vendredi 8 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2209950 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | DE SOUSA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 avril 2022, M. C A, représenté par Me de Sousa, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 décembre 2021 par lequel le préfet de police a refusé de lui renouveler son titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de sa reconduite à la frontière ;
2°) d'enjoindre au préfet de police, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros à verser à son conseil, Me de Sousa, au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
M. A soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que le préfet n'a pas saisi la commission du titre de séjour ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 421-1 et L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er juin 2022, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 7 juin 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 21 juin 2022.
Le 23 juin 2022, le préfet de police a produit un second mémoire, qui n'a pas été communiqué.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 2 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D,
- et les observations de Me de Sousa, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A, né le 25 mai 1996, de nationalité guinéenne, est entré en France le 12 novembre 2012 selon ses déclarations. Il a sollicité le 18 mars 2021 le renouvellement de son titre de séjour sur le fondement des dispositions des articles L. 421-1, 423-7 et 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 9 décembre 2021, le préfet de police a refusé de lui renouveler son titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de sa reconduite à la frontière. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Pour prendre la décision attaquée, le préfet de police s'est fondé sur le fait que M. A ne démontrait pas s'être inséré en France et que la décision, par conséquent, ne porterait pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Toutefois, d'une part, M. A est père de deux enfants français, issus de deux relations différentes, nés en France respectivement les 19 juin 2018 et 8 octobre 2021. En outre, il ressort des pièces du dossier, et notamment des allégations formulées à l'audience par le conseil du requérant et non contestées par le préfet de police qui n'y était ni présent, ni représenté, qu'à la date de la décision attaquée, M. A vivait en concubinage avec Mme B, mère de son deuxième enfant, depuis le mois d'octobre 2020. D'autre part, M. A, qui produit des attestations de scolarité, des diplômes et des fiches de paie, démontre résider en France depuis au moins sept ans à la date de la décision attaquée, a obtenu un certificat d'aptitude professionnelle de peintre - applicateur de revêtements le 6 juillet 2015, puis de couvreur le 5 juillet 2016 avant de travailler comme apprenti du 1er septembre 2016 au 31 août 2018 au sein de l'Union technique du bâti puis comme salarié dans diverses entreprises entre 2018 et 2020. Il démontre enfin être salarié en contrat à durée indéterminée au sein de la société par actions simplifiée GVS depuis le 2 juin 2021. Ainsi, dans les circonstances particulières de l'espèce, eu égard à la durée effective de séjour en France, à son parcours scolaire continu depuis son arrivée en France et à sa volonté de s'insérer professionnellement, à l'intensité des liens personnels et familiaux qu'il a tissés en France et dont la matérialité était établie à la date de la décision attaquée, M. A, dont les parents sont au demeurant décédés en Guinée, est fondé à soutenir qu'en lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, le préfet de police a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
3. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 9 décembre 2021 par lequel le préfet de police lui a refusé le renouvellement de son titre de séjour, a assorti cette décision d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de sa reconduite à la frontière.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
4. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des allégations formulées par le conseil du requérant à l'audience, qu'à la date du présent jugement M. A ne réside plus avec sa concubine et ne justifie pas contribuer à l'éducation et à l'entretien de ses enfants. Dans ces conditions, eu égard au fondement de la demande de titre de séjour présentée par l'intéressé, il y a seulement lieu d'enjoindre au préfet de police, sur le fondement des dispositions de l'article L. 911-2 du code de justice administrative, de procéder au réexamen de la situation administrative de M. A, dans un délai qu'il convient de fixer à deux mois à compter de la notification de la présente décision, et qu'il le munisse, dans l'attente d'une nouvelle décision, d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
5. M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me de Sousa, avocat de M. A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me de Sousa de la somme de 1 000 euros.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 9 décembre 2021 par lequel le préfet de police a refusé le renouvellement du titre de séjour de M. A, a assorti cette décision d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de sa reconduite à la frontière est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de police de réexaminer la demande de M. A dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de le munir dans l'attente d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler.
Article 3 : L'État versera la somme de 1 000 euros à Me de Sousa, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que Me de Sousa renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Me de Sousa et au préfet de police.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Sorin, président,
M. Lahary, conseiller,
M. Huin-Morales, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2022.
Le rapporteur,
B. D
Le président,
J. SORIN
La greffière,
B. CHAHINE
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/2-
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026