mardi 5 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2213647 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | TOMASI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 juin 2022, Mme C B, représentée par Me Sultan-Danino, demande au juge des référés :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 23 mai 2022 par lequel le préfet de police lui a refusé la prolongation de son visa, lui a fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un titre de séjour ou une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'elle est âgée de 75 ans, qu'elle souffre de pathologies graves pour lesquelles elle ne peut pas bénéficier d'un traitement dans son pays d'origine et qu'elle est prise en charge par son fils de nationalité française ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée dès lors que :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de fait ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation sur son état de santé ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
La requête a été communiquée au préfet de police, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le numéro 2213646 par laquelle Mme B demande l'annulation de l'arrêté attaqué.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les requêtes en référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, tenue le 4 juillet 2022, en présence de Mme Pochot, greffière d'audience, ont été entendus :
- le rapport de M. A,
- les observations de Me Sultan-Danino, représentant Mme B,
- et les observations de Me Floret, représentant le préfet de police.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante algérienne, née le 25 novembre 1946, est entrée en France le 17 août 2021 munie d'un visa de type " C " valable du 24 octobre 2016 au 23 octobre 2021. Par un arrêté du 23 mai 2022, le préfet de police lui a refusé la prolongation de son visa, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de sa reconduite à la frontière. Par la présente requête, Mme B demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
Sur les conclusions à fin de suspension de l'exécution des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi :
3. Aux termes de l'article L. 722-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit asile : " L'éloignement effectif de l'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut intervenir avant l'expiration du délai ouvert pour contester, devant le tribunal administratif, cette décision et la décision fixant le pays de renvoi qui l'accompagne, ni avant que ce même tribunal n'ait statué sur ces décisions s'il a été saisi. () ".
4. La requête en annulation formée par Mme B, enregistrée le 24 juin 2022, sous le n° 2213646, ayant pour effet de suspendre l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français et de la décision fixant le pays de renvoi prises à son encontre, les conclusions à fin de suspension de l'exécution de ces décisions sont sans objet et, par suite, irrecevables.
Sur les conclusions à fin de suspension de l'exécution de la décision portant refus de titre de séjour :
En ce qui concerne l'urgence :
5. Il résulte des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
6. Il ressort des pièces du dossier que Mme B, âgée de 75 ans, fait l'objet d'un suivi médical régulier en France en raison d'une maladie hématologique grave engageant son pronostic vital et qu'elle ne pourrait pas bénéficier effectivement de son traitement dans son pays d'origine. Dans ces conditions, la décision attaquée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation. La condition d'urgence posée par l'article L. 521-1 du code de justice administrative doit ainsi être regardée comme remplie.
En ce qui concerne l'existence d'un moyen propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :
7. Il ressort des pièces du dossier, et notamment de quatre certificats médicaux établis les 9 juin 2021, 17 novembre 2021, 8 juin 2022 et 23 juin 2022, que Mme B, âgée de 75 ans, souffre d'une maladie hématologique grave engageant son pronostic vital, qu'elle fait l'objet d'un suivi médical spécifique en France, que le défaut de prise en charge médicale pourrait entraîner pour elle des conséquences d'une extrême gravité et que les traitements dont elle bénéficie ne sont pas disponibles en Algérie. Dans les circonstances particulières de l'espèce, eu égard notamment à la gravité de sa pathologie et à son âge, le moyen tiré de l'erreur manifeste dans l'appréciation de son état de santé est propre, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
8. Il résulte de ce qui précède que Mme B est fondée à demander la suspension de l'exécution de l'arrêté du préfet de police du 23 mai 2022, en tant qu'il rejette sa demande de prolongation de visa.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. L'exécution de la suspension ordonnée au point précédent implique qu'il soit enjoint au préfet de police de procéder au réexamen de la situation de Mme B dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
10. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : L'exécution de l'arrêté du préfet de police du 23 mai 2022 est suspendue.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de police de procéder au réexamen de la situation de Mme B dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : L'Etat versera une somme de 1 000 euros à Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C B et au préfet de police.
Fait à Paris, le 5 juillet 2022.
Le juge des référés,
D. A
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2213647/
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026