jeudi 11 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2213347 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Section 8 - Chambre 2 |
| Avocat requérant | SPINELLA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 21 juin et 27 juillet 2022, M. B C, représenté par Me Spinella, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 11 juin 2022 par lequel le préfet de police l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de lui restituer son titre de séjour délivré par les autorités italiennes, au besoin fixer une astreinte de 100 € par jour de retard à compter de la notification de la décision ;
3°) d'ordonner au préfet de réexaminer sa situation administrative ;
4°) A titre subsidiaire, dans le cas où le Tribunal rejette la demande d'annulation de l'obligation de quitter le territoire français, prononcer que le pays vers lequel il sera reconduit, sera l'Italie.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente ;
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- le préfet a commis une erreur de droit et n'a pas procédé à un examen circonstancié de sa situation car il possède un titre de séjour en cours de validité jusqu'au 17
janvier 2024 délivré par les autorités italiennes ;
- il est parfaitement intégré à la société française et justifie d'une durée de présence significative et d'une activité salariée étant en possession d'une promesse d'embauche de son employeur dans le cadre d'une demande de régularisation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 juillet 2022, le préfet de police, représenté par Me Cano conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens présentés par M. C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la directive n° 2008/115 du 16 décembre 2008 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 modifié ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A, en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les observations de Me Spinella représentant M. C en présence d'un interprète en langue bambara.
L'instruction a été close à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 11 juin 2022, le préfet de police a obligé M. C à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination. M. C demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête :
2. Il ressort des pièces du dossier et il n'est pas contesté par le conseil du préfet de police qui en fait état dans ses écritures, qu'au moment de son arrestation, le requérant justifiait d'un titre de séjour délivré par les autorités italiennes et valable jusqu'au 17 janvier 2024 depuis lors confisqué par les services de police. Toutefois dans l'arrêté attaqué, le préfet de police se fonde sur la circonstance que le requérant est dépourvu de document de voyage et ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français et, enfin, ne fait pas état de ce titre de séjour. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que la décision attaquée est entachée d'un défaut d'examen sérieux et circonstancié de sa situation et à demander l'annulation pour ce motif. Enfin, les conclusions subsidiaires en cas de rejet des conclusions d'annulation et tendant à prononcer que le pays vers lequel il sera reconduit, sera l'Italie doivent, et en tout état de cause, être écartées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
3. Aux termes de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si l'obligation de quitter le territoire français est annulée, () l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas. () ".
4. M. C demande au tribunal d'enjoindre au préfet de police de lui restituer son titre de séjour délivré par les autorités italiennes, au besoin fixer une astreinte de 100 € par jour de retard à compter de la notification de la décision et de réexaminer sa situation administrative. Toutefois, l'annulation de l'arrêté attaqué n'implique pas le prononcé d'une telle injonction de restitution mais seulement en application des dispositions susvisées de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile une injonction de réexamen de sa situation. Par suite, il n'y a lieu de n'enjoindre au Préfet de police que de se prononcer sur sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, le surplus des conclusions à fin d'injonction devant être rejeté.
DECIDE
Article 1er : L'arrêté du 11 juin 2022 du préfet de police est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au Préfet de police d'examiner la situation de M. C au regard de son droit au séjour en France et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au préfet de police.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 août 2022
Le magistrat désigné,
A. A
La greffière
A. Koltcheva
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision./8-2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026