mardi 9 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2207482 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | CHAYE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 mars 2022, M. B A, représenté par Me Chayé, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 10 février 2022 par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de Paris a refusé de lui accorder le rétablissement des conditions matérielles d'accueil réservées aux demandeurs d'asile ;
2°) d'enjoindre à l'OFII, à titre rétroactif, de rétablir les conditions matérielles d'accueil dont il bénéficiait dans le délai de sept jours à compter du présent jugement, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'OFII la somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le motif retenu pour justifier la décision attaquée entre en contradiction avec les éléments contenus dans la fiche évaluant sa vulnérabilité ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 mars 2023, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 20 mars 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 3 avril 2023.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 5 mai 2022.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Khansari,
- et les conclusions de M. Charzat, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant libyen, né le 12 juillet 1999, a sollicité son admission au bénéfice de l'asile le 7 mai 2021. Il a accepté l'offre de prise en charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) le 11 mai 2021. Par une décision du 15 juin 2021, l'Office a mis fin à ses conditions matérielles d'accueil. Le 24 novembre 2021, l'intéressé a demandé leur rétablissement au directeur territorial de l'OFII de Paris. Par une décision du 10 février 2022, ce dernier a refusé cette demande au motif que le requérant n'a pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en s'abstenant de fournir une photocopie du contrat de location ou du titre de propriété de la personne l'hébergeant, une photocopie du titre d'identité de cette personne et une déclaration sur l'honneur. Par une décision du 31 mars 2022, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cette décision.
2. En premier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la situation personnelle de M. A, qui a notamment bénéficié de deux entretiens permettant d'évaluer sa vulnérabilité les 11 mai 2021 et 4 février 2022, n'aurait pas fait l'objet d'un examen particulier préalablement à l'édiction de la décision attaquée. Par suite, le moyen doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il peut être mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur dans les cas suivants : / () 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes () ".
4. Pour refuser de rétablir les conditions matérielles d'accueil dont bénéficiait M. A, le directeur territorial de l'OFII de Paris a relevé que ce dernier n'avait pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en s'abstenant de fournir une photocopie du contrat de location ou du titre de propriété de la personne l'hébergeant, une photocopie du titre d'identité de cette personne et une déclaration sur l'honneur. Il ressort des pièces du dossier que ces documents lui ont été demandés par l'OFII le 11 mai 2021, après qu'il a déclaré disposer d'un hébergement stable chez un compatriote libyen, et qu'une notification d'intention de cessation des conditions matérielles d'accueil lui a été adressée dix jours plus tard, en l'absence de communication de ces pièces. M. A n'ayant pas répondu dans le délai de quinze jours, l'OFII a mis fin aux conditions matérielles d'accueil dont il bénéficiait, le 15 juin 2021. Dans ces conditions, et contrairement à ce qu'il soutient, le requérant ne s'est pas conformé à l'ensemble des critères prévus par les dispositions précitées de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.
5. En troisième lieu, le requérant a indiqué, lors du premier entretien dont il a bénéficié le 11 mai 2021, qu'il disposait d'un hébergement stable. Dans ces conditions, pour prendre la décision attaquée, l'OFII était en droit de lui opposer le motif tiré de ce qu'il n'a pas communiqué les pièces justificatives relatives à ce logement. La circonstance qu'il a déclaré ne pas disposer d'un tel hébergement au cours du second entretien dont il a bénéficié, le 4 février 2022, est sans incidence sur le fait qu'il était en mesure d'apporter les pièces justificatives concernant le logement qu'il occupait en mai 2021. Par suite, le moyen doit être écarté.
6. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le directeur territorial de l'OFII de Paris aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision attaquée sur la situation personnelle de l'intéressé. Le moyen doit donc être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 18 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Vidal, présidente,
Mme Dousset, première conseillère,
M. Khansari, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mai 2023.
Le rapporteur,
A. KHANSARI
La présidente,
S. VIDAL La greffière,
L. REGNIER
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/1-
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026