mercredi 15 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2212026 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | FRANCOS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 31 mai 2022 et le 13 février 2023, M. A, représenté par Me Francos, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 7 juillet 2021 par laquelle la commission de recours de l'invalidité a refusé de lui octroyer une pension militaire d'invalidité en sa qualité de victime civile de la guerre d'Algérie ;
2°) d'enjoindre au ministre des armées de lui octroyer une pension militaire d'invalidité en sa qualité de victime civile de la guerre d'Algérie à compter de la date de présentation de sa demande ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au ministre des armées de réexaminer sa situation ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été signée par une autorité incompétente ;
- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière ;
- elle est entachée d'un défaut de base légale, dès lors qu'elle a été prise sur la base de dispositions inconventionnelles et portant atteinte au principe de sécurité juridique.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 octobre 2022, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Une note en délibéré, devant être regardée comme un mémoire en défense, a été présentée par le ministre des armées le 21 février 2023, postérieurement à la clôture d'instruction et n'a pas fait l'objet d'une communication.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Sueur, greffière d'audience :
- le rapport de Mme C,
- et les conclusions de M. Lamy, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, né le 8 septembre 1955 en Algérie, a été victime, le 24 juillet 1962, alors qu'il était âgé de sept ans, d'une explosion ayant nécessité son transport en urgence pour assistance médicale. Par un courrier du 13 novembre 2019, il a sollicité l'octroi d'une pension militaire d'invalidité sur le fondement de l'article L. 113-6 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre. Cette demande a été rejetée par une décision du 30 octobre 2020. Par un courrier du 23 mars 2021, M. A a formé un recours administratif préalable obligatoire devant la commission de recours de l'invalidité (CRI), rejeté par une décision du 7 juillet 2021, notifiée le 30 août 2021. Par la présente requête, M. A demande au tribunal l'annulation de cette décision.
2. En premier lieu, si M. A fait valoir que la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente, il ressort des pièces du dossier que M. E D, contrôleur des armées et président de la CRI, signataire de la décision, a été nommé président de la CRI par un arrêté du 28 novembre 2019, à compter de cette même date et pour une durée de deux ans.
Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté comme manquant en fait.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 711-3 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre : " La commission est présidée par un officier général ou un contrôleur général des armées, qui peut être le président de la commission des recours des militaires. Elle comprend en outre : / -le directeur des ressources humaines du ministère de la défense ou son représentant ; / -le directeur du service des retraites de l'Etat ou son représentant ; / -un médecin chef des services relevant des dispositions de l'article L. 4138-2, de l'article L. 4211-1, ou du 2° de l'article L. 4141-1 du code de la défense, ou son suppléant ; / - un officier supérieur, ou son suppléant ; / -deux personnalités qualifiées membres d'une association de pensionnés au titre du présent code, ou leurs suppléants. " Aux termes de l'article R. 711-4 du même code : " Les membres de la commission et les suppléants sont nommés par arrêté du ministre de la défense, à l'exception : / -du président qui est nommé par arrêté conjoint du ministre de la défense et du ministre chargé du budget ; / -du représentant du directeur du service des retraites de l'Etat, qui est nommé par arrêté du ministre du budget. / En cas d'empêchement du président, le médecin chef des services, ou le suppléant de ce dernier, assure sa suppléance. " Aux termes de l'article R. 711-5 du code précité : " Lorsque la commission examine un recours contre une décision prise en application des titres Ier et II du livre II du présent code, elle comprend, outre les membres mentionnés à l'article R. 711-4, le directeur général de la caisse nationale militaire de sécurité sociale, ou son représentant. () / Dans les cas mentionnés aux deux alinéas précédents, le directeur du service des retraites de l'Etat ou son représentant assiste avec voix consultative à la séance de la commission. " Enfin, aux termes de l'article R. 711-8 du même code : " La commission ne siège valablement que si quatre au moins des sept membres, dont le président, sont présents. En cas de partage égal des voix, celle du président, ou de son suppléant le cas échéant, est prépondérante. "
4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier et, en particulier, du procès-verbal de la séance de la CRI du 7 juillet 2021 au cours de laquelle a été examiné le recours de M. A, que la commission, outre son président, était valablement composée de six autres membres, conformément aux dispositions des articles R. 711-3 à R. 711-5 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre précédemment citées. De plus, il ressort également de ce même procès-verbal que le quorum était respecté, conformément aux dispositions de l'article R. 711-8 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre précitées.
