mercredi 7 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2209974 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2e Section - 3e Chambre - R.222-13 |
| Avocat requérant | CHESNET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 avril 2022, M. A C B, représenté par Me Chesnet, demande au tribunal :
1°) de condamner la ville de Paris à verser la somme de 1 000 euros, assortie des intérêts à compter de la réception de la réclamation préalable et de leur capitalisation, en raison de la faute commise par la ville de Paris et tirée de l'illégalité des retenues pour jours de grève opérées sur le traitement qu'il a perçu au mois de décembre 2021 ;
2°) de condamner la ville de Paris à lui verser une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la ville de Paris a dépassé le délai raisonnable dont elle bénéficiait pour effectuer les retenues sur traitement correspondant aux jours de grève, conformément à la circulaire du 30 juillet 2003 relative à la mise en œuvre des retenues sur la rémunération des agents publics de l'Etat, ce qui est de nature à engager sa responsabilité ;
- par suite et dès lors que ses absences pour grève sont intervenues sur la période comprise entre le mois de mai 2021 et le mois de novembre suivant, la ville de Paris ne pouvait légalement opérer les retenues contestées, et ce d'autant que le montant des retenues est supérieur à la quotité saisissable énoncée par les dispositions du code du travail ;
-il est ainsi fondé à demander la réparation de son préjudice qu'il évalue à 1 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 juillet 2022, la ville de Paris conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
Le président du tribunal a désigné Mme Belkacem, première conseillère, pour statuer sur les litiges prévus à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 modifiée portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;
- le décret n°94-415 du 24 mai 1994 portant dispositions statutaires relatives aux personnels des administrations parisiennes ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, ont été entendus :
- le rapport de Mme Belkacem,
- et les conclusions de Mme Mauclair, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, éboueur de la ville de Paris, s'est déclaré gréviste pour un total de cinquante-cinq jours au titre de l'année 2021, dont trente-huit jours au titre de la période comprise entre le mois de mai 2021 et le mois de novembre suivant. Des retenues sur son traitement, correspondant à vingt-et-un jours de grève, ont été opérées sur le traitement qu'il a perçu au mois de décembre 2021. Estimant que la ville de Paris avait commis des fautes en opérant ces dernières retenues, M B a adressé, par l'intermédiaire de son conseil, une réclamation préalable datée du 17 février 2022, à la ville de Paris pour lui demander la réparation des préjudices qu'il a subis. Par la présente requête, il demande la condamnation de la ville de Paris à lui verser la somme de 1 000 euros en réparation des fautes commises par la ville de Paris et tirées de l'illégalité des retenues sur traitement opérées au mois de décembre 2021.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
En ce qui concerne la responsabilité de la ville de Paris :
S'agissant de l'existence d'une faute :
2. D'une part, aux termes de l'article 20 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires alors en vigueur : " Les fonctionnaires ont droit, après service fait, à une rémunération comprenant le traitement, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement ainsi que les indemnités instituées par un texte législatif ou réglementaire () ". Aux termes de l'article 4 de la loi du 29 juillet 1961 de finances rectificative pour 1961 : " () L'absence de service fait, pendant une fraction quelconque de la journée, donne lieu à une retenue dont le montant est égal à la fraction du traitement frappée d'indivisibilité () / II n'y a pas service fait : / 1° Lorsque l'agent s'abstient d'effectuer tout ou partie de ses heures de services ; / 2° Lorsque l'agent, bien qu'effectuant ses heures de service, n'exécute pas tout ou partie des obligations de service qui s'attachent à sa fonction telles qu'elles sont définies dans leur nature et leurs modalités par l'autorité compétente dans le cadre des lois et règlements () ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 3252 du code du travail : " Sous réserve des dispositions relatives aux pensions