LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2211114

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2211114

lundi 11 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2211114
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1re Section - 1re Chambre
Avocat requérantTALL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance de renvoi du 17 mai 2022, la présidente du tribunal administratif de Marseille a transmis au tribunal administratif de Paris la requête de Mme F A.

Par une requête, enregistrée le 17 mai 2022, Mme A, représentée par Me Tall, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 6 mai 2022 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône lui a refusé le renouvellement d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination de son éloignement passé ce délai ;

2°) d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " étudiant " dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 50 euros par jour de retard, à titre subsidiaire, dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte, de réexaminer sa situation et de lui délivrer dans cette attente un récépissé de demande de titre de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme A soutient que :

L'arrêté attaqué :

- viole les articles L. 411-2, L. 611-1 3°, L. 612-1 à L. 612-5, L. 612-12, L. 613-2, L. 614-1, L. 711-2 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- méconnait les stipulations de la convention relative aux droits de l'enfant du 26 janvier 1990 ;

- viole le règlement (UE) 2016/399 du Parlement européen et du Conseil du 9 mars 2016 concernant un code de l'Union relatif au régime de franchissement des frontières ;

- méconnait les stipulations de la convention du 1er août 1995 et de l'accord du 23 septembre 2006 modifié franco-sénégalais relatif à la circulation et au séjour des personnes ;

- méconnait les stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, notamment ses articles 3 et 8.

La décision de refus de titre de séjour :

- est entachée d'incompétence ;

- est insuffisamment motivée ;

- est entachée d'un défaut d'examen ;

- méconnaît l'article L. 411-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

La décision portant obligation de quitter le territoire :

- est entachée d'incompétence ;

- est insuffisamment motivée ;

- est entachée d'un défaut d'examen ;

- méconnaît l'article L. 411-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 juin 2022, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code des relations entre le public et l'administration,

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante sénégalaise née le 2 janvier 1994, entrée sur le territoire français le 30 octobre 2020 sous couvert d'un visa de long séjour valant premier titre de séjour mention " étudiant " valable du 14 octobre 2020 au 14 octobre 2021, a sollicité le renouvellement d'un titre de son titre de séjour temporaire pour l'année universitaire 2021-2022. Par un arrêté du 6 mai 2022, le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de lui délivrer le titre demandé, l'a obligée à quitter le territoire dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination.

Sur l'ensemble de l'arrêté attaqué :

2. Si Mme A fait valoir que l'arrêté attaqué méconnait les articles L. 411-2, L. 611-1 3°, L. 612-1 à L. 612-5, L. 612-12, L. 613-2, L. 614-1, L. 711-2 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les stipulations de la convention relative aux droits de l'enfant du 26 janvier 1990, le règlement (UE) 2016/399 du Parlement européen et du Conseil du 9 mars 2016, les stipulations de la convention du 1er août 1995 et de l'accord franco-sénégalais du 23 septembre 2006 modifié relatif à la circulation et au séjour des personnes et les stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, notamment ses articles 3 et 8, elle n'assortit ces moyens d'aucune précision ou élément permettant d'en apprécier le bien-fondé.

Sur les moyens communs aux décisions de refus de titre et d'obligation de quitter le territoire français :

3. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme E D, adjointe au chef du bureau de l'éloignement, du contentieux et de l'asile, en vertu d'une délégation de signature consentie par un arrêté du préfet en date du 31 août 2021, publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture du 1er septembre suivant, que le préfet des Bouches-du-Rhône produit d'ailleurs en défense. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence doit être écarté.

4. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, précisant notamment que Mme A est entrée en France le

30 octobre 2020 sous couvert d'un visa de long séjour mention " étudiant " et qu'elle déclare être inscrite en BTS " gestionnaire paie " formation en distanciel et que la copie du certificat de scolarité en licence 3 de mathématiques a fait l'objet d'un signalement auprès de la procureure de la République en application de l'article 40 du code de procédure pénale et que Mme A ne produit pas de relevé de notes pour l'année 2020-2021. L'arrêté mentionne également que l'intéressée est célibataire et mère d'un enfant né le 19 janvier 2021 à Marseille. Ainsi, à sa seule lecture, cet arrêté permet à Mme A de comprendre les motifs du refus de titre de séjour qui lui est opposé. En outre, l'obligation faite à l'intéressé de quitter le territoire français, qui vise l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, n'a pas à comporter une motivation spécifique, distincte de celle du refus de titre de séjour qui l'accompagne et qui est suffisamment motivé. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que les décisions de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire français seraient insuffisamment motivées doit être écarté.