Dans ces conditions, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté comme manquant en fait.
5. En troisième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 113-6 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre : " Les personnes ayant subi en Algérie entre le 31 octobre 1954 et le 29 septembre 1962 des dommages physiques, du fait d'attentats ou de tout autre acte de violence en relation avec la guerre d'Algérie, bénéficient des pensions de victimes civiles de guerre. () / Par dérogation à l'article L. 152-1, les demandes tendant à l'attribution d'une pension au titre du présent article ne sont plus recevables à compter de la publication de la loi n° 2018-607 du 13 juillet 2018 relative à la programmation militaire pour les années 2019 à 2025 et portant diverses dispositions intéressant la défense. "
6. D'autre part, aux termes de l'article 14 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " La jouissance des droits et libertés reconnus dans la présente Convention doit être assurée, sans distinction aucune, fondée notamment sur le sexe, la race, la couleur, la langue, la religion, les opinions politiques ou toutes autres opinions, l'origine nationale ou sociale, l'appartenance à une minorité nationale, la fortune, la naissance ou toute autre situation. " Aux termes de l'article 1er du protocole additionnel à la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne physique ou morale a droit au respect de ses biens. Nul ne peut être privé de sa propriété que pour cause d'utilité publique et dans les conditions prévues par la loi et les principes généraux du droit international. / Les dispositions précédentes ne portent pas atteinte au droit que possèdent les États de mettre en vigueur les lois qu'ils jugent nécessaires pour réglementer l'usage des biens conformément à l'intérêt général ou pour assurer le paiement des impôts ou d'autres contributions ou des amendes. () "
7. En l'espèce, les victimes civiles de la guerre d'Algérie n'étant pas dans la même situation que les victimes d'autres conflits, la circonstance que les dispositions de l'article L. 113-6 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre précitées ont mis un terme pour l'avenir au régime d'indemnisation dont elles pouvaient bénéficier ne traduit pas une violation de l'article 14 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni de l'article 1er du protocole additionnel de cette convention. Par ailleurs, ces dispositions n'instituent aucune différence de traitement selon la nationalité du demandeur. Si elles conduisent à traiter différemment des demandes selon la date à laquelle elles ont été présentées, cette différence est inhérente à la succession de régimes juridiques dans le temps et n'est pas, par elle-même, contraire aux stipulations de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision en litige serait dépourvue de base légale dès lors qu'elle aurait été prise sur la base de dispositions inconventionnelles.
8. Enfin, les dispositions du dernier alinéa de l'article L. 113-6 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre précitées ont mis un terme pour l'avenir, à compter de la publication de la loi du 13 juillet 2018, à l'application du régime d'indemnisation des victimes civiles de la guerre d'Algérie. Ce faisant, il n'a pas été porté atteinte à des situations légalement acquises et les effets qui pouvaient légitimement être attendus de situations nées sous l'empire de textes antérieurs n'ont pas davantage été remis en cause. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait privée de base légale dès lors qu'elle aurait méconnu le principe conventionnel de sécurité juridique.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée,
y compris, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre des armées.
Délibéré après l'audience du 22 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Ladreyt, président,
M. Gandolfi, premier conseiller,
Mme Leravat, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 mars 2023.
La rapporteure,
C. C
Le président,
J-P. LADREYT
La greffière,
L. SUEUR
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/5-3
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026