vendredi 7 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2211029 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | CABINET ARENTS, TRENNEC (SCP) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoire enregistrés les 17 mai 2022, 24 mai 2023 et 16 juin 2023, M. AB AF, représenté par Me Trennec, demande au tribunal :
1°) d'annuler le refus de l'inscrire au tableau d'avancement au grade de brigadier de police au titre de l'année 2021 ;
2°) d'annuler les arrêtés individuels de nomination au grade de brigadier de police au titre de l'année 2021 de Mme N C, M. Q T, M. AC V, M. AG O, M. AL, Mme AK AE, Mme I AJ, Mme H Z, Mme A E, Mme S U, M. P AD, Mme F D, M. AH B, M. X J, Mme AI AA, M. M L, M. Y G et M. K R ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur d'établir un nouveau tableau d'avancement et de réexaminer sa candidature dans un délai de trois mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le tableau d'avancement au grade de brigadier de police au titre de 2021 est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation des mérites professionnels des candidats ;
- les arrêtés individuels de nomination des fonctionnaires qu'il désigne doivent être annulés par voie d'exception de l'illégalité du tableau d'avancement ; les arrêtés individuels de nominations de M. J, Mme AA et M. G sont entachés d'erreur de droit, ceux-ci ne remplissant pas les conditions pour être inscrits d'office au tableau d'avancement.
Par des mémoires en défense enregistrés les 17 mai 2023, 23 mai 2023, 12 juin 2023 et 16 juin 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête de M. AF est irrecevable ;
- il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre l'arrêté individuel de nomination de M. T ;
- en tout état de cause, les moyens soulevés par M. AF ne sont pas fondés.
Par un mémoire enregistré le 29 mai 2023, M. M L demande son maintien au tableau d'avancement au titre de sa nomination au grade de brigadier de police.
Par un mémoire enregistré le 31 mai 2023, Mme F D demande son maintien au tableau d'avancement au titre de sa nomination au grade de brigadier de police.
Par un mémoire enregistré le 4 juin 2023, M. AC W demande son maintien au tableau d'avancement au titre de sa nomination au grade de brigadier de police.
Par un mémoire enregistré le 9 juin 2023, M. AH B fait valoir qu'il a été nommé brigadier de police en juillet 2018 et qu'il n'est pas concerné par la requête de M. AF.
Par un mémoire enregistré le 16 juin 2023 mais non communiqué, Mme S U demande son maintien au tableau d'avancement au titre de sa nomination au grade de brigadier de police.
Par un mémoire enregistré le 21 juin 2023 mais non communiqué, Mme I AJ demande son maintien au tableau d'avancement au titre de sa nomination au grade de brigadier de police et conclut au rejet de la requête.
Par un mémoire enregistré le 21 juin 2023 mais non communiqué, Mme AK AE demande son maintien au tableau d'avancement du titre de sa nomination au grade de brigadier de police et conclut au rejet de la requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 95-654 du 9 mai 1995 ;
- le décret n° 2010-888 du 28 juillet 2010 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Kanté, première conseillère,
- et les conclusions de M. Thulard, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. AB AF, gardien de la paix, titularisé dans ce grade le 1er septembre 2016, doit être regardé comme demandant l'annulation de l'arrêté du 30 juillet 2021 par lequel le ministre de l'intérieur a arrêté le tableau d'avancement au grade de brigadier de police pour l'année 2021 et a refusé de l'y inscrire et des arrêtés individuels de nomination au grade de brigadier de police au titre de l'année 2021 de Mme N C, M. Q T, M. AC V, M. AG O, M. AL, Mme AK AE, Mme I AJ, Mme H Z, Mme A E, Mme S U, M. P AD, Mme F D, M. AH B, M. X J, Mme AI AA, M. M L, M. Y G et M. K R.
