LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2212441

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2212441

lundi 4 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2212441
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantINGELAERE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 8 et 30 juin 2022, la société SNCF Gares et Connexions et la société Retail et Connexions, représentées par Me Chalavon, demandent au juge des référés :

1°) d'enjoindre, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, à la société Lacondesa de libérer l'emplacement d'une superficie de 114 m² situé dans l'enceinte de la gare de Boulainvilliers dans le 16ème arrondissement de Paris, où elle exerce une activité de " services d'aides aux entreprises notamment coworking et de services de soutiens scolaires " sous l'enseigne " Manyatta ", sans délai, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

2°) d'enjoindre à la société Lacondesa, à ses frais, risques et périls, de démolir, démonter, enlever sans délai les ouvrages, constructions et installations réalisés sur l'emplacement, sur le fondement de l'article 32 des conditions générales de la convention, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

3°) d'enjoindre à la société Lacondesa de libérer sans délai l'emplacement conformément aux dispositions de l'article 33 des conditions générales de la convention à savoir en libérant les lieux de tous objets mobiliers, en procédant à l'enlèvement de tous matériels et stocks de marchandises, en remettant à SNCF Gares et Connexions le registre de sécurité et les clefs de l'emplacement, sous astreinte de 1000 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

4°) d'ordonner l'expulsion de la société Lacondesa de l'emplacement sans délai, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

5°) de mettre à la charge de la société Lacondesa la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent que :

- la juridiction administrative est compétente, le litige ayant trait à l'occupation du domaine public ; le tribunal administratif de Paris est compétent en application de l'article R. 312-7 du code de justice administrative ;

- la condition d'urgence est satisfaite ; l'occupation irrégulière est susceptible de porter atteinte à l'intérêt du service public ferroviaire dès lors que la résiliation de la convention, les difficultés financières de l'occupant depuis le mois de janvier 2021 et le montant très important des impayés, s'élevant au 30 juin 2022 à la somme de 59 618,25 euros, font peser un risque important sur le caractère continu de l'exploitation commerciale de l'emplacement par l'occupant et menace ainsi le confort des usagers d'une gare importante sur le plan régional ;

- la mesure ne se heurte à aucune contestation sérieuse ; l'occupation est irrégulière, le recours contentieux formé contre la mesure de résiliation de la convention n'étant pas recevable du fait de son caractère tardif et n'étant pas fondé ; en tout état de cause, une reprise des relations contractuelles ne serait pas possible du fait de la dégradation des relations entre les parties et de l'atteinte excessive à l'intérêt général que constitue le non-paiement des redevances ; cette occupation irrégulière empêche de valoriser la dépendance domaniale en l'absence de versement d'une redevance d'occupation du domaine par l'occupant et du montant important des impayés ;

- la mesure est utile ; il s'agit de la seule voie de droit à sa disposition permettant d'aboutir à la libération de l'emplacement irrégulièrement occupé ;

Par un mémoire en défense enregistré le 24 juin 2022, la société Lacondesa, représentée par Me Ingelaere, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la SNCF Gares et Connexions la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la situation d'urgence n'est pas caractérisée ;

- la mesure n'est pas utile en ce qu'il n'existe aucune atteinte précise au bon fonctionnement du service ;

- il existe une contestation sérieuse ; la décision de résiliation n'est pas intervenue le 3 décembre 2021 mais seulement le 15 avril 2022 ; le recours formé à son encontre est recevable et fondé.

Vu les pièces du dossier.

Le président du tribunal a désigné Mme Aubert, vice-présidente de section, pour statuer sur les demandes de référé.

Vu :

- le code général de la propriété des personnes publiques ;

- le code de justice administrative.

