qu'elle est située à plus de six mètres de la façade du bâtiment B située en vis-à-vis.
57. S'agissant des baies des séjours cuisines situés aux niveaux R+1 à R+4 au Nord-Ouest du bâtiment B, il ressort des plans du permis de construire modificatif que la baie constituant l'éclairement premier de ces pièces est située sur la façade ouest, la baie située sur la façade nord-ouest présentant une surface inférieure. Elle pouvait être située à 3 mètres de la façade du bâtiment A située en vis-à-vis. Par ailleurs, s'agissant des baies constituant l'éclairement premier des séjours cuisines situées en façade ouest, il ressort des pièces du dossier qu'elles sont situées à plus de six mètres de la façade du bâtiment A située en vis-à-vis.
58. S'agissant des baies du séjour cuisine situées aux niveaux R+1 et R+2 du bâtiment C à l'angle de la rue Rozier et du jardin intérieur, il ressort des plans du permis de construire modificatif que la baie située le long de la rue Arthur Rozier, qui présente des dimensions inférieures aux deux autres baies éclairant la pièce, ne constitue pas l'éclairement premier du séjour cuisine. Ainsi, elle pouvait être située à 3 mètres de la façade du bâtiment A située en vis-à-vis. Par ailleurs, s'agissant des deux baies de dimension identique qui constituent l'éclairement premier du séjour cuisine, il ressort des pièces du dossier qu'elles sont situées à plus de six mètres de la façade du bâtiment A située en vis-à-vis.
59. Il résulte de ce qui précède que le permis de construire modificatif assure le respect des dispositions de l'article UG.8 du règlement du plan local d'urbanisme et que M. A ne peut donc utilement invoquer la méconnaissance de ces dispositions à l'encontre du permis de construire initial.
60. En quatrième lieu, aux termes de l'article UG.10.4 du règlement du plan local d'urbanisme : " Gabarit-enveloppe des constructions en vis-à-vis sur un même terrain : (Voir figure17) UG.10.4.1 - Dispositions générales : Le point d'attache du gabarit-enveloppe est pris sur le plancher du niveau le plus bas comportant des baies constituant l'éclairement premier de pièces principales s'éclairant sur la façade du bâtiment en vis-à-vis. Le gabarit-enveloppe d'une construction ou partie de construction à édifier en vis-à-vis de la façade d'un bâtiment comportant des baies constituant l'éclairement premier de pièces principales se compose successivement : a - d'une verticale de hauteur H égale au prospect P mesuré entre les constructions en vis-à-vis augmenté de 4 mètres : H = P + 4,00 m b- d'une oblique de pente 1/1 élevée au sommet de la verticale et limitée à la hauteur plafond. La façade ou partie de façade de la construction à édifier ne peut comporter de baies constituant l'éclairement premier de pièces principales que si le gabarit-enveloppe défini ci-dessus, appliqué au bâtiment en vis-à-vis, qu'il comporte ou non des baies, est respecté. Lorsque la façade ou partie de façade de la construction projetée n'est pas parallèle à la façade située en vis-à-vis, on peut utiliser une valeur moyenne Pm du prospect mesuré perpendiculairement au bâtiment le plus élevé, calculée par la moyenne arithmétique du prospect le plus petit et du prospect le plus grand. Cette valeur n'est prise en compte qu'à concurrence des 4/3 du prospect le plus petit. ".
61. Le requérant soutient que dans la mesure où le permis de construire initial est contraire aux dispositions de l'article UG.8 du règlement du plan local d'urbanisme, il méconnaît nécessairement les dispositions de l'article UG.10.4 de ce règlement. Toutefois, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 51 à 59, M. A ne peut utilement invoquer la méconnaissance de ces dispositions à l'encontre du permis de construire initial.
62. En dernier lieu, aux termes de l'article UG.11.2.2 du règlement du plan local d'urbanisme : " - Saillies* sur les espaces libres intérieurs : 1°- Verticale du gabarit-enveloppe : Les saillies sont autorisées par rapport au plan des façades inscrites à l'intérieur des gabarits-enveloppes définis aux articles UG.10.3 et UG.10.4, à condition () qu'une distance minimale de 6 mètres soit ménagée entre tous éléments de construction en vis-à-vis sur un même terrain, dans le cas de façades comportant des baies constituant l'éclairement premier de pièces principales ".
63. Il ressort des pièces du dossier que les balcons des bâtiments A et B donnant sur le jardin intérieur ont été supprimés par le permis de construire modificatif. Par ailleurs, le permis de construire modificatif a procédé à une réduction des balcons du bâtiment C. Cependant, il ressort des pièces du dossier que les balcons situés aux niveaux R+1 et R+2 du bâtiment C et situés en vis-à-vis de la façade sud-ouest du bâtiment A ne respectent pas la distance minimale de 6 mètres prescrite par les dispositions précitées de l'article UG.11.2.2 du règlement du plan local d'urbanisme. Par suite, le permis modificatif n'ayant pas régularisé l'irrégularité dont est entaché le permis de construire initial, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UG.11.2.2 du règlement du plan local d'urbanisme doit être accueilli.
Sur l'application des dispositions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme :
64. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. Le refus par le juge de faire droit à une demande d'annulation partielle est motivé. ".