Sur la recevabilité :
2. D'une part, le ministre de l'intérieur et des outre-mer fait valoir que la candidature de M. T, proposée en rang complémentaire dans les travaux préparatoires du SGAMI Ile-de-France n'a pas été retenue par l'administration après validation de la liste harmonisée nationale du 16 juillet 2021 et qu'il n'a pas été promu brigadier au titre de l'année 2021. Il ressort des pièces du dossier que le nom de M. T ne figure pas dans l'arrêté du 30 juillet 2021. Il en va de même de Mme C, dont la candidature proposée au titre du secteur et unité d'encadrement prioritaire dans les travaux préparatoires de la préfecture de police n'a finalement pas été retenue. Par suite, les conclusions tendant à l'annulation de leur nomination au grade de brigadier de police au titre de l'année 2021 sont irrecevables.
3. D'autre part, aux termes de l'article R. 412-1 du code de justice administrative : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de la décision attaquée ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation. ". Et aux termes de l'article R. 421-1 du même code : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ".
4. Il ressort des pièces du dossier que le tableau d'avancement au grade de brigadier de police au titre de l'année 2021 en date du 30 juillet 2021 a été régulièrement publié le 27 août 2021 au bulletin officiel du ministère de l'intérieur. Par suite, les conclusions présentées par M. AF tendant à son annulation, enregistrées postérieurement à l'expiration du délai de recours visé par les dispositions précitées sont tardives. Elles ne peuvent qu'être rejetées. Ses conclusions présentées à l'encontre des arrêtés individuels de nominations dont il a sollicité la communication auprès de l'administration sans l'obtenir demeurent cependant recevables.
Sur les conclusions à fin d'annulation des arrêtés individuels de nomination :
5. Aux termes de l'article 58 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat : " L'avancement de grade a lieu de façon continue d'un grade au grade immédiatement supérieur. Il peut être dérogé à cette règle dans les cas où l'avancement est subordonné à une sélection professionnelle. () Sauf pour les emplois laissés à la décision du Gouvernement, l'avancement de grade a lieu, selon les proportions définies par les statuts particuliers, suivant l'une ou plusieurs des modalités ci-après : 1° Soit au choix, par voie d'inscription à un tableau annuel d'avancement, établi après avis de la commission administrative paritaire, par appréciation de la valeur professionnelle et des acquis de l'expérience professionnelle des agents ,· 2° Soit par voie d'inscription à un tableau annuel d'avancement, établi après avis de la commission administrative paritaire, après une sélection par voie d'examen professionnel. () ". Aux termes de l'article 17 du décret du 9 mai 1995 fixant les dispositions communes applicables aux fonctionnaires actifs des services de la police nationale : " Pour l'établissement du tableau d'avancement de grade qui est soumis à l'avis des commissions administratives paritaires, il est procédé à un examen approfondi de la valeur professionnelle des agents susceptibles d'être promus compte tenu des notes obtenues par les intéressés, des propositions motivées formulées par les chefs de service et de l'appréciation portée sur leur manière de servir. Cette appréciation prend en compte les difficultés des emplois occupés et les responsabilités particulières qui s'y attachent ainsi que, le cas échéant, les actions de formation continue suivies ou dispensées par le fonctionnaire et l'ancienneté. ". Aux termes de l'article 13 du décret du 28 juillet 2010 relatif aux conditions générales de l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires de l'Etat : " Les fonctionnaires sont inscrits au tableau par ordre de mérite. Les candidats dont le mérite est jugé égal sont départagés par l'ancienneté dans le grade. ".
6. M. AF soutient qu'il est mieux noté que les personnels dont l'accession au grade de brigadier de police est contestée et qu'il bénéficie d'une plus grande ancienneté dans le grade que ceux-ci.