Ont été entendus au cours de l'audience publique en présence de Mme Rahmouni, greffière d'audience :

- le rapport de Mme Aubert, juge des référés ;

- les observations de Me Chavalon, représentant les sociétés Retail et Connexions et la SNCF Gares et Connexions, qui fait valoir que la société SNCF Gares et Connexions a tenté à plusieurs reprises un règlement amiable du différend sans y parvenir ;

- les observations de Me Robiquet, représentant la société Lacondesa, qui indique que la libération de l'emplacement occupé ne représente pas une nécessité immédiate pour la société SNCF Gares et Connexions qui dispose de plusieurs locaux vides et inutilisés dans le même immeuble et aux alentours.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Une note en délibéré, présentée pour la société Lacondesa, a été enregistrée le 1er juillet 2022 et n'a pas été communiquée.

Considérant ce qui suit :

1. Par une convention d'occupation du domaine public non constitutive de droits réels en date du 13 mai 2016, la société SNCF Gares et Connexions, venant aux droits de la société SNCF Mobilités, qui a confié à la société Retail et Connexions la mission de commercialisation et de gestion des espaces commerciaux créés sur les réseaux de la SNCF, a autorisé la société Lacondesa à occuper un emplacement commercial, situé dans l'enceinte de la gare de Boulainvilliers dans le 16ème arrondissement de Paris, en vue d'y exploiter une activité de " services d'aides aux entreprises notamment coworking et de services de soutiens scolaires " sous l'enseigne " Manyatta ", pour une durée de dix ans à compter du 15 mai 2016 jusqu'au 14 mai 2026. Par un courrier recommandé avec accusé de réception du 26 novembre 2021, reçu le 1er décembre suivant, la SNCF Gares et Connexions a mis en demeure la société Lacondesa de payer la somme de 14 012,90 euros dans un délai de deux jours à compter de sa réception. Par acte d'huissier du 17 février 2022, la société occupante a fait l'objet d'une sommation de payer la somme de 28 943,63 euros puis, par un courrier du 15 avril 2022, reçu le 19 avril 2022, la société SNCF Gares et Connexions l'a informée de la résiliation de plein droit de la convention, au 3 décembre 2021, en application de l'article 31.3 des conditions générales de la convention, l'a mise en demeure de libérer le domaine public avant le 3 mai 2022 et de payer sans délai la somme de 33 623,78 euros au titre de l'occupation du domaine public. Par un courrier du 27 avril 2022, la société Lacondesa a informé la société SNCF Gares et Connexions de son refus de quitter les lieux. Par un courrier du 29 avril 2022, dont la société Lacondesa a accusé réception le 10 mai 2022, la société Gares et Connexions a réitèré sa demande tendant à la libération des lieux. Par la présente requête, elle demande au juge des référés d'ordonner son expulsion.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Lorsque le juge des référés est saisi, sur le fondement de ces dispositions, d'une demande d'expulsion d'un occupant du domaine public, il lui appartient de rechercher si, au jour où il statue, cette demande présente un caractère d'urgence et ne se heurte à aucune contestation sérieuse. S'agissant de cette dernière condition, dans le cas où la demande d'expulsion fait suite à une mesure de résiliation d'une convention d'occupation du domaine public et où cette mesure est contestée, il appartient au juge des référés de rechercher, alors que le juge du contrat a été saisi d'un recours de plein contentieux contestant la validité de la résiliation du contrat et tendant à la reprise des relations contractuelles, si cette demande d'expulsion se heurte, compte tenu de l'ensemble de l'argumentation qui lui est soumise, à une contestation sérieuse. Tel n'est pas le cas si ce recours n'a pas été exercé dans un délai de deux mois à compter de la date à laquelle le cocontractant a été informé de la mesure de résiliation. Sur le fond, il lui incombe de rechercher si les vices invoqués à l'encontre de la mesure de résiliation lui paraissent, en l'état de l'instruction, d'une gravité suffisante pour conduire à la reprise des relations contractuelles et non à la seule indemnisation du préjudice résultant, pour le requérant, de cette résiliation.

