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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2208204

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2208204

mardi 30 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2208204
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2e Section - 2e Chambre
Avocat requérantCAOUDAL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 avril 2022, M. A B, représenté par Me Caoudal, demande au tribunal :

1°) de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler la décision du 4 mars 2022, par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a refusé le rétablissement des conditions matérielles d'accueil ;

3°) d'enjoindre à l'OFII de le rétablir au bénéfice des conditions matérielles d'accueil et de lui verser l'allocation pour demandeur d'asile, dans un délai de trois jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de cinquante euros par jour de retard ; à défaut, lui enjoindre de réexaminer sa situation ;

4°) de mettre à la charge de l'OFII la somme de 1 500 euros à verser à son conseil, en cas d'admission définitive à l'aide juridictionnelle, sur le fondement des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative et sous réserve que son conseil renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de sa mission d'aide juridictionnelle ; à défaut cette somme lui sera versée en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation alors qu'il a bien justifié des raisons de son maintien en situation irrégulière ;

- l'OFII a commis une erreur manifeste d'appréciation.

Par une décision du 25 mai 2022, le bureau de l'aide juridictionnelle a admis M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 mai 2023, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Par une lettre du 11 mai 2023, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administratif, que le tribunal est susceptible de relever d'office le moyen tiré de ce que les dispositions de l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans leur rédaction issue de la loi du 10 septembre 2018 n'étaient pas applicables à l'espèce, M. B ayant obtenu pour la première fois les conditions matérielles d'accueil le 27 novembre 2018, soit avant l'entrée en vigueur de cette loi, le 1er janvier 2019. En conséquence, le tribunal est susceptible de substituer les dispositions de l'article L. 744-8 du même code, dans leur rédaction issue de la loi n° 2015-925 du 29 juillet 2015 au fondement qui a servi de base légale à la décision attaquée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le règlement (CE) n° 1560/2003 de la Commission du 2 septembre 2003 ;

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Errera,

- et les conclusions de M. Lahary.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant gambien né le 25 mai 1993 à Badiwu, a présenté une demande d'asile à son arrivée en France et s'est vu délivrer une attestation de première demande d'asile par le préfet du Doubs le 27 novembre 2018. Il a été placé en procédure Dublin et le préfet du Doubs a décidé son transfert aux autorités italiennes par arrêté du 10 janvier 2019. Après s'être maintenu irrégulièrement sur le territoire national et avoir fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français prise à son encontre par le préfet de police annulée par un jugement du tribunal administratif de Montreuil n°2102385 du 6 avril 2021 pour insuffisance de motivation, il a été placé le 28 mai 2021 sous le régime de la procédure normale et a sollicité, le 11 juin 2021, le rétablissement de ses conditions matérielles d'accueil. Il demande au tribunal d'annuler la décision du 4 mars 2022 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a refusé le rétablissement des conditions matérielles d'accueil.

Sur le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Il ressort des pièces du dossier que, par une décision du 25 mai 2022, le bureau de l'aide juridictionnelle a admis M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite les conclusions tendant à l'obtention de l'aide juridictionnelle provisoire sont devenues sans objet et il n'y a donc plus lieu d'y statuer.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les dispositions applicables :

3. La directive du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale vise à harmoniser les conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile en leur garantissant un niveau de vie digne et des conditions de vie comparables dans l'ensemble des États membres de l'Union européenne. Aux termes, toutefois, de l'article 20 de cette directive : " 1. Les États membres peuvent limiter ou, dans des cas exceptionnels et dûment justifiés, retirer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil lorsqu'un demandeur : a) abandonne le lieu de résidence fixé par l'autorité compétente sans en avoir informé ladite autorité ou, si une autorisation est nécessaire à cet effet, sans l'avoir obtenue ; ou b) ne respecte pas l'obligation de se présenter aux autorités, ne répond pas aux demandes d'information ou ne se rend pas aux entretiens personnels concernant la procédure d'asile dans un délai raisonnable fixé par le droit national () En ce qui concerne les cas visés aux points a) et b), lorsque le demandeur est retrouvé ou se présente volontairement aux autorités compétentes, une décision dûment motivée, fondée sur les raisons de sa disparition, est prise quant au rétablissement du bénéfice de certaines ou de l'ensemble des conditions matérielles d'accueil retirées ou réduites. () 5. Les décisions portant limitation ou retrait du bénéfice des conditions matérielles d'accueil ou les sanctions visées aux paragraphes 1, 2, 3 et 4 du présent article sont prises au cas par cas, objectivement et impartialement et sont motivées. Elles sont fondées sur la situation particulière de la personne concernée, en particulier dans le cas des personnes visées à l'article 21, compte tenu du principe de proportionnalité. Les États membres assurent en toutes circonstances l'accès aux soins médicaux conformément à l'article 19 et garantissent un niveau de vie digne à tous les demandeurs () ".