alimentaires prévues à l'article L. 3252-5, les sommes dues à titre de rémunération ne sont saisissables ou cessibles que dans des proportions et selon des seuils de rémunération affectés d'un correctif pour toute personne à charge, déterminés par décret en Conseil d'Etat () ". Aux termes de l'article L. 3252-3 du même code : " Pour la détermination de la fraction insaisissable, il est tenu compte du montant de la rémunération, de ses accessoires ainsi que de la valeur des avantages en nature, après déduction des cotisations et contributions sociales obligatoires. () ". Enfin, l'article R. 3252-2 du code du travail dans sa rédaction alors applicable : " La proportion dans laquelle les sommes dues à titre de rémunération sont saisissables ou cessibles, en application de l'article L. 3252-2, est fixée comme suit : 1° Le vingtième, sur la tranche inférieure ou égale à 3 870 € ; 2° Le dixième, sur la tranche supérieure à 3 870 € et inférieure ou égale à 7 550 € ; 3° Le cinquième, sur la tranche supérieure à 7 550 € et inférieure ou égale à 11 250 € ; 4° Le quart, sur la tranche supérieure à 11 250 € et inférieure ou égale à 14 930 € ; 5° Le tiers, sur la tranche supérieure à 14 930 € et inférieure ou égale à 18 610 € ; 6° Les deux tiers, sur la tranche supérieure à 18 610 € et inférieure ou égale à 22 360 € ; 7° La totalité, sur la tranche supérieure à 22 360 € ", tandis que l'article R. 3252-3 du même code dans sa rédaction applicable au présent litige énonce que : " Les seuils déterminés à l'article R. 3252-2 sont augmentés d'un montant de 1 420 € par personne à la charge du débiteur saisi ou du cédant, sur justification présentée par l'intéressé. Pour l'application du premier alinéa, sont considérés comme personnes à charge : () 2° L'enfant ouvrant droit aux prestations familiales en application des articles L. 512-3 et L. 512-4 du code de la sécurité sociale et se trouvant à la charge effective et permanente du débiteur au sens de l'article L. 513-1 du même code. Est également considéré comme étant à charge l'enfant à qui ou pour l'entretien duquel le débiteur verse une pension alimentaire () ". Ces dispositions s'appliquent à l'ensemble des fonctionnaires civils des administrations de l'Etat, des régions, des départements, des communes et de leurs établissements publics mentionnés à l'article 2 de la loi du 13 juillet 1983. Dès lors, la répétition des sommes indûment payées à M. B ne pouvait ainsi être effectuée par voie de retenue sur les traitements et indemnités dus à l'intéressé que dans la limite de leur portion saisissable.
4. En l'espèce, il résulte de l'instruction, notamment du bulletin de paie du mois de décembre, que le montant des retenues opérées par la ville de Paris, correspondant aux trente-huit jours de grève déclarés au titre de la période comprise entre le mois de mai 2021 et le mois de novembre 2021, s'est élevé à la somme de 1 233, 19 euros, alors que le montant de son traitement était de 1729 euros, soit une somme supérieure à la portion saisissable du vingtième. Or, il appartenait à la ville de Paris de respecter les quotités saisissables prévues par l'article R. 3252-2 du code du travail, et ce alors même que M. B ne peut utilement se prévaloir de la majoration pour enfant à charge, dès lors qu'il a lui-même déclaré l'absence de telles charges à son employeur. Dans ces circonstances, la ville de Paris a commis une faute de nature à engager sa responsabilité.
S'agissant de la réalité du préjudice invoqué :
5. Si M. B soutient qu'il a subi des troubles dans ses conditions d'existence, dès lors qu'il a été privé de plus de deux tiers de son traitement, il n'apporte, toutefois, aucune précision, ni aucun élément de nature à établir la réalité d'un tel préjudice. Par sa suite, sa demande de réparation doit être rejetée.
6. Il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à demander la condamnation de la ville de Paris à lui verser la somme de 1 000 euros en réparation du préjudice qu'il aurait subi. Par suite, ces conclusions doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquences celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié M. A, C B et à la ville de Paris.
Rendu disponible par mise à disposition au greffe le 7 juin 2023.
La magistrate désignée,
N. BELKACEM
La greffière,
C. EL HOUSSINE
La République mande et ordonne au préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/2-3
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026