3. Il résulte de l'instruction que le courrier du 26 novembre 2021 reçu le 1er décembre suivant par la société Lacondesa par lequel la société SNCF Gares et Connexions l'a mise en demeure de payer la somme de 14 012,9 euros dans un délai de deux jours à compter de sa réception ne précisait pas qu'à défaut du paiement de cette somme le contrat d'occupation dont elle bénéficiait serait résilié de plein droit au 3 décembre 2021 en application de l'article 31.3 des conditions générales applicables. En outre, il résulte notamment de l'acte d'huissier du 17 février 2022 que la société occupante a fait l'objet d'une sommation de payer une somme de 28 721,06 euros " au titre du contrat précité " et que cette demande de paiement ne distingue pas les redevances dues à titre contractuel de redevances dues au titre de l'occupation sans titre du domaine public et a pu, de ce fait, légitimement faire penser à l'intéressée que la relation contractuelle se poursuivait. En outre, ce n'est que par son courrier du 15 avril 2022, intitulé " Mise en demeure de payer et de libérer le local ", que la société SNCF Gares et Connexions a informé la société de la résiliation de plein droit au 3 décembre 2021 de la convention en application de l'article 31.3 des conditions générales, l'a mise en demeure de libérer le domaine public avant le 3 mai 2022 et de payer la somme de 33 623,78 euros au titre de l'occupation du domaine public. Il ne résulte pas de l'instruction que la société Lacondesa a été antérieurement informée de l'existence d'une mesure de résiliation. Compte tenu de ces éléments, ce n'est qu'à la réception, le 19 avril 2022, de ce courrier en date du 15 avril 2022, qu'elle a eu connaissance de la résiliation du contrat d'occupation. Par suite, le recours contentieux qu'elle a formé le 15 juin 2022 en vue de contester la validité de cette mesure de résiliation et de demander la reprise des relations contractuelles n'est pas tardif. Dès lors, les requérantes ne sont pas fondées à se prévaloir de son irrecevabilité et, en conséquence, de l'impossibilité pour la société Lacondesa d'invoquer ce recours au fond dans le cadre du présent litige.

4. En l'absence d'information sur les conséquences sur la poursuite des relations contractuelles du défaut de paiement des sommes dues dans les courriers et les actes adressés à la société Lacondesa depuis le courrier du 26 novembre 2021 jusqu'à celui du 15 avril 2022 et compte tenu de l'application des stipulations financières du contrat jusqu'à ce dernier courrier, caractérisée notamment par l'absence de demande de paiement d'indemnités dues au titre de l'occupation sans titre du domaine, la décision de résiliation du contrat peut être regardée, contrairement à ce qu'allèguent les requérantes, comme ayant été décidée le 15 avril 2022 seulement. Or, la mesure de résiliation prise ce jour-là n'a pas été précédée d'une mise en demeure assortie d'un délai, ainsi que prévoit l'article 31.3 des conditions générales, et sa date d'effet a été fixée de manière rétroactive au 3 décembre 2021. Ainsi, en l'état de l'instruction, la société Lacondesa doit être regardée comme soulevant, dans les circonstances de l'espèce, une contestation sérieuse de la mesure d'expulsion demandée par la société SNCF Gares et Connexions. Enfin, contrairement à ce que soutiennent les sociétés requérantes, il ne résulte pas de manière suffisante de l'instruction que les relations entre les sociétés SNCF Gares et Connexions et Lacondesa sont désormais dégradées et que les motifs de la résiliation sont graves au point de s'opposer à la reprise des relations contractuelles. Il existe donc également une contestation sérieuse sur ce point.

5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la condition d'urgence, que la demande de la société SNCF Gares et Connexions et de la société Retail et Connexions tendant à l'expulsion de la société Lacondesa de l'emplacement qu'elle occupe dans l'enceinte de la gare de Boulainvilliers dans le 16ème arrondissement de Paris doit être rejetée.

Sur les frais liés au litige :

6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société Lacondesa, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que les sociétés SNCF Gares et Connexions et Retail et Connexions demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête des sociétés SNCF Gares et Connexions et Retail et Connexions est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée aux sociétés SNCF Gares et Connexions et Retail et Connexions et à la société Lacondesa.

Fait à Paris, le 4 juillet 2022.

La juge des référés,

S. AUBERT

La République mande et ordonne au ministre chargé des transports, en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

2/4-3

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions