mardi 12 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2210093 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2e Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | NUNES |
Vu la procédure suivante :
D un courrier du 24 septembre 2020, Mme A C, représentée D Me Nunes, demande au tribunal de prescrire les mesures d'exécution de l'ordonnance du juge des référés n° 1812896 rendue le 20 juillet 2018 qui prévoit en son article 3 que : " Sous réserve de l'admission définitive de Mme C à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Nunes renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Nunes, avocat de Mme C , une somme de 500 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme C D le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 500 euros sera versée à Mme C ".
Elle demande de condamner l'Etat à verser à Me Nunes la somme de 500 euros, assortie des intérêts de retard, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros D jour de retard
D une ordonnance du 20 avril 2022, le vice-président du tribunal administratif de Paris a ouvert une procédure juridictionnelle sur la demande de Mme A C tendant à l'exécution de l'ordonnance n° 1812896 rendu le 20 juillet 2018 D laquelle, en son article 3, le juge des référés a mis à la charge du préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris la somme de 500 euros à verser à Me Nunes au titre des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
D des observations, enregistrées le 6 mai 2022, le préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris soutient que des mesures sont prises pour débloquer la situation et permettre ce versement.
D ordonnance du 7 juin 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 17 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- et les conclusions de M. Blanc, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander au tribunal administratif ou à la cour administrative d'appel qui a rendu la décision d'en assurer l'exécution. () ". L'exécution d'une ordonnance prononçant la suspension d'une décision administrative sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative peut être recherchée dans les conditions définies D les articles L. 911-4 et L. 911-5 du même code.
2. D une ordonnance n° 1812896 rendue le 20 juillet 2018, le juge des référés a, dans son article 3, prévu que : " Sous réserve de l'admission définitive de Mme C à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Nunes renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Nunes, avocat de Mme C, une somme de 500 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme C D le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 500 euros sera versée à Mme C ".
3. Aux termes de l'article L. 911-9 du code de justice administrative : " Lorsqu'une décision passée en force de chose jugée a prononcé la condamnation d'une personne publique au paiement d'une somme d'argent dont elle a fixé le montant, les dispositions de l'article 1er de la loi n° 80-539 du 16 juillet 1980, ci-après reproduites, sont applicables : Art. 1er. - I. - Lorsqu'une décision juridictionnelle passée en force de chose jugée a condamné l'Etat au paiement d'une somme d'argent dont le montant est fixé D la décision elle-même, cette somme doit être ordonnancée dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision de justice. () A défaut d'ordonnancement dans les délais mentionnés aux alinéas ci-dessus, le comptable assignataire de la dépense doit, à la demande du créancier et sur présentation de la décision de justice, procéder au paiement ".
4. Dès lors que ces dispositions permettent à la partie gagnante, en cas d'inexécution d'une décision juridictionnelle passée en force de chose jugée, d'obtenir du comptable public assignataire le paiement de la somme que l'Etat est condamné à lui verser à défaut d'ordonnancement dans le délai prescrit, il n'y a, en principe, pas lieu de faire droit à une demande tendant à ce que le juge prenne des mesures pour assurer l'exécution de cette décision. Il en va toutefois différemment lorsque le comptable public assignataire, bien qu'il y soit tenu, refuse de procéder au paiement.
5. Il est constant que la somme de 500 euros due à Me Nunes au titre des frais d'instance ne lui a pas été versée. D ailleurs, il résulte de l'instruction et n'est pas contesté en défense que, conformément aux dispositions de l'article L. 911-9 du code de justice administrative, l'intéressé a saisi, D un courrier du 22 mai 2020, le directeur régional des finances publiques d'Île-de-France qui ne lui a pas répondu. Dans ces conditions, il y a lieu d'enjoindre au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris de procéder au paiement de la somme de 500 euros due à Me Nunes, assortie des intérêts au taux légal à compter de l'ordonnance du 20 juillet 2018, en exécution de cette décision, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement sans qu'il y ait lieu, à ce stade, de prononcer une astreinte.
D E C I D E :
Article 1er : Il est enjoint au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris ou au directeur régional des finances publiques d'Ile de France et du département de Paris de procéder au paiement de la somme de 500 euros due à Me Nunes, assortie des intérêts de retard au taux légal à compter du 20 juillet 2018, en exécution de l'article 3 de l'ordonnance n° 1812896 rendue le 20 juillet 2018 D le juge des référés du tribunal administratif de Paris, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris informera le tribunal des mesures prises pour exécuter l'article 3 de l'ordonnance du juge des référés n° 1812896 rendue le 20 juillet 2018.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C, à Me Nunes, au directeur régional des finances publiques d'Ile de France et du département de Paris et au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris.
Délibéré après l'audience du 28 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Evgénas, présidente,
M. Le Bianic, premier conseiller,
Mme de Saint Chamas, conseillère
Rendu public D mise à disposition au greffe le 12 juillet 2022.
La présidente,
J. EVGENAS
L'assesseur le plus ancien,
T. LE BIANIC
La greffière,
C. LELIEVRE
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026