7. Il ne ressort pas des pièces du dossier, notamment des comptes rendus professionnels produits par le requérant, que les notes et évaluations qu'il a obtenues au titre des années 2018 (4), 2019 (4) et 2020 (5) étaient supérieures à celles obtenues par Mme AJ, Mme E et M. AD dont il conteste la nomination, ou que ses appréciations étaient plus favorables que les leurs alors, au demeurant, qu'en 2019, ses appréciations étaient nuancées en ce qui concerne son aptitude à accéder à brève échéance à des fonctions plus importantes et qu'en 2020, il n'a été reconnu apte par son supérieur hiérarchique à exercer de telles fonctions " qu'à terme ". Par ailleurs, il ne peut contester la nomination de M. R qui, dès lors qu'il réunissait les conditions fixées par le statut particulier du corps d'encadrement et d'application de la police nationale pour présenter sa candidature, bénéficiait de plein droit, en tant que représentant syndical en application des dispositions de l'article 23 bis de la loi du 13 juillet 1983, d'une inscription au tableau d'avancement. S'agissant des agents W, O, Simon, AE, Z, U et D, si ceux-ci, affectés à un travail de nuit ou à un service de recueil des plaintes, présentent globalement pour les trois années de référence 2018, 2019, 2020 des notes inférieures à celles de M. AF, ils bénéficient tous cependant d'évaluations élogieuses et n'apparaissent pas moins méritants, eu égard à leur parcours professionnel, que le requérant. S'agissant de M. B, détaché en 2016 et 2017, puis placé en disponibilité pour convenances personnelles du 1er juillet 2019 au 30 juin 2020, celui-ci titularisé le 1er février 2008 dans son grade, et bénéficiant ainsi d'une plus grande expérience professionnelle que le requérant, avait été noté 5 en 2013, 2014 et 2015 et reçu dix lettres de félicitations de 2010 à 2015 de sorte que l'administration a pu se fonder sur sa manière de servir tout au long de son parcours professionnel. Si Mme AA et M. G, tous deux affectés en brigade de nuit, absents du service, en raison d'un placement en disponibilité pour la première et d'un accident imputable au service pour le second, n'ont pu être notés sur la période de référence de 2018 à 2020, leurs dernières évaluations et notations sont cependant supérieures à celles obtenues par le requérant. Le ministre n'a dès lors pas entaché leur nomination d'erreur manifeste d'appréciation. S'agissant cependant de M. J, le ministre ne produit aucun élément permettant d'apprécier ses mérites et son parcours professionnel, mais se borne à faire valoir qu'il est membre d'un syndicat, sans établir ni même alléguer qu'il aurait bénéficié d'une nomination de plein droit en application des dispositions de l'article 23 bis de la loi du 13 juillet 1983. M. AF est donc fondé à soutenir que le ministre de l'intérieur a entaché la décision nommant M. J au grade de brigadier de police au titre de l'année 2021 d'erreur manifeste d'appréciation.
8. En second lieu, M. AF en se bornant à soutenir de manière générale, s'agissant de Mme AA et de M. G, qu'ils ne remplissaient pas les conditions pour être inscrits d'office au tableau d'avancement sans assortir son moyen d'autres précisions ne permet pas au tribunal d'en apprécier le bien-fondé. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit, par suite, être écarté.
9. Il résulte de ce qui précède que la nomination de M. J qui a été contestée dans les délais de recours contentieux et n'est donc pas devenue définitive, doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. L'exécution du présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Faute pour M. AF d'avoir contesté dans les délais de recours contentieux, le tableau d'avancement au grade de brigadier de police au titre de l'année 2021, l'annulation de la nomination de M. J n'implique pas d'établir un nouveau tableau.
Sur les frais liés au litige :
11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. AF et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : L'arrêté de nomination de M. AF est annulé.
Article 2 : L'Etat versera à M. AF la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. AB AF, au ministre de l'intérieur et des outre-mer, à Mme N C, M. Q T, M. AC V, M. AG O, M. AL, Mme AK AE, Mme I AJ, Mme H Z, Mme A E, Mme S U, M. P AD, Mme F D, M. AH B, M. X J, Mme AI AA, M. M L, M. Y G et M. K R.
Délibéré après l'audience du 22 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Riou, présidente,
Mme Kanté, première conseillère,
M. Coz, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2023.
La rapporteure,
C. KantéLa présidente,
C. Riou
La greffière,
V. Lagrède
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026