4. Aux termes de l'article L. 741-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Tout étranger présent sur le territoire français et souhaitant demander l'asile se présente en personne à l'autorité administrative compétente, qui enregistre sa demande et procède à la détermination de l'Etat responsable (). / Lorsque l'enregistrement de sa demande d'asile a été effectué, l'étranger se voit remettre une attestation de demande d'asile () ". L'article L. 742-1 du même code prévoit que : " Lorsque l'autorité administrative estime que l'examen d'une demande d'asile relève de la compétence d'un autre Etat qu'elle entend requérir, l'étranger bénéficie du droit de se maintenir sur le territoire français jusqu'à la fin de la procédure de détermination de l'Etat responsable de l'examen de sa demande et, le cas échéant, jusqu'à son transfert effectif à destination de cet Etat. L'attestation délivrée en application de l'article L. 741-1 mentionne la procédure dont il fait l'objet. Elle est renouvelable durant la procédure de détermination de l'Etat responsable et, le cas échéant, jusqu'à son transfert effectif à destination de cet Etat. " L'article L. 744-1 du même code dispose que les conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile, au sens de la directive du 26 juin 2013, " sont proposées à chaque demandeur d'asile par l'Office français de l'immigration et de l'intégration après l'enregistrement de la demande d'asile (). Les conditions matérielles d'accueil comprennent les prestations et l'allocation prévues au présent chapitre () ". L'article L. 744-9 de ce même code prévoit que " Le demandeur d'asile qui a accepté les conditions matérielles d'accueil proposées en application de l'article L. 744-1 bénéficie d'une allocation pour demandeur d'asile s'il satisfait à des conditions d'âge et de ressources. L'Office français de l'immigration et de l'intégration ordonne son versement dans l'attente de la décision définitive lui accordant ou lui refusant une protection au titre de l'asile ou jusqu'à son transfert effectif vers un autre Etat responsable de l'examen de sa demande d'asile () ".

5. Aux termes de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction résultant de la loi du 29 juillet 2015 relative à la réforme du droit d'asile : " Le bénéfice des conditions matérielles d'accueil peut être : / 1° Suspendu si, sans motif légitime, le demandeur d'asile a abandonné son lieu d'hébergement déterminé en application de l'article L. 744-7, n'a pas respecté l'obligation de se présenter aux autorités, n'a pas répondu aux demandes d'informations ou ne s'est pas rendu aux entretiens personnels concernant la procédure d'asile () ". Si les termes de cet article ont été modifiés par différentes dispositions du I de l'article 13 de la loi du 10 septembre 2018 pour une immigration maîtrisée, un droit d'asile effectif et une intégration réussie, il résulte du III de l'article 71 de cette loi que ces modifications, compte tenu de leur portée et du lien qui les unit, ne sont entrées en vigueur ensemble qu'à compter du 1er janvier 2019 et ne s'appliquent qu'aux décisions initiales, prises à compter de cette date, relatives au bénéfice des conditions matérielles d'accueil proposées et acceptées après l'enregistrement de la demande d'asile. Les décisions relatives à la suspension et au rétablissement de conditions matérielles d'accueil accordées avant le 1er janvier 2019 restent régies par les dispositions antérieures à la loi du 10 septembre 2018.