65. Les vices tenant à la méconnaissance des articles UG.6.1, UG.7.1, UG.10.3 et UG.11.2.2, qui affectent une partie identifiable du projet, peuvent être régularisés sans qu'une telle régularisation implique d'apporter au projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même. Par suite, il y a lieu de procéder à l'annulation partielle du permis de construire contesté du 29 septembre 2021 tel que rectifié par l'arrêté du 15 décembre 2021 et modifié par l'arrêté du 1er décembre 2022 en tant que le projet méconnaît les dispositions de l'article UG.6.1 du règlement du plan local d'urbanisme en ce qu'il ne prévoit pas de clôture à l'alignement devant les deux parvis situés entre les bâtiments A et B côté rue de Crimée et au Nord du bâtiment A, en tant que la façade sud du bâtiment B comporte au niveau R+7 des baies constituant l'éclairement premier d'une pièce principale situées à moins de six mètres de la limite séparative en méconnaissance des dispositions de l'article UG.7.1 du règlement du plan local d'urbanisme, en tant que le niveau R+7 de la façade sud du bâtiment B est érigé à 2 mètres de la limite séparative en violation des dispositions de l'article UG.10.3 du règlement du plan local d'urbanisme et en tant que les balcons situés aux niveaux R+1 et R+2 du bâtiment C et situés en vis-à-vis de la façade sud-ouest du bâtiment A ne respectent pas la distance minimale de 6 mètres prescrite par les dispositions précitées de l'article UG.11.2.2 du règlement du plan local d'urbanisme. Il y a lieu de fixer à trois mois le délai imparti à la pétitionnaire pour solliciter la régularisation du projet. Par ailleurs, la décision portant rejet du recours gracieux doit être annulée dans la mesure où elle ne revient pas sur cette autorisation en raison de cette illégalité.
Sur la demande de la société Buttes Chaumont présentée sur le fondement de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme :
66. Aux termes des dispositions de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme : " Lorsque le droit de former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager est mis en œuvre dans des conditions qui traduisent un comportement abusif de la part du requérant et qui causent un préjudice au bénéficiaire du permis, celui-ci peut demander, par un mémoire distinct, au juge administratif saisi du recours de condamner l'auteur de celui-ci à lui allouer des dommages et intérêts. La demande peut être présentée pour la première fois en appel.
67. La société Buttes Chaumont n'est, en tout état de cause, pas fondée à soutenir que M. A aurait mis en œuvre son droit de former un recours pour excès de pouvoir contre le permis de construire litigieux dans des conditions traduisant un comportement abusif, au sens des dispositions législatives précitées, dès lors qu'ainsi qu'il a été dit au point 4, il dispose d'un intérêt à agir contre ce permis et qu'en outre, contrairement à ce que soutient la société pétitionnaire, les moyens invoqués par le requérant ne sont pas dépourvus de caractère sérieux, plusieurs des moyens invoqués étant d'ailleurs fondés. Au surplus, la réalité du préjudice allégué de 500 000 euros tenant au coût des études et analyses réalisées en vain, aux frais divers et financiers et à son préjudice d'image, n'est pas établie. Par suite, la demande formée par la société Buttes Chaumont sur le fondement de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme doit être rejetée.
Sur les conclusions à fin d'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
68. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
69. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. A, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la société Buttes Chaumont demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la ville de Paris la somme de 400 euros à verser à M. A au titre des frais de justice.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 29 septembre 2021 tel que rectifié par l'arrêté du 15 décembre 2021 et modifié par l'arrêté du 1er décembre 2022 est annulé en tant que le projet méconnaît les dispositions de l'article UG.6.1 du règlement du plan local d'urbanisme en ce qu'il ne prévoit pas de clôture à l'alignement devant les deux parvis situés entre les bâtiments A et B côté rue de Crimée et au Nord du bâtiment A, en tant que la façade sud du bâtiment B comporte au niveau R+7 des baies constituant l'éclairement premier d'une pièce principale situées à moins de six mètres de la limite séparative en méconnaissance des dispositions de l'article UG.7.1 du règlement du plan local d'urbanisme, en tant que le niveau R+7 de la façade sud du bâtiment B est érigé à 2 mètres de la limite séparative en violation des dispositions de l'article UG.10.3 du règlement du plan local d'urbanisme et en tant que les balcons situés aux niveaux R+1 et R+2 du bâtiment C et situés en vis-à-vis de la façade sud-ouest du bâtiment A ne respectent pas la distance minimale de 6 mètres prescrite par les dispositions précitées de l'article UG.11.2.2 du règlement du plan local d'urbanisme. La décision implicite portant rejet du recours gracieux est annulée dans la mesure où elle ne revient pas sur cette autorisation en raison de cette illégalité.
Article 2 : Le délai accordé à la société Buttes Chaumont pour solliciter la régularisation de son projet est fixé à trois mois.
Article 3 : La ville de Paris versera à M. A la somme de 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions présentées par la société Buttes Chaumont au titre des dispositions des articles L. 600-7 du code de l'urbanisme et L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à la ville de Paris et à la société Buttes Chaumont.
Délibéré après l'audience du 30 mai 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Le Roux, présidente,
Mme Madé, première conseillère,
Mme Berland, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juin 2023.
La rapporteure,
C. MADÉ
La présidente,
M-O. LE ROUX La greffière,
I. SZYMANSKI
La République mande et ordonne au préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris, en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026