mardi 29 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2213215 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | BENMANSOUR |
Vu la procédure suivante :
F une requête et un mémoire, enregistrés les 16 juin et 22 août 2022, M. C B, représenté F Me Benmansour, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 5 juin 2022 F lequel préfet de police a constaté la caducité de son droit au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir.
Il soutient que :
- l'auteur de l'acte était incompétent pour le signer ;
- l'arrêté est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'une défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- l'arrêté méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le préfet de police a commis une erreur manifeste d'appréciation.
F un mémoire en défense, enregistrés le 13 octobre 2022, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués F M. B ne sont pas fondés.
F ordonnance du 13 octobre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 10 novembre 2022.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale F une décision du 20 juillet 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- la directive 2004/38/CE du 29 avril 2004 relative au droit des citoyens de l'Union et des membres de leurs familles de circuler et de séjourner librement sur le territoire des États membres,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. E a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B, ressortissant roumain né le 18 juillet 1972, a été interpellé à Paris, le 4 juin 2022, et placé en garde à vue le même jour. F un arrêté du 5 juin 2022, le préfet de police a obligé l'intéressé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il serait éloigné. F la présente requête, M. B demande l'annulation de cet arrêté.
2. En premier lieu, F un arrêté n° 2022-00263 du 18 mars 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs, le préfet de police a donné délégation à M. A D, attaché d'administration de l'Etat, adjoint au chef de section des reconduites à la frontière, pour signer tous actes, arrêtés et décisions, nécessaires à l'exercice des missions de la direction de la police générale, dans lesquelles figure la police des étrangers. F suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative compétente peut, F décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie F le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes : / 1° Ils ne justifient plus d'aucun droit au séjour tel que prévu F les articles L. 232-1, L. 233-1, L. 233-2 ou L. 233-3 ; () / L'autorité administrative compétente tient compte de l'ensemble des circonstances relatives à leur situation, notamment la durée du séjour des intéressés en France, leur âge, leur état de santé, leur situation familiale et économique, leur intégration sociale et culturelle en France, et l'intensité des liens avec leur pays d'origine. ".
4. L'arrêté attaqué vise les articles L. 251-1, L. 200-4, L. 232-1, L. 233-1, L. 233-2, L. 233-3, L. 711-1, L. 711-2, L. 721-3 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il précise que M. B ne peut justifier de ressources ou de moyens d'existence pour lui et sa famille, qu'il ne justifie pas d'une assurance maladie personnelle et qu'il se trouve donc en situation de complète dépendance F rapport au système d'assistance sociale français et qu'il représente une charge déraisonnable pour l'Etat français au sens de la directive 2004/38 du 29 avril 2004. Il rappelle en outre que l'intéressé ne remplit aucune des conditions fixées aux articles L. 232-1, L. 233-1, L. 233-2 ou L. 233-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il précise enfin qu'il n'est pas porté d'atteinte disproportionnée aux droits de M. B garantis F les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. L'arrêté mentionne, F suite, les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est suffisamment motivé.
5. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet n'aurait pas examiné la situation personnelle du requérant dès lors, notamment, qu'il produit le procès-verbal de l'audition de M. B F les agents de la police judiciaire.
6. En quatrième lieu, aux termes des trois premiers alinéas de l'article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les citoyens de l'Union européenne ont le droit de séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois s'ils satisfont à l'une des conditions suivantes : / 1° Ils exercent une activité professionnelle en France ; / 2° Ils disposent pour eux et pour leurs membres de famille de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale, ainsi que d'une assurance maladie ".
7. Il ressort des termes de l'arrêté contesté et des écritures en défense que le préfet de police a fondé sa décision sur la circonstance que M. B constitue une charge déraisonnable pour l'Etat français. Le préfet de police fait valoir que M. B aurait déclaré être sans domicile fixe, sans profession, n'avoir aucune ressource et bénéficier de l'aide médicale d'Etat, de sorte qu'il se trouverait en complète dépendance vis-à-vis du système d'assistance sociale français. Si, lors de son audition avec les agents de la police judiciaire, M. B a déclaré bénéficier d'un revenu de 1 000 euros F mois grâce à un emploi dans le secteur de la construction, il ne justifie d'aucun contrat de travail, ni de ressources stables et régulières et ne démontre pas que son employeur s'acquitterait des cotisations sociales lui ouvrant droit à l'assurance maladie. Si, F ailleurs, M. B soutient qu'il aurait obtenu l'ouverture de droits auprès de l'assurance maladie F l'intermédiaire de l'association Paris Adresse et qu'il envisage d'intégrer prochainement un chantier d'insertion professionnelle, il n'en justifie F aucune pièce. Enfin, devant les agents de la police judiciaire, le requérant a déclaré une présence en France depuis l'année 2010, soit une durée de séjour supérieure à trois mois. F suite, M. B ne peut soutenir que le préfet de police aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation.
8. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".
9. Il ressort du procès-verbal établi le 5 juin 2022 F les agents du commissariat de police du 10ème arrondissement de Paris que M. B déclare vivre seul en France et faire régulièrement des aller-retours en Roumanie où vivent son épouse et son fils de neuf mois. En outre, le requérant reconnait travailler en situation irrégulière et ne justifie d'aucune démarche d'intégration sociale et professionnelle. Ainsi, dans les circonstances de l'espèce, et eu égard tant à la durée qu'aux conditions de séjour en France de l'intéressé, l'arrêté contesté n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée F rapport aux buts en vue desquels il a été pris. Il n'a donc pas méconnu les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées F M. B doivent être rejetées ainsi que, F voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à Me Benmansour et au préfet de police.
Délibéré après l'audience du 15 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Laloye, président,
Mme Roussier, première conseillère,
M. Théoleyre, conseiller.
Rendu public F mise à disposition au greffe le 29 novembre 2022.
Le rapporteur,
M. Théoleyre
Le président,
P. Laloye
La greffière,
K. Bak-Piot
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2213215/6-
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026