6. Il résulte des dispositions précédemment citées que les conditions matérielles d'accueil sont proposées au demandeur d'asile par l'OFII après l'enregistrement de la demande d'asile auquel il est procédé en application de l'article L. 741-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Si, par la suite, les conditions matérielles proposées et acceptées initialement peuvent être modifiées, en fonction notamment de l'évolution de la situation du demandeur ou de son comportement, la circonstance que, postérieurement à l'enregistrement de sa demande, l'examen de celle-ci devienne de la compétence de la France n'emporte pas l'obligation pour l'Office de réexaminer, d'office et de plein droit, les conditions matérielles d'accueil qui avaient été proposées et acceptées initialement par le demandeur. Dans le cas où les conditions matérielles d'accueil ont été suspendues sur le fondement de l'article L. 744-8, dans sa rédaction issue de la loi du 29 juillet 2015, le demandeur peut, notamment dans l'hypothèse où la France est devenue responsable de l'examen de sa demande d'asile, en demander le rétablissement. Il appartient alors à l'Office français de l'immigration et de l'intégration, pour statuer sur une telle demande de rétablissement, d'apprécier la situation particulière du demandeur à la date de la demande de rétablissement au regard notamment de sa vulnérabilité, de ses besoins en matière d'accueil ainsi que, le cas échéant, des raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acceptation initiale des conditions matérielles d'accueil.

7. Il ressort des pièces du dossier que M. B a bénéficié des conditions matérielles d'accueil à compter du 27 novembre 2018. Par suite, la décision attaquée du 4 mars 2022 de refus de rétablissement des conditions matérielles d'accueil est régie par les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans leur rédaction issue de la loi du 29 juillet 2015. Or, il ressort des pièces du dossier que la décision attaquée est fondée sur les dispositions de l'article L. 744-7 de ce code, dans leur rédaction issue de la loi du 18 septembre 2018 et de la décision du Conseil d'État du 31 juillet 2019, Association La Cimade et autres, nos 428530 et 428564, qui ne sont pas applicables au présent litige. Par suite, cette décision est entachée d'une erreur de droit.

8. Toutefois, lorsqu'il constate que la décision contestée devant lui aurait pu être prise, en vertu du même pouvoir d'appréciation, sur le fondement d'un autre texte que celui dont la méconnaissance est invoquée, le juge de l'excès de pouvoir peut substituer ce fondement à celui qui a servi de base légale à la décision attaquée, sous réserve que l'intéressé ait disposé des garanties dont est assortie l'application du texte sur le fondement duquel la décision aurait dû être prononcée. Une telle substitution relevant de l'office du juge, celui-ci peut y procéder de sa propre initiative, au vu des pièces du dossier, mais sous réserve, dans ce cas, d'avoir au préalable mis les parties à même de présenter des observations sur ce point.

9. Par suite, il y a lieu de substituer aux dispositions sur le fondement desquelles le directeur général de l'OFII a pris sa décision de refus de rétablissement celles de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction résultant de la loi du 29 juillet 2015 relative à la réforme du droit d'asile dès lors que cette substitution n'a pour effet de priver M. B d'aucune garantie.

En ce qui concerne les moyens soulevés :

10. Contrairement à ce que soutient M. B, la décision attaquée qui vise les dispositions applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, précise sa situation au regard de ses demandes d'asile et de la procédure Dublin dont il a fait l'objet et indique qu'il n'a pas justifié de ses conditions d'existence ni des motifs pour lesquels il s'est irrégulièrement maintenu sur le territoire depuis le 26 décembre 2018 sans solliciter l'examen de sa demande d'asile avant le 28 mai 2021 est suffisamment motivée.

11. En deuxième lieu, si le requérant invoque un défaut d'examen sérieux de sa demande en faisant valoir qu'il a expliqué les motifs pour lesquelles il n'avait pu solliciter l'asile, il ne justifie pas de ses difficultés en se bornant à produire une attestation ancienne du 25 mars 2021 qui reprend ses allégations. Ainsi la décision attaquée qui, au surplus, fait état des entretiens de vulnérabilité du 31 mai 2021 et du 14 février 2022, n'est pas entachée d'un défaut d'examen sérieux.

12. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B a demandé l'asile à son arrivée en France et s'est vu délivrer une attestation de première demande d'asile par le préfet du Doubs le 27 novembre 2018. Il a été placé en procédure Dublin et le préfet du Doubs a décidé son transfert aux autorités italiennes par arrêté du 10 janvier 2019. Cet arrêté n'a pas été exécuté. Après s'être maintenu irrégulièrement sur le territoire national et avoir fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français prise à son encontre par le préfet de police le 12 janvier 2021 et annulée par un jugement n°2102385 du tribunal administratif de Montreuil du 6 avril 2021 pour insuffisance de motivation, il a été placé le 28 mai 2021 sous le régime de la procédure normale et a sollicité, le 11 juin 2021, le rétablissement de ses conditions matérielles d'accueil. Il est constant qu'à la suite de la non-exécution de l'arrêté de transfert, l'Office a suspendu, à partir du mois d'avril 2019, le bénéfice des conditions matérielles d'accueil sur le fondement des dispositions citées ci-dessus de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. A l'expiration du délai de transfert, prolongé à dix-huit mois et expirant le 17 juin 2020, la France étant devenue responsable de l'examen de la demande d'asile, M. B s'est présenté à la préfecture de police le 28 mai 2021 et une attestation mentionnant le changement de procédure lui a été remise. M. B a demandé à l'OFII le rétablissement de ses conditions matérielles d'accueil le 11 juin 2021. Il ressort cependant des pièces du dossier que l'intéressé, célibataire, âgé de vingt-neuf ans et qui ne fait pas état d'une vulnérabilité particulière, a été en situation de fuite entre janvier 2019 et juin 2020 et n'a présenté sa demande qu'au mois de juin 2021 alors que la France était devenue responsable de sa demande d'asile le 17 juin 2020. Si M. B soutient que la situation de crise sanitaire l'a empêché de présenter une demande d'asile plus tôt, il ne l'établit pas en se bornant à produire une attestation peu circonstanciée. La circonstance qu'aucune décision motivée ne soit intervenue pour suspendre le bénéfice des conditions matérielles d'accueil est, par elle-même, sans rapport avec l'atteinte au droit d'asile. Dans les circonstances de l'espèce, le refus de rétablir les conditions matérielles d'accueil à l'intéressé n'est ainsi entaché d'aucune illégalité.

13. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 522-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " A la suite de la présentation d'une demande d'asile, l'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de procéder, dans un délai raisonnable et après un entretien personnel avec le demandeur d'asile, à une évaluation de la vulnérabilité de ce dernier afin de déterminer, le cas échéant, ses besoins particuliers en matière d'accueil. Ces besoins particuliers sont également pris en compte s'ils deviennent manifestes à une étape ultérieure de la procédure d'asile. Dans la mise en œuvre des droits des demandeurs d'asile et pendant toute la période d'instruction de leur demande, il est tenu compte de la situation spécifique des personnes vulnérables. / Lors de l'entretien personnel, le demandeur est informé de sa possibilité de bénéficier de l'examen de santé gratuit prévu à l'article L. 321-3 du code de la sécurité sociale. " Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " L'évaluation de la vulnérabilité vise, en particulier, à identifier les mineurs, les mineurs non accompagnés, les personnes en situation de handicap, les personnes âgées, les femmes enceintes, les parents isolés accompagnés d'enfants mineurs, les victimes de la traite des êtres humains, les personnes atteintes de maladies graves, les personnes souffrant de troubles mentaux et les personnes qui ont subi des tortures, des viols ou d'autres formes graves de violence psychologique, physique ou sexuelle, telles que des mutilations sexuelles féminines. "

14. Si le requérant invoque ses problèmes de santé, il ne justifie pas de leur gravité en se bornant à produire des ordonnances et examens de 2021 qui ne font pas état d'éléments de gravité particuliers. De même, le certificat médical du 24 mars 2022 qu'il produit, rédigé en termes généraux, ne fait pas apparaître de problème de santé particulièrement grave. En outre, comme il a été dit plus haut, le requérant a bénéficié d'entretiens de vulnérabilité les 31 mai 2021 et 14 février 2022. Le requérant n'est ainsi pas fondé à soutenir que l'OFII aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation de son état de vulnérabilité.

15. Il y a dès lors lieu de rejeter la requête présentée par M. B, y compris ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D É C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant à ce qu'il soit accordé à M. B le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Délibéré après l'audience du 15 mai 2023, à laquelle siégeaient :

M. Sorin, président,

M. Errera, premier conseiller,

Mme de Saint-Chamas, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mai 2023.

Le rapporteur,

A. ERRERA

Le président,

J. SORINLa greffière,

B. CHAHINE

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2208204/2-

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