5. En troisième lieu, le moyen tiré de ce que les décisions de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire français seraient entachées d'un défaut d'examen de sa situation personnelle, et plus particulièrement de sa vie privée, doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux cités au point précédent.

6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 411-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " A l'expiration de la durée de validité de son document de séjour, l'étranger doit quitter la France, à moins qu'il n'en obtienne le renouvellement ou qu'il ne lui en soit délivré un autre. / En cas de refus de délivrance ou de renouvellement de tout titre de séjour ou autorisation provisoire de séjour, l'étranger est tenu de quitter le territoire. / Il en va de même en cas de retrait du titre de séjour ou autorisation provisoire de séjour dont il est titulaire. ".

7. Mme A fait valoir que les décisions attaquées violeraient les dispositions de l'article L. 411-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que le renouvellement du titre de séjour était de droit compte-tenu de son état de grossesse et de son accouchement à Marseille qui constituent selon elle un cas de force majeure. Toutefois, cet article ne contient pas de dispositions permettant à une étrangère d'obtenir un renouvellement de titre de séjour en qualité d'étudiante au motif que la grossesse et l'accouchement constitueraient un cas de force majeure emportant le renouvellement d'un titre de séjour. Dans ces conditions, ce moyen doit être écarté.

8. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. En cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l'étranger a suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans et y poursuit des études supérieures, l'autorité administrative peut accorder cette carte de séjour sous réserve d'une entrée régulière en France et sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. "

9. Mme A soutient que le refus de renouvellement de titre de séjour mention " étudiant " et l'obligation de quitter le territoire seraient entachées d'une erreur manifeste d'appréciation en ce que l'administration n'aurait pas tenu compte, pour prendre ses décisions, de la naissance de son enfant et de ses problèmes d'hébergement qui justifient sa réorientation dans une formation à distance en BTS. Elle précise notamment qu'elle ne peut délivrer de relevés de notes pour justifier de cette nouvelle inscription dès lors que cette formation ne fait l'objet que d'un examen terminal. Toutefois, Mme A ne présente aucune pièce au soutien de ces allégations, étant constant par ailleurs que le préfet des Bouches-du-Rhône a transmis au procureur de la République un signalement sur le fondement de l'article 40 du code de procédure pénale sur la base d'une présomption de falsification par l'intéressée d'un certificat de scolarité 2021-2022 de la faculté des Sciences de Luminy à Marseille, certificat au titre duquel Mme A avait effectué sa demande de renouvellement de son titre de séjour. S'agissant de la formation de " BTS gestionnaire de paie " à distance dont elle se prévalait également pour solliciter un titre de séjour " étudiant ", Mme A n'assortit pas cette allégation de preuve et, ainsi que le fait valoir le préfet des Bouches-du-Rhône sans être contesté, l'intéressée ne démontre pas que cette formation soit en rapport avec les études pour lesquelles elle avait été antérieurement admise au séjour en France. Enfin, si elle soutient avoir multiplié les demandes d'inscriptions en master 1 à Paris pour l'année scolaire 2022-2023, cette circonstance est postérieure à la date de la décision attaquée et, au demeurant, Mme A produit elle-même deux décisions de refus d'entrée en master 1 de " mathématiques appliqués " à la Faculté des Sciences et en master 1 d' " Actuariat " à la Sorbonne nouvelle déjà reçues pour cette année scolaire 2022-2023. Ainsi, Mme A ne justifie pas poursuivre en France des études qui lui permettraient le renouvellement de son titre de séjour. Dans ces conditions, le préfet des Bouches-du-Rhône n' a pas commis une erreur manifeste dans l'appréciation de la situation de Mme A.

Sur la seule décision d'obligation de quitter le territoire français :

10. Il ressort des points précédents que la décision de refus de renouvellement d'un titre de séjour n'est entachée d'aucune illégalité. Par suite, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision invoqué à l'appui des conclusions tendant à l'annulation de la décision d'obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du préfet des Bouches-du-Rhône du 6 mai 2022 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, au préfet des Bouches-du-Rhône et au préfet de police.

Délibéré après l'audience du 29 juin 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Belle, présidente,

M. Degand, premier conseiller,

M. Baudat, conseiller.

Rendu public par mise à disposition du greffe le 11 juillet 2022.

Le rapporteur,

J-B. C

La présidente,

L. BELLELa greffière,

S. COULANT

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

2/1-1

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions